03.10 - LES UNITÉS DU ROYAUME ANGLO-CORSE. 1794-1796

Troupes Corses au service anglo-corse par Louis de Beaufort.

LE ROYAUME ANGLO-CORSE. 1794-1796
 
Par le traité signé le 15 mai 1768 à Versailles, la Sérénissime République de Gênes cède ses droits sur la Corse à sa Très Chrétienne Majesté, Louis XV. Mais l’on avait oublié un point essentiel, il fallait avant vaincre la résistance du Peuple Corse. Rudes montagnards, dont les qualités guerrières n’étaient plus à démontrer. Commandés par Pascal PAOLI, ils connurent tout d’abord quelques succès, mais la défaite de Ponte-Novu le 9 mai 1769, aura raison de leur espoir de liberté. Le départ en exil de PAOLI, n’arrête pas la résistance des derniers patriotes. 
La Corse est considérée comme une colonie. Il lui faut attendre la Révolution pour faire partie intégrante du Royaume. L’élection de sa députation à la Constituante, sa reconnaissance comme département français, parachèveront son attachement à la Nation.
En 1790, Pascal PAOLI quitte son exil londonien et regagne la Corse, non sans avoir été reçu triomphalement à Versailles par MIRABEAU. Il y est reçu comme le premier combattant pour la liberté contre les tyrans.
Nommé président du Directoire de la Corse, il se montre peu enclin aux débordements révolutionnaires. Chrétien fervent comme beaucoup de Corses, il se montre hostile à la Constitution Civile du Clergé. Il apporte un soutien mitigé à l’expédition de la Maddalena, contre la Sardaigne.
En effet, le Roi de Piémont-Sardaigne avait toujours apporté son soutien aux proscrits Corses qui venaient chercher un asile sur ses terres. C’est lors de cette expédition, que Napoléon BONAPARTE, lieutenant colonel en 2nd de la Garde Nationale fait ses premières armes.
Suite à l’échec de cette expédition, PAOLI est mis en accusation de contre révolutionnaire par Lucien BONAPARTE. Napoléon, plaide la cause du Babbu dans une lettre poignante, mais rien n’y fait. PAOLI appelle le peuple Corse aux armes contre la France. Il s’ensuit une guerre civile, opposant Paolistes et partisans de la Révolution. C’est de ce moment que date la rupture des familles notables de l’île avec Pascal PAOLI.
Nombre de ses proches s'étaient naturellement rapprochés des vainqueurs après la défaite de Ponte-Novu, bénéficiant d'une amnistie, ils avaient bénéficié d'avantages par l'octroi d'emplois civils ou militaires.
Face à ses maigres moyens, PAOLI, se tourne vers l’Angleterre qui lui a jadis donné l’asile. Il va connaitre une nouvelle déception car les Anglais vont s’approprier la Corse, en installant un vice-Roi, Sir Gilbert ELLIOTT. Les Anglais ne disposent alors que de la place de Gibraltar en Méditerranée. La reprise de Toulon par les Français en décembre 1793 ne leur permet plus la mise à l'abri de leur flotte.
Certains Paolistes, verront également d’un très mauvais œil, cette présence anglaise, parfois considérée comme une force d’occupation. Le Royaume Anglo-Corse ne vivra que de 1794 à 1796.
Pascal PAOLI est écarté et contraint à un nouvel exil en Angleterre. Il quitte définitivement la Corse en octobre 1795. Il décédera à Londres à l’âge de 82 ans en 1807.
Pendant ce temps, sur le continent, les événements ont porté Napoléon BONAPARTE, à la tête de l’Armée d’Italie. Le Général en Chef regroupe tous les officiers et soldats Corses qui combattent à l’Armée d’Italie.
Il place ce petit corps expéditionnaire sous les ordres du général Antoine GENTILI, qui avait combattu aux côtés de PAOLI. Cette petite armée est chargée de reprendre la Corse aux Anglais. BONAPARTE refusant que la Corse devienne une nouvelle Vendée, prône la liberté religieuse et le respect des propriétés.
En Octobre 1796, la Corse redevient française.
Parvenu au sommet de l’état, Napoléon, n’autorisera jamais le retour d’exil de PAOLI. Bien qu’entre ces deux hommes, il existât une forte estime. L’un représentait la Révolution pour la Liberté, tandis que le second se l’appropriait. La Corse, était bien trop petite pour porter en son sein, deux hommes tels que Pascal PAOLI et Napoléon BONAPARTE.

