C) Thèmes‎ > ‎

Trois-Rivières, le premier siècle, 1535-1635

Note (par René Beaudoin, 16 janvier 2011) : L'historien Marcel Trudel est décédé le 11 janvier 2011 à l'âge de 93 ans. Parmi ses nombreuses contributions à l'histoire de la Nouvelle-France, Marcel Trudel avait publié en 1984 un article dans Le Ralliement, à la demande de son ancien élève, l'abbé Jean Robert, directeur de ce bulletin des anciens du Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières (STR). Né en 1917, Marcel Trudel avait complété ses études classiques au STR en 1935. Paru à l'occasion du 350e anniversaire de la ville, son article de 1984 traitait du premier siècle de l'histoire trifluvienne depuis Jacques Cartier. Cet article est peu connu, c'est pourquoi nous le reproduisons intégralement ici. Ajoutons qu'il avait accepté, 25 ans plus tard, en 2009, de rédiger à ma demande un autre article sur la fondation de Trois-Rivières dans le livre du 375e anniversaire de Trois-Rivières, intitulé Rencontrer Trois-Rivières, livre que j'ai co-dirigé avec Denis Charland. Son article de 2009 est intitulé « Trois-Rivières, le premier choix du fondateur de... Québec ».

Référence : Marcel Trudel, « Trois-Rivières, le premier siècle, 1535-1635 », Le Ralliement, Trois-Rivières, Séminaire Saint-Joseph, volume 10, numéro 15, mai 1984, pages 3-8.
 
Trois-Rivières, le premier siècle, 1535-1635
 
Par Marcel Trudel (1984)

 

De quel moment convient-il de dater la fondation d'une ville? de la pose officielle de la première pierre? comme si fonder une ville était entreprendre, à un jour dit, la construction d'un bâtiment! Or les villes ont toutes une longue naissance qui peut durer des années; la naissance de Trois-Rivières a été d'un bon siècle, elle commence dès 1535.

 

Cartier à l'île Saint-Quentin en 1535

 

Dans son deuxième voyage, celui de 1535-1536 (son voyage le plus important, parce qu'il est celui de la découverte d'un grand fleuve, alors que le voyage de 1534 n'est qu'une exploration d'un golfe derrière une Terre-Neuve connue depuis longtemps), Jacques Cartier n'a pas encore pour objectif d'établir une colonie française, mais il ne peut s'empêcher, lui ou l'auteur de la relation, d'admirer les avantages que présente la vallée du Saint-Laurent. Son admiration s'adresse à trois régions, Québec, Trois-Rivières et Montréal, qui seront justement les trois régions du Canada du XVIIe siècle.

 

De celle de Trois-Rivières, il note: "avons veu et trouvé d'aussi beau pays et terres aussi unyes que l'on sçauroit désirer, plaines, comme dict est, des beaulx arbres du monde", avec "si grande abondance de raisins, que les compaignons en venoient tous chargez à bort". En cet automne 1535, Trois-Rivières entre dans l'histoire d'une façon encore plus précise et dans le lieu même d'un accident géographique qui lui a valu son nom: à l'embouchure de l'actuelle rivière Saint-Maurice.

 

Le 7 octobre donc, revenant d'Hochelaga, où il a laissé un toponyme (le mont Royal) qui a survécu jusqu'à nos jours, Cartier arrête son navire l'Émérillon sur "le travers d'une ripvière, qui vient devers le nort", à l'entrée de laquelle "il y a quatre petites ysles, et plaines d'arbres". À cette rivière, il donne le nom de rivière de Fouez; selon Lescarbot, il faudrait lire rivière de Foix, mais j'estime qu'il faut bien lire rivière de Fouez c'est-à-dire, comme le veut un dictionnaire de l'ancien français, rivière de Hêtres. Cette rivière prendra beaucoup de temps à trouver son nom définitif: rivière de Hêtres du temps de Cartier, rivière d'Enghien en 1635 (si nous comprenons bien la relation du jésuite Le Jeune), Métabéroutin d'après les Algonquins, rivière des Trois-Rivières pendant tout le XVIIe siècle, et enfin rivière Saint-Maurice du nom de Maurice Poulain de Francheville. En tout cas, sur la première des îles qu'on aperçoit de loin en naviguant sur le fleuve (il s'agit évidemment de l'île Saint-Quentin), Cartier plante une croix: comme toutes celles qu'il a plantées dans le golfe, elle sert de balise maritime. Cette plantation de croix, avec le défrichement du lieu et le découpage du bois qu'elle exige, est, ce 7 octobre 1535, la première occupation effective du sol par un Européen en amont de Québec. Voilà la première date de l'histoire trifluvienne.

