De "bons" livres

Nous sommes bien d'accord : il y a des auteurs  précis, des auteurs intelligents, des auteurs enchanteurs, des auteurs attrayants, des auteurs instructifs... et les autres. 

Dans une optique très positive, de partage de nos émerveillements avec nos amis, je décide aujourd'hui (24 août 2016) de commencer une liste. Elle est évolutive, de sorte que, en fonction du temps que j'aurai, je pourrai ajouter des commentaires ou des titres. Aujourd'hui, je manque de second, donc je mets seulement l'amorce de cette page appelée à devenir très longue.


Rabelais : dois-je vraiment citer les livres de Rabelais ? Ce sont LES livres à lire.


Flaubert, La Tentation de Saint Antoine : je recommande très vivement de commencer par comparer les premières pages de la dixième et de la onzième versions du livre, car on verra comment un mot mieux  choisi peut tout changer dans un paragraphe !

Jean Jacques, Berthelot, l'autopsie d'un mythe (Belin)  : un livre qui ne cède pas à l'argument d'autorité, et qui montre comment Marcellin Berthelot fut  d'abord l'homme d'un parti politique avant d'être un grand chimiste.

Jean Jacques, L'imprévu, ou la science des objets trouvés (Belin) : une théorie et une pratique, autour de la notion de "sérendipité", notamment en chimie.

Natsume Soseki, Oreiller d'herbes  : hélas, la traduction française est médiocre.

McQuarrie, Physical Chemistry : pendant longtemps, j'ai proposé à mes jeunes amis le livre de Atkins, sous le même titre, mais je crois celui-ci supérieur. 

Jerome K. Jerome : Trois hommes dans un bâteau : quel texte m'a autant fait rire ? J'ai fait pipi de rire dans ma culotte, dans le métro !

Denis Diderot, Jacques le fataliste et son maître : https://fr.wikisource.org/wiki/Jacques_le_fataliste_et_son_ma%C3%AEtre. Diderot était extraordinaire, et ce livre me semble être, pour la partie littéraire de son travail, le meilleur.

Marian Schmidt, Hommes de science, Hermann, 1990 : l'auteur, photographe, a interrogé des scientifiques français sur leur parcours et leurs visions du monde.

Michael Faraday, Histoire d'une chandelle : un texte merveilleux, fait des conférences de Faraday dans le cadre des Christmas Lectures de la Royal Institution of London, traduit par Sainte Claire Deville !

Stephen Jay Gould, Le bec du flamant rose : en réalité, le livre m'intéresse moins que la méthode mise en oeuvre, à savoir qu'au lieu de faire de mauvais devoirs de philosophie sur "le sens de la vie", Gould examine d'abord un fait particulier, la forme inversée du bec des flamants roses, avant de remonter vers la biologie de l'évolution.

Jorge Luis Borges, Essai sur les littératures médiévales germaniques : je n'ai pas compris pourquoi Borgès n'avait pas été lauréat du prix Nobel, sauf à  considérer qu'il avait une position politique pas consensuelle. Il se définissait  comme "conservateur", alors même qu'il dénonçait le totalitarisme. Lors d'un voyage en Argentine, je me suis amusé de voir que nos amis étaient parfaitement déstabilisés, en ce sens qu'ils critiquaient la position politique de Borgès, mais s'enorgueillissaient du fait que ce génie soit argentin. Ici, je donne un des titres de Borgès... mais tous sont merveilleux !

Victor Hugo, Notre Dame de Paris : une superbe construction, un livre baroque.

Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse :  un livre d'écrivain mûr, qui se réconcilie avec sa jeunesse romantique.

Nicolas Piskounov, Calcul différentiel et intégral, Editions Mir (Moscou) : Ce livre a été utilisé par de très nombreux grands scientifiques actuels, dans le monde entier. Je ne sais pas à combien d'éditions on est, mais le succès est durable, parce que le livre est excellent : simple, progressif, évident en quelque sorte. Quand on sait que le calcul différentiel et intégral est à la base d'une bonne partie de la science, on se dit qu'il faut absolument le conseiller à nos jeunes amis.

