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LES CORSES DANS LE TESTAMENT DE NAPOLEON

 LES CORSES DANS LE TESTAMENT DE NAPOLEON
 
 
Parmi les légataires universels de Napoléon, on relève les noms d’une vingtaine de Corses. L’Empereur a une dernière pensée pour les compatriotes, qui à un moment où un autre, ont croisé sa route. Voici ces personnages.

L’Abbé VIGNALI, Ange-Paul, est né le 12 avril 1784 à Bisinchi, canton de Morosaglia. Il se rendit à Rome en 1814 et y obtint un doctorat de médecine et de théologie en janvier 1819. Il offrit à Madame Mère et au Cardinal Fesch de se rendre à Sainte Hélène, où il accompagna l’abbé BUONAVITA qui avait été choisi comme aumônier de l’Empereur. Ils quittent Rome le 25 février 1819 et débarquent à Sainte Hélène le 20 septembre. L’abbé VIGNALI servira comme chapelain, et remplacera l’abbé BUNONAVITA comme aumônier le 18 mars 1821. Il administre l’extrême onction à Napoléon le 1er mai 1821 et reçoit son dernier soupir le 5 mai. Il conduit la cérémonie funèbre le 9 mai. Il quitte Sainte Hélène le 25 mai 1821 pour Rome qu’il quittera pour gagner la Corse en avril 1823. Il sera assassiné le 13 juin 1836 dans sa maison natale du hameau de Vignale, à Bisinchi, victime d’une vendetta. Il est nommé pour un legs de 115 000 Francs dans le testament du 15 avril 1821.

Nunzio François COSTA, pour un legs de 100 000 Francs dans le testament du 15 avril 1821. Né à Bastelica le 10 décembre 1763. Il entre comme lieutenant de la Garde Nationale le 1er mars 1791, dans la compagnie commandée par François BONELLI, capitaine du 2ème Bataillon de Volontaires Corses d’Ajaccio et de Tallano, dont Napoléon Bonaparte fut Lieutenant Colonel. Il participe avec Bonaparte à l’expédition de Sardaigne en octobre 1792. En mai 1793, il aide Létizia BONAPARTE et ses enfants à quitter Ajaccio et la Corse. Il trouvera refuge ainsi que sa famille sur le continent.Lors de la reconquête de l’île, il passe dans la Gendarmerie et est nommé Capitaine le 12 juin 1801. Il prend sa retraite le 6 février 1813. Il prit attache par deux fois avec Napoléon en exil sur l’île d’Elbe. Aux Cent-Jours, il reprend du service comme capitaine de Gendarmerie à Ajaccio le 9 juin 1815. Il sera promu chef d’escadron par décret impérial du 11 juin 1815. Mit à la retraite le 1er septembre 1815 ; il redeviendra chef d’escadron sous le règne de Louis-Philippe le 5 mars 1832. Il meurt à Bastelica le 16 septembre 1832.

POGGI de Talavo, pour un legs de 100 000 Francs dans le testament du 15 avril 1821. Il était lié dès l’enfance avec Napoléon. Il était juge à l’île d’Elbe, lorsque Napoléon y fut exilé. Ce dernier le chargea de certaines missions. Il meut sans descendant direct le 20 juillet 1835.

Jean-Jérôme LEVIE pour un legs de 100 000 F dans le 5ème codicille du 24 avril 1821. Né en 1740, avait été un patriote, ardent partisan de PAOLI pendant la guerre d’indépendance de l’île. Le chanoine Pierre LEVIE et lui-même avaient été les chefs du parti Paoliste à Ajaccio. Il fut le premier maire élu d’Ajaccio en 1790, et sera un allié du clan BONAPARTE, lorsque PAOLI s’éloignera de la Révolution. C’est à son domicile que Napoléon trouvera un asile en mai 1793, alors qu’il était recherché par les Paolistes. Jean-Jérôme LEVIE s’occupera de la gestion des biens des BONAPARTE après leur départ précipité de Corse.Devenu 1er Consul, Napoléon, le nomme maire d’Ajaccio le 4 avril 1800, mais il doit refuser la charge en raison de son âge. Il est nommé conservateur des Bois & Forêts de la Corse le 23 février 1801. Il décède à Ajaccio le 3 décembre 1801.

