Les grandes étapes de l'histoire de la marque YEMA depuis 1948 à nos jours
 
Devise de Yema : "il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer"

Créée en 1948 par Henry Louis BELMONT à Besançon, berceau de l’horlogerie française, Yema a fondé sa réputation en proposant des montres fiables, audacieuses et de bonne qualité. 

1950 – 1969 : Yema, une innovation horlogère constante

Avant-gardiste dès ses débuts, Yema se distingue en proposant, en 1953, des montres 100% étanches résistant à des profondeurs supérieures à 200 mètres. Une véritable révolution dans le monde de l’horlogerie... La sortie de la « Sous-Marine », une montre de plongée automatique (1956), suivie de la Superman , une montre étanche à 300 mètres (1963), renforce l’expertise de la marque dans l’étanchéité horlogère...Les ventes ne cessent de progresser atteignant, en 1966, une production annuelle de 400 000 pièces. L’usine s’agrandit, le rendement est multiplié par deux et YEMA poursuit son ascension. 

En 1968, la marque horlogère s’équipe du contrôleur d’étanchéité 20 ATM (une première dans le secteur horloger) et met en route, en 1969, le calibre HP 60. Ainsi, la notoriété de la marque se développe à vitesse grand V, au rythme des ventes : 500 000 montres vendues dans 50 pays en 1969.

 

1970 – 1987 : passionnément sportive, Yema part à la conquête du monde

En 1971, la marque s’impose comme le spécialiste de l’étanchéité avec une ligne de produits garantis jusqu’à 300 mètres sous l’eau et 10 000 mètres d’altitude. Fidèle à sa politique d’innovation, elle investit massivement, dès 1974, en R&D pour créer des modèles à quartz en phase avec l’évolution du secteur. 

Deux ans plus tard, Yema s’impose comme la référence avec ses modèles analogiques à trimmer et ses montres digitales à diodes électroluminescentes (LDE). Le résultat : plus d’un million de montres produites dont la moitié exportée dans 60 pays.

Après le franc succès des modèles conçus spécialement pour le yachting, l’aviation, la plongée, l’automobile et la moto, Yema lance, en 1977, une deuxième génération de montres plus modernes, plus plates et plus performantes. Parmi elles, la «Rallygraf 2» et la «Meangraf 2», étudiées pour la compétition automobile ou de moto ; la «Flygraf 2» conçue pour la navigation aérienne, la «Yachtingraf 2» spécialement adaptée au yachting et à la plongée, la «Worldgraf 2» taillée pour l’aventure, et la «Nautigraf 2», pour les plongeurs.

Trente ans après la naissance de la marque, Yema produit 1,3 millions de montres, compte 490 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires consolidé de 134, 3 millions de francs. En 1982, Henry Louis Belmont cède sa place à son fils John Henry Belmont Jr. Ayant d’autres ambitions que celle de reprendre l’entreprise familiale, il vend la marque au groupe MATRA. 

La même année, Yema décide de s’associer aux exploits sportifs d’hommes à la recherche de sensations fortes. La « Spationaute I », accompagnant Jean-Loup Chrétien lors du premier vol orbital français, devient la première montre française à voyager dans l’espace. La « North Pole » est au poignet de l’explorateur Jean-Louis Etienne durant son ascension pédestre vers le Pôle Nord (1986). Nicolas Hulot et Hubert de Chevigny réussissent, en 1987, l’exploit d’atteindre le Pôle Nord en ULM équipé du modèle « Odyssée ».

 

1988- 2003 : Yema passe à l’heure japonaise

En 1988, Matra revend Yema au groupe HATTORI qui crée la Compagnie Générale Horlogère pour la distribution des marques Seiko, Pulsar, Lassale, Lorus, Jaz et Yema. 

De nouveaux modèles font leur apparition tels que la « Grand Reporter » (1988) chronographe précis au 1/10e de secondes créée en hommage aux journalistes ou, la « Flygraf » (1989) conçue pour les pilotes d’aviation grâce à sa règle à calcul.

La marque continue à sponsoriser de grands évènements sportifs : naissance de la « spationaute III » (1988) pour la mission franco-soviétique Aragatz menée par Jean-Louis Chrétien ; lancement de la « Bipole » pour la Transantartica, la plus grande traversée de l’Antarctique réalisée par Jean-Louis Etienne sans oublier la « Régate » pour accompagner Marc Pajot lors de l’America’s Cup en 1990.

