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Squeezebox Duet sur le grill

Introduction

Il existe un consensus pour dire que les dinosaures ont totalement disparu au début de l’ère tertiaire, mais ce n’est pas la vérité. Il reste, aujourd’hui même, quelques dinosaures sans téléphone portable (recherchez “Amiante V2” dans wikipedia), sans télévision, sans iPhone. Ces dinosaures semblent considérer avec circonspection la question de la dématérialisation.

Une bonne part de la population audiophile considère aujourd’hui avec intérêt le projet de “passer à la dématérialisation” : cela peut revêtir les atours d’un intérêt technique, occuper le temps de loisir “à faire quelque chose” : ça ou souder un condensateur, n’est ce pas ?

Les dinosaures de TVCAudio se sont jusqu’à présent dispensé de rejoindre le camp de la dématérialisation. En ce qui concerne votre serviteur, dinosaure en chef, la tentative a déjà été effectuée il y a de nombreuses années, mais les points négatifs se sont révélés trop nombreux pour que l’opération soit acceptable. Citons ci-dessous quelques points noirs de la dématérialisation :
  • la qualité sonore des cartes “son” embarquées dans les ordinateurs n’est jamais arrivée au meilleur du meilleur niveau. Néanmoins les dinosaures de TVCAudio ne sont pas totalement sourds et les résultats sonores de cartes telles que les RME ou Fireface sont convaincants par rapport aux appareils de milieu de gamme
  • la qualité sonore dépend du format de l’information et le MP3 n’est pas satisfaisant pour un audiophile. A regret il faut tout de même avouer que l’utilisation du format a bien progressé et d’insupportable il est devenu tolérable dans certains cas, par exemple en utilisant un taux de compression faible en augmentant le débit (au dessus de 300kb/s) on retrouve un peu de qualité et aussi de plaisir d'écoute
  • la complexité (selon le système utilisé) peut être rebutante, pour l’installation - on est supposé installer une seule fois - mais aussi pour l’utilisation : dans un système complexe d'utilisation alors ce dernier ne sera plus partagé par la famille
  • la pérennité des support est absolument non garantie : d’une part tous les disques durs finissent par tomber en panne, d’autre part les formats physiques et logiques changent (IDE-PATA, SATA, FAT32, NTFS...). Cela signifie qu’au mieux il faut prévoir régulièrement de recopier les anciens disques sur les nouveaux et aussi d’en faire au moins une copie de sauvegarde : nous ne sommes plus dans le domaine de l’audio mais dans celui de l’informatique !
  • le niveau de bruit, litote discrète pour ne pas parler de nuisance sonore, d’un système reposant sur un ordinateur “serveur” devant être constamment allumé est incompatible avec un système audiophile
  • la consommation électrique - jusqu’à ces dernières années - de l'ordre de 300 W minimum pour un ordinateur n'est pas acceptable. Pardon pour l'évocation de ce souvenir personnel, mais vers 2005 une connaissance avait dans son garage un serveur Apple hébergeant plusieurs disques durs pour stocker l’ensemble de ses disques audio (diffusés déjà par une Squeezebox Classic) et cela semblait particulièrement incohérent. Aujourd’hui un NetBook consomme environ 30W : la donne à changée !
Pour finir indiquons le temps requis à la dématérialisation lorsqu’il s’agit de numériser ses propres supports : il n’est pas nul et sans sauvegarde régulière du disque d’accueil, la panne inéluctable entraînera la perte de tout ce temps !


Le Messie arrive... Trop tôt ?

Découvrir la SqueezeBox Duet relève du même type d’émerveillement que celui de recevoir son cadeau de noël et constater en ouvrant le carton que le jouet que l’on n’osait espérer est effectivement dans la boîte... Et que ce qui est dans la boîte est encore plus beau que le plus beau des rêves ! C’est que la matière première de nos vies est le désenchantement et tout au long de notre parcours nous tentons de nous accommoder de nos frustrations quotidiennes. Alors, quand le jouet dépasse les rêves, l’émerveillement de la découverte et la fascination du moment restent à jamais gravés dans nos mémoires.

