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    03/02/11

    Pétrole de l’Est : Total et Exxon se lancent dans la course




























    L’arrivée de l’italien ENI dans le Graben Albertine, en vue de l’exploitation du pétrole du lac Edouard, a créé des émules dans les milieux des pétroliers. Longtemps laissé à la portée des moins nantis, les majors de l’industrie mondiale du brut ont décidé d’entrer dans la danse. Le Français Total et l’Américain Exxon se sont engagés dans la course. A Kinshasa de jouer franc jeu pour tirer profit de la grande ruée sur le pétrole de l’Est.

    Avec l’arrivée sur le lac Albert du géant pétrolier italien, ENI, d’autres géants de l’industrie mondiale du pétrole manifestent ouvertement leur intérêt sur les importantes réserves du Graben Albertine. 

    Le pétrole de l’Est de la RDC n’est donc plus l’apanage des moins nantis qui se sont lancés bien avant dans la course. La bataille promet d’être rude pour l’accès au brut du lac Albert, pour lequel l’Ouganda a quelques longueurs d’avance par rapport à la République démocratique du Congo. 

    LE NOUVEL ELDORADO

    « N’ayant jusqu’ici attiré que des juniors sans expérience ni moyens, les bassins congolais sont désormais la proie des majors. TOTAL fera bientôt son entrée dans le Graben Albertine, l’ENI est en pole position dans la Cuvette centrale et sur le lac Edouard, tandis qu’EXXON est à l’affût d’opportunités. Cela tombe bien : à huit mois de l’élection présidentielle, le régime a besoin de remplir au plus vite les caisses de l’Etat ». C’est en ces termes que le magazine spécialisé Africa energy intelligence présente l’affaire sous le titre : « Les majors à pieds joints dans les Grands Lacs ». 

    En cette année électorale, la RDC a certes besoin de ressources additionnelles pour faire face aux impératifs des élections, mais des choix judicieux s’imposent pour éviter tout bradage du patrimoine national. 

    L’intérêt, plus que jamais ouvert accordé par des géants mondiaux, de l’industrie du pétrole, sur les réserves de l’Est recommande de la part du gouvernement une bonne dose de sagesse dans l’identification et le choix des partenaires. Il s’agit, entre autres, d’éviter ce qui est arrivé il y a quelques années au secteur minier où des contrats et conventions mal ficelés ont été contraints à la revisitation pour ramener l’Etat congolais dans ses droits là où il y avait déséquilibres ou irrégularités. 

    C’est désormais un secret de polichinelle. Tout le monde est convaincu que les tensions récurrentes ont des liens évidents avec le secteur des ressources naturelles. La plupart des conflits qui secouent l’Est de la RDC trouvent leur raison dans la recherche des facilités d’accès ou d’exploitation de certains minerais tels que le coltan, l’or ou la cassitérite. Et, comme si cela ne suffisait pas, c’est maintenant vers le pétrole que se dessinent les regards dans cette partie ensanglantée de la RDC. 

    D’où, la nécessité pour le gouvernement de s’inspirer du passé troublé de cette partie de la RDC ; des troubles qui n’ont eu, dans la plupart des cas, qu’un soubassement minier – loin d’un quelconque impératif de sécurité. 

    C’est sur le pétrole que se joueraient, prédisent nombre d’observateurs, la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC. Les erreurs commises dans les mines ne doivent plus se répéter dans le secteur pétrolier. Kinshasa doit donc au préalable définir et préciser les termes de l’accord de partenariat. Il s’agit pour l’essentiel d’éviter de multiplier les frustrations qui ne feront qu’alimenter l’incertitude dans le secteur comme ce fut le cas dans celui des mines. 

    LES GRANDES MANŒUVRES

    Autant donc dire que les grandes manœuvres ont déjà commencé pour la valorisation du pétrole congolais, notamment celui enfoui dans le sous-sol de sa partie Est. Jusqu’à ce jour, la RDC se contente d’une maigre production de 25.000 barils par jour réalisés par la société française Perenco sur le littoral de l’océan Atlantique dans le Bas-Congo. Aujourd’hui, c’est vers l’Est que se porte le nouveau regard, avec des réserves évaluées en milliards de barils. Plusieurs entreprises, généralement de seconde zone, s’étaient déjà lancées dans la bataille. D’autres, telles que Tullow Oil et Heritage Oil, ont été recalées dans la course. 

