01.0 - BANDES CORSES AU SERVICE DES ROIS DE FRANCE

BANDES & MERCENAIRES CORSES 
AU 
SERVICE DES ROIS DE FRANCE


Le service des Corses au profit de la France est ancien. Il tire ses origines sous Charles VI (1368-1422) de 1386 à 1409, puis de 1456 à 1460, et enfin 1499 à 1507, époque  où Gênes est alliée de la France. 
Le service des mercenaires Corses au service de France se fait par l'alliance avec Gênes et perdure jusqu'au XVI° siècle.
C'est au cours des guerres d'Italie que les Corses vont se tailler leur réputation de soldats solides et endurants, tant au service de France et de ses alliés, que du côté des Impériaux et des souverains pontifes.
Une expédition Franco-génoise placée sous l'autorité de Charles VII (1403-1461), reprend l'île de Chio aux Turcs en 1409. Expédition où les mercenaires Corses prennent part en grand nombre.
Quand Gênes tombe sous l'hégémonie espagnole et impériale vers 1528, les Corses continuent de servir la France avec Sampiero. Ils acceptent le premier rattachement de leur île à la France (1552-1559), mais le traité de Cateau-Cambrésis la restitue à Gênes.
La France est appelée par Gênes pour une mission de conciliation et d'arbitrage à partir de 1738. La courte campagne de 1768-1769 la rattache définitivement au Royaume. Durant cette période, le service est effectué par des soldats de métier qui servent des unités spécifiques.

Charles VI , roi de France de 1386 à 1422
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2320







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 ARCHERS ET ARBALÉTRIERS
 
Les mercenaires Corses au service des rois de France ont du apparaître en importance à partir de 1347, date de la mainmise de Gênes sur l'île. Les chroniqueurs de l'époque les nomment "Génois" car ils appartiennent aux troupes fournies par Gênes, ainsi qu'aux compagnies de "brigands" cavaliers légers d'origine italienne levés par Jean le Bon pour remédier aux carences de Crécy.
Vingt ans plus tard, des Corses figurent dans les compagnies d'archers français. Leur présence figure sur les registres des montres (revues) des XIV° au XVI° avec la mention Corso accolée au prénom.
Les Ordonnances de 1448 à 1451 créent un système entre les troupes permanentes et les levées en masse : "Les francs archers". Chaque ensemble de 50 feux devait entretenir l'un d'eux, qui s’entraînait le dimanche, et se tenait prêt en attendant d'être convoqué.
Mal instruits & non commandés, ils furent vite surnommés les "francs taupins" (se cachant come des tupes lors des combats).
Louis XI les réorganise en 1469, leur adjoignant des piquiers, et en créant quatre grandes circonscriptions territoriales commandées chacune par un Capitaine-Général, placé à la tête de huit compagnies de 500 francs-archers.
Le système ne se montre toujours pas fiable. En 1480, le roi décide de recruter 14 000 hommes de pied, complétés par des mercenaires et les fit instruire par 6 000 Suises au camp du Pont de l'Arche.
Ils formèrent alors des bandes de 800 piquiers & 200 archers, et allèrent tenir garnison en Picardie, d'où leur nom de bandes picardes.

Quant aux arbalétriers génois, ils ont toujours bénéficié d'une solide réputation dès le moyen-age. Cette arme était notamment utilisée pour la défense des navires.
Malgré la lenteur de leur chargement, 2 à 3 carreaux par minute, l'arbalète est une arme extrêmement dangereuse. Son projectile est  capable à plus de 100 mètres, de traverser toute type d'armure de l'époque. Dans le même temps, un archer anglais pouvait lancer de 10 à 12 flèches.
A Crécy, les arbalétriers Génois constituent la grande majorité des 15 000 piétons de l'armée de Philippe VI de Valois. La forte pluie qui tombe le jour de la bataille ayant distendu les cordes, les arbalètes devinrent inefficaces. Les arbalétriers devinrent alors des proies faciles pour les archers anglais. Un vent de panique saisit les Génois qui se débandèrent. Les chevaliers français croyant à une trahison, les chargèrent en mettant bas la lance.

Type d'arbalétrier au service français à Crécy le 26 août 1346 - Men At Arms 111 - Les armées de Crécy et Poitiers. Coll. de l'auteur.

