Voyage en Corée - 2002
Chris Shull, in Archery Focus
Mis en ligne le 30/12/2025
Chris Shull, in Archery Focus
Mis en ligne le 30/12/2025
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Articles parus dans la revue Archery Focus : Volume 6, Number 6, 2002 ; Volume 7, Number 1 2 & 3, 2003
Traduction, adaptation et notes Renaud Baudrillart 2025
Le texte original et intégral en anglais est à la fin de cette traduction.
Voici le récit de mon voyage à Seoul avec Guy Krueger du 7 au 17 mars 2002. Je vais classer mes expériences non pas par date ou par personne, mais par catégorie. Premièrement, je noterai tous les changements techniques que j’ai effectués (ou sur lesquels je travaille actuellement) durant le voyage, avec une mention du coach qui a apporté ces modifications. Deuxièmement, j’écrirai les éléments d’ordre mental que j’ai appris pendant le séjour. Toutes ces informations viennent de M. Park Kyung Rae lors de notre séminaire enregistré et au cours d’un dîner. Enfin, je décrirai la méthodologie d’entraînement que j’ai observée en Corée. Pour les personnes autres que Guy et moi, cette section pourrait être la plus utile.
1) J’ai commencé par rencontrer M. Lim In-Teak au lycée national d’éducation physique de Kyugki. (M. Lim a entraîné Yun Mi-Jin, et a également travaillé avec Kim Soo-Nyung et Kim Chung-Tae.) M. Lim a remarqué que j’avais les reins creusés / le ventre en avant parce que je mettais tout mon poids sur les talons lorsque je tirais. Il m’a indiqué de placer mon poids sur l’avant des pieds à la place, car cela me donnait plus de marge pour utiliser mon dos et améliorait mon équilibre. (Je ne me penche absolument pas vers l’avant. Ma posture reste très droite, mais l’équilibre se fait sur l’avant des pieds plutôt qu’en arrière sur les talons.)
2) M. Lim a proposé que le point de pression de la main d’arc se situe dans la gorge du grip, proche du centre de la poignée. Ses élèves utilisent un grip très haut pour obtenir cela. Je n’ai pas modifié mon point de pression, mais j’ai trouvé que cela méritait d’être noté Note 1.
L’idée générale est d’aligner une ligne partant de la cible, passant par le point de pression de la main d’arc, traversant la flèche et ressortant par le coude, le tout dans un même plan vertical. On doit tirer avec le coude qui se déplace dans ce plan, et étendre la main d’arc vers l’avant dans ce même plan lors de la décoche. Votre armement doit rester dans ce plan, sans trop s’éloigner de la ligne indiquée.
3) M. Lim m’a demandé de rendre ma main d’arc “souple”. En d’autres termes, la laisser accompagner la poignée. Regardez n’importe quelle archère coréenne et vous comprendrez ce qu’il veut dire : leurs mains d’arc sont réellement molles.
4) M. Lim a remarqué que mon bras d’arc avait tendance à partir vers la gauche lors du départ de la flèche, et il m’a immédiatement réprimandé à ce sujet. Cela se rattache au point 2 ci-dessus : tout doit suivre l’axe reliant la cible à la main, puis à travers le dos jusqu’au coude.
5) M. Lim et Mme Oh, à l’université Kyung Hee, ont tous deux remarqué un mouvement incontrôlé de mon bras d’arc vers l’avant à la décoche. M. Lim a corrigé cela en me demandant de maintenir l’axe des épaules perpendiculaire à la butte pendant que je tire. En faisant cela, j’immobilise l’omoplate gauche, ainsi que mon épaule gauche. Cela verrouille la base du bras d’arc, et M. Lim dit que cela corrigera certains problèmes de groupement vertical. De retour de Corée, c’est pour moi le plus gros chantier, car je pense que c’est l’un des problèmes majeurs de ma technique. Je dois vraiment faire pivoter mon torse puissamment et pousser mon bras en avant fermement pendant la traction. Mes omoplates droite et gauche se toucheront presque si c’est fait correctement. Encore mieux : mon bras d’arc deviendra extrêmement stable. La capacité de M. Lim à voir ces détails infimes mais essentiels est ce qui fait de lui un grand entraîneur. Je n’aurais jamais détecté ce problème. Durant les neuf derniers mois, j’ai essayé de reproduire la technique coréenne, mais je réalise maintenant que je me suis surtout attaqué aux aspects cosmétiques. Il faut prêter attention à l’alignement osseux, et cela peut être très difficile à percevoir seul sur vidéo. Travailler avec un bon coach est la meilleure solution pour corriger ce type de choses. À présent, je serai vigilant pour éviter ce genre d’erreurs.
6) M. Park a abordé ce même problème, un peu par accident. Comme vous le verrez dans mon enregistrement de sa discussion avec Guy et moi, l’omoplate est la racine du corps. Les omoplates sont reliées à vos bras, à votre tronc, à votre taille, à votre cou : à tout. Si la position de vos omoplates n’est pas parfaite, rien ne l’est. Si vous alignez vos omoplates, tout le reste suivra.
7) Mme Oh a remarqué que ma poitrine était très haute pendant le tir, ce qui empêchait une bonne sortie de corde. Cela se produisait parce que je respirais à pleins poumons durant l’armement, sans relâcher d’air. Mme Oh m’a demandé d’inspirer puis d’expulser les deux tiers de mon souffle avant la traction. Cela abaisse ma poitrine et contracte mes abdominaux, ce qui me rend très stable. Le problème est que je me retrouve maintenant à court d’air pendant le tir. Cela nécessite encore du travail.
En passant, Mme Oh a également suggéré quelques améliorations matérielles. Tout d’abord, elle et Yun Mi-Jin ont indiqué qu’il ne devait y avoir aucun jeu entre l’encoche et les repères d’encochage. Elle a retiré mes anciens repères et les a remplacés par un modèle utilisé par tous les Coréens (dont Yun et Lee Kyung-Jung, détentrice du record du monde à 30 m). Elle a utilisé une petite ficelle en polyester, ressemblant à un tranche-fil bon marché, pour faire littéralement une sur-ligature pour les deux repères d’encoche, chacun d’environ 1 cm. Elle a commencé chaque repère par un nœud simple afin de fixer sa position sans glisser, puis a ligaturé le reste comme un tranche-fil standard.
Cela fonctionne bien, mais ne fournit pas de repère pour aligner ma palette Cavalier (je parle de cette petite encoche dans la palette note 2).
Elle a ajouté une petite sucette à ma corde comme contrôle pour vérifier que ma palette se trouvait au même endroit à chaque tir. C’était fait avec une fine bande de papier et de la super glue, enroulée sur elle-même plusieurs fois. Toutes les archères utilisaient ce type de sucette. Mme Oh a indiqué que le cuir de ma palette ne devait pas toucher l’encoche, et que je devais l’aligner à égale distance entre le haut et le bas du cuir. La sucette sert uniquement de contrôle pour vérifier que la palette est à la bonne position. Je ne suis pas totalement convaincu par la constance de cette méthode, car j’ai l’impression qu’il faut un déplacement assez important de la sucette pour que ce soit perceptible aux lèvres. J’ai donc avoué avoir ignoré cette partie de son conseil et choisi d’aligner ma palette Cavalier avec le cuir touchant le haut de l’encoche. (Et, lorsque j’utilise ma palette Win&Win 360, j’aligne le bas du cuir avec l’encoche.)
Archère utilisant une sucette
Dans l’ensemble, cependant, Mme Cho et M. Lim ont été très positifs concernant mon tir, et semblaient confiants dans ma capacité à devenir champion olympique. My-Jin, Eun-Na et Kyung-Jung ont souhaité à Guy et à moi la “victoire” en partant.
8) Enfin, M. Lim m’a demandé de contracter mon biceps pendant le tir, afin de rendre ma décoche serrée et rapide. On peut voir, chez les archères, que lorsque c’est fait correctement, la décoche reste très proche du cou et est très précise.
Regarder Yun en vidéo est un excellent moyen de comprendre l’idée.
Ce n’est pas tirer avec les bras - qu’on ne s’y trompe pas - mais simplement une méthode pour éviter une décoche “envolée” [la main de corde s’écartant du cou]. M. Lim m’a fait travailler cela en plaçant environ huit centimètres d’un tube de flèche en aluminium sous mon coude, maintenu avec un élastique, puis en me demandant de serrer le tube pendant la traction. Je ne maîtrise pas encore cet exercice, et je dois continuer de le pratiquer chez moi.
