Tirer en extérieur
Mis en ligne le 11/06/2024
Tirer en extérieur
Mis en ligne le 11/06/2024
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Le tir en extérieur est la discipline la plus agréable à pratiquer. Le contact avec la nature, le ciel au lieu du plafond du gymnase, les arbres au lieu des murs…
Nous parlerons ici des tirs à 50 et 70 m sur blason anglais de 122 cm, mais il y a d’autres disciplines telles que le tir en campagne, le tir 3D ou le parcours Nature. Tirer dehors impressionne souvent les archers qui n’ont pas encore essayé. En tout premier lieu à cause de la distance.
Les chiffres qui suivent sont approximatifs et sont donnés pour un matériel de bonne qualité : en particulier corde à haut rendement (ex 8125) et flèches légères en carbone.
Pour tirer à 50 m une tension de 20# suffit. A 70 m vous aurez besoin d’environ 30#. Évidemment si le vent souffle le vol des flèches sera très perturbé, mais les compétitions dans le vent ne sont pas si fréquentes.
Ensuite c’est la difficulté apparente du tir qui effraie les archers. Mais si on prend la peine de calculer le diamètre angulaire des blasons, ce n’est plus si difficile.
Dans le cadre des disciplines de cibles anglaises :
A partir du diamètre angulaire du blason, on voit que la distance la plus difficile est le 70 m, puis le 18 m, le 25 m, enfin le 50 m est la distance la plus facile.
On peut dire que si à 18 m vous pouvez mettre toutes vos flèches dans un blason de 40 cm, vous en ferez autant à 50 m dans un blason de 122 cm.
Je dis souvent aux archers hésitants qu’il ne faut pas attendre de bien tirer pour aller loin, mais qu’il faut aller loin pour bien tirer. Vous améliorerez votre concentration et votre exécution technique.
Un vent de face, la pluie, une mauvaise lumière et votre viseur sera plus bas que d’habitude.
La distance minimum entre le bas de l’œilleton et le tube de la flèche est d’au moins 20 mm. En dessous vos plumes risquent de toucher l'œilleton ou la tige, avec des conséquences catastrophiques pour votre groupement en cible. Ou pour l’œilleton lui-même…
Pour avoir une marge de sécurité, il faut au moins 30 mm entre la flèche posée sur le repose-flèche et l’œilleton du viseur.
Si vous n’avez pas 30 mm de marge, vous allez rentrer votre viseur, trou par trou sur son extension, jusqu’à avoir assez de marge. Pour une distance donnée, plus le viseur est près de l'œil, plus il est haut sur la réglette. Également, plus il est proche de l'œil, moins la visée est précise. Mais avoir un peu de marge est important, donc c’est un mal pour un bien…
Pour une discussion technique plus approfondie sur l’extension du viseur, vous pouvez lire cet article dédié.
Savez-vous de combien exactement régler votre viseur pour déplacer le groupement d’une distance donnée ? Cela est particulièrement important pour les compétiteurs.
Le sujet est traité en détail dans cet article. Lisez-le et appliquez, vous allez découvrir un super-pouvoir !
Enfin, avant de parler de la météo, notons qu’il est fréquent que sur une compétition extérieure il n’y a pas de chaises pour les archers. Un siège de camping basique sera alors très apprécié. Préférez un modèle avec une assise assez haute pour vous relever facilement, et sans accoudoirs pour s’asseoir sans décrocher le carquois.
La saison extérieure dure en gros d’avril à juin, une saison où les conditions météo sont clémentes. La très grande majorité des compétitions en extérieur ont lieu avec du beau temps.
Il ne sera pas question ici de la neige (très improbable), ni de l’orage ou de la grêle qui sont des conditions exceptionnelles et qui entraînent l’interruption des tirs, l’arbitre étant garant de la sécurité.
Nous parlerons de la chaleur et du soleil, de la pluie et du vent.
Pour commencer, sous le soleil ou sous la pluie un grand parapluie (type golf) sera un compagnon précieux.
Faire du sport sous la chaleur est éprouvant, même du tir à l’arc...
La base est de maintenir un bon niveau d’hydratation. La seule chose dont vous avez besoin est de l’eau. Pure. Rappelons que si vous perdez 1% de votre poids en eau vous avez également perdu 10% de vos capacités. Buvez frais mais pas glacé.
