J6

Langoiran - Bordeaux

23 km

J6 : L'étape

Départ de la cale du port de Langoiran : 15 h 30

Pause au port de Bègles : 17 h

Arrivée au ponton d'Honneur de Bordeaux Fête le Fleuve : à partir de 18 h 30

Fin de l'étape chez les Marins de La Lune (écosystème Darwin) vers 20 h

La soirée avait tourné à l'orage et la nuit a changé la donne pour ce dernier jour. La fraîcheur et la pluie sont annoncées jusqu'en fin de journée. Nous passons la matinée à organiser cette dernière journée, qui s'annonce compliquée. Vent, pluie ne sont les bienvenus pour naviguer sur cette portion de Garonne.

De nouveaux amis navigants avaient prévus de nous accompagner sur la dernière et plus courte étape. Notre arrivée au coeur de Bordeaux Fête le Fleuve était prévue à l'issue du départ du prologue de la course du Figaro. Impossible pour nous d'arriver avant 17h. L'étale haute de la marée devait se positionner vers 16h. Nous avions calculé 2h30 pour rejoindre le Belem sur le ponton d'honneur, quai Louis XIIX.

A 14 h nous retrouvons sur le port de Portets, Dominique et ses amis des Marins de la Lune, Serge et Gérard un habitué que l'on peut voir naviguer sur la Garonne tous les mardis et jeudis matin, Nathalie de la Rivière, Jeff de Bestofkayak et la sympathique équipe de la Paddle School du bassin d'Arcachon venus avec une authentique pirogue polynésienne.

Las d'attendre l'étale haute, nous décidons pour ne pas prendre froid de nous activer et de partir. Nous sentons immédiatement le flot dans nos bras, mais le plaisir d'être ensemble pour cette dernière après-midi nous transporte. La première demi-heure montre qu'il est difficile de rester en convoi groupé avec autant d'embarcations différentes. Le plus difficile est a venir et prend la couleur gris foncé des nuages qui nous font face. L'averse et les bourrasques nous font comprendre que Bordeaux est encore loin et qu'il va falloir être patients. Le groupe est désormais atomisé. Chacun se met à l'abri, rive gauche pour certains, rive droite pour d'autres avec un projet différent pour passer l'île d'Arcins. Rejoindre le port de Bègles sera une épreuve, les creux se forment dès que l'on s'éloigne du bord, le vent d'ouest nous ralenti, les conditions sont rudes, s'arrêter n'est une option pour personne.

Nous rejoignons en 3 heures le port de Bègles où le soleil se décide enfin à percer les nuages. Sous en carrelet, dans la crème, le groupe se reforme : nous voulons finir groupé, ensemble.

Nous passons le Pont d'Arcins, longeons la rive gauche et ses voies rapides, et déjà se profilent le pont de chemin de fer, puis le pont St Jean et enfin le tant attendu Pont de Pierre. Nous sommes sur l'eau et en ville. Le bruit des voitures est présent. Nous échangeons un bonjour avec des basketeurs qui interrompent leur partie, sur le Parc des Sports de Saint-Michel, aussi surpris que nous de nous trouvés si proches. Pas le temps de se déconcentrer, le Pont de Pierre se rapproche. L'obstacle redouté, marque la frontière officielle entre le monde fulvial et maritime (auquel nous venons de goûter avant l'heure). Son franchissement sera l'ultime difficulté et aussi notre ligne d'arrivée, symbolique. Nous avions convenus de l'ordre de passage. Chacun se positionne bien au centre de la première arche, et se lance en évitant les remous.

Les amis et la famille sont sur le pont, ils nous attendent depuis bientôt 2 heures. Nous visons à contre jour le Belem qui nous offre son ventre en récompense, pour l'effleurer de notre main gauche. Nous nous posons sur le ponton d'honneur. En haut la fête bat son plein.

Nous sortons des bateaux, un peu hagards, mais fiers de nous : on l'a fait !