Avec tous ces changements, je pense qu’en les intégrant au cours des deux prochaines semaines, cela m’aidera beaucoup à devenir un archer régulier à 1320–1330 cette année Note 3.
Je pense qu’une fois que j’aurai maîtrisé ces éléments, je devrai m’y tenir tout au long de la saison, en me concentrant davantage sur le rythme que sur les changements techniques pendant la saison de compétition, jusqu’en août. Je dois ressentir le tir de l’intérieur, et il est impossible de développer cela si l’on modifie des éléments majeurs tout au long de l’année. On le voit clairement dans la faible performance que j’ai réalisée l’année dernière aux Championnats nationaux : j’ai changé trop de choses durant l’été et je n’ai jamais vraiment réussi à sentir le tir correctement.
9) Je rencontrais le problème classique des corrections latérales entre les distances, et j’ai demandé à M. Park ce qu’il en pensait. Il a regardé ma visée de face et a dit qu’elle semblait un peu décalée, mais Guy m’a dit le lendemain que j’inclinais mon arc nettement vers la droite, d’environ quatre centimètres, ce qui envoyait mes flèches dans cette direction de plus en plus au fur et à mesure que la distance augmentait. J’ai travaillé dessus pendant un ou deux jours et redressé l’arc, ce qui a supprimé les problèmes de dérive.
10) Enfin, M. Lim a évoqué mon vieux problème de me pencher en arrière en tirant. Il semble que, quoi que je fasse, cela revienne systématiquement. M. Lim a dit que je devrais corriger cela en pensant à ramener mes hanches en arrière (vers la droite) plutôt qu’à incliner mon torse vers la gauche.
11) Mme Oh a insisté sur l’importance d’un alignement de corde parfait à chaque tir. Elle estime que cela devient de plus en plus crucial à mesure que l’on progresse. L’emplacement idéal, selon elle, est juste à l’intérieur de la fenêtre d’arc : visible, mais ne bloquant pas la vue. Je me suis rendu compte que j’avais été un peu laxiste concernant mon alignement de corde, pensant que ce n’était pas vraiment un problème. À l’avenir, je devrai y être plus attentif.
12) Mme Oh a également remarqué que je me penchais légèrement au niveau de la taille. Je pense que c’était un effet secondaire de mes efforts pour placer mon poids sur l’avant des pieds. Il faut garder un centre parfaitement équilibré.
La soirée que nous avons passée avec M. Park, de Win&Win Archery, a été une véritable leçon sur la manière de penser en tirant. Nous avons commencé par tirer devant M. Park, à l’extérieur de l’usine W&W, à 30 mètres. M. Park nous a posé quelques questions, comme : « À quoi pensez-vous pendant le tir ? » C’était une sorte de question piège. Nous avons répondu des choses comme : « Je travaille sur mon épaule, donc je pense à ça », etc. Il n’y a rien de mauvais à se concentrer sur quelque chose à corriger, mais lorsqu’arrive le moment du tournoi, M. Park nous a donné la perspective mentale correcte.
La philosophie de M. Park repose sur trois piliers : « le Tir en une seule action » ; « Utiliser l’ossature » et « Concentration ». Je vais expliquer chaque élément séparément, même s’ils sont tous liés, d’une certaine manière.
Par « tir en une seule action », M. Park entend que l’on doit avoir une seule pensée pendant toute la séquence de tir. Pour M. Park, se concentrer sur le coude [de corde] est le plus efficace. On ne pense qu’au mouvement du coude pendant toute la séquence. Si je pense à la fois à mon coude et à ma main d’arc, je viole ce principe.
« Utiliser l’ossature » s’oppose à « utiliser le muscle ». M. Park a expliqué qu’il est très déroutant pour l’esprit de penser à contracter les muscles qui sont attachés aux os. À la place, il préconise de se concentrer sur le mouvement des os eux-mêmes. Dans ce cas, il s’agit de la rotation des omoplates et du coude. M. Park considère que l’approche américaine centrée sur la « tension du dos » est sans fondement. Cette idée renforce justement l’usage des muscles. En Corée, on enseigne à tout le monde de se concentrer mentalement sur l’ossature, avec 60 à 70 % de l’équipe nationale qui pense spécifiquement au coude, et le reste qui pense aux omoplates.
M. Park a ensuite digressé sur l’idée que l’omoplate est la racine du bras. En réalité, les muscles attachés à l’omoplate descendent jusqu’aux jambes, au cou, partout. Si vous pensez à votre omoplate, le reste du corps suit. Toutefois, M. Park a précisé que Guy et moi avions déjà une excellente rotation scapulaire ; il nous recommande donc de nous concentrer sur nos coudes, ce qui constitue un point d’attention mental moins confus pour nous.
« Concentration », selon M. Park, se compose de deux éléments :
#1) La sensation issue du « tir en une seule action » et de la focalisation sur l’ossature. On acquiert cette sensation par une répétition massive du tir à l’entraînement.
#2) La cible. Oui, il nous dit de penser à la cible — ce qui s’oppose directement à la philosophie du « ne visez pas ». La partie 1 sans la partie 2 ne fonctionnera pas, et vice versa. (Quand on tire sur paille sans blason, on élimine la nécessité de se concentrer sur la partie 2.) La concentration consiste à exécuter une sensation parfaite (ce qui se traduit par une technique parfaite) tout en focalisant son esprit sur la cible. Cependant, il ne faut pas se concentrer sur le fait de tirer des dix, mais sur le groupement en cible.
L’idée est de garder toutes vos flèches les unes à côté des autres ; le score est secondaire. Cela s’applique également lorsque l’on vise décalé. M. Park a expliqué que Kim Soo-Young ne bougeait jamais son viseur après la fin de l’entraînement, car cela la déconnectait de son ressenti du groupement. Si elle tirait sa première flèche de score (oui, une seule flèche, j’ai bien demandé confirmation) à gauche du dix, elle visait à droite du dix pour tout le reste de la distance. Réfléchissez-y : combien de fois avez-vous commencé à déplacer votre viseur en compétition, pour finalement ne plus savoir où vos flèches allaient arriver, car vous aviez perdu cette connexion avec votre concentration ? Concentrez-vous sur le groupement, et vous maintiendrez toujours les deux composantes de la concentration actives.
M. Park a indiqué qu’il faut des quantités énormes d’entraînement - jusqu’à 800 flèches par jour, plus un travail technique intense - pour passer de 1300 à 1350. Selon lui, le secret pour passer de 1350 à 1400 réside dans le développement de la combinaison parfaite de la sensation et du groupement. Les meilleurs Coréens, dit-il, ne tirent qu’environ 200 flèches par jour, car ils possèdent déjà la technique adéquate. Pour progresser, ils doivent maîtriser les détails de ce dont nous venons de parler. Cela me laisse perplexe, car je penserais qu’il faudrait autant d’entraînement pour perfectionner la combinaison sensation/groupement que pour travailler chaque composante séparément lorsqu’on progresse de 1300 à 1350. Peut-être deviennent-ils simplement paresseux ? Ou peut-être que les volumes énormes tirés par les lycéens sont en partie contre-productifs.
Cela a mené naturellement à ce que M. Park pensait des méthodes d’entraînement.
J’ai demandé à M. Park quelle était la meilleure manière de répartir mon entraînement. Il a expliqué que la meilleure méthode qu’il ait trouvée est structurer l’entraînement par cycles. Si je tirais un maximum de 500 flèches par jour, je prendrais une journée de repos le dimanche, je tirerais un volume moyen (300 flèches) le lundi, maximum (500) le mardi, moyen (300) le mercredi, minimum (150) le jeudi, à nouveau maximum (500) le vendredi, et moyen (300) le dimanche. Cependant, aucune des équipes coréennes avec lesquelles nous nous sommes entraînés ne semblait suivre cette méthode, car elles s’entraînaient toutes tous les jours. Les lycéens tiraient au moins 350 flèches par jour. Les archers universitaires tiraient moins, mais quand même de 14 h à 18 h et de 19 h 30 à 22 h. Les Coréens utilisent également mieux leur temps d’entraînement. Les lycéens couraient en aller-retour jusqu’à la cible. Les équipes universitaires de l’Université Kyung Hee (l’équipe de Yun-Mi et Jin) et de l’Université Nationale d’Éducation Physique (où s’entraîne l’actuel champion du monde junior masculin) marchaient jusqu’à la cible, mais tiraient également 8 ou 10 flèches par volée. Mon impression est que les Américains restent trop assis pendant l’entraînement. L’entraîneur et Kyung Hee ont dit que les archers tiraient environ 400 flèches par jour, et cela en seulement 6,5 heures de tir.