    Pour le moment, seules les entreprises Caprikat et Foxwelp pour le lac Albert et Soco international pour les concessions situées en plein cœur du parc national des Virunga ont eu l’autorisation d’explorer à l’Est. Mais, malgré les autorisations obtenues du gouvernement congolais, ces entreprises disposent d’un sérieux handicap. En effet, elles ne comptent pas, pour la plupart, dans l’échiquier mondial. Ce qui risque de jouer en leur défaveur lors de la phase d’exploitation. Et, l’arrivée annoncée des géants de l’industrie mondiale du brut devait raviver les tensions pour l’accès au pétrole de l’Est de la RDC. 

    Avec l’arrivée des majors de l’industrie mondiale du pétrole, Kinshasa n’a plus droit à l’erreur. Tout devra donc être mis en place pour que, finalement, la RDC et son peuple profitent réellement de la manne pétrolière de l’Est.


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    11/11/10

    Pétrole du lac Albert : la confusion
    More News Click Here Rdc Petrole















    L’unanimité est difficile à réunir sur les avis émis par Kinshasa et Kampala sur la signature des contrats pétroliers des Blocs I et II du Graben Albertine. La déclaration du ministre congolais des Hydrocarbures, hier mercreci, à l’Assemblée nationale, est venue rajouter au flou artistique qui entoure ce brûlant dossier. La divergence d’avis est telle que l’opinion tarde à être fixée sur le démarrage ou non de l’exploitation du pétrole que la RDC et l’Ouganda ont en partage dans le lac Albert. 

    Qui de la République démocratique du Congo ou de l’Ouganda est très avancé dans l’exploitation du pétrole du Lac Albert ? Qui des parlementaires élus de l’Ituri et du gouvernement central dit la vérité dans l’affaire « signature des contrats pétroliers des Blocs I et II du Graben Albertine » ? Qu’en est-il de la revisitation des contrats sur le Graben Albertine et sur la Cuvette centrale ? Autant de questions qui demeurent sans réponse jusqu’à ce jour. Car, personne ne sait dire avec exactitude à quel niveau se trouve le dossier. 

    LA CONFUSION 

    « L’Ouganda m’a rassuré que l’exploitation du pétrole sur le Lac Albert ne pourra être possible qu’en 2016 (…) ». C’est en ces termes que le ministre des Hydrocarbures a répondu, hier mercredi à la plénière de l’Assemblée nationale, à l’une des préoccupations soulevées par le député Jean Bamanisa dans sa question orale avec débat. Célestin Mbuyu a coupé court à ce qu’il qualifie de « campagne d’intoxication ». « Pour quelle fin fait-on distiller les faussetés à la population ? », s’est-il interrogé. 

    Par rapport à la signature et la revisitation des contrats pétroliers, le ministre s’est justifié de la même manière. « Nous n’avons nullement procédé au bradage intentionnel des ressources pétrolières de la République (…) la revisitation des contrats sur le Graben Albertine et sur la Cuvette centrale visait les contrats illégaux». Cette réponse, sortie de la bouche d’un membre du gouvernement central, celui-là même qui a en charge les hydrocarbures, a sonné aux oreilles de plusieurs députés comme un pavé dans la mare. « Qui, finalement, nous dira la vérité dans cette affaire ? », s’est interrogé un député de l’Opposition, complètement abassurdi. Peut-être parce qu’il en sait un bout sur cette question du pétrole du Graben Albertine. 

    LES ELUS DE L’ITURI S’EN MELENT 

    Le jeudi 24 juin 2010, les députés et sénateurs de l’Ituri avaient dénoncé, dans une déclaration conjointe, le bradage des Blocs pétroliers I et II du Graben Albertine. Au fait, les élus de l’Ituri voudraient voir clair dans l’exploration du pétrole dans le lac Albert. Ils avaient dit avoir été informés de la cession et l’approbation du paiement de bonus de signature par le Conseil des ministres du 02 juin 2010 des droits de Blocs pétroliers I et II du Graben Albertine «aux entreprises Ecrans» CAPRIKAT LTD et FOXWELP LTD. 