Durant l’éphémère existence du Royaume Anglo-Corse de 1794 à 1796, plusieurs unités à recrutement Corse sont levées. Toutefois, très peu de ces unités auront la faveur des Britanniques, ce qui peut expliquer la brièveté de leur existence. De plus les Corses qui ont toujours pratiqué la petite guerre supportent très mal les contraintes qu’imposent les règlements de l’armée britannique.
Ce furent :
Le Régiment de l’Union - Dragons Légers Corses - Gendarmerie Royale Anglo-Corse - Compagnies Franches-Corses - Bataillons Royaux Anglo-Corses -
Les Chasseurs de Mc LEAN ou Chasseurs Français - Francs-Tireurs Corses ou Corsican Rangers.

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RÉGIMENT D'INFANTERIE CORSE DE SMITH OU RÉGIMENT DE L’UNION
THE SMITH'S CORSICA REGIMENT OU UNION REGIMENT OF FOOT

Cette unité est levée en Corse en avril 1795 par le capitaine George SMITH du 25ème Régiment d’infanterie ( 25th Rgt of Foot) qui s'est distingué au siège de Bastia. 
Il commande  cette unité avec le grade de Major commandant par brevet daté du 6 mai 1795. La proposition de levée de ce régiment avait été faite dès janvier 1795.
L’encadrement comprend des officiers britanniques : 2 Majors : George SMITH, Major Cdt - Haviland SMITH, Major en 2nd, et les 5 Capitaines commandant de compagnies.
Sur les 11 Lieutenants, 9 sont Corses, ainsi que 5 Enseignes sur 8, soit 14 sur 19.
La prise de commandement de SMITH et de ses officiers est datée du 4 avril 1795. 
Le Régiment comprend un Etat-major :  Major, Major en 2nd, Adjudant, Quartier-maître, Aumônier, Chirurgien et son aide. Seul l'aide est Corse.
Cette unité est levée sur le pied de 5 compagnies de 130 hommes.
En août 1795, le Commodore NELSON écrit de la baie de Vado, qu'il a accepté l'engagement pour le corps de SMITH de 13 ou 14 Corses, jeunes & forts, déserteurs génois.
En septembre 1795, on dénombre 20 officiers, et 654 hommes, dont plus de 600 sont Corses, mais l’on dénombre également des Français, des Italiens et des Allemands.
En juin 1796, l’effectif est tombé à 346 hommes du rang. 
Lors de l’évacuation de la Corse par les Britanniques, la troupe déserte en masse ou demande la permission et obtient le retour à la vie civile. 
Le 24 novembre 1796, quelques officiers subalternes Corses démissionnent de leur charge. Cependant la dissolution officielle du régiment n’eut pas lieu avant un certain temps. 

En mai 1797, sir Charles STUART recommande sa dissolution. Les étrangers sont versés dans les Régiments d'émigrés au service de la Couronne, tels que DILLON, et dans différents régiments de ligne britanniques.

Dessin tiré de la planche n° 171 - Louis de Beaufort - In Les Troupes Corses 
La Sabretache n° 20 - Année 1973 - Avec l'aimable autorisation de La Sabretache.

SOLDE

Dès sa levée, le corps ne reçoit pas l'approbation du ministre DUNDAS. Il estime que la prime de 5 guinée ou 5 livres sterling par homme est trop élevée, alors que les autres unités levées en Corse n'en reçoivent que 3. ELLIOT donne les ordres nécessaires, puis revient sur sa décision. L'enrôlement n'indique aucune date de libération, quand dans les autres unités corses, le service est fixé soit à 3 ans ou le temps de la durée de la guerre.

