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Mars 2013

Le Pays, 23 mars 2013

Une fusion entre l’UFC et la Bourgogne en 2014 inquiète JPC


Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a déjeuné, jeudi à Dijon, avec les deux présidents de Région Bourgogne et Franche-Comté. Il aurait été question de la fusion, dès 2014, entre les deux universités de Bourgogne et de Franche-Comté, fusion contre laquelle le président de l’UFC, Jacques Bahi, s’était élevé quelques jours plus tôt, contre « une fusion à court terme ». La fusion induirait la gestion par un conseil d’administration unique et les deux universités perdraient leur personnalité morale distincte. Le sénateur MRC Jean-Pierre Chevènement a également réagi : « Une telle décision, prise sans concertation, ni avec les parlementaires, ni avec les grandes collectivités, me paraît poser deux problèmes graves : le premier, celui de l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le nord Franche-Comté, qui est la partie la plus industrielle des deux régions. Or, il est très important de maintenir un lien étroit entre l’industrie d’une part, la formation et la recherche d’autre part. Quel serait le sort de l’UFR-STGI, de l’IUT Belfort-Montbéliard et de l’UTBM qui fait aussi partie du PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur) Bourgogne-Franche Comté ? La deuxième question intéresse toute l’UFC : celle-ci avec un effectif sensiblement inférieur à celui de l’Université de Bourgogne, aussi bien au niveau des étudiants que des personnels, se retrouverait minoritaire au conseil d’administration ». L’ancien ministre de l’Éducation nationale préférerait un « adossement de l’UFC à la Suisse, une perspective beaucoup plus « porteuse » car les complémentarités (notamment pour les sciences de l’ingénieur) sont plutôt de ce côté-ci ». Il demande donc une « concertation préalable des parlementaires et des grandes collectivités » et à la fusion, appelle plutôt de ses vœux « la possibilité d’une Communauté d’universités et d’établissements, plus pertinente » , selon le projet de loi adopté par le conseil des ministres mercredi.

Source : http://www.lepays.fr/territoire-de-belfort/2013/03/23/une-fusion-entre-l-ufc-et-la-bourgogne-en-2014-inquiete-jpc

Factuel,
21 mars 2013

Fac de lettres de Besançon : de l'amiante et des fuites...

Jeudi 21 Mars 2013 |
reportage
| Roland Vasic

« Est-ce que ce bâtiment n'était plus assez bien pour les étudiants de médecine et qu'il est assez bien pour nous ? » Manon, Aurore et Jessica sont étudiantes en 1ère année « arts et spectacles » de la Faculté de lettres de Besançon. Elles participent à la journée de grève nationale contre le projet de loi Fioraso. Localement il est aussi question de s'opposer au projet d'établissement unique Université Bourgogne-Franche-Comté et de demander la « réhabilitation immédiate des locaux de l'Arsenal et de Granvelle ».

La communication de la ministre Geneviève Fioraso en conseil des Ministres, l'exposé des motifs et le projet de loi pour l'Enseignement Supérieur et la Recherche.

Manon était déjà là en 2011, dans les salles du bâtiment N de l'Arsenal où des fils électriques pendaient au plafond, où la présence d'amiante n'était un secret pour personne. « A l'entrée des salles il est affiché que l'effectif maximum de sécurité est de 20 personnes, la plupart du temps nous devons aller chercher des chaises ailleurs pour nous installer à 30 ou plus. Ici à l'Arsenal il y a des fuites de plomberie, des écoulements dans les salles et les couloirs. A Granvelle, qui est ouvert 24h/24H, les sanitaires nous font craindre des problèmes d'hygiène. Il y a des travaux, du bruit et des odeurs de brûlé sur plusieurs étages. »
Ce matin en prévision d'une visite de la commission de sécurité de la préfecture, annulée la veille puis annoncée à nouveau, quelques travaux ont été faits dans le bâtiment N de l'Arsenal. « Des travaux destinés à atténuer autant que possible ce qui est visible de l'insalubrité des locaux », explique Michel Savaric, maître de conférence en anglais, élu SUD et secrétaire adjoint du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail. « Ayant appris cette visite de la commission de sécurité par hasard, nous sommes intervenus par une procédure de vérification de Danger grave imminent (DGI). Nous avons visité les locaux lundi et s'il n'y a pas de danger grave imminent, nous estimons tout de même que des situations de danger existent. La réponse qui consiste à dire : allez voir ailleurs c'est encore pire, n'est pas acceptable. Les locaux de l'Arsenal sont censés remplacer ceux de Granvelle mais leur état est lamentable. »
Dans les couloirs, un employé des services techniques précise que les fils qui pendaient avant les récents travaux n'étaient pas des fils électriques mais des fils de réseau à faible tension. Par contre, il confirme la « présence d'amiante dans l'entresol à tous les étages, elle est connue de la commission de sécurité. Tant que des travaux ne sont pas entrepris, qui découvriraient l'amiante, cela reste en l'état. S'il y avait des fuites importantes par exemple et qu'il fallait casser, il faudrait obligatoirement traiter l'amiante. S'il y en avait également dans les plafonds, il faudrait bloquer complètement deux étages simultanément. Cela prendrait du temps et coûterait des millions d'euros chaque année. »
Les assemblées générales des étudiants et professeurs du 28 février et du 14 mars ont permis l'expression de l'inquiétude sur les conditions d'études et de travail. Manon, Aurore et Jessica s'interrogent : « Y-a t'il encore des choses de l'époque des étudiants en médecine que nous allons découvrir ? L'entretien des locaux n'a t'il pas été négligé dès lors que la fac de médecine se préparait à déménager ? Peut-on se résigner à étudier dans ces conditions ? »