File:Squeezebox Duet.jpg

Certes, le système de Logitech est vendu depuis 2008 et nous sommes en 2011. Mais, voyez vous, il arrive qu’un produit soit en avance sur son temps et il faut la conjonction de certains éléments pour que tout s'emboîte parfaitement. En ce qui concerne la Squeezebox Duet, certaines fonctionnalités n’étaient tout simplement pas actives au moment de sa sortie ! En ce qui concerne les ordinateurs, les serveurs poussifs, bruyant et énergivores sont désormais rangés aux oubliettes : les netbooks sont des ordinateurs à 200€ qui consomment 30 watts dans une heure et surtout SILENCIEUX !

D’autre part, en 2008 TVCAudio n’existait pas encore et la SBx devait se contenter de sa sortie SPIDF aléatoire (nous verrons cela plus loin) et ne pouvait prétendre au rang de platine Audiophile : juste un gadget de geek, un de plus.

Présentation

Logitech a proposé la “SLIMP3” en 2001 et ensuite une dizaine de produits ont été déclinés au fil du temps jusqu’en 2011. La Squeezebox V3 ou “Classic” sortie en 2005 semblait vraiment séduisante sur le principe mais pour votre serviteur il s’agissait plus d’un énième gadget que d’une source audio de qualité. La Squeezbox Duet est sortie en 2008 et c’est le sixième produit de la famille. L’expérience des modèles précédents aura permis à Logitech de gagner le prix de l’innovation du CES2008 !

Au risque de lasser les personnes déjà initiées aux joies de la Squeezebox Duet, commençons par présenter succinctement le système. Il s’agit d’un ensemble composé physiquement de deux éléments, une télécommande (Squeezebox Controller ou SBC) et un boîtier récepteur (Squeezebox Receiver ou SBR). Un CD est livré, qui peut partir à la poubelle, ainsi qu’une documentation au delà de l’indigence : il s’agit d’une “somme considérable”  composée de trois malheureuses pages (si l’on ne compte que celles en français) : au recyclage !

La télécommande et le récepteur fonctionnent en Wifi, le récepteur dispose aussi d’une entrée réseau pour le câble RJ45. Le propriétaire du système a aussi tout intérêt à "fonctionner en WIFI" : la documentation et les logiciels se trouvent sur internet !

Si vous êtes informaticien vous n’aurez que très peu de mal à configurer l’ensemble et vous aurez votre système opérationnel au bout d’une heure (avant de commencer à “dématérialiser”). Si vous ne l’êtes pas, préparez vous à vivre un petit calvaire (mais le jeu en vaut vraiment la chandelle !).

En maniant l’art de l'euphémisme, on peut dire que le système Duet est formidable, mais son installation est une plaie ! Le produit est si riche en possibilité qu’une documentation de 500 pages ne serait pas suffisante : d’ailleurs, de nombreux forums sur le sujet sont présents sur internet. C'est qu'il y a matière !

Après le déballage, on comprend que le système repose sur quatre points :
  • un ordinateur (connecté au réseau) sur lequel sont présents des fichiers musicaux et sur lequel on installe le logiciel serveur de Logitech. Ce logiciel très bien conçu va “servir” la musique au système Squeezebox. Une alternative consiste à utiliser un serveur NAS sur lequel pourra être installé le logiciel serveur de Logitech, mais cela dépasse le cadre de cet article
  • un routeur WIFI afin d’interconnecter tous les éléments (ordinateur, télécommande, récepteur)
  • la télécommande, qui en réalité n’est pas une télécommande : il n’y a pas d’émetteur IR qui commande le récepteur, oh non ! Cet élément est une sorte de “smartphone” avant l’heure. Motorisé par le système d’exploitation maison, ouvert et s’appuyant sur linux, le “controller” boote (comprenez qu’il ne s’allume pas instantanément), se connecte au réseau Wifi, propose une interface s’appuyant sur un afficheur LCD et un molette à la mode  iPod Classic, dispose d’un haut parleur et d’une prise casque, d’un port carte mémoire, d’un capteur de mouvement (pour réveiller la télécommande) etc... Magnifique !
  • le récepteur, qui se connecte au réseau WIFI (quand tout va bien) et qui propose la sortie SPDIF que TVC cannibalisme.