Selon M. Park, les enfants commencent le tir à l’arc à l’école primaire, à l’âge de 9 ou 10 ans. Ils apprennent un alignement osseux parfait, un mouvement correct des omoplates, un ancrage parfait (repère au visage), une décoche parfaite et un suivi parfait avant même de toucher un arc. D’abord, les enfants miment simplement le geste correct, à mains nues. Une fois ce geste maîtrisé, ils passent à un élastique (Theraband). Après avoir exécuté une forme parfaite avec l’élastique, ils passent à l’armement d’un arc, sans flèche. Enfin, ils font tout le mouvement avec une flèche, mais sans la tirer. Tout le processus dure de trois à six mois, avant qu’ils ne tirent leur première flèche. Cependant, la récompense est que, selon M. Park, ils dépassent presque tous 300 points à 30 mètres (36 flèches) lors de leur premier tir compté. Nous parlons ici d’enfants de 10 ans.
Les enfants continuent de tirer au collège, où les établissements disposent également de pas de tir. Je ne suis pas certain de ce qui se passe à ce niveau scolaire, mais je sais que les meilleurs archers de collège sont invités à rejoindre l’un des lycées spécialisés en éducation physique, comme le lycée Kyungee où Guy et moi avons passé la majeure partie de la semaine.
Au niveau du lycée, les jeunes tirent plus que n’importe quel autre groupe de tireurs en Corée. Leurs journées les plus lourdes approchent les 800 flèches, si leur entraîneur n’exagère pas. Ils tirent un échauffement et un round FITA le matin, un autre round FITA l’après-midi et 2,5 heures supplémentaires après le dîner, sous les projecteurs.
Les garçons de l’école tiraient des scores allant de 1250 au minimum à 1341 pour le capitaine. Les filles tiraient toutes dans les hauts 1200 jusqu’à 1365 pour la capitaine. M. Park a dit que les archers de lycée s’entraînent le plus pour deux raisons : Premièrement, passer de 1300 à 1350 est une question de perfectionnement technique, ce qui nécessite énormément de répétitions. Deuxièmement, ils aspirent tous à tirer de nouveau au niveau supérieur, soit dans des équipes universitaires, soit dans des équipes d’entreprise. Pour cela, ils doivent tirer un minimum de 1330 pour entrer dans une équipe d’entreprise, et un peu moins pour une équipe universitaire. Le problème avec les équipes universitaires est qu’elles sont toutes basées dans des universités d’éducation physique, qui sont difficiles à intégrer. Les autres écoles n’ont pas de pas de tir. S’ils ne se qualifient pour aucune de ces options, ils ne pourront plus pratiquer le tir à l’arc, car il n’y a pas de pas de tir publics en Corée.
Ces lycéens pratiquent un peu la musculation hors saison, mais se concentrent uniquement sur le tir pendant la saison de compétition. En fait, ils ne faisaient même pas de course à ce moment de l’année. Ils tirent également moins juste avant les tournois, seulement 400 flèches par jour, selon M. Lim, l’entraîneur.
Lorsque des tournois approchent, les élèves n’ont aucun cours, uniquement du tir. À d’autres moments, ils peuvent avoir quelques cours le matin (j’ai même rencontré deux professeurs d’anglais du lycée), mais je pense que les cours ne durent jamais plus d’une ou deux heures. Il me semble qu’ils continuent à suivre le célèbre emploi du temps 9 h – 12 h 30, 13 h – 18 h et 19 h 30 – 22 h pendant la majeure partie de l’année.
Tous leurs doigts étaient comme du cuir, sauf pour un enfant dont les callosités étaient fendues et saignaient. Je leur ai donné un rouleau de Vet-Wrap (Coban) Note 4 par geste humanitaire. Ils n’ont pas cela en Corée.
M. Lim et son adjoint étaient sur le terrain toute la journée, tous les jours, avec les archers. M. Lim a été membre d’une équipe championne du monde dans les années 80 et est lui-même un archer accompli, comme le sont tous les meilleurs entraîneurs en Corée. L’entraînement est désormais leur carrière à plein temps. Le point essentiel est que les archers respectent leurs entraîneurs, et il est facile de comprendre pourquoi.
Yun Mi Jin a fréquenté ce lycée et a remporté les deux médailles d’or aux Jeux Olympiques lors de sa dernière année, donc cette folie a manifestement payé. (Il y a maintenant des photos d’elle partout, l’école est comme un sanctuaire dédié à Yun Mi Jin.)
Tous les archers avec lesquels nous avons tiré pratiquent en extérieur toute l’année (oui, même dans la neige). Ils le font en tirant depuis de petits bâtiments avec les fenêtres ouvertes. De petits chauffages rendent l’espace suffisamment chaud pour tirer, puis ils mettent un manteau pour aller chercher leurs flèches. Une des écoles primaires que nous avons visitées avait simplement un échafaudage enveloppé de plastique (avec des carrés découpés pour tirer) pour se protéger du vent froid.
Nous avons déjà décrit ce qui se passe au niveau des équipes universitaires. Il y a environ 12 équipes universitaires en Corée. Les archers de l’école de Mi Jin, l’Université Kyung Hee (contrairement au lycée Kyungkee), courent 40 minutes le matin, puis passent le reste de la matinée en cours. Ils arrivent sur le pas de tir à 14 h et tirent jusqu’à 18 h. Après le dîner, ils tirent sous les projecteurs (depuis leur bâtiment) de 19 h 30 à 22 h. L’équipe de Kyung Hee est nouvelle, composée uniquement de trois archers : Yun Mi Jin, Lee Kyung-Jung et Cho Eun-Na. Mme Lee détient le record du monde à 30 m avec 360 points. Guy et moi avons passé une soirée avec eux. J’ai perdu un match de 18 flèches contre Yun, 168-169.
J’ai regardé certains de ses scores FITA, et ses bonnes journées étaient à 1390 points. Attention, les femmes coréennes devraient bientôt atteindre 1400 Note 5.
Les équipes universitaires étaient plus détendues que les lycées, mais elles travaillent toujours dur. Elles doivent maintenir leur niveau pour pouvoir intégrer une équipe d’entreprise après l’obtention de leur diplôme. Je m’attends à ce que certains deviennent entraîneurs plus tard.
Les archers d’équipes d’entreprise tirent moins que tous les autres niveaux. M. Park explique que la pratique est moins importante que l’amélioration de la concentration (voir la définition de la concentration plus haut) au niveau 1350+. Par conséquent, certains archers d’entreprise ne tirent que 200 flèches par jour. Cependant, d’autres tirent énormément pour assurer leur sécurité professionnelle. En cas de baisse de performance, ils retournent à un travail de bureau. La plupart des Coréens que nous voyons aux Jeux font partie d’équipes d’entreprise. (Yun Mi Jin fait exception, car elle est passée directement du lycée avec M. Lim.)
Ainsi, la Corée a mis en place un parcours pour ses archers qui a permis le développement d’environ 100 hommes capables de dépasser 1300 points, et on ne sait pas combien de femmes. On comprend maintenant comment ils ont accompli cela.
J’ai demandé à M. Park des nouvelles récentes concernant plusieurs grands archers masculins coréens (Hong Sung Chil, Kim Chung Tae, Oh Kyo Moon et Jang Yong Ho) qui ont été exclus de l’équipe nationale coréenne pour avoir quitté un stage d’entraînement pré-Championnats du Monde. M. Park a expliqué que les rumeurs selon lesquelles les archers mordaient des serpents ou nettoyaient des égouts étaient fausses, mais qu’ils avaient été contraints de porter un bateau en bois en haut d’une montagne, un mois avant Pékin. Ces hommes ont jugé cela dangereux et ont quitté le stage. Kim Chung Tae a reçu une suspension d’un an, tous les autres une suspension de cinq ans.