Sur le lieu de la compétition vérifiez l’emplacement et la disponibilité des toilettes…
N’hésitez pas à mettre de l’écran total même en l’absence de soleil.
Portez des vêtements légers, clairs si possible.
En compétition le règlement définit la tenue des archers. Vous pouvez télécharger la dernière édition sur le site de la FFTA et consulter : Règlements généraux de la FFTA, chapitre C.12.1 La tenue des compétiteurs.
Quelques points à garder à l’esprit :
les jupes et shorts ne doivent pas remonter plus haut que l'extrémité des doigts, lorsque la main et les doigts sont étendus le long de son côté ;
les chaussures doivent être fermées, de type tennis (pas de tong ou sandales) ;
sont interdits : les maillots sans manches, les maillots de corps, les vêtements transparents et les hauts qui découvrent le bas du tronc à pleine allonge ;
les “tops” à bretelles sont autorisés pour les femmes.
Le grand parapluie évoqué plus haut sera très apprécié, entre les volées et pour aller aux cibles. Les autres précautions sont les mêmes que pour la chaleur, en y ajoutant un bob. Il est généralement préféré à la casquette, à cause de la visière qui peut gêner la corde.
Les lunettes de soleil sont utiles, mais ne les utilisez pas sans avoir vérifié que la monture ne gêne pas votre visée. Pour un droitier, le regard passe par le côté gauche du verre, très près de la monture. Demandez de l’aide au plus proche porteur de lunettes, il connaît bien le problème.
La couleur des verres doit aussi être prise en compte. Trois choix possibles :
le gris n’altère pas la perception des couleurs. Le vert les modifie peu. et le brun rehausse les contrastes, ce qui a son intérêt. Les autres couleurs sont à éviter pour le tir à l’arc (l’effet esthétique ne regarde que vous…).
Il y a peu de précautions spécifiques si vous utilisez des branches en fibre de carbone, qui sont insensibles à la chaleur.
Par contre les branches en fibre de verre perdent de la vitesse à mesure que la température augmente : le groupement descend, il faut régler le viseur. N’hésitez pas à le faire à chaque volée. Autant que possible maintenez votre arc à l’ombre entre les volées.
La pluie est beaucoup plus un inconfort pour l’archer qu’une cause de perturbation des scores.
Le grand parapluie sera très utile, en particulier aux cibles pour noter les points au sec.
Il est également possible d’investir dans une tente, un abri, qui permettra de se protéger entre les volées.
Avoir les pieds mouillés est une expérience vraiment désagréable. Les surbottes sont la meilleure solution. Vous les enfilez par-dessus vos chaussures habituelles. Simples, efficaces et peu encombrantes, elles peuvent aussi servir quand l’herbe est humide de la rosée du matin. Sinon une paire de bottes en caoutchouc ou de bonnes chaussures de randonnée peuvent également vous protéger. Enfin une paire de chaussettes supplémentaires dans votre sac ne pèse pas grand chose.
Un surpantalon est à prévoir. Préférer les modèles avec de longues fermetures éclair sur les jambes pour être plus facile à enfiler sans avoir besoin d’enlever vos chaussures.
Pour le haut du corps une veste de type K-way peut être utilisée, en faisant attention à ce que la corde n’accroche rien sur tout son trajet.
Un plastron est indispensable pour plaquer le haut du vêtement contre le torse (un plastron n’est pas une protection…). Pour éviter que la corde n’accroche la manche, utilisez un bracelet long qui couvre l’avant-bras et le bras, soigneusement installé. Les modèles types “manchette” sont parfait pour cela. Éventuellement plusieurs pour couvrir tout le bras.
Plus léger dans votre sac, un filet tubulaire à pansements de type Surgifix sera également efficace, enfin, dans l’urgence, du scotch autour de la manche fera l’affaire.
Il existe aussi des vestes de pluie coupées très près du corps, en tissu élastique et imperméable. Vous les trouverez parmi les vêtements pour les cyclistes.
Enfin pour protéger la tête et éventuellement les lunettes, un bob ou une casquette en tissu imperméabilisé, selon ce qui fonctionne pour vous.
Le réglement prévoit que des vétements adaptés peuvent être porté en cas d’intempérie, les restrictions liées à la tenue de club ou au blanc ne s’appliquent plus dans ce cas.