Pour finir la présentation, TVC utilise cet ensemble (à tarif réduit) pour installer l'horloge TVC et la sortie SPDIF TVC. Le résultat est une source "au dessus de tout soupçon" permettant d'utiliser nos convertisseurs.


Le “Controller” SBC

En ce qui concerne la télécommande la page suivante nous renseigne sur son contenu et l’on trouve donc un processeur ARM9 à 200MHz accompagné de différents composants :
  • module WiFi, horloge temps réel (et oui, la télécommande “fait réveil”), diode infra-rouge (pour quelle fonction ? La communication avec le récepteur est effectuée par le biais du WiFi)
  • accéléromètre (ce module permet de réveiller la télécommande quand on la saisi, bien vu !)
  • de la mémoire vive et de la mémoire flash qui contient sans doute le logiciel interne
  • un port sdcard caché sous la batterie (il est peut être possible de l’utiliser pour lire des fichiers audio)
  • un port d’extension qui visiblement gère plusieurs protocoles de communications
  • un convertisseur Wolfson permettant de diffuser le flux audio sur la sortie casque ou sur le haut parleur interne (fonction activé dans le menu des fonctions beta). Dans ce cas la SBC devient une sorte de baladeur permettant d’écouter dans la maison les flux audio.
Il faut noter que le SBC est obligatoire pour la gestion du "receiver" : certaines fonctions ne sont possibles que par son intermédiaire.




Récepteur SBR & intérêt des modules

Le récepteur propose une sortie “ligne” sur deux connecteurs RCA afin d’être connecté à toutes les chaînes HiFi disposant d’une entrée ligne. Le convertisseur est un Wolfson dont certains se gargarisent, mais même en ajoutant un bloc d’alimentation complémentaire et en changeant les condensateurs, ce pauvre élément au rapport signal / bruit de 90dB associé à une horloge poussive ne fera pas de miracle. Les 24 bits annoncés sont hors de portée. Ce serait un miracle d’en traiter déjà 16 correctement, comment ne pas en rire ?

Trêve de moqueries, revenons à la description factuelle. Le SBR propose aussi deux sorties SPDIF afin d’être connecté à un DAC. On écarte d’emblée celle en format Toslink et l’on se tourne vers le SPDIF en RCA. TVC est tombé sous le charme du système DUET et après la réception d’un premier exemplaires peu de jours sont passés avant la réception du second... Un troisième vient d’être commandé !

Lorsque le premier SBR été analysé, sa sortie SPDIF sur RCA était plutôt convaincante (plateaux plats et bien horizontaux, fronts de montée rapides...) et même inespéré pour un machin si peu onéreux. Pour preuve, la photo dont vous trouverez les commentaires positifs sur l’article dédié (et même d’un mode d’emploi pour réaliser les opérations d’installation des modules vous même) !

SPDIF Output SBR Stock (#1)


Hélas, l’étiquette collée sous le récepteur comporte deux mentions intéressantes :
  • la première donne l’adresse MAC du périphérique et cette information est utile pour le réseau
  • la seconde information est “Made in China”. Le contrôle qualité de ce beau pays ne doit pas être très élevé puisque la sortie SPDIF du second exemplaire reçu n’est pas des plus orthodoxe :
SPDIF Output SBR Stock (#2)


Comme l’indique Rémi : “Parfois avec un deuxième exemplaire, on a moins de chance ! Avec cela, la synchronisation est impossible pour un DAC”. Inutilisable, en panne, les convertisseurs capables de verrouiller sur un signal de la sorte ne doivent pas courir les rues. Enfin, peu importe, cet horreur va disparaître.

Comme d’habitude, TVC propose d’installer une sortie SPDIF exemplaire (et contrôlée aux mesures avant l’installation !) ainsi qu’une horloge permettant de transformer le Squeezebox Duet en source audio numérique “ultra low jitter”. Encore une fois, le taux de jitter est < 320 fs (femto seconde et pas PICO seconde) ce qui est plus de 600 fois inférieur aux communs des lecteurs qui se promènent à 200ps (PICO seconde) et au déla, et quinze  fois mieux que les excellents lecteurs à 50ps.