Jean-Noël SANTINI, pour un legs de 25 000 Francs dans le 5ème codicille du 24 avril 1821. Petit Corse, noiraud et volubile, né  le 17 juillet 1790 à Lama.
Engagé à l’âge de 14 ans, en se présentant au bureau de recrutement de Bastia, admis comme tambour au Bataillon des Tirailleurs Corses. Il se rendra à Antibes et de là, rejoindra son unité, commandée par le Chef de Bataillon CATTANEO, au camp d’Ambleteuse en avril 1804. Il fait toutes les campagnes de l’Empire sans aucune blessure, jusqu’à Moscou. Durant la retraite de Russie, il quitte l’armée et entre comme estafette au Quartier Général Impérial. Il se trouvait à Fontainebleau, lorsqu’il sollicite l’honneur d’accompagner l’Empereur à Sainte Hélène. Il est chaudement recommandé par son ancien chef, le général Philippe d’ORNANO, lui-même cousin de Napoléon. Pendant les Cent-Jours il est nommé gardien du Portefeuille Impérial. Désigné par Napoléon pour l’accompagner à Sainte Hélène, il exercera la fonction d’huissier, il sera avec CIPRIANI, le maître d’hôtel, un autre Corse, dans l’entourage intime de Napoléon, avec lequel ils ne parlent qu’en Corse.

Jean-Noël Santini

Réputé pour ses qualités de bricoleur, il est le factotum de Longwood, il répare les chaussures, ravaude et confectionne les vêtements, et coupe les cheveux de l’Empereur. Il braconne également autour de Longwood, et un jour se vante d’avoir tenu le gouverneur Lowe dans sa ligne de mire. Ce bruit vient à l’oreille de l’Empereur qui le tance : « Comment brigand, tu voulais tuer le gouverneur ! Misérable, qu’il te revienne de pareilles idées et tu verras comme je te traiterai ». Quand le gouvernement britannique ordonne de diminuer le train de vie de la « cour » de Longwood, le départ de 4 domestiques, Napoléon le choisit et le charge de faire connaître en Europe sa protestation. Ce texte est écrit sur une pièce de satin cousue dans la doublure de ses vêtements, mais le pauvre garçon dut l’apprendre par cœur. Il quitte Sainte Hélène le 19 octobre 1816 et débarque à Portsmouth le 12 février 1817. il fait publier à Londres la véhémente protestation sous le titre « Appel à la Nation Anglaise sur le traitement éprouvé par Napoléon Bonaparte dans l’Isle de Sainte Hélène ». SANTINI fut alors l’objet d’une étroite surveillance par toutes les polices Européennes. Ce n’est qu’après la mort de l’Empereur que cette surveillance se relâche un peu. Il se rendra en Corse, mais repartira quelques mois plus tard, vivant constamment surveillé par des mouchards à la solde de Charles X. Sous Louis-Philippe, il trouvera un petit emploi dans les Postes, et Napoléon III, grâce à la bienveillance de Jérôme, le nomme gardien du tombeau des Invalides en octobre 1853. Il trouvera au poste de Gouverneur des Invalides, son ancien chef le général d’Ornano. Jean-Noël décède à Paris le 23 juillet 1862, et sera inhumé deux jours plus tard dans la fosse commune au cimetière Montparnasse. Aucun monument ne fut élevé à sa mémoire pour rappeler son dévouement à l’Empereur.

Joseph Philippe ARRIGHI (1758-1836), couché dans le 7ème codicille daté du 25 avril 1821 pour un legs de 30 000 Francs., occupait le poste de Grand Vicaire à l’île d’Elbe. Il reçut Napoléon à son arrivée à Porto Ferrajo, et devint au cours de l’exil Elbois son aumônier.

Jean Mathieu Alexandre SARI, naît à Ajaccio le 20 février 1792 d’une famille alliée au clan des Bonaparte. Élève du Prytanée à Saint Cyr en 1801, il entre dans la Marine en 1807. Aspirant en 1814, il refuse de servir les Bourbons et rejoint l’Empereur à l’île d’Elbe. Nommé enseigne de vaisseau, il commande en second le brick l’Inconstant. Lors du retour de l’Aigle, il est promu Lieutenant de vaisseau et fait chevalier de la Légion d’Honneur., en mer le 27 février 1815. Après les Cent-Jours, il se réfugie en Corse, puis aux États-Unis en passant par l’Italie. Aux États-Unis, il passe au service de Joseph Bonaparte. Rentré en France en 1835, il se lance dans l’industrie en achetant une manufacture de papier. En 1844, il est le conservateur de la Halle aux vins de Paris, puis directeur de la Caisse de Poissy. Au début du Second Empire, il est le président de l’Association philanthropique des Anciens Soldats de l’Armée Impériale. En 1855, il touche 25 000 Francs sur les 30 000 du legs impérial. Il meurt à Paris le 14 juin 1862, le jour de la translation des restes du roi Joseph de Florence aux Invalides. Il est inhumé au cimetière Montparnasse.

