S'entraîner à 18 mètres
Mis en ligne le 30/11/2024
S'entraîner à 18 mètres
Mis en ligne le 30/11/2024
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Le tir en salle à 18 mètres semble simple et beaucoup d’archers ne pratiquent que cette forme de compétition.
Les conditions sont stables et confortables (ni vent ni pluie), la distance proche permet une vision facile des résultats et ne demande pas de tirer une tension importante, la taille réduite du blason par rapport à la butte rassure les archers qui ont peur de faire des pailles, tout ceci explique la popularité du tir en salle par rapport au tir en extérieur, à 50 ou 70 m. Sans même parler des disciplines de parcours.
Néanmoins il y a un certain nombre de spécificités dans cette forme de tir qui doivent être anticipées et préparées pour ne pas devenir des pièges.
Avant de commencer rappelons que le tir en salle peut se pratiquer à 2 distances, 18 ou 25 mètres. Les championnats internationaux étant tirés à 18 mètres, la FFTA a privilégié cette distance. Mais il est possible de trouver des compétitions à 25 mètres. Elles sont peu fréquentes et cet article n’en parlera pas, d’autant plus que la préparation pour le 18 mètres est très largement utilisable pour le 25 mètres.
Également nous nous limiterons aux catégories U18 à S3, celles qui tirent sur blasons de 40 cm.
La spécificité du tir à 18 mètres réside dans les blasons employés, leurs emplacements et le rythme de tir à 3 flèches par volées.
3 types de blasons sont utilisés :
tout d’abord le blason standard de 40 cm de diamètre, zoné de 1 à 10 ;
ensuite le blason trispots vertical “réduit”, qui ne comprend que les zones de 10 à 6 ;
enfin le trispot dit “Vegas” (Las Vegas) également réduit avec les zones de 10 à 6. Il est rarement utilisé et nous n’en parlerons pas ici.
Dans le cadre d’une compétition non-championnat, l’organisateur peut imposer un modèle de blason à son choix ou permettre aux archers de faire connaître leur choix au moment de l’inscription, généralement entre blason standard ou trispot vertical.
Dans les championnats (départementaux, régionaux, nationaux) le blason sera toujours un trispot vertical.
S’entraîner signifie se préparer aux conditions de la compétition. Dans le cadre de cet article, cela dépend d’abord de la disposition des blasons sur la butte :
Les blasons standards (dit aussi monospots) :
B.2.2.1.2 : Agencement pour 4 blasons simples (...) de 40 cm : (...) la distance maximale entre le sol et les centres des blasons de la ligne supérieure sera de 162 cm. La distance minimale entre le sol et les centres de la ligne du bas sera de 100 cm. (...)
La distance minimum entre les zones marquantes de 2 blasons à la même hauteur sera de 10 cm.
(FFTA - Règlements sportifs et Arbitrage)
L’archer doit tirer ses 3 flèches dans le même blason. Il ne peut pas choisir son blason.
Les blasons trispots verticaux :
B.2.2.1.3 : Agencement de 4 (…) blasons triples verticaux de 40 cm : (…) la distance entre le sol et les centres des blasons de la ligne du milieu sera de 130 cm. (…) il y aura au moins un espace de 10 cm entre les zones marquantes de la seconde et de troisième colonne et une distance maximale de 2 cm entre les zones marquantes des colonnes 1 et 2 et des colonnes 3 et 4.
(FFTA - Règlements sportifs et Arbitrage)
un blason est composé de 3 spots, l’archer doit tirer une flèche dans chaque spot. L'ordre de tir est libre.
Votre niveau de score est un bon indicateur. Un archer qui ne sortirait jamais du jaune et rouge ferait au moins 480 points sur un tir en salle. Un archer à ce niveau aura encore une variabilité importante d’une flèche à l’autre et sera susceptible de faire un ou 2 manqués lors d’une compétition. Nous proposons donc comme “frontière” le score de 500 points. En-dessous de ce score l’archer aura intérêt à demander le blason monospot, au-dessus il vaut mieux tirer les compétitions sur trispot.
Il faut tenir compte de plusieurs éléments :
Les championnats, dès le départemental, seront tirés sur blasons trispots.
Le blason trispot pose des problèmes spécifiques à l’archer, qui demandent du temps pour être maîtrisés.
Il est difficile de passer d’un monospot au trispot, mais facile de passer du trispot au monospot.
Au-dessus de 480 à 500 points en compétition, entraînez-vous sur trispots toute la saison. Vous serez prêt pour les championnats.
En-dessous de ce score, vous vous entraînerez au moins la moitié du temps sur trispots, l’autre moitié sur monospots. Dans le mois précédant les championnats vous vous entraînerez uniquement sur trispots.
La difficulté du tir sur trispots réside dans les 3 hauteurs des spots : 152, 130 et 108 cm. À chaque tir l’archer doit viser un spot différent. La différence de hauteur au niveau du viseur, entre le spot le plus haut et le plus bas, est de 25 à 30 mm. Cette petite différence suffit à perturber l’archer inexpérimenté, d’autant plus qu’il faut s’adapter à chaque flèche.