Sur le ouaibe nombreux lecteurs trouverons des évolutions - déjà indiquées pour certaines d’entres elles - disponibles pour la solution de Logitech. Les classiques blocs d’alimentation plus onéreux que le système Duet en lui même, des évolutions condensateurs, et même des évolutions d’horloge. Pour remettre ce genre d’évolution en perspective, disons qu’il s’agit d’une sorte de verroterie.

Une bonne alimentation ne pourra pas faire de mal, mais le sujet de l’audio numérique n’est pas là, il faut relire TVCAudio. Le sujet c’est la qualité d’horloge et la bande passante de la transmission du signal. Ajoutons aussi que la chasse aux vibrations, sans tomber dans un délire inutile, est très favorable au rendu sonore. Les vibrations influent sur le bruit de phase de l’horloge et sont donc nuisibles, génératrice de jitter. Le lecteur qui installera l’horloge dans son récepteur pourra glisser un carré de mousse sous l’horloge.

Après les surprises de la sortie SPDIF, poussons la curiosité un peu plus loin ! Comment résister à l’envie faire une photo de la réponse impulsionnelle ? Voila le résultat du SQBR “sur la sortie analogique de son DAC”. Vous en conviendrez voila matière a remettre en perspective la qualité audio supposée du composant sans un excellent convertisseur complémentaire :



C’est assez moyen pour ne pas être sévère : pour tout dire, le Wolfson WM8450 n’est pas un circuit de conversion DAC de compétition. On note, outre de nombreux rebonds, une dissymétrie entre pré et post impulsion. C’est la caractéristique d’un filtre qui malmène la phase. Vous trouverez d’autre comportements de DIRAC sur cette page.

En conclusion technique, doter le SQBR d’une bonne horloge et d’une vraie sortie SPDIF au comportement non aléatoire ne peuvent qu’améliorer ce système éminemment sympathique !



Dématerialisation : logiciels, formats de fichier, interface...

Configurer le système prend quelques dizaines de minutes, peut être une heure quand on cherche un peu. Ensuite il faut apprendre à utiliser le système, mais les fonctions principales sont vite comprises. Le véritable travail consiste à dématérialiser sa discothèque.

Outils logiciels

La plupart des opérations courantes peuvent s’effectuer (sur une plate forme Windows) avec les logiciels gratuits et performant habituellement utilisés sous Windows :
  • EAC (Enhanced Audio Copy) permet d’effectuer l’extraction des données du CD vers le disque dur en vérifiant la qualité de la copie
  • FooBar2000 permet d’effectuer de nombreuses opérations sur les fichiers, comme la conversion en FLAC et la recherche des tags (qui permettent d’indiquer le noms de l’artiste, de l’album, du morceau) qui seront ensuite intégrés aux fichiers FLAC


Format de fichier : FLAC !


Il existe plusieurs formats de musique enregistrée mais ce qui nous intéresse est le format du CD Audio, la musique en PCM (Pulse Code Modulation) encodée sur 16 bits en stéréo et à la fréquence de 44.4kHz. D’autre formats utilisent plus de canaux, plus de bits, une fréquence plus élevée : ce n’est pas notre objet.

D’un point de vue informatique, les informations audio sont contenues dans le format WAV et les informations du CD ou de l’extraction sont strictement identiques (sauf quelques erreurs sur des millions d’informations, erreurs dont on peut se dispenser en utilisant EAC et son mode Accurip).

A partir du format WAV le format MP3 a été développé il y a quelques années et fut rapidement utilisé. En effet les “pirates” utilisant internet avec des lignes peu rapides appréciaient ce format car il divisait par 10 ou plus la taille des fichiers à télécharger (au détriment de la qualité) mais permettait de ne pas payer la musique.

Aujourd’hui certains formats de fichiers permettent de compresser les données, et certains effectuent cette compression sans perte de qualité : les formats sans perte de qualité sont nommés “Lossless” et ceux qui comme le MP3 ne “codent” pas certaines informations pour gagner de la place sont nommés “Lossy”.