Selon Xavier POLI, le premier insulaire qui apparait sur un de ces états, se nomme Lombardin Corso, il fait partie des 80 arbalétriers de la compagnie d’Étienne Sauvaige, dont la revue est passée à Saint Jean d'Angely en 1386.
On relève également un Bernardin de Bonifacio, arbalétrier de Guy de Pise en 1387, Pierre, écuyer dans la compagnie de Colin de la Haye, & Aubertin, arbalétrier sous Antonio CONTI.
Aux côtés de Jeanne d'Arc, on relève les noms de Nicolas de Corsy, Georges de Cervione, Jean et Mathieu d'Ornagne. 


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GENS D'ARMES DES COMPAGNIES D'ORDONNANCE


Elles sont créées par Ordonnance du Roi Charles VII le 26 mai 1445, pendant une accalmie de la Guerre de Cent-Ans. Ces compagnies vont former le noyau d'une armée régulière et permanente.
Elles sont au nombre de 15, la 15ème était la compagnie de la Garde. Ces unités sont essentiellement composées de cavaliers, et l'unité de base est la lance. Chaque compagnie est forte de 100 lances. Chaque lance est organisée autour d'un sergent d'armes, appelé lancier. A leur création, la lance ou lance garnie est formée de 6 hommes : 1 lancier, 3 archers, 1 coutilier qui sont des combattants et 1 valet.
Le Roi dispose ainsi d'une armée permanente de 9 000 hommes, dont 7 500 combattants. Le Roi peut à tout moment augmenter ou réduire le nombre de lances en fonction de ses besoins.
De 1445 à 1448 : 1 500 lances
fin du règne de Charles VII : 1 700 à 1 800 lances.
1477 à 1483 (fin du règne de Louis XI) : 4 000 lances en 58 compagnies
1485 : 2 500 lances
1490 : 3 200 lances
En 1498, la lance compte 7 hommes : 1 lancier, 4 archers, 1 coutilier et 1 page.
Quant aux compagnies, leur effectif est inégal, et peuvent compter de 25 à 100 lances.

Charles VII (1403 - 1461), roi de France de 1422 à 1461 par Jean Fouquet
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_VII_(roi_de_France)

Au fil du temps les compagnies vont suivre l'évolution de l'armement en se dotant d'armes à feu. 
C'est cette armée permanente qui va mettre fin à la guerre de Cent-Ans.

En 1515, François 1er en modifie la composition, la lance est portée à 8 chevaux : 1 lancier, 5 archers qui sont des combattants, 1 page et 1 valet d'armes.
En 1530, le Roi réduit le nombre des compagnies à 80, mais il augmente la solde des hommes d'armes d'1/5° en répartissant la solde des lances réformées.

En 1547, Henri II supprime les écuyers et les valets, et fixe les compagnies de Gens d'Armes à 115 cavaliers sur le pied suivant : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 enseigne, 1 guidon, 1 maréchal des logis, 35 maîtres, 75 archers. 

A partir d'avril 1445 des Corses sont admis dans les Compagnies d'Ordonnance. Assimilés à des gentilshommes français, les Corses se sont maintenus dans ces compagnies jusqu'à la fin de l'institution. 
Ils forment la majorité des maîtres de la Compagnie de Cent Hommes d'armes du roi commandée par Alphonse d'ORNANO ainsi que le montre un état de revue daté de mai 1596.

Ci-contre Cavalier d'une Compagnie d'Ordonnance en 1445 - NYPL - Collection Vinkhuijzen, Hendrik Jacobus

En temps de paix, les lances d’ordonnance sont assignées dans des places désignées à l’avance. Elles ont l’obligation d’être disponibles immédiatement en cas de besoin, au complet et équipées. Pour vérifier la qualité de l’équipement et des effectifs, des montres (revues) sont effectuées chaque trimestre par un maréchal. 
Les cavaliers peuvent bénéficier de congés (permissions) réglementés. Limités à 15 % de l'effectif d'une compagnie, ceux ci vont passer progressivement à 30 %. L’ordre de prise des congés est prévu à l’avance, chacun ayant son tour, et la liste des soldats en congés est transmise à l’avance à Paris.

Aux Compagnies d'Ordonnance, succède au XVII° siècle la Gendarmerie de France, qui va jouer le rôle de la cavalerie de réserve de la maison du Roi.

