Avertissement

Partenaire

ZENITH et les complications

Les complications

 

 

Publicité pour le marché Suisse en 1917


Toutes les manufactures n'ont pas fait de la réalisation de complications mécaniques un enjeu de leur futur. Nombreuses sont les firmes horlogères qui privilégièrent au début du 20ème siècle, la préservation de leurs parts de marché en se concentrant sur la précision et la fiabilité de leurs pièces. La demande de montres dotées de complications était il faut l'avouer, assez marginale jusqu'en 1915 pour justifier de ne pas offrir autrement que par le recours à des mouvements extérieurs, des montres à complications. Ainsi donc, les répétitions des minutes, chronographes, phases de lune,  demeuraient au rang de demandes trop limitées pour valoir la peine d'y consacrer un outil de production déjà focalisé sur les montres à trois aiguilles. L'essor de l'automobile, la première guerre mondiale, l'aviation vont faire émerger des besoins de chronographes avec tachymètre et télémètre. L'évolution des transports liera l'apparition de montres réveils pratiques pour les voyageurs. 

ZENITH en s'associant puis en absorbant la manufacture Le Phare en 1915, maison spécialisée dans les plus hautes complications, va se donner les moyens de proposer des pièces exceptionnelles dotées des meilleures d'entre elles. Souvent en or , plus rarement en argent, ces pièces correspondent à une époque de découverte de la fabrication industrielle de montres réservées encore un demi  siècle plus tôt, à une élite et un siècle plus tôt, à de rares privilégiés. La grande révolution des pièces présentées ainsi dès la fin du 19ème siécle, est sans nul doute l'échappement à ancre qui outre la fiabilité leur donne la précision attendue de montres compliquées. 

La manufacture qui commercialise son premier chronographe produit en interne en 1915, ne prendra pas moins de 64 ans pour lancer un nouveau mouvement de chronographe révolutionnaire avec le El Primero. Celui-ci tire en option dès sa naissance en 1969, un triple quantième et une phase de lune.  Il faudra attendre le 21ème siècle pour que soit faite la démonstration de son aptitude à tracter d'autres complications parfois multiples avec un seul barillet. Le tourbillon n'en sera que le premier exemple. 

En 2003,  Zenith devient alors au regard de l'histoire une manufacture qui est capable de gérer toutes les complication et mieux encore, de les conjuguer sur un même mouvement dont le balancier oscille à 36 000 alternances par heures. Si d'autres manufactures se sont risquées à la haute fréquence, aucune encore ne peut s'aligner sur autant de complications sur ce type de calibre. Il ne reste aujourd'hui plus qu'à l'imagination des horlogers de faire évoluer de nouvelles complications pour épater les témoins du temps que nous sommes.        


 

Les montres réveil de ZENITH 



Publicité de 1915 pour le marché austro-hongrois


Avec l’avènement du vingtième siècle la tendance est à la multiplication des voyages, soit pour développer les affaires à l’heure de l’expansion internationale des industries et du commerce, soit pour cause de tourisme exploratoire. L’évolution et la multiplication des moyens de transport ferroviaire, automobile et maritime créent de nouveaux besoins et en particulier celui de réduire le volume des objets transportés. Se réveiller à l’heure et disposer d’une montre fiable vont de pair avec ces transports collectifs et les voyageurs ont le besoin permanent de pouvoir accorder leur confiance à l’instrument de mesure du temps qui va les accompagner de jour comme de nuit.

En 1914,  la manufacuture Zenith s'intéresse au Locle à la manufacture Le Phare, autrefois Barbezat-Baillot.  . Celle-ci place sa production sur le terrain des montres de qualité et des mouvements soignés dotés de complications. Répétition des minutes, chronographes simples ou à rattrapante, quantièmes, montres combinant toutes ces complications ainsi que des modèles classiques, font partie de la production proposée par Le Phare.
 
James Favre qui est alors président de la manufacture ZENITH installée à quelques enjambée de ce nouveau voisin, comprend rapidement le parti qu’il peut tirer du savoir faire de cette manufacture. Il ne tarde pas à en acquérir le contrôle par une prise de participation financière majoritaire en 1915. Aussitôt, Le Phare, qui fabrique des montres sous son propre nom et s'est spécialisé dans le montres à complications, livre en sous-traitance à ZENITH des modèles soit de montres terminées, soit de mouvements à complications que la manufacture emboîte.
 