Les gouttes de pluie qui se déposent sur l’arc, la flèche et surtout la corde vont les alourdir. Avant d’installer la flèche il faut “claquer” la corde, en la tirant de 10 à 20 cm et en la lâchant à vide pour débarrasser la corde et l’arc des gouttes d’eau.
Si votre œilleton est un modèle avec un verre qui supporte le point de visée il faudra également le protéger de la pluie. Les archers compound connaissent bien le problème et utilisent des protections dédiées pour leur scope.
Il vous faudra de plus protéger autant que possible la palette.
Un grand sac en plastique (sac poubelle) vous servira à protéger votre sac d’arc.
En rentrant chez vous après avoir tiré sous la pluie ne laissez surtout pas votre matériel mouillé dans votre sac. Essuyez-le et laissez-le sécher complétement, y compris le sac lui-même.
La palette en particulier sera bien essuyée et laissée à sécher loin d’une source de chaleur. Un massage avec une crème type Nivea lui rendra sa souplesse si besoin.
Le vent est le challenge ultime pour les archers. Il dévie la flèche pendant le vol, mais surtout il pousse sur l’arc et le bras, qui ont une surface importante : la visée et le rythme sont perturbés, l’archer se crispe, sa technique et en particulier son lâcher se détériorent.
Il n’est pas possible de lutter contre le vent. Même un vent léger vous fera bouger. Votre objectif doit être de limiter les dégâts.
Très souvent en compétition j’entends les archers dire que leur score est lamentable alors qu’il y a du vent. C’est comme s’ils n’arrivaient pas à se rendre compte à quel point le vent perturbe le tir et diminue les scores.
Le vent demande d’abord de la préparation et de l’entraînement : si possible trouvez-vous un terrain d’entraînement venté et allez vous entraîner les jours où cela souffle.
Pour tirer correctement dans le vent il vous faut définir une tactique (Tactique : action à court terme, s’oppose à stratégique).
La première question est : faut-il régler son viseur ou contreviser ?
Le vent n’est pas constant, il souffle en rafale, parfois même change de direction. Donc la contrevisée est recommandée. Autant que possible il faut décider du point de contrevisée avant de lever l’arc et garder le regard sur ce point pendant tout le geste. Cela doit avoir été travaillé à l’entraînement, le regard a tendance à revenir au centre du blason.
De plus le vent est toujours plus important en hauteur qu’au niveau du sol. Tenez compte de cela en choisissant votre zone de contrevisée.
Bien davantage que le vol de la flèche, c’est la technique de l’archer qui est perturbée par le vent.
Pour en limiter les effets, 2 actions :
1) la plus importante : votre geste doit être plus rapide que d’habitude. En particulier le temps de visée. Cela implique que vous allez accepter de viser une zone plus large. Si vous gardez la fluidité de votre geste vos résultats resteront satisfaisants.
2) en levant votre arc au début de l’armement, vous allez décaler légèrement la direction de votre arc, à l’opposé du vent - sans pour autant modifier la direction de votre regard. De cette façon en arrivant en visée le vent aura poussé votre arc et votre viseur arrivera sur la zone de contrevisée au bon moment.
Une volée dure 4 mn. Il est tentant d’attendre la fin de la rafale pour commencer à tirer. Mais soyez toujours vigilant pour garder assez de temps pour tirer toutes vos flèches. Connaissez vos temps de tir.
La plupart des terrains d’entraînement sont trop bien conçus : ils sont abrités du vent. Si vous pouvez trouver un terrain venteux, même faiblement, utilisez-le autant que possible, vos compétitions seront bien plus faciles.
N’hésitez pas à tirer au plus fort des rafales, vous apprendrez à jouer avec le vent et à maintenir votre technique malgré la difficulté.
Rappelons une évidence : l’entraînement sert à se préparer aux compétitions. Que ce soit les vêtements pour le soleil ou la pluie, la tactique pour tirer dans le vent, vous devez l’avoir testé et validé à l’entraînement avant de vous en servir en compétition.
Mais surtout, les conditions météo difficiles sont peu fréquentes. Dans la plupart des cas vous repartirez de vos séances d’entraînement ou de vos compétitions après avoir passé un excellent moment en extérieur, le plus souvent sur des terrains agréables.
Venez faire parti de ce groupe d’archers heureux : ceux qui tirent en extérieur.