ÉQUIPEMENT & UTILISATION

L'homme d'armes, sergent d'armes ou lancier était le commandant de la lance. Il fournit son équipement, une salade (casque à visière), un harnois blanc (armure de plates), une épée et une lance.
Le coutilier est équipé d'un casque, d’une protection de corps (brigandine), et de jambes, d'une épée, d'une dague et d'une arme d'hast.
Les archers sont coiffés de casques appelés barbute (casque sans visière), de protections de bras. Ils peuvent utiliser tant l'arc que l'arbalète. Ils manient aussi l'arme d'hast.
Le page et le valet n'ont pas de rôle militaire. Ils s'occupent de l'intendance. Le valet a la garde des bagages et même s'il ne se bat pas il doit pouvoir se défendre. 
L’homme d'armes n'est pas nécessairement noble, il devait pourvoir à son équipement à ses frais. Il n'est donc pas rare de voir parmi les archers ou les coutiliers des nobles qui ne peuvent se payer l’armure qui est coûteuse.
Les troupes françaises se reconnaissent par le port d'un hoqueton rouge à croix blanche.
Généralement, les hommes d'armes combattaient à cheval, faisant le rôle de force de frappe. Les coutiliers étaient démontés pour manier l'arme d'hast et les archers étaient montés ou démontés, selon les besoins du commandant de l'armée.


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GENS DE PIED ET BANDES CORSES
 

Bataille entre Héraclius & Choroes par Pietro della Francesca (Entre 1412 & 1420 - 1492)
Ce tableau est la première représentation picturale de la bannière à tête du Maure.
Elle a le mérite de présenter plusieurs type d'hommes d'armes des Guerres d'Italie

Les campagnes d'Italie ont introduit des unités entièrement composées de Corses dans l'armée française de Charles VIII (1470-1498) et de Louis XII (1462-1515), et notamment des Gens de pied. 
Les plus fameuses proviennent des Compagnies levées par Giovanni de MEDICI, dit Giovanni del Bande Nere, où servit Sampiero Corso, qui passèrent au service de France, à la mort de leur chef en 1526.
L'effectif d'une bande varie entre 100 et 200 hommes, et comprend 2/3 de piquiers et 1/3 d'arquebusiers,  sous les ordres et à la charge d'un capitaine, d'un lieutenant et d'un enseigne. 
Viennent à la suite les sergents, caporaux, arquebusiers et piquiers. Les piquiers sont armés d'une hallebarde et d'une épée droite. Ils sont protégés par une bourguignotte, un corselet, de gantelets, et des cuissardes. 
Les arquebusiers sont plus légèrement vêtus.
Les bandes forment une unité tactique appelées bataillon. 

Charles VIII, (1470-1498), roi de France de 1483 à 1498.

Bandes italiennes :

Le 21 février 1496, au combat de Garigliano, le condottiere milanais Giovanni Giacomo TRIVULZIO passe dans les rangs français avec ses bandes qui seront soldées par le roi en 1499.
A la bataille de Marignan (1515) Aymar de Prie, commande 2. 000 Génois, parmi lesquels on compte de nombreux Corses.
Avec la fin des guerres d'Italie en 1544, le recrutement Corse va se tarir.
 
Bandes de Piémont :

Formées par Louis XII en avril 1567 devant Gênes pour mater la révolte de la population qui s'est soulevée contre l'aristocratie francophile. Les attentions royales vont attirer de nombreux Corses dans les bandes de Piémont surtout à partir de 1621.
Ces bandes vont se subdiviser en fonction de leur lieu de stationnement, bandes de Piémont, de Sienne, de Montserrat, de Dauphiné, de Provence.
Ces bandes passent en France par éléments successifs en 1544, en 1552, puis en 1557 avec Guise, et en 1559 dans les bandes de deçà des monts et de Picardie. 
Les dix dernières enseignes qui vont rentrer en 1562 sont à l'origine du régiment de Piémont.
 
Bandes Corses :

Il faut arriver à l'année 1521 pour que l'armée royale compte des Corses en grand nombre. (Xavier POLI) 
Au siège de Parme en 1521, l'on dénombre 9.000 Allemands, 2.000 Suisses et 4.000 Italiens qui bloquent la ville. Le siège est levé à l'annonce de l'arrivée d'Alphonse d'ESTE qui arrive de Florence, emmenant avec lui 100 hommes d'armes, 200 chevau-légers et 2.000 fantassins, comptant parmi eux 1.000 Corses & Italiens, et 12 pièces d'artillerie, envoyés par LAUTREC. 