UNIFORME

Ce régiment était vêtu pour la troupe :
Chapeau bicorne de feutre noir, avec un plumet blanc piqué sur le devant, cocarde noire. Chapeau porté de biais selon la mode.
Habit rouge, collet, parements, retroussis jaunes, boutons blancs.
Vestes et culottes blanches. Guêtres noires, Buffleteries de cuir blanc. Sabre et fusil.
Les officiers portent la même tenue confectionnée dans un drap plus fin dont le rouge est plus vif que la troupe. Leurs insignes sont en argent, et une écharpe cramoisie est portée sur la veste.

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LES DRAGONS LÉGERS CORSES 
THE CORSICAN LIGHT DRAGOONS

Seule unité de cavalerie levée en Corse pendant l’occupation britannique, en novembre 1794, sous les ordres de Sir Charles STUART. Sa prise de commandement est datée du 10 novembre. Elle comprend deux compagnies fortes de 3 officiers et 35 hommes chacune.
En juin 1795, Sir ELLIOT écrivait à son sujet de l’utilité douteuse de maintenir ces troupes. Des 40 ou 50 hommes qu’elle comprenait il n’en resta plus qu’une demi-douzaine, qui furent versés dans le régiment de l'Union. Cette dissolution semble avoir eu lieu à l’automne de 1795.
Les quatre officiers britanniques nommés aux troupes furent transférés vers d’autres régiments entre le 1er septembre et le 18 novembre. L’officier transféré le dernier est décrit comme "The late Corsican L.D." ( le regretté Corsican Light Dragoon).
Aucun renseignement connu sur l’uniforme de cette unité. On peut toutefois présumer que le régiment fut équipé d'un uniforme semblable à ses homologues britanniques.
 10th Light Dragoon en 1796
11th Light Dragoon en 1798

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LA GENDARMERIE ROYALE ANGLO-CORSE
 
Egalement appelée Corps Royal de la Gendarmerie, cette unité est levée le 8 novembre 1794 pour assurer les missions de police dans l’île, son commandement est confié par Sir ELLIOT au Lieutenant-Colonel COLONNA de LECA.
Forte à l’origine de 4 compagnies de 50 hommes et 3 officiers Corses chacune, elle est forte de 12 compagnies en 1796, sous le commandement du Lt-Colonel PERALDI.
Elle est utilisée pour lutter contre la rébellion dans les montagnes de l'intérieur.
En raison de ses missions de répression, elle est en butte à l’hostilité des populations. Une rixe l’opposant aux habitants de Bocognano nécessite l’ intervention de l’armée. Deux Officiers seront tués.
En 1796, cette unité se rallie aux forces républicaines venues reconquérir l’île, et les quatre compagnies originelles prennent du service après l'évacuation de l’île par les Anglais au mois d'octobre.
L’uniforme de cette unité ne nous est pas connue. On présume que l'unité continua à porter l'uniforme de la Gendarmerie Nationale.

Filippu Luigi GAVINI (1760-1834), propriétaire à Pietralba & Monticello. Fils de Paolo & Giulia PERI. 
Capitaine de la Gendarmerie Royale Anglo-Corse. Après le départ des britanniques, il est la victime de nombreuses exactions, comme l'atteste le document suivant :
"Le Maire de la Commune de Monticello, canton de Sant Angelo, arrondissement de Calvi, certifie à quiconque verra la présente, que le Sieur GAVINI Filippo Luigi, natif de Pietralba, propriétaire a servi dans l'Armée anglaise dans le Bataillon anglo corse commandé par le Sieur Colonel Giovan'Battista QUENZA, et successivement dans l'année 1796 est passé Capitaine dans la Gendarmerie anglaise. Le Sieur GAVINI continua de servir jusqu'à ce que l'Armée anglaise eût quitté la Corse. Je certifie également que le susdit Sieur GAVINI a enduré après le départ de ladite Armée de nombreuses persécutions, dommages et pertes dans ses biens, tant meubles qu'immeubles comme conséquence des services par lui rendus et de son attachement au Gouvernement de Sa Majesté Britannique : lesquels dommages et pertes atteignant la somme de neuf à dix mille francs. En foi de quoi, j'ai délivré le présent certificat pour valoir ce que de droit. Établi à la Mairie de Monticello ce jour 20 décembre 1824. L'adjoint municipal en l'absence du Maire (signé:) MORAZZANI".
Marié à Monticello le 11 septembre 1786 à Maria Francesca Susana Giulia GRANDI, dont une fille unique Lilla GAVINI.En 1820, Filippu Luigi reçoit une pension accordée par la couronne britannique par l'intermédiaire de Sir Charles STUART.

