Comment se former à la philosophie ?


Les entretiens philosophiques

Qu'est-ce que la philosophie ?


    Philosopher c'est questionner.


Mais toutes les questions ne sont pas philosophiques.

    Je peux me poser des questions sur le menu de ce soir ou m'étonner du montant de la dernière facture d'électricité, et crier au milieu de mon salon : "Pourquoi ?"

    Ces questions quotidiennes le philosophe se les pose aussi, mais dans sa journée, il en laisse venir d'autres, moins urgentes pense-t-on.

    Vous savez, ces questions que les êtres humains se posent.

    Que se passe-t-il après la mort ? Qu'est que la justice ? Quel est le but de l'existence ? Peut-on devenir heureux ? Puis-je changer de vie ? Faut-il manger la chair d'un animal ? Les robots sont-ils intelligents ? Suis-je normal ?


  Qui se pose ce genre de questions ?


  Depuis quand se pose-t-on ces question ? Depuis toujours.

    Où ? Partout sur le globe.

    Et jusqu'à quand ? A jamais.

    Vous direz : " Mais je ne me suis jamais posé ces questions ! " Vraiment ? Ne les avez-vous pas plutôt laissées de côté. Maintenant qu'elles sont posées, n'aimeriez pas obtenir les réponses. Vous dites non, car vous sentez que vous n'aurez pas de temps à leur consacrer. Les exigences biologiques et sociales réclament l'essentiel des journées, pour ne vous laisser au soir tombant, que le loisir de la récupération; car demain il faudra bien se relancer pour une journée supplémentaire dans le tambour des activités.

    Parfois ces journées trépidantes, cette vie qui passe au rythme des horloges, laisse songeur. Voilà, vous y êtes ! Cette vie est-elle pleinement la vôtre ? N'avez-vous pas le désir de défaire les nœuds de la marionnette qui est en vous. Celle qui se lève, œuvre et va se coucher. Alors on s'interroge.

    Cela ne coûte rien. Il est toujours possible de faire marche arrière en philosophie et de laisser les mécanismes s'entraîner à nouveau. Il suffit de cesser l'exercice pendant quelques semaines tout au plus pour que les répétitions involontaires reprennent leur empire.


La philosophie, promesse d'une vie heureuse ?


    Le philosophe n'est pas celui qui pense plus que les autres, mais celui qui s'offre l'expérience de la pensée.

    En ce sens, il n'agit pas mieux que les autres, mais plus humainement. Plus humain, ne veut pas dire plus libre, plus lucide, plus heureux. Seuls les charlatans font ce genre de promesses. Car la philosophie peut rendre confus, nerveux, vide. Elle ne prive d'aucun état ou d'aucune émotion.

    La philosophie permet simplement d'être là, d'exister. Cela ne garantit pas le nirvana ni la pleine conscience.

    Le philosophe n'est pas au-dessus des autres hommes, il est en l'homme. C'est là, qu'il a décidé de vivre.


 

Mais qui est capable de philosopher ?

    Le tout n'est pas de se poser des questions il faut aussi y répondre.

    La philosophie est une pratique dont le but est la production d'arguments. L'argument est un propos construit, vérifiable et contestable par d'autres. Il est l'élément dynamique d'une conversation apaisée et constructive dont l'enjeu est à terme de trouver un accord.

    Pour produire un argument, il faut développer un outil : la raison. Elle permet d'identifier ce qui est valide ou non. Certes cette adhésion est souvent partielle et temporaire. Mais il faut adhérer, à un moment, conscient des manques et du travail qu'il faudra reprendre.

    Quel humain serait exclu de cet exercice ? Chacun peut philosopher dans la mesure où il peut s’exprimer. Avec son langage, son âge, sa condition et sa culture. L'enfant comme le vieillard, le pauvre comme le riche, l'ignorant comme le savant. Le valide comme la personne handicapée. Moi comme les autres.

    Cependant, c'est le fruit d'un apprentissage. Celui né avec des mains ne devient pas automatiquement peintre, l'oreille ne suffit pas à être musicien, de même un cerveau ne fait pas de vous un philosophe. Il y a des techniques, des gammes à faire, un entraînement régulier.

    La philosophie est une pratique.


Quelle est la finalité des entretiens philosophiques ?


    Des rencontres régulières permettent de faire ensemble l'expérience de la pensée, loin des méthodes en dix points qui permettent de devenir heureux ou de s'éveiller à soi.

    Ce n'est pas du développement personnel, du coaching mental, de la méditation, conférences bienveillantes, même si ces exercices peuvent avoir leur intérêt.

    Nous choisissons une question philosophique. Nous fixons notre attention sur elle, et sur elle uniquement. Elle réclame une réponse, nous allons répondre, ensemble. Avec ce que nous savons, avec nos singularités, nous faisons ce que nous pouvons.

    Souvent, nous tournerons en rond, ne trouverons pas de résultats, seront déçus, nous ne deviendrons ni plus heureux ni plus libres, mais simplement nous aurons fait de la philosophie.


Une initiation à l'histoire de la philosophie


    Lors de cet entretien, nous faisons l'inverse d'une conférence, où un spécialiste je parle avant de recevoir les questions. Nous parlons librement, et si d'aventure une hypothèse me rappelle celle d'un auteur, celle de Platon, de Kant ou d' Heidegger, je me permets de faire une parenthèse. Je le ranime pour voir ce qu'il peut apporter à notre démonstration.

    La sociologie, l’anthropologie, l'histoire, les sciences, l'art, la technique, la psychologie s'inviteront souvent. Ne soyons pas sectaire.

    Nous mémorisons mieux les concepts philosophiques s'ils sont mobilisés dans une conversations vivantes, engagées, surtout si j'apprends que cette idée qui me trotte dans la tête a été forgé par Aristote ou Kierkegaard.

  

    Que restera-t-il de cette heure passée ensemble ? Une heure à soi. Une heure de philosophie.

 


   

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