Album "Ex-il"

Zapping de l'Album Ex-il" ‎‎‎‎(P. Stivanin)‎‎‎‎

(Sortie: Mai 2013)

Suite à plusieurs projets collaboratifs (voir Discographie), j'ai eu envie d'un projet trés personnel, plutôt orienté électro, sans contraintes musicales mais temporelles: une composition tous les 15 jours (vidéo youtube incluse) x 10.
Défi relevé puisque le projet dura exactement 5 mois .

Voici donc "Ex-il" qui raconte la vie de Marcelin Gauthier, personnage fictif, qui évolue durant la révolution industrielle. 
En accord avec son époque, il voudra découvrir son monde à travers des voyages et des rencontres électriques.

Vous pouvez découvrir toutes les musiques de cet album en cliquant sur la liste ci dessous:
(en vente sur iTunesDeezerAmazonGoogle play, Spotify, Virginmega.fr, Orange, SFR, Microsoft Zune, etc...)


Réponses aux questions que l'on me pose:

Pourquoi ce thème sur l'exil et l'électricité?

J'ai été marqué par les récits de mes parents relatant l'arrivée de l'éclairage dans les campagnes. Ne pouvant vivre actuellement sans synthé, ordi, etc... cela me parait si lointain et pourtant... Ce fut une étape majeure de notre ère. Cette période de la révolution industrielle à vu naître d'autres inventions majeures (voiture, avion, cinéma,...) qui conditionnent notre niveau de vie actuel et  participent à notre bien-être. Rappelons nous que certains ne voyaient jamais la mer il y a un siècle!   Ci-dessous les grandes inventions de cette époque:

Les grandes inventions

Par ailleurs, les propriétés de l'électricité résonnent chez moi sans trop savoir pourquoi. Cette "matière" intouchable qui s'échappe sans cesse, qui suit son chemin, qu'il faut domestiquer, qui peut faire du mal, que les hommes mettent tant "d'énergie" à contenir,... m'intrigue et me fascine sans rien y comprendre.

Marcelin Gauthier n'a pas existé. Je me suis inspiré de Marcellin Cazes qui fût un des plus célèbres Bougnats (immigrants installés à Paris, souvent originaires du Massif central, qui feront du commerce de charbon et de bois. Bougnat = charbonnier + Auvergnats). Le nom Gauthier s'est imposé comme ça.

Les outils pour la musique?

Quelques guitares et des effets line6 que j'adore (pod X3) + plug in, un Korg Kronos (synthé, séquenceur, échantillonneur) qui offre des possibilités incroyables et jouissives, une basse et une batterie électronique Roland. Le tout relié à un pc équipé de Sonar producer (séquenceur midi et audio) et Soundforge (éditeur audio) pour les logiciels les plus utilisés. En cours de projet, j'ai basculé sur Mac avec Logic audio 9.

Comment sont nées les compositions?

Pour ce projet, j'ai souhaité ne pas me contraindre dans les structures. Certains morceaux n'ont qu'un refrain, partent dans tous les sens et c'est tant mieux selon moi.  Vu de l'extérieur, les structures peuvent paraître dispersées mais c'est une évolution assumée, et surtout qui arrive après d'autres projets qui étaient bien plus dirigistes. De plus, ayant souvent joué avec des musiciens, j'avais envie de tout faire moi-même, à mon rythme et avec mes exigences. Bien sûr, j'aurais parfois préféré faire appel à d'autres musiciens (cela sera quand même le cas pour le Sax du chapitre VII) mais cela m'a obligé à travailler certaines parties.

Pourquoi ce projet s'appelait à l'origine "Five Project"?

Je ne souhaitais faire que 5 morceaux au départ. Quand j'ai trouvé le thème et déroulé une histoire, cela faisait un peu court. Je suis donc parti sur 5 chansons et 5 instrumentaux. A l'arrivée, les instrumentaux ne le sont pas complètement et inversement pour les chansons... ayant pris le soin de me laisser vagabonder dans la structure des morceaux.

Pourquoi des clips?

Ce ne sont pas des clips mais des illustrations visuelles! N'ayant ni les moyens techniques ni le temps de consacrer autant d'énergie à ça, je souhaitais néanmoins que cela fasse partie du défi, pour raconter une histoire. Au final, il reste quelques images qui, je l'espère, rendront l'écoute de ces musiques moins "séche".

Les paroles?

Humilité... Voilà le premier mot qui s'impose à moi quand je pense à l'écriture de paroles...

Je ne suis pas un parolier, un auteur; chaque tournure de phrase me fera douter pour toujours.

Contrairement à la composition où j'ai la sensation d'aboutir des choses qui s'affirment d'elles mêmes comme définitives (c'est une autre question de savoir si c'est bien fait ou perçu par d'autres comme tel!), je doute sans cesse des paroles et j'ai conscience de mes grandes limites. Je souhaitais néanmoins me prouver que j'étais capable de construire une histoire et de la mettre en musique. C'est chose faite; imaginer la vie de Marcelin m'a fait entrevoir ce que peuvent ressentir les acteurs qui doivent vivre avec leur personnage pendant des mois. Reste quand même la désagréable sensation de ne pas être arrivé à retranscrire la richesse (si si!!) de ce que j'avais imaginé.

Les étapes du projet?

Une fois l'ossature des compositions finalisée, faire les arrangements est un vrai bonheur. Chercher le son qui s'imposera comme LE son qu'il faut pendant des heures est un vrai plaisir masochiste. Faire la prise de son parfaite devient une obsession, trouver le rythme parfait qui accompagnera le mieux est un devoir. Je refais sans cesse les prises des instruments en évitant les montages audio et overdubs.

Vient ensuite le mixage. Au delà des niveaux des pistes, le travail sur les effets (réverbération, modulations,...) est passionnant, il faut à nouveau écouter sans cesse pour trouver la bonne recette qui respecte chaque ingrédient. Le travail sur la compression des signaux est une contrainte forte car il faut trouver le bon équilibre entre le niveau maximal et le respect des dynamiques en évitant l'effet "pompage" genre nrj...

L'enregistrement des voix est complexe. Les intonations (pas trop d'accent toulousain...), l'articulation, la justesse, c'est beaucoup de contraintes aussi, surtout pour quelqu'un qui ne s'estime pas chanteur.

Le mastering suit et il faut étalonner les morceaux, faire en sorte qu'ils aient tous le même niveau apparent. Vient le moment où je me dit que je ne ferai pas mieux et il faut se faire à l'idée que le bébé peut (doit!) faire ses premiers pas.  Evidemment, je souhaiterais pouvoir être bien plus exigeant si le studio d'Abbey road était dispo...

J.F. Ruf recommande l'album "Ex-il"