LES ORIGINES DE LA LIGNEE ROYALE/ROYAUME XWLA

ORIGINES : LIGNEE ROYALE/ROYAUME XWLA  

HISTOIRE ENDOGÈNE

Introduction

L’histoire de la famille royale xwla de son fondateur connu sous le nom METO AHOUSSAN liée à Oyo où il est appelé ALAWUSAN, a été survolée par les nombreux historiens commis à écrire l’histoire du peuple xwla puisque ces derniers n’ont jamais été directement conviés par un membre que ce soit du clan royal endogène même.

Souvent invités par les membres d’autres clans constituants le groupe socioculturel xwla, on constate que ceux-ci mènent ces historiens vers un objectif visant à transformer les origines des uns et des autres, en occurrence des esclaves de cette famille royale desquels on dit qu’ils se sont déplacés volontairement par migrations pour vivre dans l’espace culturel xwla que nous décrirons plus bas.

Ainsi, toute l’histoire xwla a été biaisée par ces derniers au détriment de présentation des esclaves de ladite famille royale xwla comme autochtones ou des gens venus de leurs origines de leur propre chef pour s’y installer, c’est-à-dire faisant partie des premières personnes immigrées volontairement vers la côte.

Néanmoins, ils ont été presque tous d’accord que les xwla ont marqué de leur présence sur la côte des esclaves depuis le XIIIème siècle. Or, à voir les installations diverses émanant de ces immigrations dites volontaires, c’est bien après la présence d’Olukpokpo venu du pays des yoruba appelé Oyo.

L’histoire retient qu’Olukpokpo serait le septième et dernier fils, c’est-à-dire le benjamin de son père Oduduwa qui serait parti de la cité d’Oyo pour aller vivre sur la côte par appropriation personnelle.

En somme, il y a deux versions différentes qui soutiennent l’origine réelle des xwla. Mais, toujours est-il dit qu’ils viennent du Nigéria.

Les princes xwla endogènes ont fait les études et recherches ci-après pour apprécier dans l’un ou l’autre cas, là où vraisemblablement, on peut déduire une vérité approximative à base de certains récits et documents existants.

 

PREMIERE VERSION

Source constitution de la famille royale

Quand bien même on reconnait à travers certains documents que les xwla ont marqué de leur présence sur la côte des esclaves (Océan Atlantique) depuis le 13ème siècle, nous savons de nos jours que le Prince Adagba ait quitté le palais royal de son père Mèto à la suite d’une crise dynastique, afin de se faire une place d’autorité quelque part, loin de ses frères dans la nature.

Mèto n’était pas le nom de naissance de son père dont les aïeux seraient venus probablement au plus loin des vallées du Nil en Egypte avant de séjourner très longtemps dans le pays Oyo au Nigéria dans une cité nommée Djèbou-Tchangam avant que lui ne débarque à Tado.

Par Mèto, on désignait « notre père », comme les fidèles d’une paroisse ou comme Jésus faisait appeler Dieu dans sa prière initiatique aux disciples à l’époque. Donc, Mèto désignait tout cours « Mon Seigneur » ou « Sa Majesté ». Par conséquent, nous ne pouvons pas donner de nos jours avec certitude le nom réel du père du prince Adagba.

Or, certains documents disent que son grand-père légendaire yoruba serait Oduduwa et que son ascendant direct serait le benjamin de cet aïeul mystique. De ce fait le benjamin nommé Olupopo serait celui de l’ancêtre éponyme des xwla ou popo qui ne vivent que sur la côte.

            Entre autre, il fallait reconnaître que la fondation du royaume d’Adja Tado a son histoire particulière qui provenait d’un secours d’enrayement d’une épidémie qui tuait massivement les populations d’une tribu qui couvrait plus le nord de Tado, un territoire assez important dont le Tado actuel qui était une grande forêt vierge habitée uniquement des animaux sauvages les plus redoutables nantis de certaines puissances divines et des esprits de tous ordres.

            Le chef de ladite tribu était désemparé et ne savait où se donner de la tête quand le fondateur réel de Tado paraît, doté de force, puissance et secret pouvant mettre fin à ladite pandémie qui finissait les populations de la tribu. Ce chef de tribu était reconnu comme chef de terre et appelé par conséquent « ayinon ».

            Sur sa proposition, il a mis fin au bout de quelques jours aux exterminations massives des habitants de cette tribu administrée par l’homme que l’on croyait le plus puissant du monde, nommé Adja, chef de terre ou « ayinon ».

            Au cours de leur discussion, l’Etranger venu des vallées du Nil aux environs de  l’Egypte comme origine lointaine en passant par Oyo, le pays Yoruba au Nigéria d’aujourd’hui, avec son apparence particulière d’être à la peau très noire couverte de poils longs très épais, disait que « les maladies qui sévirent chez Adja vont baisser la tête » d’où l’appellation du lieu où on l’avait envoyé vivre après ses opérations divines miraculeuses : « azon é do nou gbawè do adja gon, bi na do tado » ou tout court « adjatado », cette version nous a été bien libellée en langue qui semble celle parlée anciennement dans le milieu, très rapprochée du fon d’aujourd’hui du plateau d’Abomey.

Or, de nos jours c’est la langue Adja houé qui se parle dans le plateau d’Aplahoué, Azové, Adjahonmè, Klouékanmè qui y est encore parlée.

Ayant peur de vivre très proche de cet être très différent et particulier doté de puissance divine et surnaturelle de ceux connus jusque-là, le chef de terre lui avait indiqué de loin d’aller vivre au sein d’une cuvette montagneuse forestière encore à l’état naturel, qui est devenue le Tado de nos jours. Et pour ne pas perdre à la suite de vue l’existence ancienne d’Adja en ces lieux avant les exploits du guérisseur très puissant qui habite Tado, l’espace culturel ainsi défini par les deux hommes est appelé « adjatado ».

            Donc, au fil des années, des interférences et des migrations diverses, il fonda une cité en ces lieux où tout le monde le prenait pour père des êtres humains qu’ils sont à cause de ses succès qu’aucun des devins de la région n’avait pu égaler.

Donc, appelé Mèto c’est-à-dire « père (to) de l’être humain (mè)», tout le monde se référait à lui sans restriction aucune. Naturellement, il était considéré comme leur protecteur et défenseur en toutes vicissitudes de la vie.

Ainsi, Tado était devenu un royaume dans une partie de cette ancienne tribu qui l’avait vu venir puisqu’il serait un prince dit-on à l’origine. Masculin de sexe, il avait entre autres, le pouvoir de transformer bêtes, reptiles, poissons et plantes des eaux ou des forêts en femmes qu’il épousait pour se multiplier. Donc seul, il avait une multitude d’épouses issues des eaux, des forêts et de la tribu qui l’avait accueilli en guise de récompenses.

            Comme tout être est mortel, Mèto avait fini par quitter la terre après un long séjour. Son appellation est demeurée jusqu’à nos jours pour désigner cette lignée princière chez les xwla qui sont de véritables conservateurs et se retournent toujours à leur source Tado dans la continuité de leur lignée princière contrairement à leurs congénères des autres cités royales qui disposent de nos jours des faiseurs de roi où aucun ne se nomme Mèto.

Après plusieurs successions légales, jalousie et haine naquirent entre les descendants directs de cet homme spécial ainsi issus de ces multitudes épouses d’origines diverses et diversifiées. Cette dislocation familiale royale a fait que de différentes zones du sud de cette partie de l’Afrique, ont été prises d’assaut par des princes devenus rois. Certains sont partis avant d’autres.

C’est en cela que le royaume xwla fut fondé avant celui d’Abomey. Seulement que la capitale politique du royaume xwla qui avait fait beaucoup d’exploits sur le territoire reconnu aujourd’hui Bénin et Dahomey hier (Séountché kéta à Adjodo avec une largeur moyenne de cent cinquante mètres environ suivant le long de la côte de l’Atlantique) si nous en tenons seulement à cet espace, était resté officiellement à Agbanankin au Togo qui en principe ne devrait pas exister comme pays si les Dahoméens d’hier prenaient convenablement soin de leur patrimoine. Ceci est dû à l’échange des territoires conquis entre les colonisateurs allemands et français. L’espace Hilla-Condji à Grand-Popo était conquis à l’origine par les allemands et celui d’au-delà du fleuve Mono englobant Adamè, Agbanakin, Klakou et autres par les français.

Néanmoins, très subtile, le roi des xwla de l’époque de la balkanisation de l’Afrique avait dû découpler et détacher un palais des xwla secondaire sur ce territoire et l’avait installé à son nez à Hêvè, doté d’un camp militaire sis à Houndjohoundji.

            Cette appellation « Adagba » de ce prince semble provenir de linguiste fon ou autre similaire qui semble dire « tu as touché » ou « tu es grand ». Il semblerait que la mère du prince Adagba provenait d’une communauté autre que celle du père devenu Adja au lieu de Yorouba ou sa communauté originelle de la vallée du Nil en Egypte après un long séjour parmi les « adja », mais située au plus vers le nord de la cité.

