Guy Péricart

Les mots ne sont que des symboles

Mais quel pouvoir ils ont, parfois ! :

Les mots qui glissent sous mes doigts,

Les mots qui tissent mes paroles...

Guy Péricart

Poète en fin de vie, oublie et sois serein !

Ton destin t'a porté vers les beautés du monde

Ton œuvre est un secret caché dans son écrin

Que le temps peut trouver et qui poursuit ta ronde

Guy Péricart

Orchestre


J’aime le violon, sa tendre résonance !

Souvent, le piano parvient à m’émouvoir…

La flûte est un enfant dont je voudrais avoir

Un peu de la candeur et de l’impertinence.


La clarinette rit ou glousse en permanence.

Quand le basson sanglote, on est sous son pouvoir !

Le cor est un rustaud, et nous le fait savoir…

Les cymbales, non plus n’ont pas de prévenance.


Du modeste triangle, on n’exige qu’un son :

Avec sa voix fluette, il fait le polisson

Quand le geste du chef l’invite à se produire.


Mais aucun instrument, de main d’homme sorti,

Ne touchera mon cœur au point de le séduire

Comme un chant de Callas ou de Pavarotti !


Guy Péricart



Soprano


Sa voix d’or emplissait le théâtre d’Orange

Et s’élevait, soudain, jusqu’au ciel étoilé

Comme un long cri d’oiseau brusquement envolé

S’éloignant de son nid dans une joie étrange.


Était-ce voix de femme ou sérénade d’ange ?

Plainte d’un séraphin, par d’autres consolé ?

Mais j’y puisais, ravi, muet, ensorcelé,

Le calme et le repos d’une paix sans mélange.


Sa gorge, en nous livrant ces admirables sons,

Ténus, puis déchaînés à donner des frissons,

N’était plus, devant nous, qu’une source féerique.


Nous y puisions ainsi, sans geste, avec lenteur,

Ressentant le désir ardent, mais chimérique,

De prolonger sans fin ce concert enchanteur !


Guy Péricart

Parutions dans la revue.