M. Park a précisé que la théorie derrière ces exercices de type militaire était de développer la force mentale, afin que les archers puissent tenir dans des matchs difficiles, bien qu’il estime que la ténacité nécessaire pour cela soit différente de celle développée par ces exercices.
Je pense qu’il y a une double faiblesse dans le programme coréen, une faille qui a permis à de nombreux Américains de remporter des médailles d’or. Premièrement, la sécurité financière des Coréens dépend du tir à l’arc, et il y a une énorme pression de la part de leur entourage pour réussir. (Mme Yun a gagné 185 000 $ US pour ses deux médailles d’or.) Par conséquent, ils ont tout à perdre aux Jeux. Les Américains, en revanche, ne gagneront ni gloire ni fortune aux Jeux Olympiques, donc nous n’avons rien à perdre. Nous avons un meilleur état d’esprit, nous sommes détendus, eux sont tendus.
Deuxièmement, je crois que le type de ténacité que la KAA (Korean Archery Association) a essayé de développer chez ses archers en faisant porter des bateaux en montagne a déjà été développé réellement chez les Américains, car nous avons dû faire du tir à l’arc en parallèle de nos études et de nos emplois. Nous avons développé cette ténacité mentale au fil des années, à travers le stress de ces contraintes. Les Coréens peuvent tirer énormément, mais c’est tout ce qu’ils ont à faire. (Ce n’est pas que tirer toute la journée soit facile.) Peut-être qu’ils n’ont pas été confrontés à assez de défis en dehors du tir à l’arc pour développer la ténacité dont ils ont besoin.
Ces deux problèmes ne concernent pas leurs femmes, car elles ont l’habitude de gagner, ce qui réduit beaucoup de pression. Il n’y a pas de véritable concurrence pour elles. Par contre, il y a d’autres hommes capables de battre leurs hommes, et ces défaites olympiques restent dans les mémoires à chaque fois qu’ils mettent les pieds sur le pas de tir.
Les Coréens détiennent tous les records du monde et remportent tous les Championnats du Monde, mais leurs hommes n’ont pas répété cette domination aux Jeux Olympiques. Peut-être que mes commentaires permettent de mieux comprendre pourquoi.
Contrairement aux États-Unis, il n’existe pas de tir à l’arc récréatif en Corée. Plutôt que par le biais de clubs JOAD Note 6, les Coréens commencent à entraîner leurs archers dès l’école primaire, vers l’âge de dix ans.
Beaucoup d’écoles en Corée disposent d’entraîneurs d’archers désignés, similaires à un professeur d’éducation physique ou même à un entraîneur de football aux États-Unis. Ces instructeurs d’école primaire savent que la base de tout bon tireur est un alignement osseux parfait dans le dos et les bras. Les Coréens ont établi une méthode pour enseigner cet alignement correct en faisant passer tous les nouveaux archers par trois à six mois d’exercices. Les archers commencent par apprendre de bonnes mécaniques de tir sans tenir d’arc. Ensuite, ils effectuent les exercices en armant l’arc, mais sans flèche, puis ajoutent une flèche, et après plusieurs mois, les jeunes archers tirent leur première flèche. Contrairement à la méthode américaine qui consiste à mettre rapidement un arc et une flèche entre les mains des débutants, parfois après quelques heures (ou même minutes), ce processus de « gratification différée » enseigne l’alignement parfait dès le départ. La patience des Coréens, au début, paie, car il n’est plus nécessaire de corriger plus tard des défauts techniques majeurs chez les archers.
La plupart des nouveaux archers coréens seront capables de tirer 300 points à 30 mètres (36 flèches) dès leur premier tir Note 7.
Guy et moi avons passé un après-midi aux championnats de tir à l’arc des écoles élémentaires de Séoul, et nous avons eu l’occasion d’observer exactement comment ces jeunes enfants sont formés à tirer selon le manuel. Comme vous pouvez le voir sur la photo, ces enfants ressemblent à des versions miniatures de l’équipe nationale adulte. Les vainqueurs des divisions garçons et filles ont tiré autour de 345 points à 30 mètres.
La leçon pour le reste d’entre nous est qu’il n’est pas efficace de mettre un arc entre les mains de nos tireurs trop rapidement. Nous croyons qu’il est acceptable d’enseigner aux enfants à tirer de manière incorrecte au début, puis de corriger leurs erreurs avec le temps, mais la vérité est que cette philosophie constitue un handicap considérable pour notre système de développement. Nous devrions explorer des moyens d’enseigner la technique correcte dès le départ.
Les archers coréens poursuivent leur formation au collège. Tout comme les collèges américains ont des équipes d’athlétisme, de nombreuses écoles coréennes offrent l’archerie comme sport. C’est au collège que les meilleurs tireurs sont sélectionnés pour entrer dans le système complet de formation coréen. Leurs meilleurs archers sont invités à quitter leur domicile et à vivre dans l’un des lycées d’éducation physique, où ils apprennent à tirer à un niveau mondial. Guy et moi avons passé la majeure partie de notre semaine en Corée à nous entraîner dans l’un de ces lycées à Suwon, le Lycée National d’Éducation Physique Kyung-gi. En plus de la musculation, de l’athlétisme, de la natation et du tir à la carabine, dix jeunes hommes et six jeunes femmes perfectionnent leurs compétences d’archers.
Les lycéens coréens s’entraînent plus que tous les autres tireurs du pays. Nous commencions nos journées avec eux par un échauffement et un round FITA complet le matin, répété après le déjeuner, et un entraînement aux rounds olympiques le soir, sous les projecteurs. Pour tirer davantage de flèches dans un laps de temps limité, nous courions en aller-retour jusqu’à la cible.
Le temps de cours académique est limité dans ces lycées d’éducation physique, car le but de ces écoles est de former des Olympiens. En dehors de la saison de compétition, les archers passent quelques heures par jour en cours, mais avant les grandes compétitions, les cours sont supprimés au profit de davantage de pratique. De plus, tout l’entraînement est supervisé par deux entraîneurs à plein temps. M. Lim In-Taek, entraîneur principal du lycée Kyung-gi, a participé aux Championnats du Monde dans les années 1980. Il a guidé Yun Mi Jin, double médaillée d’or à Sydney, pendant son passage au lycée Kyung-gi. Il est évident que le système fonctionne.
Pour les meilleurs archers de l’équipe de lycée coréenne, il y a deux options après le lycée : certains entreront dans des universités d’éducation physique coréennes, et quelques-uns rejoindront l’une des nombreuses équipes d’entreprise coréennes d’archerie. Ces équipes corporatives forment une sorte de ligue professionnelle. Les archers sont payés pour représenter les entreprises pour lesquelles ils travaillent. Il faut une capacité FITA minimale d’environ 1330 points pour obtenir un tel poste. Les archers des équipes d’entreprise et universitaires tirent beaucoup moins que les lycéens, seulement 200 à 400 flèches par jour, contre 500 à 600 flèches pour les lycéens.
Qu’est-ce que cela signifie pour les États-Unis et le reste du monde de l’archerie ? Comme je l’ai mentionné précédemment, enseigner la technique correcte à nos nouveaux archers de manière plus méthodique accélère certainement leur développement. Au-delà de cela, il est difficile de dire. Notre société ne nous permet pas de nous entraîner de la même manière que les Coréens. Qu’en pensez-vous ?
En raison du succès rencontré par les articles de Chris Shull sur son voyage en Corée avec Guy Kruger, nous lui avons demandé quels avaient été les effets de son entraînement en Corée un an après son retour. Voici ce qu'il nous a répondu.
On dit que « rétrospectivement, tout est clair », et à l’approche du premier anniversaire de mon voyage en Corée, j’aimerais partager avec vous quelques révélations. L’année 2002 m’a conduit en Croatie, en Turquie, en Allemagne et en Thaïlande, me donnant amplement l’occasion de mettre le nouvel entraînement à l’épreuve. Voici ce que j’en ai retiré.