Au début des années 20, face à une demande du marché pour des réveils de voyage toujours moins encombrants et davantage fonctionnels, Le Phare met au point une montre réveil. La sonnerie est obtenue par un marteau qui frappe sur un timbre isolé de la carrure. Le son est donc net et musical ce qui le différencie de nombre de pièces de l’époque dotées de systèmes de sonnerie moins onéreux mais aussi moins agréables à l’oreille. Beaucoup de montres à l'époque ont un système de sonnerie en forme de cloche qui se superpose au calibre. 
     



Avec ce modèle, ZENITH offre la montre réveil parfaite qui n’est pas plus épaisse ni volumineuse qu’une montre de poche classique. La couronne à double fonction remonte très astucieusement le mouvement dans le sens habituel de gauche à droite. Dans l’autre sens, elle assure la réserve de marche de la sonnerie. La carrure est munie de deux poussoirs de réglage de part et d’autre de la couronne. Le poussoir situé à droite permet le réglage de l'heure et celui de gauche assure le réglage de l'heure de sonnerie. Un compteur situé à midi sur le cadran permet de lire l’heure de sonnerie. La marque ZENITH est inscrite sous celui-ci ou bien dans son cercle, mais certains cadrans sont anonymes. Son mouvement est la plupart du temps signé ZENITH. On connaît plusieurs types de cadrans en émail avec chiffres arabes lumineux au radium, ou noirs non luminescents, arabes ou romains. Les cadrans sont avec ou sans rappel des secondes inscrites en rouge à l’intérieur des chiffres des heures. La trotteuse est située classiquement à six heures comme sur la plupart des montres de poche de sorte que le cadran reste aéré et que l’utilisateur ne soit en rien gêné dans la lecture de l’heure. 




La production de ces pièces fut assez importante car le modèle, prisé des voyageurs, fut aussi demandé par les militaires et les représentants de commerce ou homme d’affaires. Cette montre fut un cadeau très en vogue ici pour un fils, là pour un époux ou un père obligé de voyager. Elle peut être posée verticalement en ouvrant par le bas le deuxième fond monté sur charnière à midi. Ce couvercle sert de point d’appui en inclinant légèrement le boîtier en arrière et son ouverture assure une sonorité plus forte. 

Livrées en or parfois dans de luxueuse versions émaillées, ciselées ou enchâssées de pierres précieuses, en argent, en argentan, en acier ou en plaqué or, ces montres ont conservé le charme désuet des grands voyages, des croisières et des grandes traversées ferroviaires dont ils étaient l’accessoire indispensable. Les boites de ces montres n’étaient pas signées par ZENITH et les mouvements comportaient une numérotation indépendante de celle donnée par la manufacture. Leur sonnerie évoque les voyages dans les compartiments des trains internationaux, les cabines de paquebots, les contrées lointaines et les expéditions transcontinentales. 




Le dispositif de sonnerie à timbre et marteau permet une musicalité du réveil particulièrement efficace

On imagine aisément que James Favre ait pu avoir cette montre en poche ou sur la table de nuit des hôtels où il séjournait lors de ses voyages, à l’autre bout du monde pour défendre les marchés sur lesquels ZENITH brillait par une omniprésence horlogère dans les vitrines des détaillants disputées à la concurrence. Ce modèle horloger rappelle par une fonction simple que la montre est aussi un instrument qui fait appel à l’ouïe et sait cultiver la tranquillité d’esprit de son propriétaire qu’elle servira à réveiller. Réveil et instrument de prise de rendez-vous, sa maniabilité est à l’image de ce qui fit le succès des montres bracelets vibrantes. ZENITH fit en ce domaine quelques expériences de mouvements pour montres bracelet qui restèrent dans les cartons du bureau d’étude jusqu’à ce qu’en 2006, la fonction réveil soit intégrée dans un modèle Class Traveler au milieu d’autres fonctions et complications sur un calibre El Primero.

Le Phare n’a semble-t-il produit de ce modèle que quelques exemplaires sous son nom. Ceux-ci n’ont fait l’objet que d’une diffusion confidentielle afin de ne pas entrer en concurrence avec la marque propriétaire. La production peut être évaluée à 5 à 6000 pièces.