Ladite femme conquise de par ses émissaires, le Roi Mèto avait fini par la grossir quand il fricotait irrégulièrement avec elle. Informé de la grossesse, l’émissaire du même milieu que la femme s’était empressé pour dire au Roi « tu as atteint ou tu as touché la cible et tu es grand », c’est-à-dire « tu as grossi la femme pour laquelle tu t’échinais depuis » dans un langage classique de l’époque qui se rapproche du fon d’Abomey.

            Ainsi sorti du palais avec furie et rage, il avait pris des voies tortueuses en empruntant le long du fleuve Mono (appelé réellement « monnon » c’est-à-dire « tendeur de piège » car c’était un fleuve qui emportait en douce) pouvant le conduire vers l’Est du palais où il ne pensait s’arrêter que s’il atteignait l’océan atlantique (mer qu’il appelait « xu », « xwu » ou « hou » d’où, le nom xwula devenu par rapidité linguistique xwla ou hula, tout dépend du locuteur. Mais de source étymologique, c’est xwla, ce qui signifie ceux qui cherchent à atteindre la mer avant de s’arrêter au cours de leur trajet ou qui longent toujours la mer.

            Marié, le prince Adagba s’était fait accompagner de ses deux enfants ; l’aîné qui se nommait Tantèhuèdo (la lignée première ou la première fois mon sang est) et le second, Ahoussan. En réalité le second fils du prince Adagba se nommait à sa naissance à Tado avant le départ de la troupe, Hounyè (ombre de la divinité hèviosso ou appelé du dieu tonnerre). C’était seulement à la suite des péripéties de constitution du royaume xwla à Adamè, qu’il s’était fait appeler Ahoussan Djimagbo, car il avait acquis une puissance qui le protégeait contre les blessures de tout objet métallique tranchant.

Au fait, « Ahoussan » est un fruit de marais noir qui ressemble à de l’arachide et dont la coque ne peut être tranché avec coupe-coupe. C’est ce fruit qui avait servi de base de composition de l’amulette de cette puissance qui faisait la gloire de Hounyè au cours des multiples attaques qu’avait connu ce groupe migrant conduit par le prince Adagba, son père.  

            Au cours des départs pareils à l’époque, chaque prince se détachait de son royaume mère, suivi de ses partisans ou d’un groupe de personnes qui voudrait bien le voir légiférer un jour.

En fait, les autres clans de cette société ancienne, choisissaient souvent leur bord politique et se faisaient conduire par un prince de leur choix, d’autant plus qu’on ne pouvait être roi que si l’on est issu du clan royal que d’aucuns appellent de nos jours « ahovi », « holouvi », « fiovi » ou autres.

Cette appellation tient compte de la langue du milieu et désigne tous, prince ou descendant direct du Roi. Donc, le clan direct réel de cet homme spécial dans l’aire culturelle Adjatado est dénommé jusqu’à nos jours, Ahovi chez les fons et gouns, Holouvi chez les xwla, Fiovi chez les mina.

Ces derniers seraient tous issus de ce seul homme très noir, poilu et miraculeux qui avait sauvé tout un peuple d’une tribu.

Qu’ils soient à Abomey, Porto-Novo, Allada, Adamè, Agbanakin, Hêvè et leurs ramifications diverses, on dirait alors qu’ils ont tous le même ascendant et auraient des liens familiaux endogènes.

Apparemment la lignée originelle demeurerait dans le pays Oyo des yoruba. Par conséquent, ils seraient tous des cousins.

Or hier, leurs aïeux avaient livré des combats d’intérêt et d’occupation aveuglement parce que n’étant pas au départ tous nés d’une seule et unique mère dit-on. Rappelant qu’hier, il avait eu des affrontements fratricides entre quelques-uns de même mère aussi ailleurs.

Chaque peuple émanant de l’aire culturelle Adjatado a été conduit par un prince descendant de cet homme dont nous avions parlé plus haut. Tout autre clan dans cet espace géographique était au service des princes rois et constitue le groupe des privilégiés d’un royaume ou était esclave et constitue la couche à exploiter, à malmener, à vendre, à tuer ou à brimer. Ou si la provenance non liée à Tado dans cet espace culturel Adjatado serait venu d’ailleurs.

Si un roi voulait dans cet espace abuser des princes vivant dans son royaume constitué, on l’éliminait par tact et on dit que le roi n’est plus et on procède à son remplacement suivant les principes adoptés par la classe royale née de Tado. Un roi n’est jamais remplacé tant qu’il vit. C’est seulement dans le royaume d’Abomey que ce cas ait survenu deux fois apparemment.

Nous n’en voulons pour preuve que la destitution du Roi Adandozan dans la dynastie d’Abomey en 1818 à cause de sa turpitude. Il était le 9ème roi de sa dynastie après son père Agonglo mort en 1797. Il avait un « grand parasol » comme symbole et « le roi fait de l’ombre à ses ennemis » comme devise, dit-on. Tout récemment, dans les anales royaux de la dynastie d’Abomey, on dit qu’il a été « renversé pour s’être opposé à la traite négrière par Francisco de Souza ». Ce qui est discutable, car il aurait été destitué à cause de ses idées frisant à exterminer tous les autres princes issus d’autres mères que lui puisqu’il serait né d’une femme blanche appelée Sophie, ex-épouse d’un colon blanc résidant à l’époque sur les côtes de Ouidah ou gléhoué.

Il devrait être assassiné parce qu’il fut un temps de ses vingt et un ans de règne que l’on avait fait disparaître sciemment des règnes d’Abomey (le vide qui existait entre le Roi Agonglo et le Roi Guézo était occupé par Adandozan), il décida d’éventrer toutes femmes porteuses de grossesse sans distinction aucune d’une part et d’autre part de faire précéder d’un prince dans la tombe tout privilégié du royaume qui passait au trépas. Par surcroît, il est métis parce que né d’une mère européenne nommée Sophie, épousée par son père Agonglo suite à la mort par naufrage en haute mer de son premier mari blanc, ami du roi d’Abomey qu’était Agonglo.

Peur d’être attaqués par la suite par les oncles blancs d’Adandozan qui disposaient des armes sophistiquées, les princes d’Abomey de l’époque l’avaient renvoyé définitivement du royaume et asile lui a été donné à Agoué par le Roi des xwla de l’époque en 1818.

En cela déjà, le palais royal d’Abomey pensait disparaître le royaume xwla plus ancien que le leur qui n’était fondé qu’en 1600 par le Roi Gangnihessou qui a pour symbole « oiseau tambour » et « je suis l’oiseau le plus gros et le tambour le plus sonore ; on ne peut empêcher l’oiseau de chanter ni le tambour de résonner » comme devise. Il serait issu d’un sang très rusé et très malin dit-on.

Selon les documents de la dynastie d’Abomey ; « historiquement Gangnihessou n'est pas entièrement établi qu'il ait effectivement régné avec le titre de roi, il se pourrait simplement qu'il ait été un chef influent présidant aux affaires du royaume ». On y ignore la fin de son règne.

Donc, si nous en tenons au fait, ce serait alors Dakodonou dont le symbole a été « jarre-massue de guerre » avec « dako tue konou aussi facilement qu’il brise une jarre d’indigo » comme devise et qui a régné de 1620 à 1645 soient 15 ans, serait véritablement le premier roi de la dynastie d’Abomey. Ce qui distant encore plus la constitution de cette communauté en royaume, à cause de leur ruse endogène semblerait-il.

Puisque, « selon la légende, Dakodonou prit le pouvoir alors que son frère, le premier roi d’Abomey (Gangnihessou), était hors de la capitale » dit les documents d’Abomey.

Ainsi, Adandozan avait vécu à Agoué durant tout le reste de sa vie sur terre sans jamais retourner à Abomey où, il a été même interdit d’évoquer son nom dans le milieu princier, surtout les mardis. Mais avant sa mort, il avait gardé des relations fraternelles avec ses parents et frères utérins d’Europe. Il ne pouvait même plus s’enquérir des nouvelles de sa mère et de son grand frère qu’il avait laissé impuissant à Abomey. Sa mère y était morte et enterrée sans qu’il n’ait pu se présenter aux obsèques.

Mort, il avait laissé de nombreuses descendances à Agoué où, il a été enseveli. Sa descendance n’a jamais osé porter ce nom Adandozan. Tenez, un Ahyi d’Agoué vous renseignerait plus sûrement si vous voulez connaître plus cette histoire. Revenons au fait qui nous préoccupe ici.

Pour cause, des clans existent aujourd’hui dans le monde et sont désignés de par des rôles, des adorations, des croyances, des besoins mythiques, etc.

Ainsi dans le royaume xwla, on pouvait distinguer parmi tant d’autres ; les houéda, huéla, xwéda ou dangbévi, les hounga, les dogblossouvi, les yalui, les ogouvi, les dahlouahouan, les guens sous toute forme et couleur, les tado… mais tous n’étaient pas partis de Tado avec la troupe. Quelques-uns s’étaient constitués après leur capture au cours des guerres et se sont déterminés selon les rôles à leur confiés dans ce royaume. Vous verrez d’ailleurs des clans qui n’existent que dans le milieu xwla. Ils sont circonscrits et ne se retrouvent nulle part parce que ce sont des clans des déracinés croit-on.