Tout d'abord, il ne faut pas exagérer le travail technique pendant la saison de compétition. Je voulais mettre en pratique tout ce que j'avais appris en Corée, immédiatement. Mon enthousiasme m'a poussé à continuer à modifier ma technique pendant les mois d'été. Ce fut une grave erreur. Pendant la saison des compétitions, tirer à l'arc doit être aussi naturel que marcher. Il faut tirer des milliers et des milliers de flèches pour acquérir cette sensation. Comme je voulais absolument perfectionner ma technique, j'ai passé tout mon temps à essayer d'améliorer tel ou tel point technique, au lieu d'utiliser ce que j'avais déjà acquis. J'ai payé le prix fort, car mes performances étaient irrégulières. Une semaine, j'étais en tête du classement, et la semaine suivante, je n'apparaissais même plus dans le tableau. Lloyd Brown, mon entraîneur ici au Centre d'entraînement olympique, m'a vraiment martelé qu'on ne peut pas concourir si on continue à penser techniquement à son tir. Il faut être automatique, ne pas contrôler. Il faut laisser la répétition de l'entraînement prendre le dessus.
Mettez donc l'accent sur votre développement technique pendant les mois d'automne et d'hiver, lorsqu'il n'y a pas de compétitions importantes. J'ai d'ailleurs choisi de ne pas participer à des compétitions en salle cette année afin d'avoir plus de temps pour m'entraîner avant de devoir repasser en mode automatique pour la saison en plein air. De septembre à janvier, j'ai tiré environ 1 500 flèches par semaine, presque exclusivement à la paille. Je me suis entraîné encore et encore, et cela a fonctionné. Maintenant que mon tir est tel que je le souhaite, je peux me concentrer sur des entraînements de type tournoi de mars à août, ce qui me donne les bases solides nécessaires pour obtenir des performances prévisibles sous pression.
Deuxièmement, j'ai appris qu'on ne peut jamais surpasser ses rivaux, qu'ils soient coréens ou d'une autre nationalité, en essayant simplement de les copier. On aura toujours un temps de retard. Je viens de terminer la lecture d’un livre de Béla Károlyi, le célèbre entraîneur roumain de gymnastique, à propos de la manière dont il a formé Nadia Comaneci. M. Karoli raconte que dès que ses gymnastes ont commencé à gagner, tous les autres pays ont essayé de copier son programme. Mais les imitateurs n'ont jamais vraiment réussi à rattraper leur retard, car les Roumains apportaient sans cesse des améliorations auxquelles leurs concurrents ne pouvaient pas faire face. Je pense que la même chose s'applique à mon admiration pour le programme coréen. Je peux prendre le meilleur de ce qu'ils font, la qualité technique de leur forme et le volume de leur entraînement, et le combiner avec une attitude américaine et une approche psychologique du jeu. Je dois être innovant pour prendre de l'avance.
Maintenant si vous vous souvenez de mes articles précédents, nous tirions entre six et dix heures par jour en Corée. Vous serez tenté d'utiliser ma déclaration ci-dessus comme excuse pour continuer à vous entraîner moins que nécessaire. Mais ne vous y trompez pas, vous avez vraiment besoin de tirer autant. Plus vous vous entraînez, mieux vous absorbez les effets de cet entraînement. Si vous n'êtes pas assez fort pour tirer 300 flèches de qualité par jour, vous devriez l'être. Si vous n'êtes pas assez fort, commencez à soulever des poids et trouvez plus de temps pour vous entraîner. Personnellement, je refuse de me présenter sur la ligne de tir lors d'un tournoi en sachant qu'une seule personne s'est entraînée plus dur que moi. Ne vous attendez pas à atteindre vos objectifs facilement. L'équipe d'athlétisme ici à l'OTC a un excellent slogan : « Tout le monde veut aller au paradis, mais personne ne veut mourir. » Tout le monde veut gagner, mais peu sont prêts à payer le prix nécessaire pour y parvenir.
Enfin, et c'est peut-être le plus important, j'ai appris que les matchs les plus difficiles à gagner ne sont pas ceux contre les archers dont on s'attend à ce qu'ils soient coriaces, mais ceux contre les archers que l'on pense pouvoir battre facilement. Susan Jackson et Mihaly Cizkzentmihaly, dans leur livre Flow in Sports, décrivent ce qu'ils appellent l'équilibre entre défi et compétences. En bref, ce principe dit que vous devez être mis au défi pour donner le meilleur de vous-même. Vous savez que vous devez faire de votre mieux pour gagner, alors vous le faites. Vous vous mettez en difficulté lorsque vous vous laissez aller à la complaisance pendant un match, ce qui vous empêche de tirer à votre meilleur niveau. Pendant ce temps, votre adversaire, moins doué que vous, est très conscient qu'il doit tirer à son meilleur niveau pour gagner, ce qui augmente ses chances d'y parvenir. Tout à coup, cet adversaire que vous auriez dû écraser vous talonne. J'ai appris cette leçon à mes dépens lors des Championnats du monde universitaires en Thaïlande. J'ai remporté mes premiers matchs et j'ai été opposé à l'un des archers coréens en quarts de finale. Je savais que ce gars était génial, alors j'ai tiré à fond. Nous étions à égalité avec trois flèches restantes, mais j'ai remporté le match et je me suis qualifié pour le top 4. Étonnamment, tous les autres archers coréens avaient également perdu, ce qui faisait de moi le tireur le mieux classé parmi les quatre finalistes. Je pensais avoir gagné. Quelques matchs faciles et je serais sur la plus haute marche du podium. Au lieu de cela, j'ai obtenu des scores bien inférieurs lors du match suivant, perdant contre un Européen qui a tiré bien mieux que sa moyenne. Vous voyez la tendance ? Il m'a pris au sérieux et a bien tiré, je l'ai pris à la légère et j'ai mal tiré. J'ai terminé quatrième. Soyez assurés que j'ai retenu la leçon.
J'espère que mes lecteurs auront appris quelque chose de mes divagations. Ce dont j'ai parlé dans cette série constitue l'essentiel de mon entraînement. Je n'ai pas encore atteint mes objectifs dans ce sport, mais j'y arrive peu à peu. J'espère que le partage de mon expérience vous aidera à atteindre les vôtres.
Chris Shull a grandi au sein du club ACE Archers à Columbus, dans l'Ohio, où il est devenu champion national junior en 1997. Après le lycée, il est allé à Texas A&M pour faire ses études universitaires, où il a remporté deux championnats nationaux universitaires en plein air tout en profitant des quatre meilleures années de sa vie. Membre à deux reprises de l'équipe américaine de tir à l'arc, il vit, s'entraîne et rêve désormais du Texas au centre d'entraînement olympique américain de San Diego, en Californie.
Voici Chris (à l'extrême droite) avec ses coéquipiers panaméricains.
This is my best effort to record the events of my trip to Seoul with Guy Krueger over March 7-17, 2002. I’m going to classify my experiences not by date or person, but by category. First, I will note all of the form changes that I made (or am currently working on) during the trip, with a note on the coach that made those changes. Second I will write down things of a mental training nature that I learned during the trip. All of these things came from Mr. Park, Kyung Rae during our taped seminar and over dinner. Finally, I will document the training methodology that I witnessed in Korea. As far as people outside Guy and I are concerned, this section may be the most beneficial.
1. I began by meeting Mr. Lim, In-Teak at the Kyugki National Physical Education High School. (Mr. Lim coached Yun, Mi-Jin, and was also involved with Kim, Soo-Nyung and Kim-Chung Tae) Mr. Lim noticed that I had an s shape in my back from putting all of my weight on my heels while shooting. He instructed me to place my weight on the balls of my feet instead, as this gave me more room to use my back as well as improving my balance. (I am in no way leaning forward. My stance is still very upright, but my balance is on the balls of my feet rather than leaning back on my heels.)
2. Mr. Lim proposed that the pressure point of the grip should be at the throat, close to the center of the riser. His students use a very high grip to achieve this. I did not change my pressure point, but thought this was worth noting. The whole idea is to make a line from the target through the contact point of the grip, through the arrow and back out the elbow, all in one plane. You draw with your elbow along the plane and extend your bow hand forward along the plane upon the release. Your draw should not exit this plane, i.e. no excessive motion away from the line previously mentioned.
3. Mr. Lim instructed me to make my bow hand “soft.” Translation, let it go with the riser. Watch any of the Korean women and you can see what he means. Their bow hands really go limp.
4. Mr. Lim noticed that I had a very slight fade in my bow arm to the left, and he promptly grilled me for that. This ties into number 2 above, everything runs along the axis of target to hand through the back to the elbow.