Les formats de fichiers Lossy ne nous intéressent pas. Il reste les formats Loseless, dont les deux principaux acteurs sont FLAC et APE. La compression est d’environ 50% par rapport à un WAV. Ces deux formats de fichiers sont ouverts, c’est à dire que la manière de coder les fichiers est connue et que chacun peut développer son programme en utilisant l’algorythme. Le troisième format est le WMA qui appartient à Microsoft (remplacer les “s” par plein de $$$). Ce format est fermé, peut être Lossless ou Lossy et n’a pas les faveurs des utilisateurs des systèmes de dématérialisation.

Le format Wav contient toutes les informations lues sur le CD mais il a deux inconvénients : il n’est pas compressé et il ne peut contenir que des données audio.

Le format FLAC est donc un format ouvert, sans perte, qui permet d’encoder les CDAudio en diminuant la taille des fichiers et d’embarquer les tags (et même les photos des pochettes) : c’est le format préféré de la Squeezebox et cerise sur le gâteau : il n’appartient pas à Microsoft !



Interface Android et iPhone, navigateur web

En plus de la “télécommande” Logitech, vous pouvez utiliser un smartphone ou une tablette pour contrôler le contrôleur ! Sur l’Android Market se trouve l’application fournie par Logitech (ainsi que quelques alternatives) et il faut reconnaître que c’est un plaisir à utiliser :
  • l’application de télécommande reprend les principaux menus permettant de diffuser la musique, sans s’encombrer des menus de paramétrages
  • un smartphone de 2011 est plus rapide que la télécommande de Logitech, la navigation est très rapide, plus fluide et finalement plus agréable
  • les larges écrans des smartphones permettent de visualiser les pochettes des disques de manière bien plus agréable que le format “timbre poste” de la télécommande
  • un écran de tablette est formidable pour visualiser les pochettes des albums ou les texte des chansons !


Soyons “sport”, la même application existe aussi pour l'environnement Apple et votre serviteur a testé sur l’iPad (merci CC) avec émerveillement.

Retombons à plus “classique” : le système logitech se contrôle aussi à partir d’un ordinateur, par l’intermédiaire du logiciel fourni par logitech. Voici deux exemples, une sélection de Podcast et une sélection Deezer implémentée dans la liste des applications proposées par Logitech :
Podcast, on sélectionne un des “Masque” :Dans la liste des applications, sélection de deezer et écoute de la radio Musique du monde :


     

Cohérence de l’investissement

Est-il raisonnable d’investir 350€ de modules TVC dans un appareil à 250€ ? Tout d’abord, il faut savoir que les modules installés dans une Squeezebox peuvent être ré-installés dans une autre source, par exemple un lecteur de CD. Pour le module SPDIF c’est certain, et pour l’horloge, il faut comprendre que le module à 11.2896 MHz est exploité dans les platines à base Philips, ce qui laisse tout de même plusieurs millions de possibilités ! Donc, quoiqu’il arrive l’investissement n’est pas perdu même si l’on souhaite ne plus utiliser la Duet.

En ce mois de juillet 2011 il est encore possible de trouver quelques exemplaires à un tarif inférieur à 200€. Cela fait 500€ pour le côté “drive”. Certains audiophiles considèrent qu’un câble à moins de xxx€ est nécessairement un mauvais câble. Pour ces personnes, une Duet à la mode TVC est une broutille : tentez l’expérience ! Pour les personnes dont le budget est plus réduit l’investissement est tout de même rentable et éventuellement échelonné dans le temps : le système Duet, puis une sortie SPDIF, puis une clock.


CR d’écoute introduction

Le système Sqeezebox Duet est d’une nature conceptuelle très différente des convertisseurs et “drives” écoutés d’habitude ! Par rapport aux systèmes classiques que nous connaissons bien (lecteur + convertisseur) et qui datent de de la fin des années quatre vingt, il s’agit d’un saut technologique important. La “consommation” de la musique est très différente ! Même si la dématerialisation ne date pas d’hier, auparavant on utilisait surtout l’ordinateur pour faire quelques copies (de sauvegarde) occassionnelles. Le système Duet propose de transformer l’informatique en tant que composant principal dans un système audio de haute qualité.

