Les poules

La petite histoire

BouleBéquie et T-rex, sont 3 poules rescapées d'un élevage industriel de poules pondeuses. Nées blanches, elles ne correspondaient pas au cahier des charges et allaient être tuées. Les salariés, conscients des limites absurdes du système, les donnent alors à des particuliers. 

Nous avons donc recueilli ces 3 poules à l'âge de 5 mois, elles ne connaissaient ni la lumière naturelle ni les espaces verts, et avaient peur de quitter le béton, tous les bruits les effrayaient. Elles ne savaient pas comment boire spontanément, uniquement habituées au distributeur d'eau automatique des entrepôts. Pendant les premiers mois au verger, elles ont ré-appris à se débrouiller toutes seules.

Les poules vivent aujourd'hui en forêt en semi-liberté, dans une volière végétalisée, avec des sorties quotidiennes en forêt, (accompagnées). Les poules retrouvent leur instinct sauvage, leur autonomie, leur agilité, leur curiosité et leur sociabilité.

Nous étudions le biotope des poules sauvages pour leur créer un environnement au plus proche de leurs conditions naturelles. Nous sommes "patous à poules" pendant les promenades pour prévenir de la prédation des Autours des palombes et des Renards. 

Cette thématique a été proposée lors d'un stage d'étude à Permaforêt. Le premier compte rendu des recherches sur le biotope des poules sauvages est en cours de rédaction, il sera publié sur le blog permaforet.blogspot.com dans l'année.

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Le chemin vers une aviculture éthique

De la batterie à la forêt




Au verger sauvage (21) - Côte d'Or. avril 2014 - décembre 2015
600m² de verger sauvage, un poulailler et une volière de 2m² avec un noisetier.


Les poules ont passé la première année à explorer le verger sauvage, en Côte d'Or. Elles ont appris spontanément à goutter, gratter, chasser, se nettoyer, courir et voler au milieu des broussailles, des ronces, des buissons et des arbres fruitiers. 


La nourriture était composée en premier lieu de ressources naturelles dans le verger, les insectes et les jeunes feuilles de graminées principalement, des grains de céréales sauvages (fromental) à la fin de l'été et aussi de petits grains bio, du compost et des compléments occasionnels de sardine et de champignons. Le petit grain est un don gracieux issu des récoltes d'un céréalier bio local; ces petits grains sont hors calibre et sont des ressources perdues pour les agriculteurs, ils sont même contents de s'en débarrasser. Les poules préfèrent ces petits grains, plus adaptés à leur bec, plus proches des graminées sauvages. Elles ont été soignées aux huiles essentielles issues des plantes du verger et une infusion de champignons médicinaux lors d'une maladie parasitaire au début. 


Les poules ont connu les quatre saisons et ont adapté leur plumage et leur alimentation à chaque période, en fonction des ressources disponibles dans leur environnement. C'est en les observant quotidiennement que je découvre la richesse des ressources nécessaire à leur équilibre, et celui du milieu, même dans un petit verger de 600m². 

Les petits escargots de la litière ou sous les mousses sont essentiels à la constitution des coquilles des œufs, la chitine des carapaces des insectes servent à la constitution des plumes, les petits graviers ou grain de sable facilitent le broyage des aliments dans le jabot avant la digestion.

Les feuilles de graminées, les insectes, les petits escargots, les araignées, les criquets, les fourmis, les larves, les micro-organismes du sol, les lombrics, les orvets, les fruits mûrs (melons, pastèque, figues) et les petits rongeurs sont parmi leurs aliments préférés. Le grain, qui représente une ressource complémentaire en fin d'été, leur permet de constituer des réserves pour l'hiver. Elles préfèrent les petites graines que le gros grain industriel.


La première année, les poules ont pu développer leurs comportements instinctifs et leur éveil sensoriel à un milieu naturel. J'ai créé une relation de confiance avec les cocottes et un système de communication par vocalises et par code couleurs. J'étudie en détail la phénologie des ressources alimentaires choisies par les poules pour proposer une liste des ressources saisonnières qui respectent également l'équilibre du milieu. Les poules n'ont jamais dégradé l'écosystème du verger, ni une communauté d'insectes; elles ont plutôt permis de rééquilibrer les biocénoses et les carences nutritives du sol. Le ratio de référence est une communauté de 4 à 5 poules à l'hectare.



Dans la forêt jardin (71) - Saône et Loire. depuis janvier 2016
4 hectares de forêt sauvage, un poulailler et une volière de 20m².


Les poules découvrent la forêt et explorent leur nouvel environnement. Les trois premiers jours, elles émettent des vocalisent très expressives pour manifester leur joie, déploient leurs ailes et battent des ailes, sautillent. Elles explorent timidement les chemins et la forêt puis prennent confiance rapidement.


Gratter, chasser, manger, se promener, se nettoyer (bain de terre et de sable), prendre le soleil, se reposer sous les rochers, émettre des vocalises, occupent la majorité de leur temps. Elles fouillent la litière, grimpent le long des pentes, volent sur les rochers, se couchent en dessous dans des petites dépressions de feuilles mortes, explorent, rentrent au poulailler pour pondre, squattent la grange, et fouillent le compost. 


Les poules s'adaptent à plus d'espace, suivent les chemins de foulées, en créent d'autres, courent et battent des ailes, et développent leurs aptitudes à se nourrir.  Le sens qu'elles semblent le plus être entrain de développer est l'odorat. Les rations de grains sont actuellement descendues à un pot de 350g de petit blé pour 3 jours pour les 3 poules. 

Elles développent des itinéraires et de nouvelles habitudes d'exploration. Leur hiérarchie s'est structurée et apaisée. Elles développent de vrais instincts de communauté en se déplacent ensemble et en communiquant à l'aide de vocalises plus diversifiées. Elles apprennent à reconnaître de nouveaux chants d'oiseaux, cris et alertes et à interagir avec les autres oiseaux de la forêt. 

Elles développent encore leurs différence de caractères, qui se modulent en fonction de leur rôles et de leur hiérarchie, selon les activités pratiquées. Elles sont encore entrain de développer leurs attributs et leur maturité.

Elles s'isolent juste pour aller pondre quand elles en ont envie, dans leur poulailler, où elles se sentent en sécurité. Elles pondent régulièrement des œufs de 60 g en moyenne.

Nous sommes entrain de restaurer une tonnelle en volière végétalisée pour leur assurer un espace sécurisé.  On maximise les sorties en forêt, au minimum 1 à 3 h par jour, matin et/ou soir. Les poules retrouvent en partie des comportements naturels. 

Dans la forêt-jardin, nous envisageons leur compagnie pour leur rôle écologique dans l'aménagement des bordures : la régulation de la végétation et de la micro-faune, la fertilisation du sol, la dissémination des baies, la biodiversité d'herbacées dont elles favorisent la levée de dormance en creusant en forêt. 


Les poules ont aujourd'hui deux ans... l'âge auquel elles sont souvent déjà exécutées dans les élevages... pour être remplacées... par les nouvelles générations de poules, non pas parce qu'elles pondent moins, mais parce que la surproduction de poussins crée une pression dans les élevages. L'espérance de vie optimale d'une poule (en captivité) est estimée de 10 à 15 ans.



bientôt un premier feed back sur la vie des poules et la prédation en forêt.
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