 

L'apparition du toponyme Trois-Rivières, 1601

 

Le calendrier historique de Trois-Rivières n'est pas, en ces débuts, bien chargé: des années s'écoulent avant la deuxième date. Rentré en France en 1536, Cartier n'en revient qu'en 1541 pour établir au Cap-Rouge la première colonie française de l'Amérique du Nord: il repasse dans notre région, mais la relation (d'ailleurs fragmentaire) n'y fait aucune allusion. La Rocque de Roberval, chargé de la colonie du Cap-Rouge, y repasse en 1542-1543; nous ignorons s'il s'y arrête. Et le mystère retombe sur la vallée laurentienne pour un demi-siècle. Toutefois, en Europe, les cartographes continuent de faire mention de la rivière de Fouez: par exemple, dans la carte de Desceliers en 1550 et dans celle de Mercator en 1569.

 

Puis, voici qu'à la fin du XVIe siècle, on constate dans la vallée du Saint-Laurent un bouleversement d'envergure. Les Iroquoiens (famille d'Iroquois et de Hurons) que Cartier avait rencontrés dans le fleuve, se sont retirés plus à l'intérieur du continent, laissant la place aux Montagnais et aux Algonquins. Sur une nouvelle carte, qui est la première à témoigner de ce bouleversement (carte de G. Levasseur en 1601), la toponymie iroquoienne disparaît, sauf Canada, Saguenay et Achelacy, et nous nous trouvons en présence d'une toponymie montagnaise et algonquine: Gaspé (au lieu de Honguedo), Tadoussac, Québec. De l'ancienne toponymie française subsiste, entre autres cas, mont Royal, et nous avons la surprise de lire, sur cette carte de 1601, un toponyme tout nouveau: Trois-Rivières. À qui est-il dû? Ce nom qui exprime un phénomène connu depuis Cartier, nous est peut-être venu par François Pont-Grave (celui que Champlain appelle son "plus que père"), qui avait voyagé dans le Saint-Laurent, en amont de Québec, avant 1600. Ce sera désormais le toponyme constant. La ville a un nom, il ne reste plus qu'à fonder la ville...

 

Le projet d'une Habitation à Trois-Rivières en 1603

 

Champlain, qui ne voyage alors qu'en simple observateur sans aucune fonction officielle, refait en 1603 avec Pont-Grave l'inventaire du Saint-Laurent, en vue de l'établissement éventuel d'une colonie. Le site de Québec impressionne Champlain, mais il se contente sans plus, de noter que si les terres étaient cultivées, elles seraient aussi bonnes que celles de France. C'est à Trois-Rivières que le futur colonisateur se révèle: une île "qui regarde le passage" du fleuve (c'est encore l'île Saint-Quentin) et qui commande aux autres îles, retient son attention; il écrit: "Ce serait à mon jugement un lieu propre pour habiter, & pourrait-on le fortifier promptement, car sa situation est forte de soy, & proche d'un grand lac". Pour la première fois depuis son arrivée en Amérique du Nord, Champlain parle d'une Habitation, mais elle est reliée dans son esprit au commerce des fourrures, dont ce lieu deviendrait le point central; de plus, écrit-il encore, une Habitation y serait "un bien pour la liberté de quelques nations qui n'osent venir par là, à cause des Iroquois, leurs ennemis, qui tiennent toute ladite rivière de Canadas [le Saint-Laurent] bordée: mais [ce lieu] estant habité, on pourrait rendre lesdits Irocois & autres sauvages amis, où à tout le moins sous faveur de ladite habitation, lesdits Sauvages viendraient librement sans crainte & danger". Voilà bien en 1603 un projet précis de fondation, le seul projet que Champlain formule alors pour le Saint-Laurent, bien avant Québec.

