La Respiration
Mis en ligne le 29/04/2024
La Respiration
Mis en ligne le 29/04/2024
Réponse rapide : il faut souffler sur l’armement et suspendre la respiration pendant la visée et le lâcher de la corde.
Réponse longue : Comment et Pourquoi ?
Le placement de notre cycle respiratoire sur notre séquence de tir se fait de la façon suivante :
en levant l’arc vous inspirez,
sur l’armement vous expirez,
en arrivant au visage vous suspendez la respiration,
vous lâchez la corde sans respirer
et vous reprenez sur une inspiration une fois votre geste terminé .
tout d’abord, il faut souffler entre le tiers et la moitié du contenu des poumons, de façon à pouvoir viser et lâcher sans être en demande d’oxygène. La synchronisation avec le geste et la quantité exacte d’air expiré se mettent en place avec l’habitude. L’enjeu est d’être, juste avant la visée, sur un mouvement d’expiration.
Ensuite l’inspiration et l’expiration se font de la façon habituelle, non forcée. On peut dire que la respiration se met en place sur le geste aussi bien que le geste se met en place sur la respiration.
Enfin il est recommandé d’inspirer par le nez et d’expirer par la bouche.
Toute personne qui a pratiqué un peu de musculation sait qu’il faut souffler sur l’effort. En tir à l’arc l’effort se fait pendant l’armement.
En diminuant le volume thoracique les muscles qui relient les membres supérieurs à la cage thoracique sont légèrement plus courts, les muscles travaillent sur une longueur légèrement plus courte, ce qui leur donne plus de puissance.
Enfin, les muscles qui nous servent à armer sont également impliqués dans l’inspiration. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons tendance à faire les deux en même temps. La plupart des débutants tirent spontanément ainsi. En séparant l’armement et l’inspiration l’arc est plus facile à tendre.
Les archers qui passent d’un tir poumons_pleins à un tir poumons_à_demi_vide témoignent que l’arc est plus facile à tirer et que le bras d’arc est plus stable.
De plus souffler sur l’armement permet de baisser le centre de gravité, ce qui favorise la stabilité en visée.
Toute tâche de précision a tendance à suspendre la respiration. Quel que soit le style de tir adopté, on constate facilement que tous les archers de haut-niveau sont en apnée pendant la visée et le lâcher.
Enfin, l’alternance inspiration – expiration – suspension, combinée avec l’inspiration par le nez et l’expiration par la bouche, est un rythme respiratoire utilisée dans la plupart des méthodes de relaxation. Cela active le système nerveux parasympathique en charge du retour au calme, diminue le stress, et régule le rythme cardiaque.
Si vous faites parti des archers qui tirent poumons_pleins et que vous souhaitez essayer le tir poumons_à_demi_vides, comptez 300 à 400 flèches avant de vous sentir à l’aise dans ce nouveau geste. L’automatisation complète se fait en 1000 flèches au moins.
Une expérience très simple du célèbre entraîneur coreen Kisik Lee suggère qu’enchainer les flèches sans pause permet un tir plus régulier. Évidemment si l’archer en est physiquement capable…
On peut donc proposer de prendre la flèche dans le carquois, l'encocher, accrocher la corde et placer la main d'arc dans le grip, sur le cycle respiratoire suivant le tir.
Suivant les préférences et le style de tir de l’archer, un seul ou 2 cycles inspiration_expiration peuvent se placer entre 2 flèches.
Cela doit bien sûr être mis en place et automatisé à l’entraînement avant d’être utilisé en compétition.