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La fresque d’Émile Bernard à St Malo de Phily


Panneau droit / détail

Panneau gauche / détail


 L’Art Moderne doit à Émile Bernard l’extrême épuration des formes et le choc des couleurs qui furent particulièrement exploités au milieu du 20ème siècle. Cet artiste, dès 1887, conçoit une simplification de l’image, « synthétisant » ses sujets en grands aplats de couleurs franches souvent cernés de noir. Son apport déterminera l’orientation des peintres de l’école dite « de Pont Aven », Gauguin ou Sérusier, qui cherchaient à dépasser la technique impressionniste.

Ami de Toulouse Lautrec et de Vincent Van Gogh, bientôt rival de Gauguin, Émile Bernard ne se satisfait pas d’un système. Sans cesse il remet en question sa technique tout en restant fidèle à une pensée symboliste.

De tempérament mystique et en quête de nouveaux horizons, Émile Bernard entreprend en 1893 un périple autour du bassin méditerranéen. Passant par l’Italie et la Grèce, il s’émerveille des chefs d’œuvres du passé. En Égypte, il se fixe au Caire durant 10 ans et révise ses conceptions esthétiques, s’orientant vers plus de figuration et souvent moins de couleurs.

De retour à Paris en 1904, il se positionne comme farouche opposant aux conceptions modernistes qu’il avait lui-même initiées. Cette attitude déconcertera la critique artistique qui lui en tiendra rigueur en tendant souvent à minimiser son nom dans l’Histoire. C’était sans compter avec les fluctuations de l’évolution : l’art contemporain ne se veut plus destructeur de valeurs, mais cherche plutôt à assimiler les leçons du passé. Nous sommes entrés dans une période « postmoderniste » dont Émile Bernard se révèle aujourd’hui en précurseur.

De l’impressionnisme de sa jeunesse à la fresque de Saint Malo de Phily brossée en 1933, Émile Bernard nous fait parcourir tous les courants majeurs des 19ème et 20ème siècles, y compris ceux, comme le cubisme ou l’abstraction, qu’il a pressentis et refusés.

Émile Bernard, soucieux d’être compris des plus humbles et conscient de la mission décorative de sa peinture, s’intéressa à l’art de la fresque dans le cadre religieux. Des cinq grandes réalisations qu’il mena à terme, une seule demeure, celle de Saint Malo de Phily ; les quatre autres ayant été détruites soit du fait des guerres, soit par négligence.

A la demande de l’Abbé Ginguené, curé de Saint Malo de Phily, Bernard fut heureux de retrouver la Bretagne le temps d’un été. Du 3 au 25 août 1933, il entreprend de peindre les trois volets de cette œuvre très classique, en rupture avec les apports techniques de l’école de Pont Aven, mais réalisée avec bonheur « pour l’amour de Dieu » ainsi qu’il l’écrit.

Au milieu de personnages évoquant une jeunesse idéalisée, il introduit les portraits
de l’abbé ainsi que ceux de personnes du bourg aux traits forts et vivants. Au bout du panneau de gauche, dans la tradition des peintres du 17° siècle, il fait apparaître en guise de signature son propre visage nous regardant. Le panneau droit a pour fond probable une vue imaginaire de la colline de Saint Malo de Phily avant l’implantation du village.


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Association Qui Vive,
29 nov. 2011 08:29
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