Les Hommes debout

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 Pour la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda
Projet d’art contemporain
par Bruce Clarke


En avril 2014 auront lieu les 20e commémorations du génocide des Tutsi du Rwanda.

Les Hommes debout, Abantu Bahagaze Bemye, Upright Men, est un projet d’art contemporain contre l’oubli conçu par le plasticien Bruce Clarke. Au Rwanda, il propose de peindre sur les lieux de massacres du génocide des Tutsi, des hommes, des femmes et des enfants, plus grands que nature - jusqu’à 6 ou 7 mètres de hauteur. L’intention est de redonner une présence aux disparus, de les représenter dignes, spirituellement debout. Ces figures apparaîtront aux passants telles des images silencieuses mais incarnées, des silhouettes esquissées mais affirmées, des personnages anonymes mais familiers, symboles de la dignité d’êtres humains confrontés au crime des crimes que représente cette tentative de négation de la vie de tout un peuple.

Bientôt au Rwanda



Au niveau international, les personnages seront peints, accrochés ou projetés dans des lieux symbolisant notre devoir de mémoire, le lien unissant la communauté des Hommes, les victimes et les rescapés de tous les génocides et crimes contre l’humanité et l’universalité du combat pour la vie et les droits. Pour le 20e anniversaire, le motif des Hommes debout sera repris et diffusé dans le monde et projeté le soir du 7 avril 2014 sur la façade de lieux emblématiques comme le bâtiment des Nations Unies à New York.

Ces présences symboliques seront les précieux gardiens de la mémoire de ce qui s’est passé pour que personne ne puisse les oublier.

LES HOMMES DEBOUT AU RWANDA

La philosophie du projet part du constat suivant : un génocide ne peut avoir lieu que lorsque le tissu culturel qui maintient le lien social d’une société se désintègre. Après un génocide, un travail de reconstruction culturelle est primordial. Au-delà du fait de rendre visibles et intelligibles les symboles, la culture fait partie d’un ensemble de réparations métaphoriques et spirituelles, essentielles pour la guérison. Il importe de restituer des formes culturelles, a fortiori en favorisant l’implication active de la population qui devient ainsi actrice et porteuse du projet créatif.

La réalisation des Hommes debout sera donc une entreprise collective, s’appuyant notamment sur la participation de jeunes rwandais à des ateliers sur l’histoire et la technique de la peinture en collaboration avec le Centre Universitaire des Arts à Butare. Ce volet formation permettra l’élaboration collective des images les plus appropriées à porter le message de la force et de la dignité d’un peuple debout.

Ces ateliers débuteront dès les mois de janvier 2013 et se poursuivront jusqu’en avril 2014. Ils contribueront non seulement à refonder les bases d’une production culturelle autonome et locale, mais également à insérer le travail fait au Rwanda dans le contexte plus large de l’histoire de l’art « engagé », de Guernica à Ernest Pignon-Ernest en passant par les muralistes mexicains. Ainsi plusieurs étapes sont prévues pour qu’un travail de réflexion et de diffusion du concept et des idées de dignité puissent atteindre chaque colline et toucher un maximum de personnes.

Conçu comme un processus où la création artistique se mêle à la mémoire, ce volet formation d’une équipe d’artistes au Rwanda, partie intégrante du projet, permettra de reproduire l’expérience sur autant de lieux de massacres ou lieux fortement symboliques que possible, et ainsi de multiplier l’expérience pour « rendre visibles » les victimes.