Or, dans tous les royaumes constitués émanant de Tado, les Holouvi, les Fiovi ou les Ahovi sont toujours entourés des mêmes clans, la différence se situerait peut-être dans l’appellation ou par ajout ou retrait classique des choses très insignifiantes dans les rituels, soit par paresse, l’inintelligence, l’égoïsme ou l’oubli.

Chaque prince aurait sûrement à l’époque, sa clientèle politique. De ce fait, celle du prince Adagba serait composée de quelques membres de sa famille maternelle, des autres clans présents dans le royaume du père Mèto et des personnes ramassées en cours de route constituées premiers esclaves de la troupe, suite à certains combats classiques de frayage de passage vers les objectifs de départ qui ne sont que les côtes de l’océan.

Après avoir rompu temporairement avec son royaume parental, un prince ne pouvait devenir roi, sans le concours du clan des chasseurs qu’il prend dans ses collimateurs car, ces derniers détenaient les plus fins secrets et pouvoirs de la forêt crainte de tous.

Le clan des forgerons qu’on appelle dans le monde xwla « ogouvi » comme les « hountondji » à Abomey, connaissent tous les secrets afférents au fer. Sans eux, aucun royaume constitué dans l’espace culturel adjatado ne peut combattre pendant les guerres.

Bizarrement, plus d’un siècle que la communauté xwla recherchait à se constituer en livrant de rudes batailles contre les guens, les awlons, les fantès, les xwédas, les fons et autres, l’un des chefs forgerons en la personne d’Adi serait levé avec ses acolytes pour se rendre à Tado pour se constituer roi afin de pouvoir commander cette confrérie sans l’aval des anciens ni autorisation des princes qui conduisaient le groupe.

A l’annonce de cette nouvelle saugrenue. Dans le rang des princes, silence et consternation ont été les maîtres mots.

Quelques jours après, l’homme Adi fut investi par les faiseurs de roi de Tado de peu de confiance. Étonnés que de ce groupe parti depuis des siècles qu’aucun prince véritable ne soit arrivé pour cette investiture certains sages, les plus dignes de Tado ont refusé de prendre part à cet évènement jugé déplacé. Intronisé, Adi roi devrait rentrer par le fleuve mono par lequel l’équipe s’est rendue à Tado. L’équipe royale forcenée en liesse a subi un naufrage le plus spectaculaire où tous les passagers ont péri dans le fleuve mono à hauteur d’un lieu qui a pris à partir de cet instant le nom « aditchron ». Un petit village y serait constitué jusqu’à ce jour. Il est situé au-delà de Séva en allant vers Athiémé par le fleuve.

Ainsi, le premier homme qui s’est proclamé roi des xwla était mort, il est du clan des forgerons, c’est-à-dire les « ogouvi » à qui l’on ne confia guère depuis ce temps un rôle proche du roi, ni dans le palais à cause de cette ruse échouée. D’aucuns disent que ces derniers seraient les oncles maternels des « holouvi xwla ».

Par la suite, les grands dignitaires repectés du monde xwla se sont réunis pour choisir unanimement le prince Hounyè, fils de Mèto Adagba par consultations des oracles. Déjà, il montrait son sens de gestion de la confrérie dans les combats où il tuait sans frénésie ses adversaires. Ses forces et bravoures ont fait sa notoriété auprès de la communauté xwla résidant à Adamè.

Adamè serait le premier village réellement xwla constitué par la communauté conduite par Mèto Adagba, adja devenue xwla. C’est à Adamè qu’elle est devenue xwla après les interférences linguistiques des peuples affrontés. D’ailleurs comme de coutume, il avait fait installer une divinité de consolidation de son peuple appelé « xwéli, xuéli ou houéli » adoré même de  nos jours. Il est disponible à la place publique d’Adamè. Cette divinité est sise devant le domicile initial du premier Roi Xwla, Mèto Ahoussan Djimagbo. La voici ci-contre :

Divinité xwéli des xwla érigée avant 1500 présente encore à Adamè

 

Désigné, Hounyè s’est rendu à Tado pour se faire introniser roi des xwla. Accompagné d’une très forte équipe parce que décidé par la grande majorité sauf quelques « ogouvi », le cortège royal xwla est rentré par la même voie fluviale sans anicroche.

Investi sous le nom fort, Mèto Ahoussan Djimagbo, le premier roi des xwla s’est installé en 1500 dans un palais à Adamè. Il y est mort et enseveli en 1540.

Après sa mort, son premier successeur, Mèto Ahoussan II a pris l’initiative de transférer le palais à Agbanakin à cause des crues répétitives du fleuve mono contre le consentement de certains conservateurs dont les descendants vivent toujours à Adamè. Donc, Agbanakin serait le deuxième village des xwla et en même temps, 2ème palais du royaume xwla devenu capitale d’Agbanakin à l’époque. Cette restriction d’appellation a rendu très égoïste les habitants d’Agbanakin et ceux d’Adamè se sont désolidarisés d’eux pour conserver des successions sur le trône xwla dans le palais abandonné.

L’égoïsme, la réduction du pouvoir royal au chef de village et l’accaparation de l’administration publique togolaise ont fait que par la suite, les xwla résidant en République du Bénin (Dahomey d’hier après la balkanisation de l’Afrique) se sont aussi désolidarisés d’Agbanakin pour investir un roi xwla sur le trône xwla de Hêvè, occupé hier par leurs prédécesseurs.

 

DEUXIEME VERSION

 

Selon chacun d’entre les historiens qui se sont intéressé à l’histoire xwla, ils présentent sommairement xwla à leur façon.

Dans le dernier ouvrage en date intitulé « Les Hula du XIVème au XIXème siècle » édité par « Les Nouvelles Editions du Bénin Cotonou » en 2001 plus ou moins consacré à cette histoire, écrit par l’historien béninois A. Félix IROKO, apparemment sur invitation de René Mègniho DOSSA (paix à son âme) à qui, après le papier de garde, le Professeur rendait hommage en y notant, nous citons : « A René Migniho DOSSA, En mémoire d’hommage pour sa prise de conscience de la promotion de la culture xwla » fin de citation.

Ayant mis en exergue que « L’oiseau qui mange du poisson ne vit pas sur la terre ferme loin de l’eau », c’est-à-dire en langue locale qui se rapproche plus du xwédah que du xwla, « Xé dé inonduhué, é non non zogbéa », il analyse et fait référence aux anciens écrits et a fait part de chacune des révélations de ceux qui se sont intéressé à l’histoire xwla avant lui dans le premier livre de cet ouvrage, intitulé « Les migrations, le peuplement et l’identité socioculturelle », deuxième chapitre titré « L’écologie, le peuplement et la toponymie ».

De la toponymie hula, il cite et écrit :

·         «  Xwlagan (marqué : Grand-Popo) est l’ancien marché des Xwla à l’embouchure du Mono où aboutit la piste venant de TADO et Atakpamè. Le nom propre de l’ancienne agglomération est Xèvè, qui apparaît comme sur une île à qui la voit par la mer, mais les gens alentours appellent ce lieu Xwlagan (signifie : le grand xwla), car c’est là que le xwla avaient leur quartier général » Le Révérend Père Roberto Pazzi, Page 59

·         « En fait les hula, au même titre que les adja, les fon, les gun, les aîzo, les tofinnu, les mahi, les sahuè, etc., appartiennent à l’aire culturelle ajatado dont le berceau le plus connu est, après le départ du Nigéria, Tado ». Professeur A. Félix IROKO, Page 112

·         « Popo est le terme générique utilisé à l’origine par les Yoruba pour désigner les populations aja, particulièrement celles de la zone côtière. Son origine, assez obscure a fait couler beaucoup d’encre (Pognon 1955 : 13-14). Il semble désormais acquis qu’il provient de la déformation du mot yoruba kpokpo qui signifie benjamin : Olupopo ou Olukpokpo, se vit attribuer en héritage, à la mort de son grand-père Oduduwa, ancêtre mythique des Yoruba, les territoires de la côte des esclaves. Olupopo aurait donc été l’ancêtre éponyme des Popo… ». GAYIBOR Traditions historiques du Bas-Togo 1992, p. 291

·         « Olupopo apparaît effectivement comme un terme récurrent de l’histoire yoruba précoloniale lorsqu’il est question de cet enfant d’Odudua devenu Olukpokpo, et les chercheurs l’ont facilement assimilé au roi des Hula… » « Le vrai nom en yoruba est Olukpokpo, clé possesseur, le maître du pays kpokpo et non olupopo. Le kp est plus usité en yoruba que la p. » Professeur IROKO p. 27

