Les 2 meilleurs bars du Monde sont à Budapest !
Lonely Planet a classé l'A38 (ancien bateau de la marine marchande ukrainienne) et le Szimpla Kert (le plus ancien romkocsma) respectivement premier et deuxième meilleurs bars du Monde !


L'Opéra national de Budapest défend le répertoire hongrois de ballet et d'opéra (Ferenc Erkel, Károly Goldmark, Ernst von Dohnányi, Béla Bartók, Zoltán Kodály, György Ligeti ou Péter Eötvös pour les plus connus).
Pour assister à un spectacle il faut réserver longtemps à l'avance mais on n'est jamais déçu !
 

A Budapesti Fesztiválzenekar
http://www.bfz.hu/
Orchestre fondé en 1983 par Iván Fischer and Zoltán Kocsis.  Iván Fischer le dirige depuis sa création.



Rebonds
Hongrie : l'extrême droite remonte sur scène
Par Benedek Varkonyi
26 décembre 2011
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Même sur la scène du théâtre le passé resurgit : la période la plus sombre du XXe siècle en Hongrie. La nomination de György Dörner au poste de directeur à Uj Színház, un théâtre financé par la ville de Budapest, a suscité de grandes protestations parmi l'intelligentsia. Car György Dörner, acteur par ailleurs réputé, veut diriger le théâtre avec son maître à penser, István Csurka, auteur dramatique et politicien d'extrême droite.

István Csurka est un farouche antisémite qui n'a qu'une idée fixe : le complot des juifs contre la nation hongroise, ourdi par un «axe New York-Tel-Aviv-Budapest». Il se croit dans la Hongrie des années 30, lorsque le pays promulguait des lois contre les Juifs. István Csurka est cependant un personnage paradoxal. En 1992, il a fondé le Parti de la justice et de la vérité, d'extrême droite. Mais c'est aussi un auteur dramatique qui a connu un grand succès sous le socialisme. Certaines de ses pièces ont même été traduites en français, comme le Timonier des péniches ou le Lustre. On pourrait dire qu'il est en quelque sorte le Céline hongrois. En France, Louis-Ferdinand Céline est incontestablement reconnu comme un écrivain talentueux. Il en est de même pour Csurka qui, à l'instar de Céline, provoque l'indignation, voire le dégoût lorsqu'on découvre l'homme «privé» et ses idées politiques. Mais alors qu'en France un grand débat a eu lieu récemment autour de Céline, pour savoir si l'on pouvait donner son nom à une rue ou à une place, en Hongrie le maire de Budapest offre sans sourciller la direction d'un théâtre à István Csurka. A cet homme qui continue à écrire des articles farouchement antisémites dans sa revue Magyar Fórum («forum hongrois»), en vente dans tous les kiosques.

Ce journal a affiché en une la photo de l'ancien président de la Banque nationale de Hongrie, encadrée d'une étoile jaune, pour souligner son origine juive. Aujourd'hui, Csurka publie un article contre le metteur en scène Tamás Ascher, qui a protesté contre sa nomination à la tête du Uj Színház, et écrit : «Ascher, ce juif ashkénaze dont la famille vient sans doute d'Odessa, nous traite, Dörner et moi, de nazis, simplement parce que, avec ce théâtre, nous avons reçu l'opportunité de casser le consensus libéral et d'unir les Hongrois dans un même élan, vers la restauration nationale hongroise.»

National et hongrois - ce sont les épithètes constantes de cette rhétorique, qui n'est d'ailleurs pas très éloignée de celle du gouvernement. Quant au mot «libéral», il est souvent synonyme de «juif». Il nous vient ici à l'esprit un autre penseur français tout à fait démodé même s'il a encore des partisans aujourd'hui - Charles Maurras, qui avait pour devise, dans son journal l'Action française : «Tout ce qui est national est nôtre.»