5. Mr. Lim and Ms. Oh at the Kyung Hee University both noticed that I had some problems with my bow arm lurching forward upon the release. You can see this in a Win and Win web page video. Mr. Lim addressed this by making me square my torso to the target bale as I am drawing. Doing so will lock my left scapula down, in addition to my left shoulder. This locks down the root of the bow arm, and Mr. Lim says it will fix some vertical grouping problems. Upon my return from Korea, this is the biggest thing for me to work on, as I believe this is one of the biggest problems with my form. I have to really rotate my torso hard and push my arm forward hard while I draw. My left and right scapula will almost touch if this is done properly. Even better, my bow arm will be super stable. Mr. Lim’s ability to see small but critical things like this is what makes him a great coach. I never would have noticed this problem. Over the past nine months I have been attempting to replicate Korean technique, but now I realize that I’m really just been attacking the cosmetic things. You have to pay attention to bone alignment, and this can be very difficult for me to see by myself on video. Working with a good coach is the best way to rectify these sorts of things. Now I will be aware of such oversights.
6. Mr. Park touched on this same problem, sort of by accident. As you will see from my tape of his talk with Guy and I, the scapula is the root of the body. The shoulder blades attach to your arms, your core, your waist, your neck, your everything. If you don’t have perfect shoulder blade positioning, you don’t have anything. If you line up your scapula, everything else will follow.
7. Ms. Oh noticed that my chest was really high while shooting, preventing good clearance from the bowstring. This was occurring because I was breathing in all the way during draw, and not releasing any of the air. Ms. Oh directed me to inhale and expel 2⁄3 of my breath before drawing. This lowers my chest and tightens my abdominals, making me very stable. The problem is that I now find myself running out of breath while shooting. This still needs work.
On a random note, Ms. Oh also suggested a few equipment improvements. First, she and Yun, Mi Jin said that there should be no play between the nock and top and bottom nock locators. She removed my old serving and replaced it with a style that all the Koreans are using (including Yun and Lee Kyung-Jung, 30 meter world record holder) She used a small polyester twine, sort of like a cheap serving material, to literally serve on top and bottom nock locators, both about 3/8 of an inch long. She began each with an overhand knot to establish the correct position without slipping, then she served it like a standard serving. It works well, but provides no nocking point to line my Cavalier tab up on. (I’m talking about that little notch on the tab.) She added a small kisser button to my string as a check to make sure that my finger tab was in the same place each time. This was done with a narrow strip of paper and super glue, wrapped around on top of itself several times. All the girls were using this type of kisser button. Ms. Oh said that my finger tab leather should not touch the nock, and that I should line it up even between the top and bottom of the leather. The kisser is supposed to be a check to make sure that the tab is in the correct position. I’m not sure that I buy into this as being very consistent, because I feel that it takes a fairly large movement of the kisser to be noticeable at your lips. I admittedly have ignored this portion of her advice and have chosen to line up my Cavalier tab with the leather touching the top of the nock. (Or, if I’m shooting my Win and Win 360 tab, I line up the bottom of the leather with the nock.)
Overall, however, Ms. Cho and Mr. Lim were very positive about my shooting, and seemed confident that I could be a champion at the Olympics. My-Jin, Eun-Na and Kyung-Jung wished Guy and I “victory” as we left.
8. Finally, Mr. Lim instructed me to squeeze my bicep while shooting, in order to keep my release tight and fast. You can see in the girls that when this is done correctly the release is very tight to the neck and punctual. Watching Yun on tape is a great way to get the idea. This is not pulling with your arms, don’t mistake it as such, it is simply a method of preventing a flyaway release. Mr. Lim had me work on this by placing about three inches of an aluminum arrow shaft under my elbow with a piece of elastic and making me squeeze the shaft as I drew back. I have not yet mastered this, and should continue to drill it at home.
With all of these changes, I think that incorporating them over the next two weeks will go a long way towards my becoming a consistent 1320 to 1330 shooter this year. I think that once I have mastered these things that I should stick to them throughout the season, focussing more on timing than technical changes during the competition season through August. I have to feel the shot inside out, and that is impossible to develop if major changes are made all year long. This is evident in last year’s weak performance at the National Championships. I changed too much during the summer, and never really got a true feel for the shot.
9. I was having a typical plague of windage adjustments between distances, and I asked Mr. Park about this. He looked at my sight from the front and said that it looked a little off, but Guy told me the next day that I was canting my bow way to the right, about an inch and a half, which was sending my arrows that direction more and more as the target got farther away. I worked at it for a day or two and straightened up the bow, thus eliminating the tracking problems.
10. Finally, Mr. Lim brought up my long standing problem of leaning backwards while shooting. It seems that no matter how hard I try, this always comes back to haunt me. Mr. Lim said I should focus on correcting this by thinking of pitching my hips back (to my right) rather than bending my torso to the left.
11. Ms. Oh stressed the point of having perfect string alignment each shot. She felt that this becomes more and more important the better you get. The ideal place, she says, for the string is just inside the riser, where you can see it, but it doesn’t block your view. I realized that I have been rather lazy with my string alignment, sort of believing that it isn’t really a problem. In the future I will need to be more attentive.
12. Ms. Oh also noticed that I was leaning over a bit at the waist. I think this was a side affect of my attempts to get my weight over the balls of my feet. Make sure you keep a balanced center.
The next installment involves those aspects of mental training I picked up on the trip. This will be in the next issue.
In the last segment about the trip Guy Krueger and I took to Korea, I described all of the observations made about me as a shooter. In this part, I tell you about Mr. Park’s mental approach and about the Korean’s training regimens.
Our evening spent with Mr. Park of Win&Win Archery was an education in how to think while shooting. We began by shooting for Mr. Park, outside the W&W factory, at 30 meters. Mr. Park asked us a few questions, such “What do you think about while shooting?” It was a kind of trick question. We said stuff like “I’m working on my shoulder, so I’m thinking about that, etc.” There is nothing wrong with focusing on something that you are trying to fix, but when tournament time comes around Mr. Park gave us the correct mental perspective.
Mr. Park’s philosophy is based around three pillars, if you will, One Action Shooting, Use Bone, and Concentration. I’ll explain each component separately, though they are all the same, in a way.
By One Action Shooting, Mr. Park means that you should have one thought through the entire shot sequence. For Mr. Park, focusing on the elbow is the best thing. Think only about elbow motion the entire shot. If I think about my elbow and my bow hand at the same time, I violate this principle.
Use Bone is as opposed to “use muscle.” Mr. Park explained that it is very confusing to your mind to think about squeezing the muscles that attach to your bones. Instead, he advocates focusing on moving the bones themselves. In this case, we are talking about scapula and elbow rotation. Mr. Park feels that the American focus on “back tension” is bogus. This reinforces use of the muscles. In Korea, everyone is taught to focus mentally on bone, with 60-70% of the national team thinking elbow specifically, and the remainder thinking scapula.
Mr. Park got off on a tangent, too, about how the scapula is the root of your arm. In fact, the muscles that are attached to your scapula run all the way to your legs, your neck, everything. If you think about your scapula, the rest of your body follows. However, Mr. Park stated that Guy and I both have excellent scapular rotation, so he advocates focusing on our elbows as a less confusing focal point for our minds.
Concentration, as defined by Mr. Park, is composed of two things
#1) Feeling in the form of one action shooting and focusing on bone. You get this feeling through massive repetition of the shot in practice.
#2) The target. Yes, he tells us to think about the target, which is directly opposed to the philosophy of “don’t aim.” Part 1 without Part 2 will not work, and vice versa. (When we shoot blank bale we eliminate the need to focus on Part 2) Concentration requires execution of perfect feeling (which translates to perfect technique) while focusing your mind on the target. However, don’t focus on shooting tens, focus on your groups in the target.
The idea is to keep all your arrows right next to one another other; score is irrelevant. This applies when aiming off, too. Mr. Park said that Kim, Soo-Young would never move her sight after her practice ends, as doing so removed her from her sense of grouping on the target. If she shot her first scoring arrow (Yes, just one arrow, I clarified that.) to the left of the ten, she would aim to the right of the ten for the rest of the distance. Think about it, how many times have you started moving your sight in competition, but you wind up having no idea where the arrows are going to go because you lose that connection with your concentration. Focus on groups at the target, and you will always keep both components of concentration active.