La répétition des minutes en argent de ZENITH 


On est en 1918, la guerre enfin s'est arrêtée. Les troupes américaines continuent à aider les pays d'Europe à se reconstruire avec les Signal corps et les Corps of engineers, tous dotés de montres suisses et en grande partie de montres ZENITH. Le Phare est depuis 1915 sous le contrôle majoritaire de la manufacture ZENITH qui porte ce nom depuis 1911. Le phare offre plus de 200 variantes de ses calibres à répétition des minutes ou des quarts et, en entrant dans la sphére de ZENITH, lui a apporté un superbe catalogue de complications. L'ex maison Barbezat-Baillot rebaptisée La Phare fournit à la manufacture ZENITH ses calibres mythiques et permet ainsi à ZENITH, qui disposait d'un catalogue particulièrement riche, de devenir la maison horlogère qui dispose sans doute du plus grand catalogue de ce premier quart de siècle.

ZENITH, comme Omega ou Longines, référence des pièces qui vont de la petite montre à 7 rubis d'une précision de 5 minutes par semaine à des chronomètres défiant la précision et susceptibles de varier de moins d'une minute par semaine. ZENITH fait à l'époque encore mieux puisque la manufacture est déjà présente dans les concours de chronométrie et titulaire de premiers prix des concours de chronométrie de l'observatoire de Neuchâtel.

A l'époque, les calibres à répétition des minutes sont en général réservés à des pièces en or. Pourtant la demande est forte et certaines marques proposent à des prix assez accessibles des montres à répétition des quarts dans des boites en acier bleui ou des boites en nickel. Quelques marques offrent des pièces en argent mais, dans les métaux précieux, la plus grande production se porte sur des pièces en or.

ZENITH présente pourtant en 1918 une montre à répétition des minutes dans une superbe boite en argent. La manufacture est si fière de cet exploit qui permet à un tarif abordable d'accéder à l'une des complications les plus recherchées qu'elle affiche le nom de sa marque en rouge. La manufacture a cette pratique des lettres rouges depuis la fin du siècle précédent pour des pièces souvent destinées aux marchés d'Amérique du sud et à la Russie.

Inutile de préciser que ces pièces à 3 aiguilles sans autre complication sont plutôt rares et que lorsque le détaillant a pu convaincre le client d'entrer dans la boutique en exposant en vitrine une répétition des minutes en argent, il ne lui reste qu'à lui présenter la pièce en or qui doit conduire l'amateur de belles pièces à franchir le pas vers la montre habillée du métal le plus précieux et d'une complication supplémentaire : le chronographe.

Voici donc l'une de ces exceptionnelles ZENITH en argent à répétition des minutes et sans fonction chronographe :


Pièce magnifique d'un diamètre de 54 mm hors couronne dans une boite épaisse à 900 millième d'argent, cette ZENITH permet de retrouver les aiguilles bleuies qui font la beauté de ces montres et ce cadran caractéristique des montres ZENITH du premier quart de siècle, avec ces chiffres arabes en noir et cette indication des 24 heures en rouge, dans un chemin de fer qui présente les minutes.




Le calibre n'est pas la version la plus empierrée proposée à l'époque et pour cause, puisque l'objectif poursuivi était de produire à un prix abordable une répétition en tous points aussi efficace que les versions les plus haut de gamme. Avec cette pièce, ZENITH réussit son pari. Plus d'un siècle plus tard la montre n'a rien perdu de son charme et de sa beauté. La marque en rouge est toujours aussi attractive et la montre donne cette irrésistible envie de presser sur le poussoir pour entendre l'heure. Il ne faut en effet pas oublier que la fonction sonore des montres visait, au delà du gadget raffiné que nous y voyons aujourd'hui, à pouvoir entendre les heures soit en faible éclairage soit parce que la vue du propriétaire de la montre ne permettait pas de la lire sur le cadran. 

La guerre a fait revenir au foyer plus d'un combattant aveugle à cause des gaz ou des éclats d'obus et ce type de montre était une manière de conserver la détention individuelle de l'heure. Les manufactures horlogères, avec l'invention de la montre à ancre, avait apporté cette conquête sociale aux travailleurs en les plaçant à égalité avec les plus fortunés et la complication des répétitions des minutes préservait cette conquête pour ceux qui ne pouvaient plus connaître l'heure par le regard.

ZENITH, avec ce modèle, démontre son omniprésence et sa proximité des gens qui en firent plus qu'une simple marque industrielle, une marque chargée d'affectif pour plusieurs générations.


 
 
 



Le calibre coté cadran
 
Un extrait du catalogue Le Phare :
 

 

 
 Calibre LVCC 34  
 
 
 


Le chronographe répétition des minutes 


Le Phare a servi à ZENITH des calibres à complications et ceci en particulier à partir de 1915 quand la manufacture a pris le controle de Le Phare... ZENITH, avec 200 versions de répétions disponibles chez Le Phare, a pu élargir considérablement son catalogue. 

