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Message de Monseigneur Sabbah

publié le 18 déc. 2017 à 00:50 par Réseau Barnabé   [ mis à jour : 18 déc. 2017 à 01:38 ]
En introduction au Kaïros Palestine, Mgr Sabbah nous transmet ses vœux : 

" C’est de Bethléem que je vous souhaite une sainte et heureuse fête de Noël. Je vous souhaite de pouvoir saisir d’un seul et même regard l’amour de Dieu et les souffrances des humains, partout dans le monde et aussi ici à Bethléem. 
Je vous souhaite de voir la gloire de la Parole éternelle de Dieu tel que l’exprime Saint Jean: « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. …Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire » (Jn 1,1.14). 
Je vous souhaite d’être remplis de l’amour de Dieu et d’être en mesure de remplir du même amour les coeurs de tant d’êtres humains partout dans le monde de Dieu, et tout particulièrement ici à Bethléem et dans toute la Terre Sainte. Qu’il y ait plus d’amour, avec une paix et une justice définitives, dans les coeurs des Israéliens comme des Palestiniens ! 
C’est pour le salut et la paix de tous les humains, dans l’univers entier, que Jésus, Parole éternelle de Dieu, est né à Bethléem. Et pourtant beaucoup d’humains continuent à souffrir des injustices humaines, en bien des endroits de ce monde, et aussi ici à Bethléem, Là où la gloire et l’amour de Dieu ont été révélés à tout le genre humain, les gens continuent à vivre sous oppression et occupation militaire. 
Le jour de Noël, vous allez prier et vous réjouir. Pour que votre joie soit plus grande encore et plus complète, tournez vos yeux vers Bethléem, l’endroit où Jésus est né et dont les habitants ne connaissent toujours pas la paix, et aidez-les à la connaître davantage et à vivre une joie réelle. 
Dans le ciel de Bethléem, il y a des siècles de cela, les anges ont proclamé : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix pour les hommes, ses bien-aimés (Lc 2,14). Mais jusqu’à ce jour, cette paix est encore à réaliser, ici à Bethléem. Votre célébration et votre prière devraient être un acte pour construire la paix. Jésus nous a dit que nous pouvons la réaliser en dépit de toutes les puissances destructrices du monde : « Soyez pleins d’assurance, dit-il, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33) et « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais : il en fera même de plus grandes » (Jn 14,12). 
Les Églises ont entendu la proclamation de paix des anges. Mais peut-être se sont-elles habituées à ce qui se passe en Terre Sainte et trouvent-elles qu’il n’est pas besoin de faire quoi que ce soit pour que les choses changent. Tant d’entre elles ont fini par considérer comme normale la situation de guerre dans laquelle nous vivons. Elles ont oublié cette vérité qui est la totale égalité entre tous les êtres humains, même entre les Israéliens et les Palestiniens, avec les mêmes droits, la même liberté et le même droit à un État indépendant pour tous. Elles ont oublié les souffrances des gens, les prisonniers politiques, les maisons démolies, le Mur, les postes de contrôle… C’est de tout cela que souffre un peuple pour lequel aussi Jésus est né. Il est né pour le salut de tous, des Israéliens comme des Palestiniens. La paix qui nous manque encore, c’est la paix pour tous, pour les Palestiniens comme pour les Israéliens. 
Quand vous contemplez la gloire de Dieu dans le petit enfant Jésus, né pour nous à Bethléem, vous êtes invités à baisser les yeux pour regarder vers la terre, pour voir la misère humaine et la guerre. Et vous verrez les souffrances de tous les frères et de toutes les sœurs de Jésus partout dans le monde, et tout particulièrement ici à Bethléem. Vous êtes invités à dire une parole de vérité aux Israéliens qui peuvent décider de la paix ou de la guerre, et aux Palestiniens sous occupation militaire israélienne. Dites une parole de vérité, et appelez-les tous les deux à se réconcilier. Dites aux puissants qui sont les décideurs que la réconciliation est possible, que l’amour est possible, et que vivre ensemble dans la paix et dans la justice est possible aussi. 
Vous êtes appelés à agir, à faire de votre Noël une prière, et une action pour installer l’amour, la paix et la justice à Bethléem et dans les coeurs de tous, dans toute la Palestine et tout Israël. 
Notre paix n’est pas entre nos mains seulement. Elle est tout autant entre vos mains. Elle est entre les mains des puissants et des seigneurs de guerre. La paix de la Terre Sainte est un défi mondial, pour tous les États et toutes les Églises. Et tous, États comme Églises, semblent bien timides et hésiter à prendre les mesures nécessaires à la paix et à la réconciliation. Ils sont timides quand il s’agit de dire une parole de vérité aux puissants de ce monde qui proclament la paix et continuent à faire la guerre.  Vous allez célébrer un Noël plein de joie. Faites que votre joie soit plus parfaite en faisant preuve de plus de fermeté quand, pour obtenir la paix, vous traitez avec les puissances de ce monde, avec vos gouvernements, même si ceux-ci doivent exercer des pressions là où des pressions sont nécessaires. Vous êtes appelés à aider les deux parties à s’engager en vérité et ensemble sur le même chemin qui mène à la justice et à la paix. 
Noël est pour tous. Le chant des anges annonce la paix pour tous. Vous ne pouvez pas vraiment vivre Noël quand la paix et la joie de Noël sont absentes ailleurs dans le monde, et même ici à Bethléem, à l’endroit où la Parole de Dieu s’est manifestée à l’humanité pour le salut et la paix.  Cet Appel de Noël pour l’année 2017 propose quatre thèmes à votre prière, votre réflexion et votre action : le pays, le peuple, les chrétiens, et les violations continuelles des droits humains. Essayez de vivre un Noël de foi, de sincère obéissance à Dieu, un Noël d’amour, un Noël qui construise la paix et la justice à Bethléem et dans toute la Terre Sainte. Vous pouvez apporter un changement. Jésus vous a dit que vous en êtes capables : « Soyez pleins d’assurance, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33), et « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais : il en fera même de plus grandes » (Jn 14,12). 
Je vous souhaite un Noël de sainteté et rempli de joie."
S.B. Michel Sabbah, Patriarche Latin Émérite de Jérusalem
 
S.B. le Patriarche Michel Sabbah a servi comme archevêque puis Patriarche latin (catholique romain) de Jérusalem de 1987 à 2008. Le Patriarche Sabbah a été ordonné prêtre du patriarcat latin de Jérusalem en juin 1955. Il a été prêtre de paroisse durant plusieurs années, puis a été envoyé à l’université Saint-Joseph de Beyrouth pour étudier la langue et la littérature arabes. Peu après, il a été nommé Directeur des écoles du patriarcat latin. En 1980, il a été nommé Président de l’Université de Bethléem. En 1987, le pape Jean-Paul II l’a nommé Patriarche Latin de Jérusalem, faisant de lui le premier Palestinien autochtone à ce poste depuis des siècles. De 1999 à 2010, le Patriarche Sabbah a aussi été président international de Pax Christi, une organisation catholique au service de la paix. Il s’est retiré du poste de Patriarche en 2008. Durant son mandat, il était Grand Prieur de l’Ordre Équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem, l’un des ordres de chevalerie, fondé en 1099. Le Patriarche Sabbah est l’un des auteurs du Document Kairos Palestine et croit que le pluralisme et l’égalité sont des outils utiles pour préserver la dignité humaine. 

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