Alors, il est vrai que découvrir le système est jubilatoire. Parfois, lorsque l’on découvre un produit, après les quelques minutes d'intérêt pour la nouveauté on se trouve rapidement déçu par un système fermé et limité. Le produit de Logitech représente exactement le contraire : il offre de nombreuses possibilités et par sa nature ouverte les évolutions semblent infinies. Pour l’anecdote un ami a passé la soirée à la maison avec le système Duet en source et à commandé son exemplaire trois jours plus tard : il est difficile de résister à la séduction d’un tel produit !

Oui, mais le son ? Ha oui, c’est vrai ! Et bien, ami lecteur, vous allez patienter ! Parce que, voyez-vous, la question de la nature sonore du système vient après : il faut commencer par dématérialiser les disques de référence et cela prend du temps.

Précisons que la récepteur a été écouté seulement en version modifiée. Dans la section DIRAC Hall Of Fame la réponse sur une impulsion de la boîte de Logitech n’est pas très engageante (la photo est aussi présentée plus haut sur cette page) et donc inutile de perdre du temps avec la version non modifiée.


Un détour par les "Webradios"

Mettons à profit notre attente pour parler de la radio. Les flux radios diffusés par le système Squeezebox sont accessibles :
  • soit à travers l’ordinateur exécutant le logiciel serveur de Logitech, 
  • soit en connectant le système au serveur Logitech à www.mysqueezebox.com : dans ce cas :
    • la télécommande Logitech est obligatoire pour changer la source (le PC ou le serveur de Logitech)
    • on peut écouter les radios sans être obligé d’avoir un ordinateur "serveur" allumé 
    • dans ce cas l’accès à internet est obligatoire
    • les disques numérisés sur le PC ne sont plus accessibles (mais en trois secondes on peut revenir à l'écoute sur le PC)
Dans le système Logitech, on peut aussi ajouter des podcasts très simplement. Cela permet d’écouter les émissions de radio après qu’elles aient eu lieu et c'est d'un grand confort. Le système permet aussi d'ajouter des “applications” telles que Deezer par exemple, dont nous allons reparler.

Le flux audio des radios est essentiellement composés de MP3, et certains "montent" à 128kbps... On ne peut légitimement pas pester contre l’encodage en format MP3 des CD Audio et en même temps élever au pinacle les radios diffusées par le système Duet. Pourtant, sur cet aspect il convient de nuancer son point de vue.

Nous sommes d’accord, rien ne remplacera un excellent tuner en train de diffuser un concert en direct de France Musique. Mais pour cela, il est nécessaire d’avoir un tuner et surtout des conditions de réception correctes, ce qui est loin d’être toujours le cas.

Cela étant dit, la Squeezebox permet de recevoir la radio en MP3. Dans certains cas le flux est de mauvaise qualité sonore, ce dont on peut se contenter pour écouter une émission “qui parle”. On peut parcourir des milliers de radio avec des flux de plus ou moins grand débit. Lorsque le débit est faible la qualité est plutôt mauvaise, le son est très métallique.

Dès 128kbps, par exemple sur FIP ou France Musique, la proposition sonore est acceptable. Contrairement à la plupart des tuners la réception internet ne produit aucun souffle et comme sur tous les tuners FM, il n’y a plus rien au dessus de 15kHz. Dans certains cas, sur les sifflantes et les voix haut perchées on ressent toujours un petit côté métallique. Bien entendu même un tuner moyen dans des conditions de réception correcte écrase le flux MP3 : la scène sonore, les dimensions du studio, les petits bruits, enfin tous ces détails qui donnent de la réalité à la proposition sonore sont estompés, mais il reste suffisamment d’informations pour prendre plaisir à écouter les programmes radio par ce biais.

