Les étoffes et les couleurs

Au début du moyen âge, on utilise les couleurs neutres dans des draps de laine et de lin. À la 
suite des croisades, le luxe de la soie d'orient, les broderies et le coton d'Arabie apparaissent. 
Le velours très apprécié, est intégré aux vêtements à partir du XIIIème siècle. Le cuir est très 
présent, surtout en Angleterre. On utilise la fourrure comme garniture ainsi que pour doubler 
les vêtements. Les peaux les plus utilisées sont celles d'hermine et de menuvair (écureuil gris 
de Sibérie).

D'une manière générale, les couleurs les plus fréquentes sont le bleu, le pourpre, le vert et le 
rouge. Mais la vivacité des teintes est le reflet du statut social [Cf. Figure 19]. Toutes les 
couleurs ne se situent pas sur le même plan. On nomme ainsi couleurs "véritables" les teintes 
franches, lumineuses, saturées et résistantes. Par opposition aux couleurs peu saturées, ternes, 
peu résistantes.  

La société Médiévale fait preuve d'une  aversion pour les mélanges de couleurs. Mêler, 
brouiller, fusionner, amalgamer sont des opérations jugées infernales car elles enfreignent 
l’ordre et la nature des choses. On ne mélange pas les couleurs, on juxtapose, on superpose.  
Le bariolage sur un tissu est la marque de la souillure, marque infâmante.  Il y a polychromie 
(notion négative) quand les couleurs sont posées sur le même plan, les unes à côté des autres 
et non empilées. Ainsi, porter une chemise blanche, une tunique bleue, une robe rouge et un 
manteau vert ne constitue pas une tenue bigarrée.   


t les humbles ont des couleurs délavées, 
grisées à cause des teintures végétales de moindre prix. Les couleurs restent les mêmes mais 
leur qualité non


Chez les paysans, les teintes sont donc généralement assez ternes, particulièrement chez les 
hommes (l'omission des coloris dans la plupart  des inventaires disponibles suggère en effet 
l'utilisation fréquente d'étoffes non-teintes). La couleur la plus utilisée est le bleu, surtout pour 
les chaperons, cottes… mais jamais pour les manteaux. 
Chez les femmes les couleurs sont plus variées. La plus courante reste le bleu pour les cottes 
et les robes, mais on trouve également du rouge, du vert, du "tanné", du noir… Quant aux 
chaperons, ils sont souvent rouges, brun sombre, vert, blanc ou "tannés"


Dans les classes nobles, si le bleu est très apprécié, c'est  le rouge qui tient la première place 
dans la hiérarchie des couleurs. Bien que les préférences de la cour  de Bourgogne et de la 
haute aristocratie aillent aux couleurs sombres, les riches bourgeois privilégient les couleurs 
éclatantes. La matière première permettant d'obtenir les teintes les plus écarlates étant 
extrêmement chère, elle est réservée aux étoffes de la plus haute qualité. Les soieries de teinte 
noire sont quant à elles réservées aux costumes princiers

La mode du mi-parti  (vêtement de deux couleurs divisé  de façon horizontale, verticale ou 
diagonale) est remarquée chez l'homme au XIVème siècle et se propage par la suite chez la 
femme

Certaines catégories sociales sont identifiables par les couleurs (seules ou en combinaison) 
de leurs vêtements, qui leurs sont imposées par des règlements  et des statuts  sous formes 
(croix, rouelle, bande, écharpe, ruban, bonnet, gants, chaperon)


- blanc et noir :  seuls ou en association désignent les misérables et les infirmes 
(lépreux

- rouge :les bourreaux et les prostituées 

- jaune :les faussaires, les hérétiques et les Juifs. C’est la couleur qui a 
fini par s’imposer mais pendant longtemps on a prescrit le port 
de marques unies (rouges, blanches, vertes, noires ou miparties, mi-coupées, ou écartelées jaunes et vertes, jaunes et 
rouges, rouges et blanches, blanches et noires).



- vert seul ou jaune et vert :   musiciens, jongleurs, bouffons, fous.

- rouge/vert/jaune :  combinaison trichrome la plus voyante qui exprime la 
polychromie (sens péjoratif). 


Ces combinaisons se présentent en parti, coupé, écartelé, fascé ou palé.  



Il existe cependant des contre exemples : ainsi les 
prostituées sont en rouge en France (robe, 
aiguillette, écharpe, chaperon, manteau), et sont 
parfois reconnaissables à une aiguillette jaune. Mais 
à Londres, elles ont des vêtements rayés de plusieurs 
couleurs. De la même manière, la noblesse française 
porte le blanc en signe de deuil, tandis que, les 
espagnols eux portent le noir depuis le XIème siècle. 



La symbolique de cette couleur est liée aux associations et au contexte. Associé au jaune, il 
devient la couleur de la folie ou de la mélancolie.  


Dans les sources textuelles, la mention de draps blancs signifie des draps non teints exportés 
et teints sur le lieu de leur destination. Ce terme est donc utilisé dans le sens de " non coloré ".  


Obtenir un noir uni franc et solide sur la laine est une opération délicate et coûteuse (c’est plus 
facile pour la soie et les pelleteries). C’est entre autres pour cette raison qu’il sera 
progressivement adopté par les plus hautes sphères. 





D'une manière générale, les couleurs les plus fréquentes sont le bleu, le pourpre, le vert et le rouge. Mais la vivacité des teintes est le reflet du statut social . Toutes les couleurs ne se situent pas sur le même plan. On nomme ainsi couleurs "véritables" les teintes franches, lumineuses, saturées et résistantes. Par opposition aux couleurs peu saturées, ternes, peu résistantes.

La Dame de gauche, probablement de haut rang, porte de nombreux ornements métalliques sur sa ceinture, un joyau à son collier, une cotte écarlate parée d'hermine et une coiffe volumineuse. Celle du centre porte une guimpe et une robe aux couleurs moins vives. Elle est donc plus âgée, et peut-être veuve. Quant à la dame de droite, elle porte une robe d'un rouge assez terne, bordée d'une "simple" fourrure blanche et sa coiffe est moins imposante: elle est probablement d'un rang inférieur ou plus jeune.


Ainsi certaines couleurs sont interdites à telle ou telle catégorie sociale non seulement en raison de leur coloration trop voyante mais aussi à cause du caractère précieux de leurs colorants. C’est le cas par exemple des "robes paonacées " (bleu foncé intense), teintées avec un concentré de guède coûteux. Les riches et les puissants portent des couleurs vives obtenues avec des teintures de qualité tandis que les pauvres et les humbles ont des couleurs délavées, grisées à cause des teintures végétales de moindre prix. Les couleurs restent les mêmes mais leur qualité non


La société Médiévale fait preuve d'une aversion pour les mélanges de couleurs. Mêler, brouiller, fusionner, amalgamer sont des opérations jugées infernales car elles enfreignent l’ordre et la nature des choses. On ne mélange pas les couleurs, on juxtapose, on superpose.


Le bariolage sur un tissu est la marque de la souillure, marque infâmante. Il y a polychromie (notion négative) quand les couleurs sont posées sur le même plan, les unes à côté des autres et non empilées. Ainsi, porter une chemise blanche, une tunique bleue, une robe rouge et un manteau vert ne constitue pas une tenue bigarrée.

Chez les femmes les couleurs sont plus variées. La plus courante reste le bleu pour les cottes et les robes, mais on trouve également du rouge, du vert, du "tanné", du noir… Quant aux chaperons, ils sont souvent rouges, brun sombre, vert, blanc ou "tannés".












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