Cela se manifeste le plus souvent de la façon suivante : après le tir d’une dizaine de volées sur trispot, l’archer constate que son groupement est centré de la même façon sur 2 spots et décalé sur le 3°. Parfois ce sont les 3 groupements qui ne sont pas centrés de façon identique sur les 3 spots, ou encore le groupement sur un des spots est moins bon que sur les 2 autres.
L’archer ne se place pas tout à fait de la même façon à chaque hauteur : le bloc bras/épaules/tête n’est pas placé de la même manière. Au lieu de déplacer ce bloc dans son ensemble, l’archer déplace son bras d’arc sans bouger le reste. Cela modifie ses placements, son allonge et déplace le groupement.
Pour maintenir le bloc bras/épaules/tête (bloc BET) stable d’une flèche à l’autre, l’archer va, en levant son arc, et selon le spot qui pose problème, très légèrement déplacer son bassin
vers la cible quand il tire sur le spot du haut ;
à l’opposé de la cible quand il tire sur le spot du bas.
Le déplacement du bassin est très léger, imperceptible à l’œil nu. Cela suffit à modifier l’angle de la colonne vertébrale et donc celui du bloc BET.
Comme toujours en tir à l’arc « savoir et pouvoir sont 2 choses différentes ». Il faudra de nombreuses flèches pour maîtriser cela.
Sur trispots l’archer tire une flèche par spot, dans l’ordre qu’il désire.
Selon les conditions de la compétition, l’éclairage peut venir du haut ou du bas. L’ombre des flèches sur le blason ne sera donc pas forcément identique d’un lieu de compétition à l’autre.
Pour ne pas être gêné par l’ombre de la flèche précédente sur son spot, l'archer prendra soin de s’entraîner dans les 2 sens : de haut en bas et de bas en haut, de façon à pouvoir commencer sa volée par le spot à l'opposé de l'éclairage.
L’adaptation est beaucoup plus simple que sur trispot. Toutes les flèches sont tirées à la même hauteur pendant toute la compétition : 100 ou 162 cm. Par contre l’archer n’a pas le choix de la hauteur. Et pour les mêmes raisons que sur trispots, il est possible que l’archer groupe mieux sur une des 2 hauteurs (la différence de hauteur au niveau du viseur est de 35 à 40 mm entre les 2 hauteurs).
L’archer va s’entraîner davantage sur la hauteur qui lui pose problème, jusqu’à avoir les mêmes résultats aux 2 hauteurs.
Néanmoins, l’archer qui tire ses compétitions sur monospots peut prévoir qu’il aura à tirer le championnat départemental sur trispots (généralement fin janvier) et devra donc s’y préparer.
L’expérience montre qu’il n’y a pas de difficulté particulière à s’entraîner sur trispots et à tirer les compétitions sur monospots. Il peut donc être intéressant de s’entraîner sur trispots, au moins à partir de décembre.
Tir en haut ou en bas sur monospot, tir sur trispot, restez sur la même situation de tir pendant toute la séance, comme cela se passera en compétition.
Le rythme de tir en salle est spécifique, chaque flèche est bien identifiée (Première - deuxième - troisième) alors qu’en extérieur l’archer identifie surtout la première et dernière de chaque volée (Première - 4 suivantes - dernière). Il est donc important de se préparer à ces 3 flèches.
Mais on ne peut évidemment pas se limiter à des volées de 3 flèches à l’entraînement, le nombre de flèches tirées en fin de séance ne serait pas suffisant. Donc, une fois par semaine à partir de novembre (ou une séance sur 2 ou 3) nous allons tirer un multiple de 3 flèches, avec une rupture du rythme toutes les 3 flèches.
Chaque enchaînement de 3 flèches est tirée dans un temps donné, de 90 à 45 secondes selon les possibilités de l’archer. Par exemple pour 9 flèches, 3 flèches tirées en 60 secondes avec une rupture du rythme de 10 secondes toutes les 3 flèches, le tout 3 fois (total 3 min 20).
Pour rompre le rythme, le mieux est de sortir du pas de tir.
Le site www.timer.fit permet de programmer très facilement des minuteurs adaptés à nos besoins. Suivez ce lien pour un minuteur de 3 x 60 secondes avec 10 secondes de préparation toutes les 60 secondes.
Si vous faites plus de 500 points en salle, entraînez-vous et faites vos compétitions sur trispots.
En-dessous de ce score, faites les compétitions sur blason monospot (jusqu’au championnats) mais entraînez-vous tout de même sur trispot la moitié de vos entraînements. Pour l’autre moitié, tirez sur monospot à la hauteur à laquelle vous êtes le moins à l’aise.
Dans ces 2 cas, apprenez à maintenir stable le bloc Bras/Epaules/Tête en déplaçant le bassin.
Chaque situation doit être tirée pendant une séance entière.
Un entraînement sur 2 ou 3, tirez par volées de 6 ou 9 flèches, en séquences de 3 flèches, et en sortant du pas de tir pour rompre le rythme.