Par sa sœur Angela Martina GAVINI, (1769-1846) il est le beau frère de Giovan Francesco COLONNA de GIOVELLINA, Capitaine au 2ème Bataillon Royal Anglo-Corse, puis, en 1815, Commandant de la compagnie franche de Prato.

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COMPAGNIES FRANCHES CORSES
 
Levées en août 1796 pour la défense des côtes, composées d’ 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 enseigne, 2 sergents, 3 caporaux et 57 hommes de troupe. 
Ces unités disparaissent en octobre 1796 avec le départ des Anglais.
On retrouvera quelques années plus tard, d'anciens soldats dans les bataillons légers levés en Corses par BONAPARTE, 1er Consul.

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BATAILLONS ROYAUX ANGLO-CORSES
CORSICAN CORPS
 
En 1794, alors que règne la guerre civile, Sir Charles STUART, commandant en chef des troupes britanniques, et sous l’autorité du Colonel GREEN, inspecteur des troupes levées en Corse, à enrégimenter les troupes irrégulières et indisciplinées de PAOLI. Il décide la formation d’un régiment Corse fort de 3 bataillons de 500 hommes chacun sous l’autorité de Sir ELLIOT.
Le 11 novembre 1794, 1.500 hommes sont réunis.
- Le 1er bataillon, sous les ordres du Lt-Colonel QUENZA stationne à Bonifacio.
- Le 2ème bataillon, sous les ordres du Lt-Colonel COLONNA de LECA est stationné à Ajaccio.
- Le 3ème bataillon, sous les ordres du Lt-Colonel GIAMPETRI, est stationné à Corté, avec des compagnies détachées à Vizzavona et à St Florent, et Vivario.
Chaque bataillon est composé de 10 compagnies, et d’un état-major comprenant 1 major, 1 aumônier, 1 chirurgien, et 1 quartier maître trésorier.
L’engagement est souscrit pour une durée de trois et s’accompagne d’un serment d’allégeance au Roi Georges III, comme suit :
« Je jure d’observer et d’obéir aux ordres de sa Majesté, du vice-roi, des généraux et des officiers sous les ordres desquels j’ai été placé par sa Majesté. »
Car il est à noter, que tous les officiers britanniques à partir du grade de capitaine ont le pas sur tous les officiers Corses même d’un grade supérieur.
En septembre 1795, un 4ème bataillon est levé.

La désertion gagne les rangs d’une troupe qui est chargée de réprimer la population. Jugés peu surs, les bataillons sont alors confiés au commandement de deux officiers britanniques, le Lt-Colonel MONTRESOR & le Lt-Colonel PRINGLE. Ramenés à deux bataillons, ils stationnent à Corté.
En juin, 1796, une partie de ces bataillons participent à la prise de Porto-Ferrajo sur l’île d’Elbe, avec le Lt-Colonel MONTRESOR, qui sera nommé commandant de la garnison.
En octobre 1796, lorsque les britanniques évacuent la Corse, quelques officiers sous les ordres du Lt-Colonel GIAMPETRI, embarquent sur les navires anglais à destination de l’île d’Elbe. Les bataillons sont dissous.
 