Jean Baptiste RECCO, est l’Abbé qui apprit à lire au futur Empereur. Il était né à Ajaccio vers 1741. Décédé en 1809, le don de 20 000 Francs fut distribué à ses neveux.

Ours François PAOLI, né à La Porta d’Ampugnani le 12 septembre 1765. sert comme soldat au Régiment Royal Corse de 1784 à 1789, brigadier à la 28° division de la Gendarmerie Nationale le 10 janvier 1793, promu Maréchal des Logis le 19 juin suivant et Lieutenant le 15 juin 1804. Il s’illustre en Corse au cours de la révolte de l’An VII en arrêtant le chef des rebelles le général GIAFFERI et en saisissant toute sa correspondance. Il sert dans la Compagnie du département de la Méditerranée, et commande à l’île d’Elbe quand l’Empereur y part en exil. Il accepte de rester au service de Napoléon et sera nommé chef de la Gendarmerie de l’île. Il sera nommé capitaine par Napoléon le 29 mai 1814. Il fait partie de l’expédition qui ramène Napoléon sur son trône, et est incorporé le 23 mars dans la Gendarmerie de la Ville de Paris. Il décède le 30 août 1840, et sa veuve et son fils Alexandre seront les bénéficiaires du legs impérial de 20 000 Francs.

François FILIDORO, né à Porto-Vecchio le 1er avril 1766. il occupait la fonction de capitaine du port de Porto-Ferrajo. Connu pour ses qualités de marin, son zèle et son honnêteté. L’Empereur se l’attache et le nomme enseigne de vaisseau par décret du 4 juin 1814. C’est au port que les nouvelles arrivaient, et après les avoir collationnées i l en donnait connaissance à l’Empereur. Il participe à l’expédition du retour, en après le débarquement retournera à Porto-Ferrajo informer Madame Mère du succès de l’opération. Nommé Lieutenant de Vaisseau par décret du 3 mai 1815, il fut radié par la Restauration et recherché, mais ne fut pas trouvé malgré sa présence à Porto-Ferrajo.Il fit partie du corps expéditionnaire de Morée, nommé capitaine du port de Modon, puis de Navarin. Il devint capitaine du port de Bougie avant de prendre sa retraite en 1849. Il décède le 16 février 1851.

Jules François MATRA, né vers 1804, fils de la veuve MATRA, qui fit partie de l’entourage de Madame Mère à Porto Ferrajo.Bénéficiaire d’un legs de 20 000 Francs, il décède à Pianello, Canton de Moïta le 20 avril 1841.

Joseph LUVICONI, de Bastelica, bénéficiaire d’un legs de 20 000 Francs. Il avait été officier dans le bataillon de Volontaires que le jeune Bonaparte commandé. Il était également le beau-frère de Nunzio COSTA. En 1855, il était décédé le legs profita à ses enfants.
 
Nicolas FARINACCI, le berger de Bocognano, qui était au service des BONAPARTE. Il accompagnait le jeune Napoléon en mai 1793 pour se rendre d’Ajaccio à Bastia pour y rencontrer le commissaire de la Convention , quand ils apprirent en route, qu’ils risquaient d’être assassinés par les Paolistes en passant par Corté. Le legs de 10 000 francs bénéficia à ses enfants.

Joseph Antoine CHIARELLI, dit Bacaglinu, pour un legs de 10 000 francs. Il était ce berger qui vint rendre visité à l’Empereur à l’île d’Elbe. Il décède à Bocognano dans le courant de l’année 1824, il était âgé de 99 ans.

Antoine COSTA, constructeur de gondoles du faubourg d’Ajaccio, pour un legs de 10 000 Francs. Il était né vers 1749. il faisait activement partie du clan des BONAPARTE dans les années 1792-1793. Le legs profita à ses enfants.
 