    Dans leurs recommandations, ces représentants du peuple voulaient que le gouvernement annule le contrat de partage de production aléatoire conclu entre le ministère des Hydrocarbures et les entreprises CAPRIKAT Ltd et FOXWHELP Ltd. Ils attendaient du ministre des Hydrocarbures qu’il se justifie sur le bradage intentionnel des ressources pétrolières de la République en accordant un bonus de signatures de 3.000.000 USD par bloc alors qu’il estimait lui-même à 20.000.000 USD le bloc II. Bien plus, leur vœu était que l’exploitation des ressources pétrolières soit attribuée à des entreprises crédibles ayant des sièges connus mondialement et cotés en bourse et ce, par la procédure d’appel d’offres. 

    Les mêmes préoccupations ont été soulevées, hier mercredi par le député Jean Bamanisa, élu de la Province Orientale et auteur de la question orale adressée au ministre des Hydrocarbures. Apparemment, il n’a pas été satisfait de la réponse du ministre Célestin Mbuyu notamment sur la procédure de revisitation des contrats pétroliers. Il a exigé des chiffres, des précisions sur des données quantifiables et qualifiables. 

    Il convient aussi de rappeler que sur le même dossier, l’Assemblée nationale avait transmis, le 14 juillet 2008, une série de recommandations au gouvernement suite au désordre occasionné par l’octroi des blocs pétroliers du Graben Albertine. 

    L’OUGANDA AVANCE, LA RDC PIETINE 

    Le dossier ne date pas d’hier. En 2006, la République démocratique du Congo et l’Ouganda, sortis d’une longue et meurtrière guerre, avaient signé un partenariat pour attribuer aux sociétés Tullow et Héritage des contrats d’exploration et d’exploitation sur les blocs I et II du côté congolais et I, II et III du côté ougandais du lac Albert. 

    L’Ouganda n’a pas hésité à ouvrir toutes les portes à Tullow en lui permettant d’explorer et de forer. Si bien que le pays de Yoweri Museveni a pu disposer de données sismiques fiables ayant permis d’évaluer ses réserves à 800 millions de barils, à raison de 150.000 barils la production journalière. Une production qui serait sept fois supérieure à celle de la RDC sur son bassin côtier de Muanda. 

    Depuis lors, les choses se sont passées vite en Ouganda où actuellement on est au stade du montage des usines devant assurer l’exploitation, le raffinage et le transport du pétrole. Trois sociétés en joint-venture y travaillent : l’Anglais Tullow pour l’exploration et la production ; le Chinois CNNOC pour le raffinage du brut et le Français Total pour la construction de 1.000 km de pipelines reliant le site de production au débouché commercial de l’Océan Indien. 

    A ce jour, l’Ouganda est sur le point de tirer les premiers dividendes de son pétrole, alors que du côté de la RDC, les choses piétinent. 

    DES INVESTISSEMENTS LOURDS 

    Le ministre des Hydrocarbures n’aurait pas tort de considérer que le premier baril n’est pas encore sorti du côté ougandais. Cependant, si le gouvernement congolais tient à voir jaillir du pétrole dans la partie congolaise du Graben Albertine en 2016, le travail de recherche devrait démarrer sans tarder. 

    Selon des estimations d’experts neutres, un minimum de cinq années sépare les étapes de la recherche et de l’exploitation proprement dite. L’Ouganda, sur ce plan, n’est pas aligné au même pied que la RDC. Il est à un palier au-dessus de sa voisine. En fait, les recherches effectuées par Tullow Oil indiquent que sur les 36 puits concernés, 35 auraient donné des résultats satisfaisants. En cette période des prix intéressants sur le marché, 85 USD le baril, les opportunités offertes par les gisements du Graben Albertine sont alléchantes ! 

    Il va de soi que la RDC qui compte sur son territoire près de la moitié des 25.000 Km2 du riche gisement, devra se hâter de tirer le meilleur parti de l’exploitation sans tergiverser. Le pétrole du Graben Albertine dont la production est estimée à 300.000 barils par jour, mérite un traitement approprié et diligent. La RDC a besoin de ressources financières susceptibles de contribuer au budget national. Et dans le Graben Albertine, il y a du pétrodollar ! Des milliards USD à engranger si l’on met de l’ordre et vite dans sa boutique. 

    Par Le Potentiel




    24/03/11

    La guerre Iccn-Soco un scandale : La Rdc, seul pays capable de renoncer au pétrole ?


    L’Iccn, Institut congolais pour la conservation de la nature mène au secteur pétrolier une guerre que sous d’autres cieux on assimilerait à de la naïveté. Cet institut demande à la Rdc de renoncer au pétrole au profit de la conservation de la nature. Pendant ce temps, deuxième poumon du monde après Amazone, la Rdc ne bénéficie rien en compensation.