En 1995, Yema devient une filiale d’Hattori et s’appelle désormais Yema SA. La marque connaît alors un avenir plus incertain avec une diminution constante de ses ventes annuelles : 100 000 montres en 2001. Louis-Eric Beckensteiner, nommé Directeur Général de Yema SA, est alors chargé de repositionner la marque.


2004 : naissance de Yema Maison Horlogère Française 1948 et relance de la marque

La marque Yema avait à peu près disparu du marché quand elle est rachetée à SEIKO par son équipe de direction française avec à sa tête Louis-Eric Beckensteiner et le géant chinois Peace Mark (horloger) qui devient actionnaire majoritaire le 22 octobre 2004 (1 Mio d’euros). La nouvelle équipe dirigeante a a pour objectif de redonner à la marque la place qu’elle mérite ! 

Yema devient alors Yema Maison Horlogère Française 1948, une signature qui marque clairement le retour aux valeurs, aux origines et au style français qui ont fait son succès. Une nouvelle collection est lancée avec de nouvelles lignes axées sur la tradition (Yema Classique), la recherche (Yema Lab), l’image (Yema création), sans oublier la réédition de modèles de légende tels que la « Rallygraf » en 2005, la« Flygraf » en 2006, la « Yachtingraf » en 2007. 

Après deux ans de R&D, Yema revient sur le devant de la scène. Elle est présente à Baselword, pour présenter sa toute nouvelle collection « Time of Heroes », composée de 48 modèles dont la pièce maîtresse est la Master Elements, un chronographe automatique, édité à 60 exemplaires, doté de quatre lunettes. 

Pour marquer définitivement son retour aux sources, la marque déménage dans une toute nouvelle usine située au Parc Lafayette à Besançon.  Sur 1800 mètres carrés largement plaqués de teck, derrière une horloge monumentale (mais avec un terrain de pétanque pour une vraie détente made in France), la marque y dispose de locaux logistiques et d’ateliers pour ses horlogers et son SAV.

Dans la foulée, Louis-Eric Beckensteiner lance un appel à tous les amateurs-collectionneurs de Yema pour retrouver les pièces essentielles des « grandes années » Yema : grâce à Internet, des dizaines de montres, disparues des collections ou absentes de stocks, sont retrouvées, photographiées et souvent rachetées. Les YEMA vintage ainsi recueillies seront exposées dans le nouveau musée installé dans l'usine au Parc Lafayette.

 

2008 : Yema Maison Horlogère Française 1948 est placée en redressement judiciaire

Placée en redressement judiciaire à la mi-novembre 2008, l’entreprise horlogère de Besançon est en difficulté suite à la crise que traverse son actionnaire principal "Peace Mark". 15 employés sont licenciés et la société a 6 mois pour redresser la barre et trouver une solution avec l’administrateur judiciaire nommé par le tribunal de commerce de Besançon.

La situation actuelle de Yema est une conséquence directe du dépôt de bilan en septembre 2008 de son actionnaire principal le géant chinois Peace Mark pourtant considéré comme un des groupes horlogers les plus puissants du monde, leader sans partage de la production (composants et mouvements horlogers en Asie et en Suisse) et de la distribution (1200 points de vente en Chine).