·         « Autrement dit jusqu’à quand peut-on faire remonter les origines des hula, ou plutôt de ce qui en constitue le noyau initial ? Le Père Roberto Pazzi s’est particulièrement intéressé plus que les autres historiens (Pierucci, Karl-August, Gayibor, etc.) aux problèmes de la chronologie concernant les origines des hula. il situe notamment aux XIIIème – XIVème siècles les premières migrations… » Professeur IROKO p. 29

·         « Lors de sa plus grande extension, le domaine du Hulaholu ou roi des hula, a les limites suivantes :

-          A l’ouest, Aflawu, mais les campagnes militaires ont atteint Sénshé au Ghana

-          Au sud, l’océan atlantique

-          Au nord, Akplahoué (xwlaxué)

-          A l’est, Ajido (awlo) et Badagry au Nigéria. Professeur IROKO p. 105

·         «  Les esclaves domestiques issus soit de l’aire culturelle ajatado, Aja, Washi, etc. soit de l’aire culturelle yoruba, gens venant d’Ibadan, Imèko, Oyo, Ijèbu, etc….Mèto awusan, très sage, décrète « que personne ne cherche à distinguer les empreintes laissées sur le sol par les pattes des bœufs de celles des chevaux ». Une politique volontaire, sinon volontariste, d’unité et d’union ; Mèto Awusan a été plus préoccupé de l’intégration, de la fusion d’éléments humains disparates de sa capitale que de leur simple insertion, comme un coin placé dans un tronc d’arbre qu’on est en train de fendre ». Professeur IROKO p. 104

·         « Les règnes de femmes sont interdits et il n’y en a pas eu une seule qui ait cherché à briguer le pouvoir suprême à Agbanakin. « La femme ne saurait uriner par le pénis à la manière d’un homme » dit-on » Professeur IROKO p. 107

De tout ce qui précède et de toutes nos recherches et interrogations, nous aurions appris que les mots yorubas ci-après désignent chacun :

-          okpolopkolo = beaucoup de gens

-          opkolo = cerveau si non méninges

-          onni = on a dit

-          an won gnon kpikpo lo soro = beaucoup de personnes ont dit ceci

-          oro = parole ou le dire

-          odo = toute surface d’eau

-          odo okun = océan

-          odo o sa = marigot ou fleuve

-          odo ikonga = puits ou citerne

-          éti okun = au bord de la mer ou l’océan

-          an won égnon éti o sa won mangbé = ils restent au bord de l’eau

-          baba o fè log bé idi odo lo un = celui-ci va vers l’océan

-          o mon abigbègni = benjamin

-          o mon abigbègni o kun lin = benjamin garçon

-          o mon abigbègni obirin = benjamin fille

-          oduduwa = roi

-          owlu = enfant né d’une grossesse conçue sans menstrues préalablement

-          olukpokpo = maître du pays kpokpo

Alors si selon le dictionnaire français, benjamin désigne le dernier enfant, alors l’ancêtre éponyme olupkopko des xwla serait le 7ème enfant garçon d’Oduduwa, l’ancêtre légendaire d’Oyo ayant légiféré sur la côte des esclaves. Il serait parti de Djèbu-Tchangam, une localité de la cité royale d’Oyo de ses pères.

Longeant la côte depuis cette localité, il serait arrêté à Hêvè d’où il a commencé son extension de par des guerres d’occupation. Là où il s’est installé serait appelé xwlacomè à Hêvè. Si nous tenons compte des versions historiques du Révérend Père Roberto Pazzi, nul ne peut douter que le premier village xwla n’est que Xêvè ou Hêvè.

Il résulte alors que c’est à partir de Hêvè que sont partis les xwla installés en 1500 à Adamè dans un palais royal pour commander le royaume fondé par cet ancêtre dont on ignore jusqu’à ce jour le nom réel. C’est en voulant se mettre à l’abri à cette époque des attaques étrangères directes du palais. Donc, pour que le roi soit protégé et difficile d’atteinte, il s’était incrusté à cet endroit ignorant qu’il est inondable. Donc, le plus vieux village des xwla, Hêvè qui servait de pôle à toutes les transactions, donnait accès à tous or, Adamè plus en retrait vers l’ouest était caché à première vue.

Si l’on est d’accord que « Popo » ou « kpokpo » est le terme générique utilisé à l’origine par les Yoruba pour désigner les populations aja, particulièrement celles de la zone côtière, il est certain qu’indéniablement la famille royale xwla provenait du Nigéria.

Et plus au fond si nous acceptons que les hula, au même titre que les adja, les fon, les gun, les aîzo, les tofinnu, les mahi, les sahuè, etc., appartiennent à l’aire culturelle ajatado dont le berceau le plus connu est, après le départ du Nigéria, Tado, on ne peut nier l’existence d’un lien royal endogène entre Oyo et Xwlagan (Hêvè). 

Le clan royal qui s’est installé à xwlagan dès le début en tant que législateur de la zone côtière avait conquis des peuples qu’il avait placés de part et d’autre sur les territoires conquis.

C’est ainsi que l’on a enregistré des origines diverses de ces esclaves disséminés partout dans l’espace déterminé :

-          A l’ouest, Aflawu, mais les campagnes militaires ont atteint Sénshé au Ghana

-          Au sud, l’océan atlantique

-          Au nord, Akplahoué (xwlaxué)

-          A l’est, Ajido (awlo) et Badagry au Nigéria.

L’extension de son domaine s’arrêtait alors à l’est à Awlo Ajido qui s’accolait à l’espace goun qui s’arrêtait à Oyo State.

D’ailleurs, quand on voit l’occupation des frères d’Oduduwa, leur espace de commandement se rejoint de part et d’autre. Ils ne se sont jamais livrés de batailles entre eux. Au contraire, c’était à chacun en ce qui le concerne de défendre sa zone d’occupation.

Comme Olukpokpo avait choisi de s’approprier personnellement le long de la côte, il n’avait pas trop progressé vers l’intérieur. D’au-delà d’Aflawu à Ajido, la largeur d’espace occupé ne dépasserait pas les Cent cinquante (150) mètres environ en profondeur.

Son armée constituée de beaucoup d’esclaves ramassés en cours de route avait lutté surtout farouchement contre les attaques des Huéla, Fon, Gen, Fantè, Mina, Ewé qui convoitassent aussi le même espace.

Ces divers peuples n’ont aucun lien endogène avec le clan royal xwla. C’est d’ailleurs, les rescapés de la plupart de ces peuples qui constituent le peuple xwla de nos jours, puisqu’à un moment donné où Olukpokpo, l’ancêtre éponyme de la lignée royale ne pouvait plus retourner et s’adjoindre à nouveau au peuple Yoruba, il aurait décreté : « Que personne ne cherche à distinguer les empreintes laissées sur le sol par les pattes des bœufs de celles des chevaux ».

Ceci, parce qu’il voulait constituer un et un seul peuple qu’il nomma par la suite xwla et sa langue « xwlagbé » à cause des interférences linguistiques dues au brassage avec les étrangers esclaves. Il pourrait toutefois les appeler « kpokpo » ou « popo » si l’on est d’accord que « popo » ou « kpokpo » est le terme générique utilisé à l’origine par les Yoruba pour désigner les populations aja, particulièrement celles de la zone côtière.

Semble-t-il, il voulait se démarquer de son origine Oyo. Son autonomie recherchée fait qu’il a fondé son royaume avec une langue et un peuple cosmopolite particulier car, les constituantes viennent des origines diverses et diversifiées.

En cela que Barbot écrit « la ville Popo est bâtie sur une île formée de marais et marécages ».

Plus loin, Isert la situe dans un fond marécageux à quelque éloignement de la mer, sur une rivière (ISERT (P.E.) Voyages… 1989, p.p. 109-128

Or pour Bosman, « Popo est situé au milieu d’une rivière… ceux de Popo n’ont presque point d’autre habitation que le village où demeure le roi et qui est une île » BOSMAN (B.) Voyage de Guinée… 1705, p.p. 353-354

Entre autres, «  Xwlagan (marqué : Grand-Popo) est l’ancien marché des Xwla à l’embouchure du Mono où aboutit la piste venant de TADO et Atakpamè. Le nom propre de l’ancienne agglomération est Xèvè, qui apparaît comme sur une île à qui la voit par la mer, mais les gens alentours appellent ce lieu Xwlagan (signifie : le grand xwla), car c’est là que le xwla avaient leur quartier général » écrit Le Révérend Père Roberto Pazzi, AZZI ® Notes d’histoire 1973, p.96

Donc, on peut dire sans se tromper que c’est à partir de Hêvè ou Xêvè que d’abord le village d’Adamè ayant servi de palais de refuge au roi issu d’Olukpokpo a été créé.

Puisque Hêvè est situé en face de l’océan, les étrangers blancs ont commencé par s’intéresser à sa côte et ses descendants ont jugé se déplacer à Adamè plus à l’ouest de la zone d’occupation de leur aïeul Olukpokpo pour être à l’abri de leurs attaques éventuelles.