François Marie BRIGNOLI, dit Marinaru. Sergent au Bataillon des Volontaires Corses, commandé en second par Napoléon BONAPARTE. Lors de la préparation de l’expédition de la Maddaléna, en janvier 1793, à Bonifaccio, Napoléon fut pris à partie par des marins Marseillais, alors qu’il se promenait. Marinaru s’interposa et frappa de son stylet ceux qui menaçaient Napoléon. Il fit s’enfuir les marins. Sa veuve et son fils unique Charles bénéficièrent du legs de 10 000 Francs.
 
Octave Grimaldo MARCAGGI, pour un legs de 10 000 Francs, Maréchal des Logis de Gendarmerie à l’île d’Elbe. Né vers 1769 à Bocognano, il décède le 8 juillet 1851. Il était probablement de ceux qui aidèrent le jeune Bonaparte à échapper aux Paolistes. En 1814, il sert dans la Gendarmerie de l’île d’Elbe. Il fait partie de l’expédition de retour, et est incorporé dans la Gendarmerie de la Ville de Paris.

Ange Toussaint BONELLI, dit Santo Ricci, pour un legs de 10 000 Francs. Né le 5 septembre 1771 à Bocognano. A contribuer en compagnie de Félix TUSOLI, Paul André LECA, François MONETA, à libérer des Paolistes qui l’avaient arrêté, le jeune Bonaparte en mai 1793. Il avait servi comme volontaire dans le bataillon que commandait son frère François, et où Napoléon avait été Lieutenant Colonel. Sous Lieutenant au 17° bataillon d’Infanterie Légère, il est nommé Capitaine en 1794 à Bastia. Après la reddition de la place, il sert à l’Armée d’Italie. Le général BONAPARTE qui a le projet de reprendre l’île aux Anglais, l’envoie en avant garde avec son frère François. Capitaine dans la Gendarmerie en Corse en 1797, il est nommé chef de bataillon à l’état-major de l’armée d’Italie en 1799. Chef du 3° bataillon Corse en 1804, il passe au service de Naples en 1806, alors sous le règne de Joseph. Nommé Colonel de la Gendarmerie Napolitaine en 1813, il est licencié en 1815. Réadmis au service de la France, en 1816, il est mis à la retraite en 1818. Il se retire à Bocognano où il devint maire. Murat l’avait anobli Baron de la FERRANDINA.

Jean VIZZAVONA, pour un legs de 10 000 Francs, né vers 1756 à Bocognano ; fut celui qui offrit l’hospitalité à Napoléon BONAPARTE , après qu’il ait été libéré des Paolistes. Il se rendit à l’île d’ Elbe et fut reçut plusieurs fois par l’Empereur. Il décède à Bocognano le 23 mai 1821.
Joseph POGGIOLI , pour un legs de 20 000 Francs, né vers 1739, ancien maire d’Ucciani. En mai 1793, donne l’asile à Napoléon BONAPARTE, après sa libération par Ange BONELLI. Le lendemain POGGIOLI et ses alliés en arme, raccompagnaient Napoléon à Ajaccio. Il décède le 7 novembre 1833, à Ucciani à l’age de 94 ans.

François ANTOMMARCHI, médecin de l’Empereur à Sainte Hélène. Personnage controversé. Pour les uns excellent médecin, pour d’autres charlatan.
Il naît 
en 1789 à Morsiglia.
Docteur en médecine et en philosophie. Il se trouvait à Florence comme chef de dissection du célèbre docteur Mascagni, quand il accepte de partir au chevet de l’Empereur qui se trouvait sans soins depuis le départ du Dr O’Meara. C’est pour des raisons bassement financières qu’il fut préféré (9.000 F ) par Madame Mère et le Cardinal Fesch, au Dr Foureau de Beauregard qui avait pris soin de l’Empereur à l’île d’Elbe – il demandait un traitement de 15 000 F.Il embarque à Rome le 25 février 1819 et arrive à Ste Hélène le 19 septembre.