 

Le projet va attendre. Les Français préfèrent pour l'instant l'Acadie et le littoral de la future Nouvelle-Angleterre, où ils vont pendant quatre ans (1604-1607) chercher un lieu idéal de colonisation... sans le trouver. Quand Champlain reparaît en 1608, il a reçu de son patron, le protestant Pierre Du Gua de Monts, l'ordre et les fonds pour établir à Québec une "habitation": de ce point, à cause du resserrement du fleuve, on peut plus facilement empêcher les concurrents français et étrangers de remonter le fleuve et d'aller aux sources du commerce de la fourrure.

 

Champlain ne perd quand même pas de vue l'importance stratégique de Trois-Rivières. En outre, ses alliés algonquins en avaient fait depuis longtemps leur pays, jusqu'au jour où les Iroquois les en eurent chassés: les Algonquins y avaient eu une bourgade entourée d'une palissade, les Iroquois l'avaient incendiée, forçant les Algonquins à aller faire ailleurs leur séjour permanent; de cette palissade d'autrefois, le jésuite Le Jeune a pu, comme un archéologue, examiner lui-même en 1634 "le bout des pieux tout noirs". Et pour faciliter la rencontre de toutes ces nations amérindiennes, il y avait, depuis la rive droite du Saint-Maurice en remontant vers le lac Saint-Pierre, cette longue plage de sable qui se prêtait tellement bien à l'abordage en canots d'écorce.

 

C'est encore à Trois-Rivières que les Algonquins en 1609 lui présentent la première fois les Murons, avant qu'il parte par le Richelieu et le lac Champlain porter la guerre dans le pays des Agniers. C'est de là aussi qu'en 1610, Champlain veut se faire conduire par les Montagnais vers les hauts du Saint-Maurice, à la découverte de cette fameuse Mer du Nord (la baie d'Hudson) dont on parlait et où les Anglais vont pénétrer cette même année; or les Montagnais, soucieux de n'ouvrir l'entrée de l'arrière-pays que dans la mesure où cela peut leur être utile, remettent et remettront toujours à l'année suivante; de nouveau en 1611, Champlain voudrait remonter le Saint-Maurice, les Montagnais promettent... Il devra se contenter de faire la traite dans ce lieu de Trois-Rivières devenu la foire annuelle des fourrures.

 

Chaque année, le rendez-vous des Français

 

Ainsi, Trois-Rivières demeure, en amont de Québec, le point de rencontre des Français et des Amérindiens. À tel point qu'en 1617, le Frère récollet Pacifique Duplessis y ouvre une mission. En 1618, on y dresse une chapelle de branchages et l'on fête la Saint-Pierre avec solennité, accompagnée de nombreuses salves de fusils. Une rumeur veut aussi que 800 Montagnais s'y soient assemblés pour aller attaquer Québec: en fait, il semble bien que ces Montagnais, qui avaient intérêt à ménager leurs clients français, aient voulu tout juste les effrayer pour qu'on ne donne pas suite à deux meurtres commis par les Amérindiens. Et chaque année, c'est ainsi la foire des fourrures. Or l'affaire du double meurtre traîne toujours. On connaît le coupable, mais les Français n'osent sévir; finalement, ils conviennent de pardonner: en 1623, pendant la traite, au cours d'une grande cérémonie, on jette une épée dans le fleuve pour signifier que le crime est enseveli dans l'oubli, comme cette épée dans l'eau; ce qui scandalisa les Hurons, qui trouvaient qu'il suffisait d'une épée pour noyer la colère des Français. C'est aussi en 1623 que les Récollets se seraient fait concéder à Trois-Rivières une terre suffisante pour l'établissement d'une mission.