Ce chronographe à répétition des minutes est un exemple de la qualité supérieure des montres 
proposées par ZENITH dès 1915 :



  
 
 
 Extrait du catalogue Le Phare calibre ZMCC 80

 
Le Phare absorbé par Zenith en 1915, ex maison Barbezat Baillot, a fourni à Zenith nombre de complications.  Cette maison qui s'installa rue des Billodes au Locle à deux pas de la manufacture Zenith s'était spécialisée dans les complications telles que les chronographes à rattrapante, les répétition des minutes et des quarts, les phases de lune et la combinaison de toutes ces dernières.  
 
 

 

La grande sonnerie 


Si Le Phare était le spécialiste incontesté des répétitions minutes avec plus de 200 versions apportées au catalogue de ZENITH en 1915 quand la manufacture a pris le contrôle de Le Phare, c'est vers Audemars Frères que la manufacture crée par Georges Favre-Jacot s'est tournée pour présenter ce qui est certainement la plus belle complication de l'époque. Audemars Frères était spécialisé dans les hautes complications et les finitions les plus haut de gamme.

Pas de boite autre qu'en or à ce niveau. L'empierrement est à remarqué car exceptionnellement complet.

Voici donc une rareté dans ce niveau de finition ultime, la plus belle et la plus haute de grande sonnerie
(sonnerie au passage et à la demande) :




 
 


 
 
Les complications du 21e siècle  
 
 
 
 
La manufacture ZENITH a produit ces 10 dernières années plus de complications que dans ses 145 ans premières années d'histoire.
On trouve bien, en 1915, le calibre de chronographe in house qui avait été mis à l'étude dès 1911 et des répétitions minutes, chrono via la marque Le Phare rachetée par ZENITH en 1915, mais en dehors de système de remontage différentiel, de date rapide ( c'est une complication) de fly-back (c'est une fonction), la manufacture s'est délibérément limitée à l'affichage de l'heure (chronomètrique) et au chronographe en 1969 avec le El primero assorti de la phase de lune et du triple quantième.
 
 Le module phase de lune du El Primero 410 
 
Depuis 2003, ZENITH a ajouté à ces complications l'âge de la lune, la répétition minutes, le tourbillon, la rattrapante, la fonction multifuseaux, le réveil ( présent en 1915 dans les montres de poche via Le Phare), la date rétrograde, la grande date, le quantième perpétuel, la grande date à triple disque, le Zéro G de la Christophe Colomb, la foudroyante (Striking 10th), le quantième annuel, les systèmes multifuseaux...

 
La Grande Classs Traveller répétion des minutes

  
 Détail du cadran et des marteaux

Ces complications vont en effet dans le sens de la chronographie et sont des développements utiles, pas forcément à tous, mais ce sont des complications de chronographes qui ajoutent à l'histoire du chrono. Le modèle Grande Class Traveller présenté en 2005 compte 744 composants et pas moins de 48 fonctions. Il nécessite 30 mois d’assemblage et la participation de 33 personnes pour une seule pièce ! 

ZENITH y fait une démonstration de force de son aptitude à gérer de grandes complications. Les complications principales sont :
 
  La sonnerie grave pour les heures, aigue pour les minutes et double timbre pour les quarts. 
  Un réveil avec deux tons pour la sonnerie et aussi un vibreur
  Un double fuseau horaire sur l’axe central
  Une grande date et deux réserves de marche, une pour la montre, l’autre pour la sonnerie. 
 
La montre ne possède pas moins de 11 aiguilles !
 
Le calibre (partiel)  4031 El Primero de la Traveller Grande Class
 

La rattrapante, présentée par ailleurs, profite d'un calibre au développement complexe mais qui se caractérise par un dispositif mécanique totalement situé à l'arrière du calibre et non sous le cadran, ce qui le rend plus délicat lors des interventions. La double roue à colonnes et la fourchette de rattrapante sont des modèles du genre et malgré une production très limitée (moins de 100 exemplaires), les pièces rares qui disposent de la rattrapante ont une qualité exceptionnelle et une fiabilité absolue proche du El Primero de base.
 