Les adieux de Louis-Eric BECKENSTEINER  Besançon, le 13 janvier 2009

Messieurs,

C'est avec beaucoup d'amertume que je vous annonce la fin d'un rêve qui par la force des choses s'arrête brutalement et contre notre volonté. J'ai racheté la société YEMA il y a plus de quatre ans maintenant et mon équipe surmotivée m'a suivi pour refaire de cette marque soixantenaire une marque horlogère française avec toutes ses valeurs. 
Ce travail a demandé une implication de notre part de tous les instants durant quatre ans. Pour cela, j'avais besoin d'un partenaire qui puisse m'épauler dans ce projet et j'ai choisi le groupe Peacemark Limited qui faisait partie du top 3 mondial des groupes horlogers internationaux .Tout c'est bien passé pendant deux ans et comme prévu nous étions prêts pour Bâle 2008 où nous avons présenté la collection Times of Heroes qui a remporté un très large succès auprès de nos clients et journalistes français qui nous ont exprimé leur satisfaction de voir la marque Yema exactement là où ils l'attendaient et également à l'export où nous avons ouvert 35 pays en distribution. L'après Bâle a également suivi notre plan de marche avec de nombreuses ouvertures de points de ventes prestigieux sur la France et de nombreux réassorts. Tout allait pour le mieux et nous nous préparions à vivre un des plus beaux semestres de notre jeune entreprise, pour en assurer les fondamentaux. Et voilà qu’à fin Août 2008, de manière aussi choquante que brutale, nous apprenons que notre partenaire, Peacemark, est en très grosse difficulté financière et que l'action est suspendue sur le marché de Hong-Kong. Les Dirigeants de ce Groupe se mettent aussitôt sous protection juridique, le 11 septembre 2008. Par conséquent, nous sommes livrés à nous-mêmes avec le point majeur qui nous a amené dans cette désastreuse situation, à savoir que les 30 000 montres attendus pour continuer à honorer nos commandes et que les usines Peacemark devaient nous livrer sur la période n’ont jamais été expédiées. Le délai minimum pour refaire les outillages et la production est de 6 mois, soit une situation de non retour à ce jour pour notre entreprise.

Je me permets donc par la présente de vous remercier pour votre soutien et votre compréhension. Je vous présente bien évidemment toutes mes excuses pour tous les désagréments ou implications financières que cela aurait pu vous causer.

Louis-Eric BECKENSTEINER (Président)


2009 : Yema Maison Horlogère Française 1948 est rachetée début 2009 par le groupe Ambre


Le groupe AMBRE est issu d'une entreprise familiale de négoce, fondée en 1965. Il est installé à MORTEAU (Doubs) à la frontière des montagnes du Jura suisse. La révolution du quartz fit disparaître une multitude d'entreprises horlogères françaises, mais la réactivité, l'adaptation systématique aux différents courants, les investissements importants réalisés ont permis au groupe de pérenniser et développer son activité dans le secteur très prisé de l'Horlogerie, Bijouterie, Joaillerie et Orfèvrerie (HBJO). Grâce à ses multitudes positionnements stratégiques, le groupe AMBRE est reconnu non seulement au niveau national, mais également en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Son implantation internationale lui permet de distribuer ses produits (montres, bijoux) dans plus de 80 pays.


Le groupe AMBRE effectue une partie de la distribution de ses produits sous ses marques propres :

  • YONGER & BRESSON, la marque indissociable de sa célèbre campagne publicitaire. La collection est très contemporaine dans le respect et l'exigence de la qualité. Une harmonieuse gamme de montres automatiques (Made in France) vient compléter la gamme plus traditionnelle de montres quartz. 
  • CATENA, une gamme de montres suisses (Swiss Made). 

Le groupe AMBRE alloue chaque année un budget important à la communication et vise tous les supports, notamment la presse féminine et masculine.

En reprenant la marque horlogère YEMA Maison Horlogère Française, AMBRE veut, grâce à son savoir faire ainsi qu'à l'ensemble de ses connaissances des différents marchés, développer la marque YEMA par la création de nouveaux modèles, par l'intensification de la publicité auprès des consommateurs et de ses partenaires commerciaux.

C'est donc avec deux marques horlogères françaises "YONGER & BRESSON" et "YEMA" et une marque horlogère suisse "CATENA" que le groupe AMBRE présente ses nouvelles collections lors du Salon International de l'Horlogerie à BÂLE (Suisse) en avril 2009.

 

RACHATS SUCCESSIF

  • 1982 : MATRA (Groupe Lagardère), le fils d'Henry Louis BELMONT, Henry John BELMONT devient PDG, et crée avec THOMSON le Groupe Horloger Français
  • 1988 : CGH (Compagnie Générale Horlogère) Groupe HATTORI distributeur de SEIKO, PULSAR, LASSALE, LORUS et JAZ.
  • 1995 YEMA SA, création de la filiale
  • 2004 : Rachat de YEMA au groupe HATTORI par Louis-Eric Beckensteiner et Peace Mark : naissance de “YEMA Maison Horlogère Française 1948”
  • 2009 : Rachat de YEMA qui avait été placé en redressement judiciaire 6 mois auparavant par le groupe Ambre.