UNIFORME
 
Les bataillons semblent avoir porté la tenue suivante :
Chapeau tricorne noir, avec cocarde noire, ganse et bouton blanc. Plumet blanc.
Habit rouge, parements en pointe, collet et revers de couleur bleu de roi, retroussis et passepoils blancs. Pattes d’épaule rouge liserée de blanc. Boutons blancs : 36 gros, et 4 petits.
Veste de couleur rouge, boutons blancs au nombre de 10.
Pantalon culotte de couleur bleu de roi avec 12 petits boutons.Demi-guêtres noires.
Manteau de toile brune avec un capuchon, doublé de blanc, muni de 10 gros boutons.
Buffleterie et giberne de cuir noir.
Sabre à garde de cuivre et fourreau de cuir noir. Fusil garni de cuivre, bretelle de cuir noir.
Bidon en bois peint en bleu de l’armée britannique.
Les caporaux portent des épaulettes à franges. (blanches ? ).
Les bataillons ont un drapeau sur lequel sont portées la tête maure et les armes d’Angleterre.

Pour cette unité, il est également fait mention d’un uniforme bleu à parements rouges, et culottes rouges.
Le drapeau porte la tête maure et les armes d'Angleterre.

Illustration tirée de la planche 171 - La Sabretache n° 20 - Année 1973
Avec l'aimable autorisation de La Sabretache.

BIOGRAPHIES

COLONNA de GIOVELLINA, Giovanni Francesco. Né à Prato en 1756 - Décédé à Prato le 17 novembre 1826.
Capitaine au 2° Bataillon Royal anglo-corse en mars 1796 - Commandant de la Compagnie Franche du Prato en 1815.

PASQUALINI Jean-Baptiste, né en 1752 à Bastia. Décédé en 1812 à Naples. Fils de Charles-Emmanuel et Madeleine ROLLANDELLI.
Entré au service Sous-lieutenant au Royal-Corse en 1780. Passé aux Chasseurs du Roussillon en 1788. Passé au service anglo-corse, Adjudant-major, puis Capitaine commandant au 2° Bataillon anglo-corse (mars au 21 juillet 1796). Commandant de la 1° Compagnie de Sapeurs napolitains en mai 1806. Capitaine au 1° Régt d'Infanterie de Ligne, puis Adjudant de place de Viesti (janv. 1807) et Amantea en Calabre (décembre 1808).

VIDAU François-Marie Ambroise, Sous-lieutenant aux Chasseurs des Ardennes en 1790. Émigre. Capitaine au 2° Bataillon Royal anglo-corse, au service britannique. Retraité Chef de bataillon en 1821. Chevalier de l'Ordre de Saint Louis.

ANDREANI Giovan Alfonso. Né en 1762. Capitaine au 3° Bataillon Anglo-Corses.

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LES CHASSEURS DE Mc LEAN – CHASSEURS FRANÇAIS

Parmi les royalistes qui avaient grossi les rangs des britanniques à Toulon, et qui avaient évacué la ville avec eux, se trouvaient deux compagnies de chasseurs. La première avait été levée à Toulon, sous les ordres du Capitaine HUNTER du 93rd Rgt of Foot le 31 octobre 1793. 
La seconde formée une semaine plus tard sous le commandement du Lt Haviland SMITH du 25th Rgt of Foot. Les compagnies sont fortes de 100 hommes chacune.
Ces deux unités furent chaudement recommandés pour grossir les rangs du détachement de David DUNDAS le 21 décembre 1793. Ils accompagnèrent HOOD en Corse et furent employés à la prise de l’île.
En décembre 1794, le Lt Mc LEAN du 50th Rgt of Foot, succéda à la compagnie de Haviland SMITH, ce qui amena à appeler ces compagnies les « Mc LEAN ». même si parfois ils furent nommés les Chasseurs français ou les Corses. Tous les officiers étaient britanniques, mais les hommes étaient français, même si après évacuation de la Corse, une vingtaine de recrues italiennes et allemandes provenant du Régiment de l’Union, fraîchement dissout y furent reçues.
En juin 1796, les Mc LEAN partirent pour l’île d’Elbe, et de là rejoignirent le Portugal. A leur arrivée à Lisbonne le 24 juin 1797, l’unité comprend 6 officiers et 77 hommes de troupe. 
L’unité est dissoute le même jour, et les hommes sont versés dans les corps d’émigrés stationnés au Portugal (Castries, Dillon, La Châtre et Mortemart). Leurs Officiers, dont 2 seulement étaient anglais, furent versés dans d’autres unités ou placés en demi-solde. Dans le courant du mois de juin 1797, une compagnie avait été réduite, seule était maintenue celle de Mc LEAN. L’unité est dissoute en 1798. Leur uniforme ne nous est pas connu.