Or, du XIIIème siècle au XVème siècle, on n’a connu aucun règne de ce clan royal. Semble-t-il qu’Olukpokpo, l’ancêtre éponyme des xwla s’était beaucoup plus préoccupé de la constitution d’un peuple à dominer et à gérer plus tard par ses progénitures que constituent de nos jours la lignée royale xwla. Et qu’il aurait passé plus de deux cents (200) ans à faire ce travail endogène avant toute fondation d’un royaume. Car sans un peuple, il ne peut y avoir royaume.

Donc, ce n’est qu’à partir de 1500, c’est-à-dire au XVème siècle qu’à partir d’Adamè que des règnes ont été enregistrés. Jamais, le descendant d’Olukpokpo nommé AHOUSSAN ou ALAAWUSAN n’a été intronisé roi des xwla à partir de Tado. Ceux qui peuvent faire de lui un roi sont aussi présents dans sa cité.

A Tado, il n’y a aucune trace du départ de ce dernier. Seulement que l’histoire révèle que l’un de ses esclaves forgerons du clan des Ogouvi (adorateurs du fer) ayant pour origine Tado s’y était retourné pour se faire roi en lieu et place de la descendance d’Olukpokpo. Intronisé roi, il périt avec toute son équipe dans le fleuve mono dit-on.

Après ce, couronne a été portée sur la tête d’un descendant direct nommé Hounyè, un appelé de la divinité Tchango (dieu du tonnerre) connue dans la région sous le nom Hêvioso ou xwlavodou. Dès lors, il prend le nom fort AWUSAN JIMAGBO puisqu’il détenait un secret divin conçu à base d’un fruit qui ne peut être tranché par coupe-coupe appelé aussi ici « ahoussan ».

Sinon, on aurait dit que le peule xwla aurait quitté Tado et aurait transité par Agomè-Séva avant de choir à Adamè. Ce qui est purement incertain car aucune trace n’a été repérée de leur passage en ce lieu. Selon l’histoire de ce village, il n’a nullement été fait mention de leur escale ou séjour. En cela, « l’étape d’Agomè-Séva est un objet de controverses : plusieurs migrants, à compter des fondateurs d’Adamè, affirment avoir transité par Agomè-Séva quand ils n’y ont pas vécu comme dans le cas de ces derniers. Ceux-ci insistent même sur la fondation par eux du village dont les habitants ne reconnaissent qu’un seul ancêtre fondateur : Folly Hunnu et ce, sans la moindre contestation. En outre, ils sont formels à ne pas reconnaître un quelconque séjour ou simple arrêt des ancêtres des premiers Hula dans leur localité, et à affirmer qu’il n’existe aucun lien, aucune accointance entre leur histoire et celle de ces derniers, dussent-ils appartenir à la même grande aire culturelle ajatado » écrit le Professer IROKO sur Renseignements obtenus de Dati ASIONGBON et Yao MESSANVI d’Agomè-Séva interrogés le 7 mai 1990, p. 20

  D’aucuns disent que les xwla sont cousins aux Huéla avec qui ils sont partis ensemble de Tado pour se séparer enfin sur le lac ahémé (hin). Encore discutable car, ces deux peuples ont tellement lutté entre eux si bien que de nos jours il existe au-delà d’Adimado et non loin du village xwédah Doyi, une divinité nommé « dossou » érigée par les xwla avec le corps vivant complet du chef de guerre houéda nommé Dossou. Et pour notifier au peuple que les xwla ont emporté ce chef huéda Dossou, le village Doyi qui veut dire étymologiquement « dossou yi » ou « dossou est parti » est créé à l’endroit même où il a été arraché à son peuple. D’autres sont ailleurs et partout sur l’espace xwla.

En somme dans l’espace culturel Ajadtado décrit de nos jours, celui des xwla ne devrait pas en appartenir puisqu’il a été conçu d’origine yoruba. Or, peuplé par nombreux des peuples venus de Tado capturés par-ci, par-là, on croit aisément que celui xwla en est un. D’ailleurs, les campagnes militaires du royaume d’AHOUUSSAN ont atteint Aplahoué qui signifiait « xwlawxé » c’est-à-dire maison des xwla. Or, Aplahoué est situé à quelques lieux de Tado en question qui disposait aussi d’une forteresse royale où il n’y a aucune trace réelle démontrée du départ des xwla.

Donc, à voir les expansions du royaume d’AHOUSSAN dont l’ancêtre éponyme serait Olupkopkpo ou Onipopo, il n’y a aucun lien endogène royal avec les peuples constitués dans cette aire d’ajatado si ce ne sont les brassages par mariage et esclavage.

Le noyau royal vrai reste et demeure encore restreint. Les alliés ou dérivés qui se disent descendant d’AHOUSSAN par les œuvres d’expropriation de son armée conduite par un de sa descendance nommée Huésu Agbo, ne sont que des déracinés. Si on visite de nos jours, Hêvè, Adamè, Agbanakin et autres on constate aisément que dans l’ensemble du clan royal d’AHOUSSAN appelé « holouvi », c’est-à-dire « descendant direct du roi » se démarquent les vrais des subsidiaires que l’on trouve partout.

Puisque selon le décret ci-dessus mentionné, le roi xwla ou xwlaholou n’entend pas dissocier le vrai du faux. C’est là déjà l’erreur grave ajoutée au mariage des esclaves par les princes et princesses vrais qui a concouru au déclin rapide de ce royaume sur la côte sud-est de l’Afrique bien qu’ayant été fondé avant la plupart. 

D’ailleurs, la litanie du clan royal xwla en dit long car aucune allusion n’est faite de Tado, d’Agomè-Séva, d’Adja, etc. Il est conçu de la manière suivante par des versets clairs et nets en xwlagbé, langue parlée exclusivement par le peuple constitué par Olukpokpo. Du fait que c’est à partir de METO AHOUSSAN DJIMAGBO qu’à commencer la législature royale en ces lieux, voici ce que dit la litanie du noyau central xwla :

-          Tôgboé ahoussan – Ahoussan djimagbo (roi awusan-awusan que coupe-coupe ne tranche pas)

-          agbo kan tan kan linkan – agbo wa kounou makou (le bélier qui s’accroche – qui pêche et n’en meurs pas)

-          agbo wa kounou tcho kpo do gbè (le bélier qui a péché et vit encore) (NB : par agbo, on fait référence à l’aîné du roi ahoussan qui est le chef de combat qui a conduit l’armée xwla dans toutes ses campagnes militaires)

-          djidji lévo vi lévo (vraies progénitures diffèrent de dérivées) (référence à l’arrêté royal qui dit : « que personne ne cherche à distinguer les empreintes laissées sur le sol par les pattes des bœufs de celles des chevaux »)

-          hê dogla oun kpa zin kpé o (aussi géant qu’il soit, l’arbre « hè » ne peut servir pour fabriquer un trône)

-          donmè nou abégouvi – abégou ma si aklé (l’enfant des chenaux fluviaux n’a peur des bestioles)

-          obé énou kpô lé a houé oun djé amè oun mè o (ce que l’on a l’habitude de voir n’impressionne pas)

-          o kpô lé gbé ahin va ahoué (si tu trouves à l’étranger, il faut ramener chez soi)

-          djivi ma so do gléta (on n’abandonne pas son propre fils au champ)

-          évi zoun gôgônon (l’enfant devient bête)

-          kpaoun xwlé oun non fan énon houé do glélè si o (quand l’oiseau « kpaoun wxlé chante, le cultivateur ne manque de le savoir, ni de l’entendre)

-          oun dounou tè vi oun sa èglé o – èglé wanzan lé évi alè (manger sans donner à son enfant ne veut pas dire que la terre est vendue – la terre cultivable existe, il va y travailler pour se nourrir)

-          xwla hôlou doundoun mon non vôto – édô tô désou wè djômon (roi xwla puiser de l’eau ne tarie pas le fleuve – c’est le fleuve même qui est ainsi)

-          xwla hôlou onon kan lèlè – étoé tètè non bo gbè – xwéda é non bo don tchi ékon (roi xwla aux mamelles longues – tous les peuples en ont tété et fuient – les xwéda en ont pris et s’en sont accrochées) (allusion aux domptions des xwédah esclaves par les xwla)

-          ôfi bètô oun non bè non kpo o (celui qui ramasse la cendre ne peut tout ramasser)

-          noukoun win ni win ni si nou masi kloklo (les petits yeux peuvent craindre des choses mais ne craignent pas les gros yeux)

-          mamlan vè loko – bô loko so houé do ali dji – atin a ou didi – ho mè ton do katcha katcha – atin dogbé adô lé tô (il est interdit de glorifier ou louer l’arbre iroko ou loko – par conséquent, il a bâti domicile sur le chemin – arbre au corps lisse – son intérieur est rugueux – arbre dans la forêt et ses racines dans l’eau)

-          kékésui a man non (devin ou gourou)

-          ègbè li ma hlè kintô – ohlè kintô kintô agnôè hou ô (on ne montre pas le sentier de vie à l’ennemi – tu le lui montres, il le connait mieux que toi)

-          ahôlou kpètè do dji – houé mon non ya ou (roi dense prêt au combat – le soleil ne se dépêche)

-          non tchô vi ma gna lé gbo kon – mi djo é do na tchan gozin mè dou (on ne renvoie pas l’orphelin de la marmite servant à frire la galette d’haricot appelée ‘’ogbo’’ – laissez-le qu’i s’en sert pour se nourrir)

-           - …………………………. – xwla hôlou mlan tô oun non mlan tètè non kpo – o mlan sèèèèè dé ô a gô djo sèèèèè dé do (celui qui loue le roi xwla ne peut finir tous les versets d’éloges et louanges – si on fait un son éloge un peu, on laisse le reste) ».