Dès que le flux est encodé avec une résolution supérieure, par exemple en 320k comme sur Deezer, la proposition sonore prend une autre dimension, on arrive vraiment à prendre plaisir à écouter sans se ressentir trop de frustration sur la qualité et l’on se prend à rêver que nos radios préférées passent à cette vitesse supérieure ! Loin d'avoir fait le tour de la question (trop vaste) laissons nous aller à recommander au moins un essai de Deezer aux utilisateurs de la boîte Logitech. Et si vous avez mis en oeuvre d'autres solutions, faites les parvenir à TVC afin que tous les lecteurs puissent en profiter.

Pour conclure ce paragraphe, disons la Squeezebox est une sorte de bon tuner. La capacité de réception, forcément, est sans commune mesure avec ce que la bande FM peut proposer : des dizaines de milliers de radios sont accessibles (Shoutcast propose aujourd’hui presque 50 000 stations) et les abonnements style “Deezer” ouvrent encore l’espace de “consommation” de la musique, une véritable révolution de nos habitudes !

Ecoute des Flacs


Retour à nos bons vieux CD encodés dans le format FLAC ! Seulement après la numérisation d’un bon panel de disques, les écoutes peuvent commencer. Le système de Logitech a été écouté avec deux convertisseurs dont le Wadia X32 contenant toutes les modifications TVC “officielles” ainsi que d’autres non documentées, ce qui le transforme en objet de reproduction sonore fortement désirable. Un Digital Lens a aussi été intercalé de temps en temps entre le récepteur Logitech et les convertisseurs. Le Digital Lens est une sorte de routeur numérique très efficace et dope souvent les systèmes, mais le Logitech dopé aux modules TVC n’a plus besoin de cet intermédiaire pour pour tirer le meilleur des convertisseurs.

Entre parenthèses, on voit régulièrement des utilisateurs “mettre le paquet” sur leur convertisseur audionumérique, alors que la source est plutôt négligée : c’est un mode de fonctionnement un peu discutable, parce que toutes les informations qui sont perdues à la source ne seront pas réintroduites après coup, quel que soit le matériel utilisé, fin de la parenthèse.

Pour revenir au produit Logitech objet de l’article, autant le dire tout de suite, le “récepteur” Logitech est de la même famille sonore que les platines modifiées par TVC. Entre les différents modèles de “drives” mécaniques dopés aux modules TVC, il existe de toutes petites différences audibles à la marge. A vrai dire, il est difficile de décider si ces petites différences sont purement subjectives et viennent de l’imagination ou bien des très faibles écarts des modules et des platines les accueillant. Néanmoins l’orgueil d’un audiopathe se plaît à émettre et discuter de ces petits écarts de restitution et c’est en croisant les analyses que l’on obtient confirmation des ces ressentis.

Alors, comme d’habitude pour les platines TVC (par exemple les Marantz CD94, Wadia WT3200, Kenwood DP990 et 1100SG, Philips 9xx etc...) la restitution sonore est extrêmement riche de détails, la musique coule de source, chaque instrument est particulièrement “lisible”, beaucoup d’espace et de volume, belle dynamique et micro-dynamique surprenante.

En recensant les impressions d’écoute des audiophiles de passage, le point qui ressort souvent est cette scène sonore en 3D, composée avec beaucoup d’air entre les instruments et l’impression que l’on a écarté les enceintes : les instruments sont “matérialisés” en largeur bien au delà des enceintes. En largeur donc,  et aussi en profondeur avec ce sentiment que l’on a reculé le mur du fond ! L’étagement des plans sonores et la focalisation dans le volume sont très réussis : le système Logitech fait partie de l’élite en ce domaine.

Sur l’album très réussi de Patricia Baber “Live at the Green Mill Vol. II” - dont la prise de son est bien meilleure que celle de “Companion” - la performance des musiciens est splendide et la salle de Jazz est perçue dans ses dimensions. Al Capone fréquentait le Green Mill : les temps ont changés, désormais c’est Patricia Barber et sa fine équipe qui en ont font leur quartier général et y enregistrent un album parfaitement génial.

