Interview de Jay Barrs, 1988
Mis en ligne le 13/11/2025
Interview de Jay Barrs, 1988
Mis en ligne le 13/11/2025
Une interview de l’américain Jay Barrs, le champion Olympique 1988, réalisée juste avant le début des Jeux à Séoul.
https://www.youtube.com/watch?v=AIHgtDuY0Hk (à partir de 20:38)
En fait, ce n’est pas seulement la concentration, mais celui ou celle qui aura le meilleur mental ce jour-là gagnera le tournoi. Quand on atteint un haut niveau, un niveau international, tout le monde a à peu près la même technique et la même forme. Mais celui ou celle qui est prêt mentalement, c’est cette personne qui remportera la compétition.
En gros, c’est votre vision d’ensemble, la façon dont vous abordez le tournoi, la manière dont vous gérez la pression. Si, ce jour-là, votre technique est en place, alors vous laissez simplement les choses se faire de manière inconsciente. Vous essayez de ne pas penser consciemment à « voilà ce que je dois faire, étape par étape ». C’est à ça que sert l’entraînement : faire en sorte que la mémoire musculaire fonctionne, et ensuite vous laissez votre subconscient tirer la flèche pour vous, parce qu’il sait ce qu’il doit faire. Donc, si vous arrivez à éteindre votre esprit conscient, ce serait parfait.
Pour moi, viser est la chose la moins importante. Tout ce que je fais, c’est regarder la cible, la regarder à travers mon viseur, et laisser mon esprit s’en charger, parce que votre œil ne vous laissera pas ne pas viser. Je ne pense pas à l’exécution pas à pas mais je me concentre juste sur le fait de terminer le tir, de passer à travers le tir, et tout le reste se fait inconsciemment.
Je tire des flèches mentalement, dans ma tête. Je peux me voir. Je peux me visualiser en train de tirer des flèches, non seulement de l’intérieur de mon corps, mais aussi de l’extérieur, comme si je regardais une vidéo. On se voit tirer des flèches parfaites, avec une forme parfaite.
J’ai tiré la manche finale des Jeux olympiques probablement un millier de fois pendant l’année qui a précédé les Jeux, dans ma tête. Je me projetais aux Jeux olympiques : j’entendais la foule, je sentais l’odeur du terrain, je ressentais le vent, je sentais les buttes de tir, tout.
Et plus votre image mentale est vivante, plus vous êtes performant.
Actually, not just concentration, but whoever has their mind game the best that day is going to win the tournament. When you get to a top level, international level, everybody is the same as far as form and technique, pretty close. But whoever has their mental game ready is the one that’s going to win the competition.
Basically, it’s your overall, how you look at the tournament, how you handle pressure. If your form’s on that day, then you just let everything happen subconsciously. You try not to consciously think about “this is what I have to do, step by step”. That’s what practice is for, so your muscle memory works, and then you just let your subconscious shoot the arrow for you, because it knows what to do. So if you can turn off your conscious mind, you’d be perfect.
For me, aiming is the least important thing. All I do is look at the target, look at it through my sight, and let my mind take care of that, ’cause your eye won’t let you not aim. I don’t think about the step-by-step execution, but just actually finishing the shot, coming through the shot, and everything else happens subconsciously.
I will mentally shoot arrows in my head. I can see myself. I can visualize myself shooting arrows, not only from inside my body, but from outside my body, like I’m watching a videotape. You see yourself shoot perfect arrows, with perfect form.
I shot the Olympic final round probably a thousand times over the year before the Olympic Games, in my mind. I’d be at the Olympic Games : I could hear the crowd, I could smell the field, I could feel the wind, I could smell the target butts, everything.
And the more vivid you can make your mental picture, the better you are.