    Le réalisme aurait pourtant voulu que la Rdc cherche à ménager et les explorations pétrolières et la conservation de la nature. Les deux objectifs ne sont pas nécessairement opposés. Pour parler sincèrement, le pétrole peut aider à la conservation de la nature en produisant les moyens qui manquent toujours. Mais le contraire n’est pas vrai. Il n’est donc pas acceptable que l’Iccn fasse de la Rdc un objet des slogans mondiaux sur la conservation de la nature. Si tel était le cas, les Usa, la Chine et les autres pays industriels du monde, muvais élèves en conservation de la nature, n’auraient plus de place dans le concert des nations. On peut dire que la suspension des prospections pourtant autorisées par le Chef de l’Etat, cache quelque chose qu’il faut à tout prix découvrir. On peut pour compenser la partie exploitée, en allant aménager un parc ailleurs, mais on ne peut pas trouver du pétrole partout en conservant le parc Virunga. C’est donc une question essentielle de choix pour l’avenir du pays. Il n’est donc pas question que certains individus imposent les lunettes des intérêts obscurs.

    La petite histoire du bras de fer

    Pour la petite histoire, le ministre de l’Environnement, conservation de la nature et tourisme, par un arrêté du 17 mars 2011, suspendait les activités de prospection pétrolière de la société Soco exploration and production DRC, filière du groupe britannique SOCO international, dans le bloc V du Graben Albertine. Par le temps qui court, telle décision ne pouvait qu’apparaître normale parce qu’elle a pour motivation la protection de la nature et de l’environnement. En outre, la décision est normale lorsqu’on sait qu’il s’agit du Parc national de Virunga, classé patrimoine mondial de l’humanité. En effet, faut-il rappeler, il est question d’exploration pétrolière sur une superficie de près de 50% du parc. Raison pour laquelle, dans une sorte d’émotion, les médias nationaux ont fait de cette affaire leurs choux gras. Peut-on résoudre cette question qui engage l’avenir économique du pays dans la passion ? C’est pourquoi, estimons-nous qu’il faille examiner la question à fond. Car, lorsqu’on entre dans le fond de la question et dans la forme de la décision du ministre de l’Environnement, on peut ne pas découvrir certaines bourdes qui frisent le scandale.

    L’accord gouvernement-Soco

    En effet, pour rappel, le 5 décembre 2007 le Gouvernement congolais a signé le contrat de partage de production pétrolière (CPP) avec l’association SOCO exploration-production DRC, dominion Pétroleum Congo et la Congolaise des Hydrocarbures (COHYDRO). A travers ce contrat, le Gouvernement de la RDC, dûment représenté par les ministres des Hydrocarbures et celui des Finances avait accordé à SOCO RDC l’autorisation de faire les activités d’exploration et d’exploitation du pétrole dans le bloc V du Graben Albertine. Quelques mois plus tard, ce contrat de partage de production a été examiné, discuté puis adopté en plein conseil de ministres du gouvernement. Et pour couronner la démarche juridique, le CPP de SOCO pour le Graben a été approuvé par l’ordonnance présidentielle n° 10/044 du 18 juin 2010.

    Il ne s’agit plus ici de l’initiative d’un candidat à l’Investissement ni d’un arrêté ministériel mais d’une décision du Président de la République, Chef de l’Etat, garant du bon fonctionnement des institutions nationales et magistrat suprême du pays. Et ceux qui connaissent le droit et les règles élémentaires en matière d’administration le savent, au nom du parallélisme de compétence, on ne peut pas remettre en cause une ordonnance présidentielle par un arrêté ministériel. On ne peut bloquer la délibération d’un conseil des ministres qui représente tout le gouvernement par une circulaire ministérielle. Bien plus, un ministre ne peut pas en solo remettre en cause, par un communiqué de presse, un arrêté interministériel c’est-à-dire signé par plusieurs ministres. C’est pourtant ce qu’a fait le ministre de l’Environnement. On croit pourtant savoir qu’après études en cours, le gouvernement serait amené à évaluer et à prendre les dispositions en vue de concilier l’exploitation pétrolière et la conservation de l’environnement. Au Conseil des ministres, il reviendrait donc au numéro un de l’Environnement d’aligner les arguments pour convaincre ses pairs. La décision reviendrait des délibérations du Conseil et non d’un ministre qui s’octroierait les pouvoirs de tout un gouvernement. Pourquoi aller jusqu’à remettre en cause une ordonnance présidentielle ?