Donc, si nous tenons à cette constitution du royaume à partir d’AHOUSSAN après tant d’année d’existence à la côte des esclaves à xwlagan (hêvè), nous dirons que des conflits divers, le royaume xwla dispose de nos jours de 03 palais royaux à partir de 1500 nonobstant leur présence sur la côte depuis 1300.

Si nous sommes d’accord que la descendance d’Oduduwa, Olupopo, Olukpokpo ou Onipopo qui s’est accaparé de la côte comme sa propriété endogène, on dirait qu’il ait vécu d’abord à Hêvè sans règne, puis à Adamè où il a commencé par légiférer par le truchement de sa descendance Hounyè devenu AHOUSSAN DJIMAGBO ou ALAWUSAN comme le désigne les aïeux ascendants d’Oyo et ensuite à Agbanakin pour se rapprocher encore plus de la mer aux années 1540.

De la naissance de certains conflits dus à ce décret et l’embrassement des esclaves avec les princes endogènes par mariage, le royaume xwla compte de nos jours 03 (trois) palais royaux xwla.

Donc, des conflits divers, le royaume xwla dispose de nos jours de 03 palais royaux à partir de 1500 nonobstant leur présence sur la côte depuis 1300 comme ci-dessous, toujours permis par le décret « que personne ne cherche à distinguer les empreintes laissées sur le sol par les pattes des bœufs de celles des chevaux » :

·     Au Palais Royal d’Adamè/Togo :

1-      Mèto Ahoussan Djimagbo de son vrai nom Hounyè fils de Mèto Adagba, fondateur du royaume xwla, 1er Roi des xwla (1500-1540)

NB : Trône resté vide sans roi, ni régent de 1540 à 1580 car le roi intronisé comme 2ème Roi, a quitté les lieux pour Agbanakin, la nouvelle capitale xwla à cause des crues répétitives à Adamè. C’est lui qui devient le premier roi à Agbanakin

2        Mèto Ahoussan II (1580-1620). Restauration oblige quand ceux d’Adamè se désolidarisent d’Agbanakin devenu trop égoïste.

NB : Trône resté vide sans régent, ni canton, ni roi de 1620 à 1960

2-      Régence plus de 50 ans (1960-2010). Là, le régent joue plus le rôle de Chef de ce village vis-à-vis de l’administration publique togolaise.

4-      Mèto Ahoussan Adannou III (2010- à ce jour), restauration oblige.

Investi sous le nom fort, Mèto Ahoussan Djimagbo, le premier roi des xwla s’est installé en 1500 dans un palais à Adamè. Il y est mort et enseveli en 1540.

Après sa mort, son premier successeur, Mèto Ahoussan II a pris l’initiative de transférer le palais à Agbanakin à cause des crues répétitives du fleuve mono contre le consentement de certains conservateurs dont les descendants vivent toujours à Adamè. Donc, Agbanakin est le deuxième village des xwla et en même temps, 2ème palais du royaume xwla devenu capitale d’Agbanakin à l’époque. Cette restriction d’appellation a rendu très égoïste les habitants d’Agbanakin et ceux d’Adamè se sont désolidarisés d’eux pour conserver des successions sur le trône xwla dans le palais abandonné.

 

·     Au Palais Royal d’Agbanakin/Togo :

1-      Mèto Ahoussan (1540-1590)

2-      Jondo (régent) (1590-1610)

3-      Mèto Adandjo (1610-1650)

4-      Loko Nenkounmonhoué (régent) (1650-1700)

5-      Mèto Mè djèto (1700-1735)

6-      Gbédé (régent) (1735-1775)

7-      Mèto Hon (1775-1800)

8-      Tossou Agbonin (régent) (1800-1820)

9-      Mèto Houndo (1820-1822)

10-  Loko Foligbo (régent) (1822-1835)

11-  Mèto Alifa (1835-1837)

12-  Folly Sossou Aglango (régent) (1837-1841)

13-  Mèto Houéyo (1841-1842)

14-  Houessou Adigli (Aholou Tofa) (1842-1860)

15-  Loko Afantodji (régent) (1860-1877)

16-  Houessou Yanmlinmadjo (1877-1880)

17-  Foligbo Mèvodé (régent) (1880-1890)

NB : Le trône est resté vide sans régent, ni roi du 1890 à 1990 soient 100 ans ou un siècle après.

18-  Houessou Gbédémon Clément Folisson (Mèto Ahoussan VIII sur le trône actuellement Agbanakin/Togo) (1990- à ce jour). Il est né en 1934. Restauration oblige. Mais ici, l’administration togolaise s’est mêlée de la chose traditionnelle et ce roi est réduit dans un rôle de Chef de village d’Agbanakin au lieu d’être le roi de tous les xwla dont la majeure partie se retrouve sur le territoire béninois.

 

Réhabilitation palais royal de Hêvè : Démarrage et difficultés

Comme la roue de l’histoire tourne toujours, il est question de nos jours de la reconstitution de ce royaume par Hêvè d’où Oloukpokpo, Olupopo ou Onipopo aurait commencé par bâtir son peuple reconnu aujourd’hui sous la dénomination xwla.

En somme, le peuple xwla constituerait une aire culturelle autre que celle d’ajatado que l’on pouvait simplement dénommée aire culturelle xwla logée sur la côte.

L’égoïsme, la réduction du pouvoir royal au chef de village et l’accaparation de l’administration publique togolaise ont fait que par la suite, les xwla résidant en République du Bénin (Dahomey d’hier après la balkanisation de l’Afrique) se sont aussi désolidarisés d’Agbanakin pour investir un roi xwla sur le trône xwla de Hêvè créé par avancement de trône d’Agbanakin, occupé hier par leurs prédécesseurs.

Quant au démarrage proprement dit et aux difficultés rencontrées, nous dirons que tout a effectivement démarré le 10 janvier 2007, où une grande assemblée générale avait réuni les princesses et princes (Holouvis) de tous ordres et de toutes catégories en pique-nique à l’Ecole Primaire Publique d’Adjaha (Grand-Popo) sur l’initiative du Prince Joseph Mensah petit fils du dernier Chef de Canton, André Mensah Houessou ayant régné sur le trône de Hêvè.

Plus qu’une simple retrouvaille des frères et sœurs Holouvis-Xwla du Bénin et du Togo autour du thème « Toi Fiovi ou Holouvi Ahoussanvi Xwla d’Agbanakin, quelle est ta place dans la communauté xwla où tu vis ? » développé et présenté au grand public venu très nombreux de toutes les cités xwla du Bénin et du Togo par le Prince xwla Georges Houessou, Préfet des Départements du Mono-Couffo / République du Bénin en la présence effective du Roi Mèto Ahoussan VIII d’Agbanakin et son conseil de trône. Ce dernier et les siens ont participé ardemment aux débats après que le Roi ait eu l’honneur d’ouvrir officiellement cette assise.

Des débats, il découlait l’idée de la mise sur pied d’une association fraternelle des princesses et princes xwla de tout acabit et de la restauration du palais royal de Hêvè afin de juguler le pouvoir restreint du moment du Roi VIII dont l’autorité ne couvre que son village Agbanakin, puisque pris dans l’engrenage administratif togolais où il est considéré comme Chef de ce village et n’arrive plus à répondre aux aspirations des Princes xwla vivant du côté du  Bénin de qui son trône est séparé depuis la Conférence de Berlin par des limites d’Etats souverains : République du Bénin et République du Togo.

Ces idées ont été lancées comme un pavé dans la marre. Naturellement, l’une des idées avait rencontré un grand enthousiasme et l’adhésion de la majorité des participants qui voient à travers la concrétisation d’une telle déclaration d’intention une manière de faire revivre l’histoire du royaume xwla du côté béninois ; il s’agit de la restauration du palais de Hêvè.

Vu la pertinence de cette idée, un groupe de volontaires s’était auto saisi du dossier avec l’engagement d’approfondir les réflexions y relatives. Les choses se sont vite passées et quelques mois après à Adimado dans l’arrondissement de Grand-Popo, une autre grande assemblée a encore réuni les frères et sœurs Holouvis, toujours de la même espèce.

A ce rendez-vous d’Adimado, les discussions ont achoppé sur le statut de celui qui sera intronisé sur le trône. Pour certains, la minorité, ce dernier sera un Régent, dépendant du Roi Mèto Ahoussan VIII d’Agbanakin (Togo) malgré la restriction de son pouvoir qui a déjà amené les Princes xwla d’Adamè à introniser un autre Roi Xwla à Adamè, premier village royal xwla existant sur le même territoire togolais à moins de sept kilomètres d’Agbanakin. Nommé Mèto Ahoussan Adannou III, le Roi xwla d’Adamè légifère au nez du Roi VIII avec lequel ils se disputent des sujets.

