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Vie de saint Hilaire

 

Fragment d'une statue colossale de Constantin II
exposée dans la cour du Musée du Capitole à Rome.

 
 
Saint Hilaire est
né à Poitiers en 313 ou 315, au temps de l'Empereur Constantin (282-327) et l'année même ou celui-ci, par son Edit de Milan, admettait le christianisme parmi les religions autorisées et mettait fin ainsi aux persécutions envers les chrétiens. Les parents d'Hilaire étaient d'un rang social assez élevé et, dès son plus jeune âge, Hilaire reçut une éducation littéraire qui lui fit découvrir les auteurs grecs. Bien que ses parents soient restés païens, sa recherche intellectuelle l'amena à la religion chrétienne.
 

Il devint dès lors un chrétien modèle et, vers 350, à l'âge de 35 ans, il fut élu évêque de sa ville natale à la demande de ses concitoyens. Hilaire était cependant marié et père d'une fille qui devint sainte Abra. Cependant ce seul obstacle s'opposant à son ordination fut levé lorsque son épouse consentit à se séparer de lui et à vivre dans la continence parfaite. Saint Hilaire encouragea les débuts monastiques de saint Martin à Ligugé.

C'est à cette époque qu'apparut l'arianisme. Les ariens, disciples de leur chef Arius, condamnés par le concile de Nicée en 325, étaient des hérétiques qui soutenaient que le Christ n'était pas vrai Dieu mais simplement une homme plus parfait que les autres. Ils niaient ainsi la divinité de Jésus-Christ et voulaient expliquer le ciel et la terre par des causes naturelles. Cet idéal religieux fut rapidement assimilé par les nations germaniques qui y trouvaient une théologie simplifiée ne s'encombrant d'aucune subtilité, se calquait sur leur traditions ethniques et convenait parfaitement aux conditions spéciales de leur existence et de leur état d'armée d'occupation. L'arianisme se répendit très vite en Gaule suite aux agissements de Saturnin, évêque d'Arles et de l'empereur Constance.

Hilaire, pour défendre la foi catholique, s'opposa avec courage aux intrigues des hérétiques et aux ordres iniques de l'empereur. Il s'opposa ainsi à la condamnation de saint Athanase, évêque d'Alexandrie, invincible défenseur de la chrétienté qui avait été mis particulièrement mis en cause par un concile réuni de force à Béziers. Suite à son intervention, Hilaire dut s'exiler pendant cinq année en Phrygie, de 356 à 361 ou pour d'autres auteurs, de 336 à 360. Lors de cet exil, il approfondit la théologie et continua à défendre sa doctrine avec ardeur, notamment lors du synode de Séleucie en 359. Il n'hésita d'ailleurs pas à écrire à l'empereur Constance pour lui reprocher ses persécutions contre les catholiques qui s'opposaient à l'arianisme, ce qui lui valut le surnom d'Athanase de l'Occident. Ayant vu en Asie comment l'arianisme s'attachait aux ferveurs populaires, c'est aussi sur ce sentiment qu'il établit sa doctrine, en créant par exemple des hymnes chrétiens écrits en latins et qui plaisaient beaucoup aux nouveaux chrétiens.

 

Pièce de monnaie représentant Constance II, fils et successeur de Constantin II.
Il porte l'étendard impérial frappé des deux premières lettres
du mot Christ en grec (X et P) (Photo Edita SA)

 

 

Saint Hilaire est également l'auteur de nombreux textes dont quelques fragments sont parvenus jusqu'à nous: Sur la trinité, A Constance, Contre Ursace et Valens, La Foi dans la Trinité, oeuvres qui sont restées des monuments précieux de la théologie catholique et qui lui valurent le titre de Docteur de l'Eglise qui ne lui fut cependant octroyé qu'en 1851 par le Pape Pie IX sur la suggestion d'un concile provincial de Bordeaux.

La vie de saint Hilaire connut cependant quelques échecs. Ainsi, lors de son retour d'exil, après la mort de Constance, il fut profondément attristé en constatant que la plupart des évêques de Gaule avaient cédé à l'empereur et trahi la foi défendue par la concile de Nicée. Saint Hilaire continua néanmoins à combattre, reprenant toujours son action avec confiance.

Il mourut le 13 janvier 368, date de sa fête. Il fut reconnu comme docteur de l'Eglise en 1852 en raison de sa science de la foi. Fortunat a raconté sa vie et ses miracles. Dix paroisses de Wallonie ont été confiées à son patronnage. Le pélerinage de Matagne-la-Petite attire toujours les foules. Il y a lieu de noter qu'il existait jadis un autre pélerinage à saint Hilaire à Maredret.

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