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LES CORSICAN RANGERS
 
C'est l'unité Corse au service britannique la plus connue. Aussi un chapitre de ce site lui est entièrement consacré.
Levés à Minorque en 1799 sur le pied d'une compagnie d'infanterie légère de 200 à 300 hommes avec des réfugiés Corses, commandés par le capitaine MASSERIA.
L'effectif s'élève à 165 hommes le 1er septembre 1799, et à 226 hommes et 7 officiers au 1er octobre suivant.
Le 1er juillet 1800, le capitaine Hudson LOWE du 50th Foot est nommé major. C'est sous les ordres de celui qui sera le geôlier de Napoléon à Sainte Hélène, que les Corsican Rangers, et les Royal Corsican Rangers vont se distinguer jusqu'à son départ en 1812. Seule unité étrangère au service britannique dont les officiers sont Corses, et dont un seul atteindre un grade d'officier supérieur.
Ils vont se distinguer lors de la campagne d’Égypte en 1801, où ils débarquent à Aboukir le 8 mars. A l'avant-garde de la réserve aux ordres du général MOORE, à Canope le 21 mars, devant Le Caire qui capitule le 28 juin.
Distingués du sphinx sur leurs boutons et leurs tambours, ils quittent l’Égypte pour Malte le 1er janvier 1802. L'unité est est dissoute le 1er juillet suivant. 
Unités anglo-corse par Louis de Beaufort. 
Gravure extraite du numéro spécial de LA SABRETACHE n° 20 Année 1973
Régiment de l'Union - Bataillons Royaux anglo-corse - Corsican Rangers de 1ère et 2nde formation. 
 
LES ROYAL CORSICAN RANGERS
 
La paix d'Amiens étant rompue en mai 1803, Hudson LOWE est chargé de relever le corps qu'il avait jadis commandé et qui avait donné toute satisfaction. Ce corps dispose de la faveur royale, car il se nomme Royal Corsican Ranger.
Composé initialement de 10 compagnies de 50 hommes, en juin 1805, l'effectif se monte à 850 officiers, sous-officiers et soldats, pour atteindre en 1811, 1600 hommes répartis en 12 compagnies.
Ce corps est formé à Malte, et servira en méditerranée.
Le 22 novembre 1805, les Corses débarquent à Naples avec  un corps expéditionnaire fort de 7 000 hommes, sous les ordres du général Craig pour créer une diversion aux opérations de la Grande Armée alors en Allemagne. La victoire d'Austerlitz  et le traité de Presbourg qui met fin à la guerre avec l'Autriche, permet l'envoi de 40 000 hommes sous Masséna au devant des troupes de la coalition anglo-russo-napolitaine. 
Les Anglais vont rembarquer précipitamment  pour la Sicile, tandis que les Corses se sont repliés en Calabre avec l'armée napolitaine. Ils passent sous les ordres du général sir John Stuart.
En juin 1806, cinq compagnies des Royal Corsican Rangers, avec Hudson LOWE à leur tête s'installent dans l'ile de Capri qui a été conquise le 15 mai. 
Le 1er juillet, cinq compagnies des Royal Corsican Rangers, aux ordres du major Mac Combe débarquent à Sana Eufémia. A Maida, le 4 juillet, le feu nourri et bien ajusté des Corses, stoppe net la charge de la brigade Compère. Les français sont rejetés à la baïonnette.
Le 1er décembre 1806 l’effectif compte 728 hommes.
Les Corses gagnent par un ordre du 19 février 1809, le droit de porter le nom de Maïda sur leur bourons en plus du sphinx hérité du 1er corps, .
Les Corses sont tous sur l'ile de Capri en septembre 1808, l'effectif est de 684 hommes. Là ils vont affronter, les Corses du Real Corso qui combattent au service napolitain. Des combats fratricides vont se dérouler.
Réduit par le nombre et le manque de munitions, Hudson LOWE capitule avec les honneurs de la guerre. Son unité est rapatriée en Sicile.
En 1809, les Corses sont engagés dans l'expédition montée sur les Iles Ioniennes. Ils débarquent à Ischia le 24 juillet. L'ile est prise après deux jours de combat.
En octobre de la même année, ils participent à la prise des iles de Céphalonie, Zante, Ithaque et Cerigo.
En avril 1810, Sainte Maure capitule après neuf jours de bombardement, les Corses participent aux combats (550 hommes).
De 1812 à 1815, les Corses stationnent dans les îles Ioniennes. 
Le 1er janvier 1812, Hudson LOWE, nommé colonel, quitte son commandement en février suivant.
Ils sont dissous à Corfou au début de l'année 1817.