En novembre 1524, Giovanni de Medici se met au service de François 1er en lui amenant ses bandes, dont 1.000 Corses commandés par Sampiero, Luc Corso et Gilles de Cortone.

Ludovico de' Medici, surnommé Giovanni des Bandes Noires (1498-1526) in

http://www.mediciexhibition.hu/medici/english/medicis.html 

  
En 1526, Sampiero Corso se joint au roi de France, en qualité d'allié et non en se mettant à son service. Il amène avec lui des compagnies provenant des Bandes Noires de Giovanni de Medici, soit 800 hommes. Ces troupes arboraient des enseignes noires pour marquer le deuil du pape Léon X (1521). 

Arquebusier 1° moitié du XVIème siècle par Pierre Albert LEROUX

Après l'échec du siège de Naples (1528), Sampiero et 300 des siens passent au service du pape. Tandis que les hommes de Bagione & de Pasquino assurent l'arrière-garde et couvrent la retraite de l'armée.

Jean du BELLAY, envoyé à Rome, fait entrer au service de France Guido RANGONE, Cesare FREGOSO, Stefano COLONNA & Sampiero de Bastelica. 
En 1536, les bandes Corses prennent rang dans l'infanterie française. Les bandes Corses se battent en Italie et en Provence jusqu'en 1537, en Roussillon jusqu'en 1542, en Italie en 1543, dans le Nord en 1543-1544. 

Le 1er mai 1542, Sampiero reçoit une commission pour compléter ses bandes à 600 hommes, et pour lever 2 nouvelles bandes de 300 hommes, dont le commandement est donné à Teramo de Bastelica.

Une armée forte de 8 000 Suisses, 6 000 fantassins français, 5 000 Italiens, 1 000 Corses, 400 hommes d'armes & 1 600 chevau-légers quittent l'Italie et se dirigent sur Avignon, avant de rejoindre Perpignan en août 1542.
Le 2 septembre suivant, les Espagnols effectuent une sortie, bannières au vent, et marchent droit sur le secteur défendu par les Corses. Sampiero les voyant venir, prend ses dispositions. Il refuse les renforts que le Dauphin, futur Henri III veut lui envoyer. Il reçoit les Espagnols avec tant de vigueur, qu'il les poursuit jusque dans les fossés. En récompense de cet acte de bravoure, Henri offre à Sampiero la chaîne en or qu'il portait autour du cou. Au cours de l'action, Sampiero reçoit une blessure au cou.
Quelques jours plus tard, à Elne, Giovan Paolo ORSINI à la tête de ses Corses, met en déroute un parti d'espagnols qui voulaient investir la place. 
Ces actions n'empêchent pas le Dauphin de battre en retraite en octobre suivant.

En juin 1543, les compagnies de Sampiero, de Teramo de Bastelica & de Salvatore sont au camp de Marolles en Artois.

En 1544, le Capitaine Filippo Corso est tué dans la défense de Boulogne. 30 000 hommes commandés par le roi d'Angleterre assiègent la cité qui ne dispose que de 3 000 hommes et 150 cavaliers pour sa défense.  Filippo est à la tête de 500 hommes, Corses & Italiens.

Les bandes Corses sont licenciées en 1546 et leurs effectifs versés dans d'autres bandes. Les Compagnies de Strozzi, de Cornelio Bentivoglio & de Chiaramonte leur servent de refuge. 
Sampiero qui a séjourné à la Cour, en Italie et en Corse, prend le commandement d'une des six vieilles bandes du Piémont. Il tien garnison à Mont-Cenis, quand Brissac se met à la tête de l'armée du Piémont. Avant d'en partir, celui-ci demande à Sampiero de lever 3 bandes Corses de 300 hommes.


Le 8 juillet 1553, François 1er signe un mémoire concernant l'expédition qu'il va entreprendre en Corse, sous le commandement de Paul de la Barthe, sire de Thermes. Sampiero lui est adjoint. 
Les troupes environ 4 000 hommes, soit 20 compagnies, sont rassemblées à Castiglione. La flotte française rallie la flotte turque de Dragut.
Le 22 août, la flotte franco-turque arrive en vue de Bastia. Le Capitaine Alessandro Gentile, qui commande la place ne peut opposer que 500 défenseurs. Il refuse de se rendre aux sommations. Les français tentent un assaut qui s'avère infructueux. Sampiero entame alors des pourparlers avec le commandant de la place. Ce sont les Bastiais qui ouvrent leur ville aux assiégeants.