François Antommarchi par Vittore Pedretti

L’Empereur l’accueille avec bonhomie; l’appelant dans l’intimité Capucorsinacciu. A la première aus-cultation de son impérial patient, il diagnostique une maladie de complaisance et suggère des sorties. L’em-pereur n’a pas mis le pied dehors depuis plus de 18 mois ). Il ne se plait pas à Longwood, et obtint du gouverneur l’autorisation de séjourner à Jamestown.En juillet 1820, l’Empereur est alité souffrant d’une forte fièvre et d’une douleur dans la région du foie qui s’étend jusque dans l’épaule. Ses connaissances médicales se trouvant limitées, il parle alors de retourner en Europe. Il reste mais on lui flanque le Dr Ecossais Arnott.
L’Empereur est de plus en plus souffrant, il est soumis à des prescriptions diverses : pilules de rhubarbe, du quinquina, de l’opium, de la cannelle, de la quinine, des lavements et des frictions à l’eau de Cologne. Il n’est plus qu’un mourant pestant contre la maladie et son "dottoracciu".
Je lègue à Antommarchi, vingt francs pour acheter une corde pour se pendre ! (9 avril1821). Le 28 avril 1821, il fait la promesse à l’Empereur qu’aucun anglais ne touchera son corps. Le 3 mai, il administre la dose de calomel qui précipite l’agonie de l’Empereur. Il procéda à l’autopsie de l’Empereur en présence de 7 français et 9 Anglais, et découvrit dans l’estomac un ulcère cancéreux. Il réussit à s’approprier grâce à la complicité de Mme BERTRAND, le masque mortuaire réalisé par un anglais le Dr Burton et à s’en attribuer la paternité.
Il quitte Ste Hélène le 19 mai 1821, il arrive à Rome le 3 novembre. Il ne réussit pas à se faire recevoir par Marie-Louise. Il est ensuite aimablement éconduit par Mme Mère. Il se rend ensuite à Paris. Il rédige et publie ses mémoires en 1825. Il attendra la mort du Dr BURTON en 1833 pour lancer une souscription pour le masque mortuaire. En 1837, il part pour la Louisiane, le Mexique et Cuba, où il décède le 03 avril 1838 de la fièvre jaune. L’Empereur priait Marie Louise de prendre Antommarchi à son service, et lui versait une pension à vie de 6.000 F. Si Marie-Louise acceptât de verser la pension, elle refusa les services du médecin. A cette pension aurait été ajoutée la sommes de 100 000 F selon une attestation des exécuteurs testamentaires. En novembre 1851, Napoléon III fera ériger un monument dans le cimetière de Santiago de Cuba.
Léger, bavard, vaniteux et tortueux, assez ignorant de plus, il ne possédait même pas ces qualités humaines qui lui eussent permis d’être de quelques secours à l’Empereur pendant sa dernière maladie. (G. Martineau)
 
Camilla ILARI, née CARBONE vers 1740, elle épouse Augustin ILARI dont elle eut deux enfants. Attachée à Napoléon qu’elle aimait comme un fils, elle assiste au sacre. Napoléon lui fit don de deux vignes et de la maison RAMOLINO rue Saint Charles. L’Empereur Il émit le vœu que les enfants et petits enfants de sa nourrice puissent passer au service de son fils.
Il est à noter que Jeanne, la fille de Camilla ILARI, épousa Dominique TAVERA. Ils eurent une fille prénommée Faustine, filleule de Napoléon. Elle épousa en 1808 Don Bernard POLI, né en 1767 à Solaro. Capitaine au Bataillon des Chasseurs Corses du Liamone, puis Chef de bataillon, reçoit le commandement du Fort de Gavi près de Gênes. Il suit Napoléon sur l’île d’Elbe.Lors du retour de l’Aigle, est chargé du soulèvement de la Corse. POLI s’acquitta fort bien de sa tache, puisqu’il tint en haleine les troupes royales dans la région du Fiumorbo, et dont le Marquis de Rivière dut négocier la reddition en 1816.
 