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LES CHASSEURS BRITANNIQUES. 1801 - 1814.

Cette unité n'est pas spécifiquement composée de Corses, mais le hasard a voulu qu'un insulaire a servi au sein de cette unité formée d’émigrés. Elle est issue de l'Armée de Condé, passée du service du Tsar à celui de la couronne britannique en 1800. 
Formé sur le pied d'un bataillon, chaque compagnie est levé sur le pied d' : 1 Capitaine - 1 Lieutenant - 1 Enseigne - 5 Sergents - 5 Caporaux - 97 soldats - 2 tambours soit  : 
112 hommes.
L'engagement est de 6 ans. Les soldats touchent les mêmes qualités d'habillement & quantités de vivres que les troupes britanniques.
La solde journalière est de 9 shillings 12 pence pour le Capitaine - 5 shillings 8 pence pour le Lieutenant - 4 shilling 8 pence pour l'Enseigne - 1 shilling 6 pence 3/4 pour le Sergent - 1 shilling 2 pence 1/4 pour le Caporal - 1 shilling pour le soldat - 1
shilling 1 penny 3/4 pour le tambour.




Sous-officier & 2 fusiliers des Chasseurs Britanniques.
Crédit photo Jean-François GIFFON-SCAPULA.



CRISTINI Michel. Natif de Corse. Il sert au sein de cette unité. Il est tué à la bataille de Fuentes de Onoro le 5 mai 1811.










QUELQUES PORTRAITS

FONDACCI de PAOLI, Agostino. Né en 1770. Fils de Pasquale, propriétaire à Santa Reparata & Maria Chiara de PAOLI (sœur de Pasquale PAOLI).
Officier au service britannique, il émigre. Pensionné de l'Angleterre.

RIVAROLA Francescu di - Lieutenant-général au service britannique.
Villafranca le 18/02/1779 – Argostoli (Grèce) le 07 octobre 1853. Fils d'Antonio, et petit-fils du comte Domenico de RIVAROLA (Bastia 1687 - Turin 1748).

Il s'engage à la mort de son père dans le Corsican Régiment of Foot le 18 mars 1795, alors qu'il n'a que 16 ans. Cette unité commandée par Sir George SMITH est plus connu sous le nom de « Smith 's Union Corps ». Cette unité combat les unités et les partisans pro-républicains français autour d'Ajaccio.
En 1796, les britanniques fuyant la Corse, il les suit avec une partie de son unité sur l’île d'Elbe. Il y est nommé lieutenant en octobre de la même année.

En 1800, il part en Égypte avec sir Ralph ABERCROMBY, avec le grade d'Assistant 2nd Master Général de Sir John HOPE, Sir Hildebrand OAKS & le colonel BERESFORD.
Dans le courant des mois de novembre & décembre, il est chargé du recrutement et de la formation du Corps of Maltese Pionners, fort de 400 hommes. Il les commande en Égypte, et participe aux combats d'Aboukir le 8 mars 1801, et de Canope le 21 mars suivant.
Il retourne à Malte. Il est nommé Major en 1803.
C'est l'année où il reçoit la mission de recruter des Corses pour former le Royal Corsican Rangers, dont le commandement est confié à Hudson LOWE.
Le 18 mars 1804, il est nommé capitaine au Royal Corsican Rangers,
En mai 1806, Sir John STUART lui demande de former le Royal Sicilian Volunteer Régiment. Il y est nommé Major Commandant.