Mr. Park stated that it takes massive amounts of practice, perhaps as much as 800 arrows per day, plus intense technique development, to progress from 1300 to 1350. He feels that the secret to going from 1350 to 1400 lies in developing that perfect combination of feeling and grouping. The top Koreans only shoot about 200 arrows a day, says Mr. Park, as they already have the proper technique. For them to progress, they have to master the details of what we have already mentioned. This confuses me, however, as I would think that it would take just as much practice to perfect your combination of feeling and grouping as it does to work on either component by itself as you build from 1300 to 1350. Perhaps they are just getting lazy? Or perhaps the heavy loads the high school kids shoot are somewhat counterproductive.
This lead naturally to what Mr. Park thought about training regimens.
I asked Mr. Park what is the best way to spread around my practice. He said that the best method he has found is to cycle your practice. If I were shooting a maximum of 500 arrows a day, I would take a break day on Sunday, shoot medium (300) on Monday, max (500) on Tuesday, medium (300) on Wednesday, minimum (150) on Thursday, max (500) again on Friday, and medium (300) on Sunday. None of the Korean teams we trained with appeared to follow this method, though, as they all trained everyday. At least 350 arrows each day for the high schoolers. Fewer for the University level shooters, but still they shoot from 2-6 PM and 7:30-10 PM. The Koreans make better use of their practice time, too. The high school students jogged back and forth to the target. The university teams at Kyung Hee Univ. (Yun-Mi, Jin’s team) and the National Physical Education University (where the current men’s Junior World Champion trains) walked to the target, but they also shot 8 or 10 arrows per end. My impression is that Americans sit around too much at practice. The coach and Kyung Hee said the archers were shooting about 400 arrows per day, and that’s in only 6.5 hours of shooting.
According to Mr. Park, kids begin shooting in elementary school, at the age of 9 or 10. They learn perfect bone alignment, correct scapula motion, perfect anchor, perfect release and perfect follow through before they get to touch a bow. First, the kids simply mimic correct motion, bare handed. After that is correct they move on to a Theraband. After perfect form is executed on the Theraband they move to drawing a bow, without an arrow. Finally, they do the whole thing with an arrow, but they don’t shoot it. The entire process lasts from three to six months, before they ever release their first shot. However, the payoff is that, according to Mr. Park, they will almost all break 300 at 30 meters (36 arrows) the first time they score. These are 10 year old kids we are talking about.
The kids continue shooting in Junior high schools, where the schools again have ranges. I’m not sure about what goes on at this grade level, but I do know that the best of the junior high shooters are invited to attend one of several physical education high schools, like Kyungee High School where Guy and I spent most of the week.
At the high school level the kids shoot more than any other group of shooters in Korea. Their heavy days approach 800 arrows, if their coach is not exaggerating. They shoot warm up and a FITA round in the AM, another FITA round in the PM and 2.5 more hours after dinner, under lights. The men at the school shot from a low of 1250 to a high of 1341 for the captain. The women shot all high 1200s to 1365 for the captain. Mr. Park said that high school shooters practice the most for two reasons. First, ascending from 1300 to 1350 is an issue of perfecting technique, which requires a ton of repetition. Second, they all aspire to shoot again at the next level, either in university teams or company teams. In order to do that they must shoot minimum of 1330 for a corporate team, a bit lower than that for a university team. (The thing with the university teams is they are all based around physical education universities, which are tough to get into. Other schools don’t have ranges.) If they do not qualify for either of these options, then they will no longer be able to shoot, as there are no public ranges in Korea.
These high school kids do some weight lifting in the off season, but focus only on shooting during the competition season. In fact, they were not even running at this time of the year. They also shoot less immediately before tournaments, only 400 arrows per day, says Mr. Lim, the coach.
When tournaments are coming up the students have no class at all, only shooting. At other times they may have some class in the morning (I even met two of the English teachers at the high school), but I don’t think class lasts more than an hour or two. It appears to me that they continue shooting the notorious 9-12:30, 1-6 and 7:30-10 schedule most of the year. All their fingers were leather, except for the kid whose calluses have cracked and are now bloody. I gave them a roll of Vet-Wrap (Coban) as a humanitarian gesture. They don’t have that in Korea.
Mr. Lim, and his assistant coach, were at the field all day, everyday, with the shooters. Mr. Lim was a member of a World Championship team in the 80s, and is an accomplished archer himself as are all the top coaches in Korea. Coaching is now their full time career. The point is that the archers respect their coaches, and it is easy to see why.
Yun, Mi Jin attended this high school, and she won both Gold Medals at the Olympics her senior year there, so the madness obviously has paid off. (They now have pictures of her everywhere, the school is like a shrine to Yun, Mi Jin.)
All the archers we shot with shoot outdoors year round. (Yes, even in the snow). They do this by shooting out of small buildings with the windows open. Small heaters make it warm enough to shoot, then they put on a coat to pull their arrows. One of the elementary schools we visited simply had a scaffolding with plastic wrapped around (and squares cut out of the plastic for shooting) to keep out the cold wind.
We have already described what happens at the collegiate team level. There are about 12 university teams in Korea. Archers at Mi-Jin’s school, Kyung Hee University (as opposed to Kyungkee High School) run 40 min. in the morning, then spend the rest of the AM in class. They arrive at the range for practice at 2, and shoot till 6. After dinner they shoot under lights (out of their building) from 7:30 till 10. The team and Kyung Hee is new, consisting of only three archers. Yun, Mi-Jin; Lee, Kyung-Jung, and Cho, Eun-Na. Ms. Lee holds the 30 M world record at 360. Guy and I spent an evening with them. I managed to lose an 18 arrow match to Yun, 168-169. I looked through some of her FITA scores, and her good days were 1390. Look out for the Korean women to hit a 1400 soon.
The university teams were more laid back than the high school, but they still work hard. They must maintain their level in order to go for a corporate team after graduation. I expect that some of them will coach down the road, too.
Company team archers shoot less than any other level. Mr. Park says that practice is less important than improving concentration (see the definition of concentration from earlier) at the 1350+ level. Consequently, some company archers may only shoot 200 arrows per day. However, there are others who shoot a ton for simple job security. If they have a slump then they go back to a desk job. Most of the Koreans that we see at the Games are company team members. (Yun, Mi Jin is an exception, as she came right out of high school with Mr. Lim)
So, Korea has a path for their archers to follow that has led to the development of about 100 men who can break 1300, and who knows how many women. Now we can understand how they have accomplished this.
I asked Mr. Park about the recent news of several top Korean Men (Hong, Sung Chil, Kim, Chung Tae, Oh, Kyo Moon and Jang, Yong Ho) being banned from the Korean national team for walking out of a pre World Championship training camp. Mr. Park said that the reports of the archers biting snakes and cleaning sewers are false, but that they were made to carry a wood boat up a mountain, one month before Beijing. These men felt that this was dangerous, and quit. Kim, Chung Tae, received a one year suspension, everyone else a five year suspension.
Mr. Park stated that the theory behind these army training tactics was to develop mental toughness, so that the archers could carry through in difficult matches, though he believes that the toughness necessary to do this is different than the kind being developed in these exercises.
I believe that there is a two fold Achilles heal to the Korean program, a fault that has permitted numerousnU.S. gold medals. First, the Korean’s financial security runs on archery, and there is a ton of pressure from the people at home to perform. (Ms. Yun made US$185,000 for her two golds.) Consequently they have everything to lose at the Games. Americans will win neither fame nor fortune at the Olympics, so we have nothing to lose. We have a much better mental state at the Games, we are laid back, they are up tight.
Second, I believe that the kind of toughness that the KAA has been trying to build in their archers via carrying boats up mountains has been developed for real in Americans via the fact that we have had to make archery happen around our educations and our jobs. We have developed mental toughness over years of stress from those factors. The Koreans may shoot a ton, but that is all they have to do. (Not that shooting all day is easy.) Perhaps they have not been up against enough challenge outside of archery to develop the toughness that they need.
These two problems don’t apply to their women, though, as they are used to winning and that sheds much of the pressure. There is no real competition for them. There are, however, other men who can beat their men, and those Olympic loses are remembered every time they set foot on the range.
The Koreans hold all the world records and win all the World Championships, but their men have not repeated that dominance at the Olympics. Perhaps my comments shed some light onto why that is.