 
La fourchette de rattrapante du El Primero à rattrapante
 
La foudroyante est également une complication passionnante et intelligente, la mesure du temps au dixième de seconde y trouve sa supériorité justifiant ainsi les 36 000 alternances par une lecture fine des temps courts chronomètrés. La foudroyante fait appel à des matériaux du 21e siécle et à la très haute technologie. C'est une calibre indispensable dans une collection, comme la rattrapante. Foudroyante et rattrapante sont un vrai couple de complications utiles.

 
La première version Class de la rattrapante en 2006
 

 

La foudroyante Striking 10 th

Animation interactive : 
cliquez sur les poussoirs pour actionner le chronographe
 Le triple quantième (et la phase de lune) sont historiques chez ZENITH, l'essence du El Primero. La lecture complète de la date du jour et du mois ont tout leur sens sur une montre bracelet. ZENITH présente l'avantage d'avoir conçu un calibre de chrono plat. 

Des brevets sont déposés en 2003 mais la foudroyante nécessite encore des développements pour pouvoir être opérationnelle. Voici ce qu'indique le brevet de l'époque :

"Dans un tel dispositif, une aiguille de seconde effectue à vitesse élevée, au dessus du cadran, un tour en une, deux, trois ou quatre secondes, ce tour étant fractionné en plusieurs sauts. Selon la construction adoptée dans l'art antérieur, l'aiguille de seconde foudroyante est portée par un mobile dont l'arbre comporte un pignon et deux étoiles superposées. Le pignon est en prise avec un train d'engrenage aboutissant à un barillet auxiliaire, différent du barillet principal du mouvement. L'une des étoiles est chassée sur l'arbre, tandis que l'autre est montée libre en rotation et coopère avec une roue de commande chassée sur l'arbre d'une roue d'échappement à ancre entretenant les oscillations d'un organe régulateur, l'échappement et l'organe régulateur (balancier spiral) étant, comme le barillet, dédicacés à la fonction de seconde foudroyante. Typiquement, la roue de commande porte 30 dents et l'étoile libre en porte 4.

Par ailleurs, les deux roues sont accouplées à l'aide d'une goupille solidaire de l'étoile fixe et traversant une ouverture oblongue circulaire pratiquée dans l'étoile libre. Cette goupille limite le déplacement de l'étoile libre afin d'éviter un blocage de la roue de commande. Chaque fois que la roue d'échappement s'arrête sur le repos d'une levée de l'ancre, la roue de commande immobilise l'étoile libre et la libère à l'oscillation suivante. Ainsi, pour une montre battant 14 400 vibrations, à chaque oscillation de son balancier, le pignon sur lequel sont montées l'aiguille et l'étoile fixe font une rotation d'un quart de tour. L'aiguille effectue donc un tour en 4 secondes.
"

Le projet de 2003 restera dans les cartons car jugés complexe à fiabiliser. En 2009, ZENITH change de président et la première question posée par Jean-Frédéric Dufour un peu plus d'un mois avant sa prise de fonction est "Comment chronométrer des temps au dixième de seconde avec le El Primero ? ". La Foudroyante est remise à l'ordre du jour dès son arrivée chez ZENITH.

Cette foudroyante, les développeurs de ZENITH la reprennent sur les bases du projet conçu en 2003 mais en fiabilisant les matériaux, c'est à dire en recourant à des matériaux du 21ème siècle.

Le El Primero a toute sa légitimité pour trouver un développement de ce type car il est historiquement le premier chronographe mécanique à remontage automatique intégré. Le mouvement à l'époque s'illustre par sa haute fréquence qui le pousse à 36 000 alternances par heure. 

Soulignons que 36 000 est un multiple de 3600, 3600 étant le nombre de secondes dans une heure. L'intérêt du dixième de seconde est ici patent puisque la trotteuse du El Primero évolue par 10 sauts à chaque seconde ce qui lui donne cette fluidité unique. ZENITH a opté en 2010 pour un tour de cadran en 10 secondes et non 4 comme le préconisait le brevet de 2003. Ce dispositif logique en lecture évite de dérouter l'utilisateur et en outre est mathématiquement sur un plan purement arithmétique totalement évident.


 
 La roue entraîneuse couleur cuivre qui entraine l'aiguille de trotteuse du chrono est sur le même axe que la roue d'échappement ( située la plus à droite en bas) et entraine la double roue du dixième ( en bleu foncé). Cette double roue en silicium à 100 dents correspondant entraîne la roue d'embrayage en haut.
Le recours au silicium est une grande nouveauté chez Zenith. Le couple acier/silicium permet une réduction sensible des frictions et une uisure quasi inexistante ce qui est essentiel dans un systémé ou la roue est enfrennée en permanence.

