Brigitte Neulas Bermond

Les silences de la création
 
 
Dès le premier cri, on a besoin de tranquillité. Le vacarme que font les autres à l'extérieur nous fatiguent. Nous sommes enfermés dans un cocon tissé de tendresses, d'amour, d'attentions ... Tout le poids et l'omniprésence de leur ego annihilent nos désirs d'êtres exclusifs dans un domaine qui nous est propre. Quoi de plus normal que de vouloir toujours conduire le char du monde ? Car, nous sommes un seul et aussi multiples sous les rayons des grandes roues du temps qui nous entraînent. Chacun ne peut se dissocier du Tout; Il en est l'imfime partie ! Et, il avance, marche, agit, pense, vit enfin avec toute l'humanité !
Bien qu'ils se sentent solitaires et au centre du monde, des milliards d'humains partagent avec leurs frères, leur vie, leur table, leurs pensées, amis, lectures, voyages, amours, ... Or, dans les creux dessinés des jours et, dans l'absence de tous les bruits projetés tout là-haut dans les champs célestes qui peuvent exister, un être est unique en ce monde ! Il peut se diriger où brillent les astres clignotants. Et, refléter toute sa personne, sublimée par la grande beauté idéale du monde, dans chaque étoile-miroir !
Dans les harpes sur lesquelles les petits doigts invisibles des vents jouent des chansons monocordes, il aimera respirer d'aise. Dans les poumons des jours, il saura prendre assez d'oxygène pour exister, vaincre, gagner, remporter des victoires qui le rendront fier de sa vie.
Quand les coeurs battent plus fort et s'accélèrent dans nos foyers chauds et douillets, on goûte et mord dans des émotions qui nous ont embelli aux yeux de nos proches.
Dans la terre, toute la flore croît silencieuse, mystèrieuse, adorable ! Et, à sa surface, on a vu grandir les arbres pareils à des boucliers forgés pour des ennemis inaginaires, peut-être, mais aussi pour les épreuves de l'existence ! Ecrire, c'est peindre avec des lettres d'harmonie tous les mouvements inhérents à la vie, qu'ils soient utiles ou pas. C'est encore accepter les déconvenues, si ce n'est les misères qui ont jalonné nos parcours. C'est créer du silence dans un coin du monde qui nous appartient personnellement. Dans la nuit noire piquetée de lumières dans les villes, des anges passent sur le sein de Dieu qui, lui, a occupé tout l'espace. Sur le drap en velours du ciel valse tout l'univers divin et splendide ! Car, le soleil même si brûlant et gigantesque ne fait pas de la musique, ne chante pas et ne prononce pas de paroles ! Qui pourrait expliquer pourquoi ce soleil est là depuis les commencements du monde ? Les mystères du macrocosme n'ont pas ranimé la violence, même la haine des civilisés ! Ils ont endormi plutôt toute notre méfiance et curiosité vis-à-vis d'eux. C'est sûr que l'on ne peut pas leur faire la guerre comme les peuples le font à d'autres nations   ...
Véritablement, toutes les énigmes des créations terrestres nous surpassent. Qui pourrait expliquer les âges de la vie ?
Tout ce qui est grand, beau, admirable sur la terre est posé là dans la vallée des larmes sans qu'on en sache les raisons, quelques buts suprêmes ! Nos regards ont glissé sur tous les tableaux de la nature. Ah ! Rentrer dans ces peintures géniales, ce serait pénétrer l'intime ; des souvenirs révérés ; l'enfance de Tout !
Dans l'alchimie des journées, il faut chercher la quiétude du silence, là, où il nous fera signe de l'apprécier à sa juste valeur. Et, dans l'oubli de tout le reste, aimer sa saveur d'hydromel ; ses lents battements d'ailes versicolores ; son pesant glacier d'un pôle jamais atteint : celui du bonheur absolu ! Oh ! Silences de l'éternité  !
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Christian Bermond,
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Christian Bermond,
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