Certains disent que Csurka, à 77 ans, n'a plus d'influence politique et est un lion sans dents. Et que son idéologie haineuse est trop incohérente pour être inquiétante. Ils ont tort. Ce futur théâtre sera la honte de la démocratie hongroise. Les deux nouveaux chefs de Uj Színház (qui se mettront au travail en 2012) ont un projet nationaliste et antidémocratique, comme l'atteste le programme du nouveau directeur. Enfin, le plus inouï est qu'un théâtre financé par l'Etat serve une idéologie néo-Croix fléchées. En 1944, l'emblème des Croix fléchées était synonyme de mort. Le parti des Croix fléchées était le parti nazi hongrois. Actif dès la fin des années 30, il prit le pouvoir par un putsch le 16 octobre 1944, et y resta jusqu'en 1945. Son chef, Ferenc Szálasi, fut exécuté en 1946. L'hiver 1944, les Croix fléchées fusillèrent et jetèrent des milliers de Juifs hongrois dans le Danube glacial, en disant que le Juif et le penseur libéral sont la cause principale du mal dans le monde. Au cœur de leur politique, se trouvaient les mêmes idées que celles de ce duo sinistre, Dörner-Csurka, élève-maître. Un duo à la tête d'un nouveau théâtre monde, sans penseurs ni artistes libéraux. L'un, l'élève-directeur, est devenu un «self-made-penseur» ; l'autre, futur directeur artistique, bricole toujours sa revue unipersonnelle. Point besoin d'être grand clerc pour deviner que sur la scène du Uj Színház, on ne verra pas de «première» de pièces écrites par des auteurs juifs ou libéraux, mais seulement les œuvres d'auteurs «nationaux» ; parce que Dörner et Csurka savent qui sont les uns et les autres. Et c'est plus qu'inquiétant ; c'est le danger même. C'est à cause de cela qu'il faut pétitionner, à cause de cela qu'il nous faut protester.


OPÉRA - L'ancien directeur général conteste les déclarations de la commission d'enquête
Écrit par Mihály Rózsa 

Lajos Vass, ancien directeur général de l'Opéra, limogé il y a quelques semaines, conteste les constatations de la commission d'enquête qui fouille les dossiers de l'institution culturelle

 C'est un homme amer, harcelé mais sûr de ses vérités qui s'est présenté devant la presse hier à Budapest. Son cas montre comment le pouvoir veut se débarrasser de ceux qu'il n'apprécie pas pour la bonne raison qu'ils ont été nommés par le gouvernement précédent à un poste important. Lajos Vass (www.infovilag.hu), ancien Secrétaire d'Etat au Ministère de la Culture et de l'Education dans le gouvernement de Ferenc Gyurcsány, a commencé sa carrière à l'Opéra de Budapest en 2006 en tant que Commissaire du gouvernement - il devient en 2007 directeur général - avec la tâche de mettre de l'ordre dans une maison en ébullition permanente, agrémentée de menaces de grèves et de problèmes de financement permanents. En Hongrie, l'Opéra, une institution sensible est considérée comme la proie du pouvoir qui se croit investi de juger même la qualité artistique des chefs d'orchestre.

La nouvelle nomination politique arrive donc en 2006 et procède à des changements importants en choisissant des personnalités éminentes comme Ádám Fischer comme directeur musical et Balázs Kovalik comme directeur artistique. En trois ans la nouvelle équipe réussit à consolider la situation artistique et financière de la maison. Avec un financement public décroissant et la fermeture urgente du Théâtre Erkel, l'autre salle de l'opéra, les recettes provenant de la billetterie ont dépassé toutes les prévisions et l'institution pouvait trouver son équilibre budgétaire.  Et, surtout, la qualité des spectacles s'est graduellement améliorée en atteignant dans certains cas -par exemple Le Mefistofele de Boito, une création géniale de Kovalik- le niveau mondial.

L'humiliation du directeur général de l'Opéra

Après les élections de mai 2010 il était de notoriété publique que la direction de l'Opéra serait remerciée. En "entrée", le nouveau ministre responsable pour la culture a nommé un Commissaire du gouvernement (l'histoire se répète...) pour diriger la maison en la personne du chanteur Ádám Horváth. Fischer et Kovalik ont choisi de quitter l'Opéra, Vass attendait son sort.  Un événement  a fait basculer les événements: la secrétaire de Vass a détruit un certain nombre de documents avec l'aide d'un broyeur. Le lendemain le ministre relève Vass de son poste du directeur général de l'Opéra avec effet immédiat. Vass prétend qu'il n'était pas au courant de l'initiative de sa proche collaboratrice et, de toutes les façons, tous les documents peuvent être retrouvés dans le système de documentation de la maison. En "plat principal" donc, Vass doit partir et le ministre nomme une commission d'enquête pour éplucher ses dossiers. En "dessert", cette commission, composée de membres proches du pouvoir actuel,  trouve -sans consulter l'intéressé- rapidement des traces des abus de différentes sortes y compris une trou de 1,3 milliard de forints dans les comptes. A la conférence de presse, Lajos Vass, trainé dans la boue, souillé dans son honneur a prouvé, chiffres à l'appui que non seulement l'Opéra n'a pas de déficit mais il a laissé une balance positive de 100 millions de forints à son successeur...L'affaire continue et l'ancien dirigeant de l'institution culturelle considère intenter un procès pour calomnie. Mais, apparemment il a peur...