La roue d'embrayage en acier (la plus haute) entraine la double roue en silicium et la roue du chronographe en position de chronométrage.
La double roue au silicium tourne sans discontinuer et reste en prise pour éviter le saut d'aiguille et la prise immédiate au déclenchement du chrono.

L'une des difficultés de mise au point de ce chrono a porté sur la consommation d'énergie et le couple résiduel. Comme pour le 0 G , il a fallu aller rechercher des économies d'énergie par réduction des frictions au maximum.

Les habitués du El Primero pourront être déconcerté par un totalisateur à trois heures qui est filant et non à saut instantané mais ce compteur ne totalise que des secondes dans une minute. On chronomètre ici des temps très courts ne l'oublions pas. Chaque dixième de seconde "arrêté" (chronométré) correspond à un espace creux entre deux dents de la roue de chronographe qui comme cela est indiqué précedemment en comporte 100. Le calibre esten fait comme en "stand by" permanent comme un lecteur de DVD serait sur pause , prêt à démarrer instantanément alors que si le systémé était arrêté totalement on ne pourrait avaoir cette réactivité mécanique indispensable.


 

  Le tourbillon

 
Un tourbillon est un dispositif mécanique qui améliore la précision d'une montre en contrebalançant les perturbations provoquées par l’attraction terrestre sur la régularité du balancier. La correction s’effectue par le balancier et l’échappement qui tournent sur eux-mêmes.

ZENITH a présenté en 2003 un tourbillon sur El Primero mais la manufacture avait proposé une montre de poche sur une ébauche LeCoultre dans les années 1920 avec cette même complication.


Le tourbillon ZENITH excentré à 10 heures dispose d'un système de date unique. Le calibre El Primero 4035 D équipe aujourd'hui les Tourbillons ZENITH. L’aiguille solidaire de la cage de tourbillon effectue avec elle une révolution en 60 secondes.

Caractéristiques techniques :

calibre El Primero 4035 D,

16,5″ lignes, 7,55mm d’épaisseur, 37mm de diamètre

381 composants, 35 rubis

36 000 alternances par heure (5Hz), 50h de réserve de marche.


ZENITH, avant de présenter son tourbillon, rappelait à la fin des années 90 qu'il était plus complexe de fabriquer un chronographe qu'un tourbillon. Sans créer une échelle de valeur des complications, il est sans doute indéniable que la complexité de conception d'un chronographe à haute fréquence avec remontage automatique intégré soit d'une difficulté supérieure au regard d'autres complications. Pour une montre de poignet c'est également plus utile. 

Le tourbillon ZENITH présente l'avantage d'une fiabilité quasi équivalente à celle de la version de base du El Primero qui est l'un des mouvements les plus fiables du marché. C'est le premier à être entrainé par un mouvement à haute fréquence qui plus est chronographe. Les années 2010 l'auront démocratisé en le faisant emboîtier dans des boîtes en aciers.

Appelé initialement Tourbillon Zéro G, la complication qui maintient à plat l'échappement de la Christophe Colomb relève d'un autre type de complication.

 
 
 
 
La cage du Tourbillon
 
 
 
 
 
Les multifuseaux 

ZENITH a cultivé dans son histoire la présentation de montres destinées aux voyageurs. Au delà des réveils puis des montres VOX à sonnerie en 1915, la manufacture a présenté dans les années 30 une montre à double fuseaux horaires sur un chronographe ( ébauche Excelsior Park) . En 1970, la manufacture a présenté un modèle de montre étanche dotée d'une lunette portant les noms des plus grandes villes et capitales du monde mais qui n'était pas une montre à complication dès lors que c'est la seule lunette non intégrée au mécanisme qui permettait la lecture des heures affichées dans celles-ci.


 
La montre étanche de 1970 et la Pilot Doublematic de 2012
 

La manufacture réitéra ses modèles multifuseaux en 1995 avec la présentation d'une Class Elite avec indication par aiguille d'un second fuseau horaire réglable par poussoir à 10 heures. En 2007, La manufacture présente cette fois une version du El Primero Class Multicity qui voit s'animer la périphérie du cadran pour indiquer les heures des grandes villes du monde. Cette complication revient en 2012 avec la Doublematic qui cumule en outre une grande date et une fonction alarme. 
 
 

 
    

Les Class Multicity de 2007 et 2008



Version Traveler Class Multicity sans puis avec alarme sur El Primero et sur Elite