Bernard This, Le père, acte de naissance : rien que le titre donne à réfléchir. Bernard This ? Une personne de qualité(s), une "belle personne".

Isaac Watts, The improvement of the mind : un livre très difficile, tant il est moral... mais ce fut ce livre qui fit Michael Faraday, lequel en tira six conseils : avoir un calepin sur soi pour prendre des notes, vérifier ce que l'on vous dit, avoir des collaborations, entretenir des correspondances, ne pas généraliser hâtivement, parler et écrire de façon aussi précise que possible.

Feynman, Cours de physique : c'est amusant de voir que chaque génération réinvente un peu la poudre...  De nouveaux livres de physique sont produits, éventuellement très bons, mais il y a beaucoup de choses excellentes dans ce livre qui date des années 1960.

Antoine Laurent de Lavoisier, Traité élémentaire de chimie : l'introduction, qui discute l'usage des mots, est passionnante.

Pierre Jakez Hélias, Cheval d'orgueil : un récit des moeurs populaires bretonnes avant l'industrialisation de la région. Surtout, une façon de raconter comme un de ces conteurs d'antan ; il est à l'origine de ma théorie des "perles collantes" (je raconterai cela une autre fois)

Jules Gouffé, Le grand livre de cuisine : dans les livres de cuisine célèbres, celui-ci est intéressant, parce qu'il montre bien la différence entre cuisine domestique et cuisine professionnelle, d'une parat, parce qu'il est parfaitement clair, d'autre part... et aussi parce qu'il avait inspiré Boris Vian.

Ihde, A. J. (2012). The Development of Modern Chemistry. Dover Books.

Alain, Propos sur le bonheur : ce n'est pas là que j'ai trouvé cette phrase "Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?"... mais le livre est très bon quand même.

Gimm, Diderot,  Correspondance littéraire, philosophique et  critique  : touffu, mais on apprend à la fois de l'histoire et de l'intelligence.

Jorge Luis Borges, Le livre de sable. Précédemment, j'avais indiqué le livre intitulé Essai sur les littératures médiévales germaniques, mais comment résister, en voyant ma bibliothèque, à l'envie de vous en signaler d'autres ?

Paul Bocuse, La cuisine du marché, Flammarion, 1976 : je m'aperçois que je n'ai pour l'instant cité que peu de livres de cuisine. Il en faut, de toutes les époques. Celui-ci est donc ancien, mais très intéressant, car il y a une véritable intelligence des recettes, des détails techniques qui changent tout. Bien sûr, c'est dépassé artistiquement, mais c'est un style qui mérite qu'on le considère. Et puis, une étape dans le développement de la cuisine française.

Christophe (Georges Colomb), Le savant cosinus :

Christophe (Georges Colomb), La famille Fenouillard :

Christophe (Georges Colomb), Plic et Ploc :

Christophe (Georges Colomb), Le sapeur Camembert  :

Erckmann et Chatrian, L'ami Fritz : un hymne à la jovialité !

Bernard This : Naître : mon père était l'auteur de nombreux livres, qui ont bouleversé l'accueil des nouveaux-nés. Il est un des tout premiers à avoir dit que les nouveaux-nés peuvent sourire, rire, sentir la douleur... Naître fut un immense succès (mérité).

Etienne Gilson, La Philosophie au Moyen-Âge :

Robert Dion, Histoire de la vigne et du vin en France : la plus grande des mauvaises fois associée à la plus grande des connaissances historiques, l'auteur veut nous faire croire que toute l'histoire de la France s’interprète en terme d'histoire de la vigne et du vin. Qui fera l'homologue pour le fromage ou la saucisse ?

Umberto Eco, Le nom de la rose : quelle culture ! Et quel talent !

Jan Potocki, Le manuscrit trouvé à Saragosse : pour ceux qui aiment les mises en abîme.

Alexandre Vialatte, Chroniques de la Montagne : parce que c'est ainsi qu'Allah est grand (il faudra lire pour comprendre cette description, qui n'en est donc pas une).

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