J3

Lamagistère - Monheurt

61 km

J3 : L'étape

Départ Cale de Lamagistère : 9 h

Pause à Agen sur le l'ancien barrage : 12 h

Pause à Port-Sainte-Marie : 15 h

Arrivée à Monheurt : 19 h

Notre mise à l’eau s'est faite à 9h sur les quais de Lamagistère une vingtaine de kilomètres en aval, dans le Lot-et-Garonne. Nos amis de Verdun-sur-Garonne étaient de retour dans l'aventure pour nous accompagner avec Sprint'eau et zodiac, pour la plus longue étape des 6 jours.

Après 1/2 heure de navigation, un gros coup de vent et une pluie diluvienne s'abattent sur nos embarcations. Nous nous accrochons sur une grève et attendons dans nos kayaks le temps qu'il faut pour réaliser que cette journée sera longue. Plus de 50 km nous attendent encore et nous n'avons pas de temps à perdre. Seul le tonnerre et les éclairs nous arrêterons aujourd'hui encore. Rien en vue, et bien équipés nous décidons de repartir.

Nos compagnons se remettent une nouvelle fois au sec. Ils nous retrouveront plus loin, car pour eux aussi, l'aventure ira au bout.

En se rapprochant d'Agen, les conditions météo s'adoucissent comme pour nous permettre de reprendre le pouls de la civilisation après le déluge. Nous naviguons à un bon rythme menés par notre détermination. Après avoir croisé le Gers, la proximité de la RN 21, nous fait apercevoir un panneau de radar, comme pour nous indiquer de ralentir.

Le pont de Beauregard se dresse devant nous, annonçant l'arrivée de l'obstacle redoutable : l'ancien barrage du même nom. Nos précédents repérages nous avaient permis de savoir que le canal aménagé sur la rive gauche ne présentait pas assez d'eau pour l'emprunter. Notre prudence nous défend de nous engager sur le passage rive droite avec des kayaks de mer de plus de 4 m. Nous accostons donc sur le promontoire en béton largement découvert, à 12 h. La remise à l'eau en aval nécessitera quelques cordes et nous voilà repartis pour glisser sous le pont canal d'Agen.

Le soleil finira par percer les nuages pour venir nous cogner au moment le plus chaud et humide de la journée. Nous profitons d'une pause pour nous rafraîchir en piquant une tête et nous changer. Nos amis de Verdun-sur-Garonne en profitent pour nous retrouver sur l'eau.

De nouveau d'énormes nuages noirs et un tonnerre inquiétants nous attendent juste à l'atteinte de Port-Sainte-Marie : nous sommes dans les temps, pour une nouvelle pause. Nous nous abritons sous le pont de chemin de fer. Le TGV et l'orage viendront à peine perturber une sieste à même le sol.

Il est temps de repartir. La quinzaine de kilomètres pour atteindre Monheurt, nous fera croiser la Baïse, le Lot qui viendront rajouter leur eau pour changer une nouvelle fois la couleur de la Garonne. Nous pagayons mécaniquement, dans des sensations contraires, partagés entre l'envie d'arriver et le plaisir de prolonger des instants que nous savons uniques.

Enfin dans un grand calme et juste à la sortie d'un dernier virage, Monheurt nous offre sa cale. Cette journée aura tenu ses promesses et la nature nous aura réservé ses extrêmes pour la saison (pluie, vent, soleil, orage, froid à 12°, chaud à 32°) pour marquer nos souvenirs.

Un nouveau comité d'accueil, le maire, des amis et un vin d'honneur nous attendent au village. Le dîner de Stéphane et Sabrina à La Calenquère, la douche dans les vestiaires et la nuit dans le gymnase nous feront le plus grand bien.