De nombreux bruits de salle, des cris félins, des râles de satisfaction, de petits rires complices entes les musiciens, ainsi que des spectateurs ensorcelés, une ambiance moite et confinée, tendue... Pour un peu la Logitech nous montrerai la fumée des cigarettes ! La grande Patricia se laisse aller et pour chaque morceau le band prend le temps de développer sa propre structure, puis de se déstructurer, de rebondir : un grand plaisir. La Squeezbox offre une proposition sonore qui “met en scène” l’album et transporte l’auditeur dans le lieu. A noter que cet enregistrement est uniquement disponible sur internet pour la modique somme de 13$ et que vous êtes invité à le télécharger illico presto !.

La démonstration de la Squeezebox sur des ambiances de concert donne envie de continuer sur la lancée des performances live : Dee Dee Bridge Water “Live at Yoshi’s” est de la partie. Sur cet album la Squeezebox fait encore merveille sur la présentation de la scène sonore. Dee Dee Bridgwater embarque le public, ravi, sur un lent bateau en direction de la Chine, et l’auditeur du disque se retrouve passager clandestin trop comptent de l’aubaine. Attention avec le début de Slow Boat To China, l’écarte de dynamique important entre une entrée en matière toute en douceur puis une percussion à la dynamique importante à de quoi faire sursauter.

D’autres points particuliers sont remarquables. Tout d’abord la dynamique et le niveau dans le grave sont impressionnants. A ce sujet, le confort d’un système entièrement télécommandé devient curieusement un point à surveiller ! En effet, sur un système traditionnel, lorsqu’un disque est fini on se lève, on change de disque, on peut modifier le volume. Avec le système Logitech on reste assis et l’on écoute tout de suite un autre disque... Dont le niveau sonore est totalement différent ! La Squeezebox met vraiment en évidence cette énorme différence de niveau d’enregistrement entre les différents disques, et cela sans chercher dans les enregistrements très particuliers tels que La Folia de la Spagna par exemple. Alors dans ce cas le puriste se lève et va modifier le volume sur le préamplificateur car l’idée est que diminuer le volume sonore par la télécommande correspond aussi à une diminution du nombre de bits et donc la résolution. Ce sujet particulier sera éventuellement abordé par dans les colonnes de TVC, car les avis sont partagés. En tous les cas, c’est au moins ce que Logitech, dans sa documentation en forme de peau de chagrin, conseille : volume à 100% pour la meilleure qualité sonore.

En revenant à Mythologies, un autre disque de Patricia Barber datant de 2006 et écouté “de fond en comble” depuis des années, la Squeezebox est assez énervante. La proposition sonore est plutôt meilleure que ce que proposait par exemple la Marantz CD94 modifiée et c’est l’honneur de l’audiophile qui est en jeu : un gadget de Logitech meilleur qu’une Philips CDM1, mais où va le monde ? A l’écoute pourtant l’étagement des plans sonores semble supérieur, les petits détails, la dynamique et l’impression de “propreté” sont vraiment singuliers.

Au moins deux pistes d’explication sont à explorer : d’une part le Wadia X32 utilisé comme convertisseur est devenu, au fil des modifications, une sorte de monstre (ce que semble confirmer les prêts du convertisseur qui auront retourné plus d’un audiophile bien équipé) et propose donc une meilleure restitution. D’autre part, les derniers modules TVC sont meilleurs (aux mesures) que les premières versions utilisées dans la CD94 qui servait de platine de test... Les petites améliorations apportées au fil du temps, la maîtrise du flux audio numérique, tout cela fini par payer grandement !

Alors, à performances excellentes égales, la Logitech peut rester à côté de la platine CD : son usage est si pratique qu’elle détrône les autres sources et va servir de lecteur principal et de tuner. Son encombrement réduit et sa connexion Wifi permettent même de la poser n’importe où et même de la cacher derrière des éléments plus présentables dans une installation de haut niveau : l’honneur de l’audiophile est sauf et si jamais la question de la dématérialisation se pose lors d’une visite amicale, on peut tout de même proposer une petite écoute, hein, juste comme ça, pour voir...

Les “serveurs audio” de la classe audiophile sont aujourd’hui intéressants mais très onéreux et plutôt “fermés” comme des boîtes noires. La solution Logitech, ouverte, documentée (sur internet) et au centre d’une communauté active, représente une alternative très économique en même temps qu’une source de très haut niveau pour nos convertisseurs chéris.

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