Pour d’autres, la majorité, il fallait introniser un véritable roi, indépendant de celui d’Agbanakin et d’Adamè au Togo.

Selon le premier groupe, ce statut de régent de celui qui accèdera au trône de Hêvè permettra de perpétuer les liens ancestraux entre les deux communautés xwla vivant sur les deux territoires Béninois et Togolais.

Par contre, le second y voit la perpétuation de la domination du Bénin par le Togo sur le plan de la chefferie traditionnelle alors que depuis la conférence de Berlin de 1884 qui a décidé du partage de l’Afrique, chacun des deux pays est indépendant. Chaque camp soutenant sa thèse, les participants s’étaient quittés à queue de poissons. De là naitront les difficultés et problèmes que rencontrera le second groupe tout au long des activités menées dans le cadre de la concrétisation de ce rêve, puisque c’en était un ce jour là car le pari n’était pas gagné d’avance : menaces de mort, embuscades, missiles, vilipendes, agressions physiques ou morales, convocations, intimidations, querelles, etc.

Or, ceux qui étaient convaincus qu’ils sont sur la bonne voie, ont continué à travailler en douce, sans tapage externe pour faire rallier d’autres à leur cause.

Sans mentir, le travail n’a pas été du tout facile en raison des embûches fomentées et entretenues par un groupuscule de douze personnes conduites par Noël Sossouvi-Mensah, Alexandre Mensah, Jacques Houessou…

En dépit de toutes ces difficultés, les engagés n’ont pas baissé les bras et le 28 juillet 2007, ils ont réussi à mettre sur pieds l’Association des Princes Ahoussanvi Xwla du Bénin (APAX-Bénin) dont le congrès constitutif a été tenu à la Maison des Jeunes et Loisirs de Sè (Commune de Houéyogbé) malgré la saisine ayant pour objet d’interrompre les activités des princes xwla du Bénin à la Préfecture de Lokossa et à la Compagnie de Gendarmerie de Lokossa par Noël Sossouvi-Mensah, Président du conseil de trône d’Agbanakin par une correspondance choit sur la table de ce congrès.

Au contraire, la brigade de gendarmerie de Sè est venue assurer la sécurité des participants à ce congrès évalués à plus de cinq cents. Contre vents et marées, un bureau exécutif de 07 membres a été mis sur pieds et sa destinée a été confiée à M. Claver Pierre Hounkpè, Instituteur Principal, Dramaturge et également Prince xwla résidant à Sè pour un mandat renouvelable de 03 ans. Dès lors, c’est à l’APAX-Bénin qu’est revenue la direction des activités devant conduire à la restauration du palais de Hêvè, le point capital de l’achoppement incongru.

Malgré les résistances observées par ci, par là, le vendredi, 28 janvier 2012, la restauration dudit palais a été effective par l’intronisation d’un roi xwla à Adamè devant siéger désormais sur ce trône à Hêvè. Ce n’est que le dimanche 30 janvier 2012 que ce roi nommé Mèto Ahoussan Hélékétché Alifa a été montré aux populations sur l’esplanade de l’Eglise catholique Saint Michel de Hêvè.

A cette occasion, le Chef de village de Hêvè, Togbé Dabé Diaz Comlan  menacé par ses chefs hiérarchiques a fait fi de toutes considérations et a été l’impresario de toute la séance d’investiture du nouveau roi xwla.

Notons aussi que tout Adamè et son roi étaient de la partie. N’oublions pas de notifier aussi la présence de tous les dignitaires du culte vodou de l’espace culturel xwla et guen en plus Sa Majesté Akiti, Roi des Watchi de Comè et bien d’autres.

Donc, à compter de cette date, ce groupuscule conservateur conduit par Noël Sossouvi-Mensah et sa clique, a perdu la bataille nonobstant ses tractations d’empêchement par le truchement des Forces de Sécurité Publique de la brigade de gendarmerie de Grand-Popo dépêchés sur les lieux de la manifestation sous le couvert du Maire de la Commune de Grand-Popo de l’époque : M. Benjamin Clotaire Ablo, toujours sur les injonctions clandestines d’Alexandre Mensah et Noël Sossouvi-Mensah.

 C’était grâce à l’intervention aussi bien financière que morale de M. Roger Messan Adoté. Ce dernier, homme politique de son état est descendu sur les lieux avec des agents secrets du petit palais qui ont repoussé toutes ces attaques orchestrées par Alexandre et son valet Sossouvi.

Ce serait ingrat de ne pas aussi noté que Roger Messan Adoté, un fils de Djanglanmè d’Adoté-condji du clan « amamènonwo », similaire à celui des « tougban » ait financé cette investiture à l’ordre de trois millions (3.000.000) Francs CFA qu’il a versés en espèce à l’APAX-Bénin par son président.

Dommage, la confrérie xwla n’a pas su remercier ce dernier de par leur vote lors des législatives 2011 où il a été candidat dans la circonscription électorale où il y a peu de « holouvi xwla » d’une part et d’autre part de son manque de stratégie de campagne puisqu’il croyait que cet investissement seul lui garantissait la victoire.

Entre autre, nous devrions mentionner également que M. Victor AGOUCHI, un descendant prince xwla d’Atchannou / Athiémé a contribué financièrement et physiquement. Seul, il a investi plus de Un million cinq cent mille (1.500.000) F CFA : accessoires et autres. A chaque jour que Dieu fait, ce prince continue toujours d’assister aussi bien financièrement que moralement le palais et son Roi.

Donc, la restauration du Palais Royal Xwla de Hêvè et l’intronisation d’un roi sur son trône resté vacant depuis le dernier Régent Folly Aziadouga Houessou  ne sont que justice faite à l’égard de ce peuple qui, sur le plan de l’histoire de l’ex-Dahomey a joué indéniablement un rôle primordial dans la constitution du peuplement d’une manière générale et des anciens royaumes du Sud Dahomey.

C’est un devoir de mémoire qui incombe à cet effet aux Princes Ahoussanvi Xwla vivant du côté béninois, la réelle côte visée au départ par Olukpokpo d’accomplir.

Donc, grâce à cette Association qui a rédigé et adopté le texte qui régit désormais le palais à Hêvè intitulé « Texte d’Organisation Royale N°001/CA/APAX-B du 12 août 2007, portant organisation de l’administration du Palais Royal des Xwla de l’ancien royaume de Mèto Ahoussan, administré hier dans sa partie Sud-est par Kokou Hélékétché installé au quartier Hounvè à Hêvè, Commune de Grand-Popo, département du Mono, réorganisé en République du Bénin (ex-Dahomey) », existe aujourd’hui.

·     Au Palais Royal de Hêvè/Bénin

1-      De 1300 à 1790 ; ignorance de tout

2-      Azium Animaglo (Régent) (1790-1840)

3-      Kocou Hélékétché (1840-1890)

4-      Houessou Abévi François (Chef de Canton) (1937-1939)

5-      Houessou Mensah André (Chef de Canton) (1939-1959)

NB : Trône resté vide de 1959 à 1982, année de décès du Chef de canton démis de ses fonctions sur l’injonction de l’Administration coloniale aux ères des indépendances soufflant en Afrique.

6-      Houessou Folly Aziadouga (Régent) (1982-1972). Restauration classique oblige.

NB : Trône resté vide sans régent, ni canton, ni roi de 1972 à 2011, soit 39 ans après.

7-      Mensah Robert Victorien (Roi Mèto Ahoussan Hélékétché Alifa, actuellement au trône) (2011- à ce jour). Il est né en 1967. Restauration oblige quand le roi actuel d’Agbanakin se trouve limité dans ses prérogatives royales qui ne peuvent plus s’étendre en République du Bénin qui se trouve être un territoire autre que celui (Togo) qui abrite le trône du palais à Agbanakin.

NB : Donc de 1500 où est repérée la fondation réelle de royaume d’Olukpokpo à 2011, le Royaume des Xwla a connu 28 successions royales

Trône du Palais Royal des Xwla à Hêvè

Xwlagbé : « Hon kpé hê dji oun kpé dji akô agbo o » Français : « L’aigle qui domine la gent ailée ne peut s’emparer du bélier »

NB : Ce trône réhabilité serait à l’instar du premier trône du premier roi xwla car, ses rescapés seraient transférés à Hêvè en 1956 quand une insurrection populaire des xwla demandait l’érection de Grand-Popo en commune dans l’amorcement des ères des indépendances qui soufflaient à l’époque en Afrique : le palais de Hêvè a été brûlé par les populations le 4 avril 1958 à cet effet sous le règne du Chef de Canton André Mensah Houessou

Objectifs de la restauration du Palais Royal des Xwla

·         Réaffirmer la dignité royale de la communauté xwla parmi tant d’autres au Bénin

·         Matérialiser et rendre visible le mémorial xwla en voie de disparition au Bénin.