 

En cette première capitale de la fourrure, a lieu un autre événement. En 1624, Champlain y convoque les nations indigènes: selon un historien de ce temps, on n'en aurait jamais tant vu, réunies en un même endroit; Iroquois et Amérindiens du Saint-Laurent y signent un traité d'amitié.

 

Les années passent: Champlain n'oublie pas son projet d'habitation à Trois-Rivières et les Amérindiens ne manquent pas de le lui rappeler. La fondation de la Compagnie des Cent-Associés en vue d'une colonisation plus dynamique, fait renaître bien des espoirs; malheureusement, une guerre internationale en retarde de quelques années la réalisation. Quand les Cent-Associés retrouvent en 1633 leurs droits sur le Saint-Laurent, Champlain reprend ses fonctions de gouverneur (plus exactement de lieutenant du cardinal de Richelieu) et revient tout de suite à son projet trifluvien.

 

On construit à Trois-Rivières en 1633

 

En mai 1633, les Amérindiens lui rappellent une fois de plus sa promesse. Cette fois, il y donne suite dès l'été, en envoyant à Trois-Rivières des ouvriers.

 

Le lieu que choisit Champlain n'est pas l'île Saint-Quentin qui avait impressionné Cartier autant que Champlain lui-même, mais le Platon sur la rive droite du Saint-Maurice; on se souvenait sans doute de la pénible expérience des Français à l'île de Villegaignon au Brésil et de l'île Sainte-Croix en Acadie, car, comme l'écrit Lescarbot, quand on veut occuper un pays, on ne va pas se renfermer dans une île.

 

Et puisqu'il y a des ouvriers à Trois-Rivières en 1633, il devait bien y avoir quelques logements pour eux, comme il devait y en avoir depuis toutes ces années où, chaque année, des semaines durant, on se livrait à la traite. De plus, on est tellement certain désormais d'un établissement définitif en cet endroit que, dès 1633, on s'y fait concéder des terres pour la culture: Jacques Hertel et Jean Godefroy de Lintot (qui connaissent bien les lieux pour y servir d'interprètes) obtiennent chacun 200 arpents; les Jésuites, un fief de 600 arpents. Soit un total de 1 000 arpents, avant toute fondation officielle. Ces concessionnaires ont vu juste: au cours de l'hiver 1633-1634, les Cent-Associés à Paris ordonnent qu'on fasse une Habitation à Trois-Rivières. Dans ces conditions, de quand donc dater la fondation: de 1634? de 1633? de 1611? de 1603? de 1535?

 

Enfin, la construction d'un fort en 1634

 

Quoi qu'il en soit, en ce lieu fréquenté chaque année depuis longtemps par les Français, où se dressent déjà des logements et où de la terre a été distribuée en seigneurie et en roture, arrive, le 4 juillet 1634, un groupe qui vient y faire un établissement définitif. Ce groupe est envoyé par Champlain qui a désigné pour chef un officier nommé Laviolette. Qui est ce Laviolette? on ne sait rien de sa carrière antérieure; parfait inconnu, il surgit tout à coup dans l'histoire; pas une seule fois, les Relations des Jésuites ni les écrits de Champlain ne mentionnent son nom; par les registres d'état civil (et par eux seulement), on sait qu'il commande jusqu'en 1636, puis, sans qu'on ait eu le temps d'en apprendre le prénom, il retombe dans la plus parfaite obscurité. Manifestement, pour les Jésuites comme pour les Cent-Associés, le responsable de la fondation de Trois-Rivières, c'est Champlain.