In March, 2002, Guy Krueger and Chris Shull took an eight day training trip to Seoul, South Korea. The trip, arranged by Mr. Park, Kyung Rae of Win and Win Archery, gave Chris and Guy a chance to witness first hand the archery development system that has created the Korean archery dynasty.
Unlike in the United States, there is no recreational archery in Korea. Rather than through JOAD clubs, the Koreans begin training their archers in elementary school physical education classes, around the age of ten. Many schools in Korea have designated archery coaches, similar to a physical education teacher or even a football coach in the United States. These elementary school instructors understand that the base of any good shooter is perfect bone alignment in the back and arms. The Koreans have set out how to teach proper bone alignment by having all new archers spend three to six months doing drills. The archers begin by learning good shot mechanics with no bow in their hands. Next, they do the drills while drawing a bow and no arrow, then they add an arrow, and after many months the young archers will shoot their first arrow. Unlike the American method of getting a bow in the hands of new archers and an arrow in the target after only a few hours (or even minutes), this “delayed gratification” process teaches perfect alignment right from the beginning. The patience the Koreans have, in the beginning, pays off as there is no need to correct major technical flaws in their archers later. Most new Korean archers will be able to shoot a 300 at 30 meters (36 arrows) the very first time they shoot it.
Guy and I spent an afternoon at the Seoul elementary school archery championships and we had a chance to watch exactly how textbook these young kids are trained to shoot. As you can see in the picture, these children look like miniature versions of their full grown national team. The winners of both the boys and girls divisions shot around a 345 at 30 meters.
The lesson for the rest of us is that it is not an efficient training regimen to put a bow in the hands of our shooters too quickly. We believe that it is acceptable to teach children to shoot incorrectly at the beginning, and then to correct their mistakes over time, but the truth is that this philosophy is a tremendous handicap to our developmental system. We should explore ways to teach the correct technique at the very beginning.
Korean archers continue their training on middle school teams. Just like American middle schools have track and field teams, many Korean middle schools offer archery as a sport. It is in the middle schools that the best shooters are tapped to enter the full Korean training regimen. Their top shooters are invited to leave home and live at one of several physical education high schools, where they learn to shoot at a world class level. Guy and I spent most of our week in Korea training at one such school in Suwon, Kynug-gi National Physical Education High School. Along with weight lifting, track and field, swimming, and air rifle ten young men and six young women hone their skills as archers.
Korean high school students train more than any other shooters in the country. We began our day training with them with a warm up and shooting a full FITA round in the morning, the same again after lunch, and Olympic round practice in the evening under lights. To fit more shooting into a short time we ran back and forth to the target.
Academic class time is limited at the physical education high schools, as the purpose of these schools is to train Olympians. During the off season, archers spend a few hours per day in class, but before major competitions class is withdrawn in favor of more practice. In addition, all practice is monitored by two full time coaches. Mr. Lim, In-Taek, the head coach at Kyung-gi High, participated in the World Championships in the 1980s. He guided Yun, Mi-Jin, double Gold Medalist in Sydney, during her time at Kyung-gi. Obviously the system works.
For the top archers in the Korean high school team, they have two options after high school. Some will enter Korean Physical Education Universities, and a select few will join one of the many Korean Corporate Archery Teams. The Korean Corporate archery teams form a professional league of sorts. Archers are paid a salary to compete on behalf of the companies they work for. It takes a minimum FITA ability of around 1330 to earn such a position. Archers on corporate and university teams shoot much less than the high school teams, only two to four hundred arrows per day, as opposed to the five or six hundred arrows shot in the high schools.
What does this mean for the United States and the rest of the archery world? As I mentioned before, certainly being more methodical in teaching correct technique to our new archers speeds up their development. Beyond doing that, it is hard to say. Our society will not permit us to train in the same way the Koreans do. What do you think?
Due to the popularity of Chris Shull’s articles about his and Guy Kruger’s trip to Korea (see the last three issues), we asked him what the effect of his training in Korea has been one year after returning.
This is what he sent us. Ed.
They say “hind sight is twenty-twenty” and, as the one year anniversary of my trip to Korea nears, I would like to share with you a few revelations. The year 2002 took me to Croatia, Turkey, Germany, and Thailand, giving me plenty of opportunity to put the new training to the test. Here’s what I’ve learned.
First, you shouldn’t overdo technical form work during the competitive season. I wanted to put into practice everything I learned in Korea, right away. The consequence of my zeal was that I was still making changes in my form well into the summer months. That was a big mistake. During the competitive season shooting your bow should feel like walking. It takes thousands upon thousands upon thousands of arrows to really get that sensation. Because I so badly wanted to perfect my technique, I spent all of my time trying to perfect this angle or that, rather than making use of what I had. The price I paid was that my shooting was inconsistent. I would be at the top of the charts one week and off the map the next. Lloyd Brown, my coach here at the Olympic Training Center, has really been drilling it into me that you can’t compete if you are still thinking technically about your shot. You have to be automatic, not controlling. You have to let the repetition of practice take over.
So, emphasize your technical development in the fall and winter months, when there are not any major competitions. I actually chose not to compete indoors this year in order to expand the time I had to drill things before I had to go back to automated thinking for the outdoor season. I spent last September through January shooting about 1500 arrows per week, almost exclusively on blank bale. I drilled and drilled and drilled, and it worked. Now that I’ve got my shooting the way I want it, I can focus on tournament-like practice from March through August, giving me the solid foundation necessary for predictable performance under pressure.
Second, I’ve learned that you’ll never outperform your rivals, Korean or any other nationality, by strictly trying to copy them. You’ll always be one step behind. I just finished reading a book by Bela Karoli, the famed Rumanian gymnastics coach, about his development of Nadia Comaneci. Mr. Karoli said that as soon as his gymnasts began winning, every other country tried to copy his program. But the copy cats never quite caught up because the Rumanians were always coming up with improvements that the competitors could not keep pace with. I think the same thing applies to my admiration for the Korean program. I can take the best parts of what they do, the technical quality of their form and the volume of their training, and combine that with an American attitude and psychological approach to the game. I have to be innovative to pull ahead.
Now, if you remember from my past articles, we shot anywhere from six to ten hours a day in Korea. You will be prone to use my statement, above, as an excuse to continue with a less than adequate volume of practice. But don’t be fooled, you really do need to shoot that much. The more you train the better you absorb the affects of that training. If you are not strong enough to shoot 300 quality arrows per day, you should be. If you are not that strong, start lifting some weights and finding more practice time. I personally refuse to step up to the shooting line at a tournament knowing that a single person has trained harder than me. Don’t expect your goals to come easily. The track and field team here at the OTC has a great slogan. “Everybody wants to go to Heaven, but nobody wants to die. ” Everybody wants to win, but few really want to pay the price necessary to do so.
Finally, and maybe most importantly, I’ve learned that the toughest matches to win aren’t those against the archers you expect to have a tough fight with, but the archers you expect to easily defeat. Susan Jackson and Mihaly Cizkzentmihaly, in their book Flow in Sports, describe something called the challenge-skills balance. This principle, in short, says that you have to be challenged in order to bring out the best of your ability. This is easy in a tough match. You know that you’ll need to do your best to win, so you do that. Where you get in trouble is when you let yourself be complacent about a match, effectively guaranteeing that you won’t shoot at your peak. Meanwhile, your inferior competitor is very aware that he will need to shoot his best to win, increasing the likelihood that he will shoot his best. All of a sud- den that competitor that you should have walked all over is right on your heels. I learned this lesson the hard way at the World University Championships in Thailand. I won my first few matches, and was paired up against one of the Korean archers in the quarter finals. I knew the guy was awesome, so I shot lights out. We were tied with three arrows left, but I won the match and advanced to the top four. Surprisingly, all the other Korean archers had lost, as well, leaving me as the highest ranked shooter in the remaining top four. I thought I had it made. A few easy matches and I’ d be on top of the podium. Instead, I shot much lower scores in the next match, losing to a European who shot much better than his average. Can you see the trend? He took me seriously and shot well, I took him lightly and shot poorly. I went on to finish fourth. Rest assured that I have learned my lesson.
I hope you readers have learned something from my ramblings. The stuff that I’ve been writing about in this series is the bread and butter of my training. I haven’t reached my goals with this game just yet, but I’m getting there. I hope by sharing my experience it will help you reach yours.