RÉCAPITULATIF DES LEGS
 
Montant des legs du Testament du 15 avril 1821.
Abbé VIGNALI 115 000 F - Nunzio COSTA 100 000 F - POGGI de Talavo 100 000 F = 315 000 F

5° codicille du 24 avril 1821
Jean-Jérôme LEVIE 100 000 F - Jean-Noël SANTINI 25 000 F = 125 000 F 7° codicille du 25 avril 1821, écrit et signé de la main de Napoléon, il devait rester secret et n’être communiqué au’aux trois légataires testamentaires : BERTRAND, MONTHOLON & MARCHAND.Grand vicaire ARRIGHI 30 000 F - Lieutenant SARI 30 000 F - Abbé RECCO 20 000 F - Commandant PAOLI 20 000 F - Capitaine FILIDORO 20 000 F - MATRA 20 000 F - LOVICONI 20 000 F - Nicolas FARINACCI 10 000 F - Joseph Antoine CHIARELLI (Bagaglinu) 10 000 F - Antoine COSTA 10 000 F - Veuve ou fils du Sergent BRIGNOLE 10 000 F - MARCAGGI 10 000 F - Toussaint BONELLI 20 000 F - Jean VIZZAVONA 10 000 F - Joseph POGGIOLI 20 000 F = 260 000 F

L’Empereur a encore une pensée pour sa parentèle, le député André RAMOLINO, né à Ajaccio vers 1767, il était le cousin germain de Létizia. En mai 1793 il accueillit le jeune Bonaparte et l’aida à échapper aux Paolistes. Il dut quitter la Corse également et ses biens furent pillés.En 1801, le Premier Consul, le nomme directeur des Contributions Directes de Corse à Ajaccio. Il conserve ces fonctions sous l’Empire. En 1814 il retrouve Madame Mère à l’île d’Elbe, et l’accompagne en France en mai 1815. Nommé comte de l’Empire le 11 juin 1815. Après Waterloo, il se retire en Corse. Il refuse de recevoir Murat lors de son passage.En 1819, il est élu député de la Corse, et le restera jusqu’en 1824. Siégeant et votant à gauche.Il passait pour être le plus riche propriétaire terrien de l’île. Il avait épousé Madeleine BACCIOCHI, sœur cadette de Félix, le mari d’Elisa BONAPARTE. Il meurt sans descendance le 28 décembre 1831.Il avait reçu par acte du 23 mars 1805 la maison BONAPARTE.

Napoléon souhaite à une des ses cousines PALLAVICINI, d’épouser DROUOT, le sage de la Grande Armée. Il s’agit en fait Maria Antonia Letizia PARAVICCINI , fille de Nicolas PARAVICCINI qui avait épousé en première noce Gertrude BONAPARTE, la sœur de Charles. Devenu veuf, il avait épousé Maria Sara PO, la marraine du lieutenant SARI. De cette union naquit deux filles, Maria Antonia morte en 1799, et Maria Antonia Létizia, née en 1800. Malheureusement pour DROUOT, elle avait épousé en 1817, le général Tiburce SEBASTIANI (1788-1871), frère d’Horace.

L’Empereur est sur son lit de souffrances, tordu par la douleur, pris par les vomissements. Il n’a plus de forces. A qui peut-il penser ? Il sait que sa fin est proche, car , il sait que tout à une fin. Sa vie défile devant ses yeux. Il sait aussi que son ascension n’est pas du au seul trait de son génie. Que le petit fil ténu de sa vie a failli tant de fois être coupé. Alors il revoit les visages de ceux qui l’ont entouré. Mais pas ceux qui l’ont flatté ou trahi. Non ceux qui n’avaient rien à lui témoigner si ce n’est de l’amitié, ou du zèle pour le servir. Et sa mémoire fait le travail à l’envers, à chaque moment de sa vie qui défile un visage, un nom confus. Alors il prend sa plume, son papier et , dans ce qu’il appellera pudiquement « legs de conscience », Napoléon se souvient et remercie à sa manière. Napoléon disait, " j’aime qu’on me croit dur, ça m’évite de l’être" a démontré qu’il savait aussi être un homme de cœur.                                                          
 
JN Poiron – 2004

Sources :
Les Corses dans le testament de Napoléon ; Le codicille secret par Fernand BEAUCOUR - Revue du Souvenir Napoléonien N° 420 octobre-novembre 1998.
Le Mémorial de Ste Hélène tome 2 – par le Comte de Las Cases – Ed. Famot Genève 1979
Dictionnaire Napoléon par J. Tulard. Ed. Fayard – oct. 1987
Napoléon au jour le jour, par J Tulard et L. Garros – Ed. Tallandier – sept 2002

Illustrations:
Catalogue de l'Exposition - NAPOLEON ET LA CORSE -Musée de la Corse - Collectivité Territoriale de Corse