 

Donc, officiellement (puisqu'il faut, paraît-il, une date officielle), l'établissement se forme en 1634. Le lieu choisi est l'extrémité nord-ouest de cette élévation en plateau, qui s'étend au-dessus du fleuve, à partir de la rive droite du Saint-Maurice, plate-forme de sable dite Platon qui se termine en pente légère là où prend aujourd'hui la rue des Forges. À cet endroit (où le Bureau des Postes a succédé au premier Séminaire), on érige un fort avec palissade de pieux, renforci de canons; on y accède par un pont-levis; devant l'entrée du fort, une croix. Nous ignorons les dimensions de ce fort, mais la cour intérieure devait être assez considérable, si l'on en juge par la grande cérémonie du traité de paix de 1645. En dedans de la palissade, sont aménagés deux corps de logis. Les Jésuites, qui avaient beaucoup hésité à établir une résidence à Trois-Rivières (parce qu'ils en jugeaient la fondation "précipitée"), se construisent à l'intérieur du fort une petite maison de douze pieds sur douze, "camp de bois rond" couvert de chaume: elle tient lieu de première chapelle en attendant qu'on élève un bâtiment de charpente. Notons encore un magasin, c'est-à-dire l'entrepôt des Cent-Associés pour approvisionner les habitants et pour loger les fourrures qu'on recueille des Amérindiens.

 

À côté de ce fort, sur ce même Platon et tout de suite au nord-est (c'est aujourd'hui le petit parc de la Place d'Armes), les Algonquins ont leur bourgade, entourée d'une palissade. Pour tenter de les fixer par la culture de la terre, on leur a concédé en propre (même s'ils en sont les premiers occupants) une vingtaine d'arpents au pied du coteau Saint-Louis, dit alors coteau des Pères. Ce sont les débuts d'une réserve amérindienne, antérieure à celle de Sillery.

 

Dès l'hivernement de 1634-1635, un incendie éclate au fort, ne laissant guère d'intact que le magasin; et le scorbut fait périr six hommes, cette maladie dont Cartier avait pu se guérir, un siècle plus tôt, par l'annedda des Iroquoiens, mais le remède s'en était perdu avec le départ de ces Amérindiens.

 

De l'Habitation à la capitale

 

Trois-Rivières commence donc son histoire définitive, avec un fort français et une bourgade algonquine, celle-ci à côté de celui-là. Puis, peu à peu, on se répand dans les environs immédiats: en 1637, nous constatons qu'il se fait du défrichement sur ce Platon; tout de suite en amont, au pied du fort, une briqueterie est construite pour y faire de ces briques minces qui remplacent la pierre dans la construction, car, comme l'a bien remarqué Mère de l'Incarnation, il n'y a pas de pierre à Trois-Rivières: on trouve du bois pour la construction, mais il faut au moins de la brique pour les cheminées. Derrière le fort, sur une terre qu'on leur a concédée en seigneurie, les Jésuites commencent en 1640 une résidence et une chapelle, l'une et l'autre de bois, qui donneraient aujourd'hui sur la rue Notre-Dame, entre les rues Bonaventure et des Forges. Les premiers Trifluviens commencent à s'établir en dehors du fort; c'est le cas, par exemple, des Hertel et des Godefroy de Lintot, mais le fort demeure le refuge essentiel.

 

Le projet d'habitation, vieux d'un siècle, n'en est encore qu'à un premier brouillon. L'étape décisive viendra en 1649-1650 lorsqu'on érige un bourg. C'est un quadrilatère d'une superficie de dix arpents, entouré d'une palissade de pieux de 11 pieds de hauteur et subdivisé en emplacements de 120 pieds sur 120: soit l'espace entre la grève et la rue Saint-Pierre et de la place du Flambeau jusqu'au voisinage du monastère des Ursulines; ce quadrilatère intègre la bourgade algonquine, une nouvelle résidence pour les Jésuites et une chapelle (c'est déjà la troisième): on démolit la précédente et l'on démolit aussi le fort de 1634. L'habitation de .Trois-Rivières devient une ville (appellation qu'on lui donne très tôt); entre Québec et Montréal, elle sert de capitale avec, à sa tête, un gouverneur et tout l'état-major décemment requis. Elle jouera ce rôle de capitale pendant plus d'un siècle, jusqu'en 1764, lorsque le gouvernement anglais, mettant fin à la traditionnelle division du Canada en trois Gouvernements, ne retient plus que deux districts, ceux de Québec et de Montréal. Trois-Rivières devra désormais se contenter de n'être plus qu'une capitale industrielle ou culturelle.
Comments