·         Valoriser la culture xwla à l’intérieur comme à l’extérieur du Bénin ainsi que dans la diaspora.

·         Renforcer l’unité endogène du peuple xwla.

 

Mèto Ahoussan Hélékétché Alifa

Roi des Xwla présent sur le Trône de Hêvè/Grand-Popo/Département du Mono/République du Bénin

Intronisé le 28 janvier 2011 à Adamè/Togo, 1er village xwla sur terre

 

Rois xwla (symboliques et pouvoir)

Généralités :

·         Le totem des rois xwla est l’aigle

·         Les tambourinaires royaux appelés « atunkpanlin » réveillent le Roi Xwla tous les matins à leur rythme.

·         Divinité « dogblossou », c’est-à-dire le boa vodou ou python de séba et « dangbé », le python vodou côtoyant la divinité clanique des princes xwla appelée « vilokoué », un arbre iroko vodou poussant fortuitement dans tout palais xwla constituent des divinités auxquelles le roi xwla se fie.

·         Une case ronde dont le toit en paille contient des crânes humains des princes morts et des capturés de guerre sacrifiés car, le clan royale xwla déterre la tête de l’un de ses membres décédé, trois ans au plus après l’inhumation et l’y conserve. Cette case est à l’intérieur du couvent où on adore l’iroko vodou et est objet de certains rituels clés.

·         Un mémorial singulier caractérise le palais xwla d’Agbanakin : c’est en l’honneur de Mèto Ahoussan, le 2ème Roi xwla qui a quitté le palais d’Adamè pour s’installer sur une péninsule suite à l’inondation répétitive à Adamè. Pour notifier que rien n’y va plus le déloger de là, il le nomme Agbanakin, ce qui veut dire « avant que je ne quitte encore ici, c’est la calebasse qui va préparer sur un foyer et un plat va servir ». Ainsi, un symbole s’y découlant est représenté par « un trône supportant un foyer traditionnel soutenant une calebasse au-dessus de laquelle s’est posée l’aigle, le symbole mère du royaume xwla à l’instar de celui de Tado et le plat inséré en dessous du trône avec inscription « ka na da agban na kan ».

·         Un neveu maternel, c’est-à-dire l’enfant né d’une princesse xwla ou une fille princesse xwla n’est jamais intronisé Roi xwla.

·         Une femme ne légifère pas dans le royaume xwla.

·         Xwlaholou ou roi xwla ne vit jamais au milieu de l’harem féminin, ses épouses doivent rester à l’écart de l’enceinte directe du palais. Ainsi, il y est créé des postes de « aholousidjikponto » ou ceux qui sont chargés de veiller sur les épouses du roi. Le roi est autorisé à être polygame et il peut épouser autant de femmes qu’il désire.

·         Xwlaholou n’exerce aucune activité personnelle génératrice de revenus, les sujets entretiennent le palais et tout son contenu mais aujourd’hui, il travaille corolairement à la gestion de sa confrérie.

 

Symboles et pouvoirs

En dehors du trône de bois (propre à chaque palais xwla et résumant son fondement découlant du trône mère, Tado, Adamè, Agbanakin et Hêvè), les autres insignes du pouvoir sont :

-          Le « djègba » ou couvre-chef spécifique au goût de l’intronisé, propre à lui non héritable souvent sans perles.

-          Le « oholoufokpa », étymologiquement chaussures du roi, appelé ordinairement « yinniba », d’origine ghanéenne et coûtant très chères, non héritables.

-          Le spectre en bois dit « oholoukpo » ou bâton du roi, ainsi que les recadres ou « atikplo » de bois sont des biens du trône qui se transmettent d’un souverain à l’autre officiellement. Mais, le nouveau roi est aussi libre d’en créer d’autres qui peuvent s’adjoindre aux anciens pour matérialiser un évènement important produit lors de son investiture ou au cours du processus, le cas du roi Mèto Ahoussan Hélékétché Alifa de Hêvè. D’une longueur de 50 centimètres, les « Atikplo » sont plusieurs dans chaque palais. Ils se repartissent en deux catégories ; les recardes ordinaires et la recarde spéciale qui joue chacune un rôle précis.

-          « Osiossi wé » c’est-à-dire queue de cheval blanche moyenne comportant une puissance magique connue seulement du porteur.

-          « Samman » c’est-à-dire un sifflet détenant aussi une puissance magique connue seulement du roi.

-          Le fusil, la corne et la manchette incarnent la puissance des combattants xwla défendant leur royaume.

-          La croix au-dessus d’une boule représentant l’univers car les xwla croient aussi à l’être suprême qui domine tout.

-          Le parasol utilisé seulement par les Rois de Hêvè, Mèto Ahoussan Hélékétché Alifa et d’Adamè, Mèto Ahoussan Adannou III. (Ceux d’Agbanakin n’en font jamais usage).

Les interdits

Le milieu princier xwla a des interdits dont les principaux sont :

-          la consommation du varan (appelé évé) et le piétinement de son sang

-          l’onction du corps d’une huile chauffée dans la journée même

-          la consommation d’amandes de noix de palme concassées par une personne accroupie ou courbée sur la moule de concassage

-          la consommation du légume qui est sous forme de salade sauvage appelé « aonto ou gnatoto »

-          la consommation de petits mils appelés « likoun »

-          la consommation d’un fruit appelé « watra ou èkpin»

-          la consommation de l’huile rouge blanchie

-          la consommation de sokpakpè

-          non utilisation de tournesol ou parapluie de couleur noire car réservée à l’aînée fille du roi devant être adepte d’un vodou appelé « sa » qui contribue beaucoup à incarner les forces du palais. Cette adepte est appelée « sassi ».

-          non port de perle fabriquée de « nana djè »

 

Conclusion

Donc, si nous considérons tous ces données et paramètres historiques, on dira que :

·         Hêvè ou Xwlagan est le premier village des xwla d’où est parti tout de ce clan royal

·         Adamè, deuxième village xwla où a commencé la fondation réelle du royaume xwla

·         Agbanakin, troisième village xwla pris comme capitale du royaume à cause de certaines considérations climatiques

Remarques : La reconsidération de ce royaume xwla par Hêvè n’est qu’une justice divine sous les ailes d’Olukpokpo, l’ancêtre éponyme des xwla, car du côté togolais le royaume xwla se meurt et s’éteint à pas de géant.

Il va falloir qu’un forum soit organisé sur les origines véritables du noyau central xwla pour que les uns et les autres accordent leur violon.

De nos jours, les vrais princes du royaume xwla croient plus appartenir à une aire culturelle autre que celle d’ajatado et sont liés à Oyo (Nigéria) par leur ancêtre éponyme Olukpokpo ou Onipopo.

 

Litanie du clan royal xwla en usage dans tous les 03 palais 

« Tôgboé ahoussan – Ahoussan djimagbo – agbo kan tan kan linkan – agbo wa kounou makou – agbo wa kounou tcho kpo do gbè – djidji lévo vi lévo – hê dogla oun kpa zin kpé o – donmè nou abégouvi – abégou ma si aklé – obé énou kpô lé a houé oun djé amè oun mè o – o kpô lé gbé ahin va ahoué – djivi ma so do gléta – évi zoun gôgônon – kpaoun xwlé oun non fan énon houé do glélè si o – oun dounou tè vi oun sa èglé o – èglé wanzan lé évi alè – xwla hôlou doundoun mon non vôto – édô tô désou wè djômon – xwla hôlou onon kan lèlè – étoé tètè non bo gbè – xwéda é non bo don tchi ékon – ôfi bètô oun non bè non kpo o – noukoun win ni win ni si nou masi kloklo – mamlan vè loko – bô loko so houé do ali dji – atin a ou didi – ho mè ton do katcha katcha – atin dogbé adô lé tô – kékésui a man non – ègbè li ma hlè kintô – ohlè kintô kintô agnôè hou ô – ahôlou kpètè do dji – houé mon non ya ou – non tchô vi ma gna lé gbo kon – mi djo é do na tchan gozin mè dou - …………………………. – xwla hôlou mlan tô oun non mlan tètè non kpo – o mlan sèèèèè dé ô a gô djo sèèèèè dé do ».

 

Remarques : Les Princes descendants et Princesses descendantes de ce clan ou « akôta » sont appelés « Hôlouvi, Fiôvi, Xwla, Ahoussanvi ou  Ahouannonzoun ». Ils vivent de nos jours partout dans le monde entier. Parfois, ils ne parlent plus la langue « xwlagbé » à cause des pesanteurs socioculturelles de leur milieu d’implantation.

Divinité Ogou érigée par Kokou Hélékétché au 18ème Siècle présente encore à Hêvè. Elle a été surmontée par ce support réalisé en 1975 par le Chef de Canton André Mensah Houessou à cause des crues du fleuve Mono qui inondent la devanture. Cette divité a été érigée avec un canon saisi suite à l’affrontement des xwla contre la coalition des minas et awlons au-delà d’Adamè

 

 

 

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