    Une violation du principe de collégialité

    Il y a donc de raisons que d’aucuns considèrent ce geste comme un acte d’insubordination sinon d’indiscipline de la part du ministre de l’Environnement. Ils ont également raison ceux qui voient dans cet agir du patron de l’Environnement un manque de solidarité avec non seulement ses collègues des Hydrocarbures et des Finances, mais aussi avec l’ensemble de l’équipe gouvernementale. Rappelons que c’est le ministre des Hydrocarbures qui chapote les travaux d’exploration comme celle d’exploitation et de distribution pétrolière. Imaginez son étonnement lorsque son collègue de l’Environnement suspend les travaux sans s’en référer à qui que ce soit. Tel acte qui tend à faire croire qu’il y aurait dysfonctionnement du gouvernement, ne devrait pas être impuni sous d’autres cieux.

    Jusqu’où laissera-t-on faire en Rdc au point d’élargir le cercle des émules ? Il faut éviter que tels dérapages deviennent la règle au point de voir tout le monde y verser. Cette affaire, dans le cas où la décision du ministre de l’Environnement trouverait un écho favorable, même à travers un mutisme qui laisserait la place à la politique d’usure, devra amener le gouvernement à revoir sa position. Cela signifierait remonter la filière de la décision jusqu’à la déportation de l’ordonnance présidentielle. Ce sera une grande première dans ce pays. Ce sera une façon d’ouvrir la brèche. Car, désormais, chaque ministère qui ne trouvera pas son compte dans une action engagée ou coordonnée par l’un de ses collègues, en dépit de la sanction par l’ordonnance présidentielle, chercherait à bloquer la démarche par cette manière qui fera désormais jurisprudence. Telle que la chose a été présentée, on a fait croire que la société Soco aurait déjà commencé dans le Bloc V du Graben la campagne sismique qui est la première étape de l’exploitation pétrolière.

    Le cas du bloc de Nganzi

    Car, cette société, nous a-t-on fait savoir, entend respecter en la matière, la procédure appliquée dans le cas du bloc Nganzi dans le bassin côtier dans la province du Bas-Congo. Il nous revient également que cette compagnie avait réalisé les campagnes d’exploitation aéro-gravimétrique, sismiques et des forages sans polluer 10 m2 de l’environnement, sans tuer une seule antilope ou un seul serpent.

    Pourquoi pense-t-on qu’il en sera autrement au bloc V du Graben ? Pour quelle raison a-t-on parlé d’exploration pétrolière et de la suspension des activités au bloc V du Graben ? En quelque sorte, on a suspendu les activités qui n’ont même pas encore commencé. C’est aussi une contre-vérité que de penser que l’exploration pétrolière viserait de raser le parc. Comme on l’a dit, l’Etat peut s’organiser afin de ménager et la nature et l’exploitation pétrolière. Dans le cadre de sa souveraineté, l’Etat congolais peut redimensionner, déplacer et créer des parcs sans déroger à la nécessité de conserver la nature. La communauté internationale a le droit d’accompagner les initiatives de la Rdc et non de les inhiber. C’est aussi faux de dire à l’opinion que la société civile et la population sont contre le projet SOCO exploration-production. Bien au contraire, de Rutsuru à Beni en passant par Rumangabo, Nyakakoma, Vitsumbi et Tshavinyonge, la population du Nord-kivu, souvent victime des actes gratuits de brimades des gardes-parcs de I’ICCN et qui ne voit jamais venir la manne que ferait tomber l’UNESCO, attend plutôt bénéficier autrement de cette richesse de son sol, que dis-je de son sous-sol avec l’implantation de Soco. Les images diffusées dernièrement par les télévisions de Kinshasa, avec la marée humaine qui a accueilli les représentants de SOCO dans les localités du Nord-Kivu en est une preuve suffisante.

    Si on organisait un sondage à ce sujet, on s’imagine d’avance le résultat. Par conséquent, le gouvernement avec le Chef de l’Etat en tête, écoutera cette aspiration légitime de la population afin de ne pas faire rater à la Rdc sa chance de devenir un pays pétrolier en ce moment où la question de l’énergie se pose avec acuité, sans renoncer à sa vocation de poumon du monde.