Francescu di RIVAROLA - Portrait conservé au musée d'Argotoli
http://www.oletta.fr/mairie-d-oletta-autres-tombeau-rivarola-oletta-corse-2-95-fr.html


En juillet 1806, RIVAROLA participe à l'attaque sur Reggio di Calabria, avec son unité et des éléments du Royal Corsican Regimernt. Lors de cette attaque menée par le Général BRODERICK, il capture 600 soldats du 42° de ligne français.
En 1807, le général FRASER le charge de rencontrer Mahomet Ali pour obtenir la libération de 22 officiers & 600 soldats britanniques prisonniers des turcs. Il obtient cette libération sans verser aucune rançon.
Il rejoint son unité à Malte. Le 7 février 1811, il est nommé Lieutenant-colonel du Sicilian Regiment. En 1814, toujours à Malte, il y est nommé Inspector of Maltese & Foreign Corps.
Le 11 février 1815, Sir Thomas MAITLAND, le gouverneur de l’île lui demande de former le Royal Malta Fencible Regiment. Il en est nommé Lieutenant-colonel. Il restera à la tête de ce régiment jusqu'en 1853.
En 1816, il reçoit le commandement civil et militaire de l’île de Zante, Céphalonie & Ithaque. Il y fera face à une épidémie de peste. Il en devient le Lieutenant gouverneur en 1841,
Le 19 juillet 1821, il est nommé colonel. Le 3 mars 1825, il est promu Colonel Commandant du Royal Malta Fencible Regiment.

Francescu di RIVAROLA - http://www.lesruesdoletta.com/tour-du-village-voies-principales/traversa-francesco-di-rivarola/

Major-Général le 22 juillet 1830. Le 23 novembre 1841, il nommé Lieutenant-général de l'île de Malte au service de l'Angleterre.

Francesco di RIVAROLA a été nommé Chevalier de l'Ordre sarde de Saint Maurice & Saint Lazare en 1842.



Mausolée de Francesco di Rivarola
Oletta. 
http://oletta-2b.skyrock.com/2768560396-Le-Mausolee-Rivarola.html












SOURCES

Remerciements à Jean-Christophe ORTICONI de MASSA pour les renseignements concernant son ancêtre Filippu Luigi GAVINI.
Remerciements à M. Patrick SALICETTI, de nous avoir autorisé à reproduire le portrait du général Francescu di RIVAROLA figurant sur le site : http://www.oletta.fr/mairie-d-oletta-autres-tombeau-rivarola-oletta-corse-2-95-fr.html

- LES TROUPES CORSES - LA SABRETACHE N° spécial n° 20 - Année 1973.
- LES CORSES SOUS 3 DRAPEAUX - Dominique BURESI - Editions DCL - 2003.
- La "Isle of Capri" des Anglais" de René Chartrand in Soldats Napoléoniens - HS n° 1 - La prise de Capri.
- Nouvel Armorial Corse - Livre d'Or de la Noblesse - Jean-Christophe ORTICONI - Editions Jeanne LAFFITTE - 1992.
- Biographie du général Francesco di Rivarola site : http://www.lesruesdoletta.com/tour-du-village-voies-principales/traversa-francesco-di-rivarola/
- Emigrés & Foreign Troops in British Service (1) 1793-1802 - René CHARTRAND & Patrice COURCELLE - Men at Armes n° 328.

ICONOGRAPHIE

- Planche n° 171, N° spécial La Sabretache n° 20, Année 1973, par Louis de Beaufort. (Avec l’aimable autorisation de LA SABRETACHE)
- Remerciement à mon camarade Sébastien BEAULIEU pour m'avoir communiqué l'article et l'illustration tirés du GROUVEL.

http://blogpatrickgermain.blogspot.fr/2017/09/une-genealogie-corse-ancetres-et.html


JN POIRON - MAJ - 04/01/2019