L'assemblée générale a réuni près de cent personnes, étudiants et personnels de la faculté de lettres et sciences humaines à 12h30. La difficulté d'informer largement à l'université et dans l'opinion a été soulignée et les efforts porteront sur cet aspect. Une prochaine journée de grève avec assemblée générale a été décidée pour le 28 mars, jour de mobilisation également dans l'Education nationale.

Source : http://factuel.info/articles/fac-lettres-besancon-lamiante-et-fuites

Factuel, 20 mars 2013

Grève dans l'enseignement supérieur : rassemblement pour des locaux décents à Besançon

Mercredi 20 Mars 2013 |
brève
| Daniel Bordür

Plusieurs syndicats (Snesup-FSU, SUD, CGT) de l'enseignement supérieur appellent à la grève ce jeudi 21 mars contre le projet de loi Fioraso dont ils dénoncent le manque de moyens pour l'université. A Besançon notamment, un rassemblement est annoncé à 9 h à l'Arsenal, place Saint-Jacques, pour « revendiquer des salles de cours et des bureaux propres ou au moins décents pour accueillir une population d'étudiants ». 
L'Arsenal accueille désormais plusieurs départements de sciences humaines et sociales dans des locaux laissés vacants par la faculté de médecine désormais sur les Hauts de Chazal. 

Source : http://factuel.info/articles/greve-dans-lenseignement-superieur-rassemblement-pour-locaux-decents-a-besancon

L'Etudiant/Educpros, 13 mars 2013

Entretien | Gouvernance

Jacques Bahi (université de Franche-Comté) : 

"Il est impossible de faire une fusion du jour au lendemain sans aller dans le mur"

Propos recueillis par Camille Stromboni  |  Publié le 13.03.2013 à 12H06, mis à jour le 13.03.2013 à 17H12


Communauté d'universités ou fusion ? Jacques Bahi, président de l'université de Franche-Comté depuis avril 2012, se prononce contre une fusion à court terme avec sa voisine bourguignonne. Et dispose d'une nouvelle option avec la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche. Il revient sur ce projet pour EducPros.

Où en est le processus de rapprochement avec l'université de Bourgogne ?

Nos deux conseils d'administration ont voté début 2013 un texte affirmant notre choix d'aller vers une université commune, résultat de l'union de nos deux universités et des établissements d'enseignement supérieur et de recherche qui le souhaitent dans nos régions. Trois principes ont été validés : la subsidiarité, les décisions devant être prises au niveau le plus bas possible ; la proximité, qui signifie que nous voulons demeurer un service public proche des étudiants et des personnels, en évitant tout déplacement intempestifs ou mutations autoritaires ; la spécificité, qui veut que nous respections les particularités de nos établissements.

Cela passe par une fusion ?

Non,  je suis contre la fusion à court terme et nous n'avons pas cette intention. La fusion suppose la disparition des corps initiaux, ce qui va à l'encontre des principes votés en conseil. D'autant plus avec notre situation bien particulière, sur deux régions différentes.

Une autre solution nous est désormais proposée. Le projet de loi ouvre la possibilité de créer une communauté scientifique. Ce qui permet de mettre en place une université globale, avec un président et des conseils, tandis que subsistent les établissements. Avec ainsi une assurance de démocratie et de représentativité, et surtout le plus important : la communauté pourra délivrer les diplômes et permettre la mise en place d'une signature commune en recherche.