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    11/11/10

    Le gaz du lac Kivu, une véritable épée de Damoclès

















    Les experts sont inquiets. Selon eux, le lac Kivu risque à tout moment d’exploser. C’est sur cette question d’actualité que s’est tenue la plénière de l’Assemblée nationale d’hier mercredi. 

    Le lac Kivu serait-il la bombe à retardement de la RDC ? Oui, si l’on en croit les différentes expertises. Une émanation d’hydrocarbures, bref une explosion, serait susceptible de se déclencher à tout moment. Les conséquences de ce phénomène naturel seraient dramatiques pour la population. Les villes de Goma, Bukavu et Idjwi seraient particulièrement touchées. Ces habitants souffriront, dès lors, d’une asphyxie parce que ce lac se situe dans une cuvette, ce qui empêche le vent d’entraîner plus facilement les produits nocifs. 

    Le dioxyde de carbone et le gaz méthane sont un couple bien mal assorti. C’est principalement à cause de la pression du gaz méthane, et non le dioxyde de carbone, que le danger menace la région du Kivu. Un paradoxe… Le gouvernement pourrait renverser la situation en sa faveur. Ce détonateur, source d’inquiétudes, peut devenir une source d’énergie pour le pays. Le gouvernement pourrait exploiter ce gaz et le changer en électricité. 

    Le désamorcement est donc au cœur des polémiques. Hier mercredi, les députés ont interrogé le ministre des Hydrocarbures, Célestin MBuyu sur ce sujet sensible. Sa réponse : « Nous avons mis en place trois millions d’euros pour réaliser une expertise au lac. Ils ont mis le doigt sur le problème réel. Sans le gaz méthane, le dioxyde de carbone est quasiment inoffensif. Il faudra extraire cet élément. C’est une question d’intérêt national. Il s’agit du bien-être de la population. L’extraction devra se passer de manière sécurisée afin de supprimer tout risque d’explosion ». 

    Une réponse peu rassurante pour les députés. Pour Jean Bamanisa, il faut des propositions claires et transparentes. « Le 13 juin 2008, j’avais déjà émis les mêmes inquiétudes. Depuis deux ans, elles restent sans réponses », note-t-il. Pour se défendre, le ministre explique les obstacles à la transformation du gaz méthane en énergie. Selon lui, il faut préalablement déterminer avec exactitude la capacité pétrolière du lac. En outre, l’extraction off shore ne sera pas une mince affaire, vu la profondeur des ressources. Mais l’enjeu reste surtout politique. Chacun veut sa part du gâteau. Les parts devront être divisées entre le Rwanda et la RDC. 

    UNE RESSOURCE PETROLIERE INDETERMINEE 

    Evidemment, changer ces particules en or noir ne se fait pas d’un coup de baguette magique. La RDC devra créer une usine pétrolière. Et lorsqu’il s’agit de débloquer de l’argent, le gouvernement demeure réticent. Pourtant, ces raffineries pourraient faire le bonheur de l’Etat. Bien décidé à profiter des ressources pétrolières de la RDC, il a décidé de prendre des parts directes dans les sociétés de raffineries. Les bénéfices tomberont ainsi directement dans les poches du gouvernement. Un argument de poids. Mais le pétrole est loin d’être la préoccupation première de Célestin MBuyu « Il faut d’abord s’occuper des matières primaires telles que l’éducation, la santé au lieu de dégager des millions de dollars dans la recherche, fut-elle, pétrolière », note le ministre des Hydrocarbures. Les habitants du Kivu ont encore du souci à se faire, en attendant un réel engagement de l’Etat. 

    Autre point à l’ordre du jour de la séance plénière : l’environnement. Pas moins de six milles tonnes de déchets sont déversés chaque jour à Kinshasa. Un chiffre énorme qui pose des questions sur la gestion de ces déchets. Pour ne pas être à la traine par rapport aux autres pays, le ministère de l’Environnement devra mettre les bouchées doubles. Un geste qui augmenterait considérablement le confort des citoyens. En effet, les déchets peuvent être à la base de certaines maladies. Mais là encore, la réticence est de mise. « Les moyens financiers sont trop limités pour vraiment mener une politique d’assainissement. Il faudra aussi une éducation à l’environnement », explique José Endundo, ministre de l’Environnement. En outre, selon lui, l’insalubrité est étroitement liée à la pauvreté. 

    DEBORAH TOUSSAINT (STAGIAIRE DE LOUVAIN-LA-NEUVE)




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