Votre homologue à la tête de l'université de Bourgogne, Alain Bonnin, évoquait pourtant il y a quelques semaines la fusion de vos deux établissements …

On pouvait auparavant craindre que les communautés d'universités soient des coquilles vides. Ce n'est heureusement pas le cas, avec cette délivrance des diplômes et la signature unique. En plus, les établissements peuvent lui déléguer ce qu'ils veulent. Il ne tient donc qu'à nous d'y mettre des compétences importantes. Je pense qu'il sera par exemple nécessaire de déléguer la gestion des moyens à la communauté.

Nos personnels ne sont de toutes façons pas prêts ni favorables à la fusion, et ce n'est pas ce que les conseils ont voté : ils ont simplement approuvé l'union de nos établissements.

Votre idée est tout de même d'aboutir, in fine, à des composantes et des services administratifs uniques, commun aux deux universités ?

Nous voulons constituer un établissement qui pèse au niveau national et international. Effectivement, à moyen et long terme, d'ici une quinzaine d'années probablement, je souhaiterais qu'on aboutisse à une seule université de Bourgogne - Franche-Comté.

Mais plutôt qu'une fusion qui interviendrait d'un coup, c'est par le jeu volontaire des acteurs que les composantes vont se rapprocher et fusionner. Notre UFR de sport a déjà évoqué l'idée de ne faire plus qu'une avec son homologue de Dijon. Les IAE y pensent. Cela se fera petit à petit. Cela ne peut se décréter. Il est impossible de faire une fusion du jour au lendemain sans aller dans le mur.

"C'est par le jeu volontaire des acteurs que les composantes vont se rapprocher et fusionner."


Où sera le siège de la future communauté ?

Après discussion avec Alain Bonnin, et sachant que le siège du PRES (Pôle de recherche et d'enseignement supérieur) actuel est à Dijon, le siège de la communauté sera à Besançon. Avec une raison stratégique également : l'université sera tournée fortement vers la Suisse.

Ce rapprochement se fait-il aussi dans un souci d'économie, étant donné la situation difficile des universités ?

Je tiens à préciser tout d'abord que l'université de Franche-Comté se porte relativement bien. Nous n'avons pas eu à geler de postes. Mais nous ne sommes pas à l'abri si nous continuons à piocher dans notre fonds de roulement, faute de compensations de dépenses comme le GVT [glissement vieillesse technicité].

Concernant les économies, de facto, ce rapprochement nous permettra de réfléchir à une carte des formations de manière plus large, en diminuant les redondances, en mutualisant des enseignements, en rassemblant des filières à petits effectifs afin de les sauvegarder. Nous allons aussi penser à des mutualisations de nos services administratifs, en veillant à respecter le principe de proximité.

Quelles sont les prochaines échéances ?

Nous allons d'abord attendre que la loi soit effective. Notre horizon pour créer cette communauté se situe en 2014. Nous aurons ensuite deux ans pour élaborer les statuts et élire les instances de l'université de Bourgogne - Franche-Comté.


Le Point, 7 mars 2013

Universités : mariage annoncé

Jacques Bahi, président de l'université de Franche-Comté. © Ludovic Godard/UFC

Pour le président de l'université de Franche-Comté (UFC), Dijon n'est plus une menace. " Ce temps est révolu, les gens ont pris de l'assurance, les indicateurs sont bons et, avec l'université de Bourgogne, nous souhaitons vraiment travailler ensemble ", précise Jacques Bahi (photo). Un voeu pieux ? Absolument pas : le travail de rapprochement des universités pluridisciplinaires des deux régions et de leurs écoles d'ingénieurs est en marche. Pour Jacques Bahi, la création de l'établissement commun pourrait avoir lieu en 2014. Ce serait même " un cas unique en France, une sorte de laboratoire ". Fruit de la politique de regroupement, l'université interrégionale répond aussi aux besoins de visibilité des facultés. Et si l'université de Bourgogne est de taille un peu supérieure (26 800 étudiants en 2011-2012, contre 21 300 pour l'UFC), elle n'avalera cependant pas sa voisine. La spécificité microtechnique bisontine complétera la spécificité agroalimentaire dijonnaise. L'ouverture vers la Suisse de l'UFC apportera aussi une valeur ajoutée. " Mon homologue bourguignon, Alain Bonnin, a même validé le fait que le siège de la future université de Bourgogne Franche-Comté serait à Besançon ", assure Jacques Bahi. En attendant le projet de loi, en cours d'examen au Cneser, les deux conseils d'administration ont voté ce projet d'union, qui prendrait plutôt la forme d'une communauté universitaire - préservant les spécificités de chacune - que celle d'une fusion.


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