Après la prise de Bastia, de Thermes, décide de lever des volontaires, que l'on rassemble en  12 compagnies.  En plus des bandes de Sampiero, on lève deux régiments dont le commandement est confié à Jacopo Santo da Mare & Giacomo de Bozzi.

 CapitainesLieutenants
Sampiero Alessandro de Lento 
Bernardino d'ORNANO Giacomo Mancino 
A. de GENTILE de Brando Antonio de San Fiorenzo 
Raffaello GENTILE de Brando Manomozzo 
Pier Antonio de ValentanoAndrea de Speloncato
Ambroggio de Bastia  Anton Matteo de Vescovato  
Napoleone de Levie Guelfuccio de Cardo 
Francesco de Niolo Marco d'Ambiegna 
Achille de CAMPOCASSO     Simon Pietro della Casabianca
Giudicello de Casta ?
Raffaello della Casabianca  ? 
Giacomo delle Casabianca  ?

La reddition de Corté permet la levée de 7 nouvelles compagnies.

Leonardo de Corti de Casanova Taddeo de Pietricaggio 
Fraticello de Pietricaggio Giocante de Pastorecci 
Francesco de Sant' Antonino Vitello della Rebbia di Bozio 
Fortebuono della Rebbia di Bozio  

Ces nouvelle bandes sont à la prise d'Ajaccio et au siège de Calvi.


DRAPEAU

Ce sont les drapeaux noirs à croix blanche des bandes de Piémont que les Corses vont arborer, rappelant en cela ceux des bandes de Giovanni del Bande Nere.
Catherine de MÉDICIS enverra à Sampiero des drapeaux de soie verte à croix blanche. Il semble que c'est depuis ce temps que le vert est la couleur militaire des Corses.


ORGANISATION

Les compagnies sont aux ordres d'un Capitaine qui enrôle les recrues. Il est assisté d'un  Lieutenant et d'un Enseigne. 
Un Fourrier est chargé des comptes de la compagnie.
Les Sergents sont plus particulièrement chargés de l'instruction de la troupe. Ils sont assistés de Caporaux.
Deux Tambours et un Fifre rythment la marche.
Chaque Compagnie compte 100 Arquebusiers - 160 Piquiers, répartis entre piquiers à corselets à double paie, et piquiers à simple paie - 40 hallebardiers.

La formation de combat est un carré de Piquiers sur 12 à 15 rangs. Les piquiers à corselet sont en première ligne, les autres piquiers et les hallebardiers derrière.
Les arquebusiers sont placés en avant de la ligne de front ou sur les côtés. Ils se refugient dans le carré pour recharger leurs armes.
Le capitaine marche en tête du carré, le reste de l'encadrement est avec les piquiers. 

Quand les Compagnies sont regroupées pour former un bataillon, c'est le plus ancien des Capitaines qui prend le commandement. Il en est de même pour le Sergent, qui prend le nom de Sergent de bataille.

ARMEMENT

Pour les Officiers, il s'agit d'une épée droite, et des protections de corps en fonction de leur fortune.

Les piquiers des bandes Corses, sont armés de la corsègue. Une variante de hallebarde à 3 fers et d'une épée. Ils sont protégés par une bourguignotte, un corselet, une paire de gantelets, des cuissards.
Corsèque figurant sur les armes de la ville de Trieste.

Les arquebusiers sont armés d'une arquebuse, d'une épée et d'une dague. Ils portent un buffle, et un morion.

 SOLDES

 Capitaine
106 livres/mois
 Lieutenant55 livres/mois
 Enseigne35 livres/mois
 Sergent de bande
15 livres/mois
 Fourrier 12 livres:mois
 Tambour12 livres/mois
 Fifre
 8 livres/mois
 Arquebusier 8 livres/mois
 Piquier à corselet
 8 livres/mois
 Simple piquier
 7 livres/mois

100 hommes de guerre Corses composent la garnison du château de Pignerol en 1567.

LISTE DES OFFICIERS CORSES TUES OU BLESSES AU SERVICE DE FRANCE

 1524 à 1527
Olivero Capitaine décembre 1524 blessé à Pavie 
Ercole Macone Colonel15 août 1526 tué à Crémone
Fantaccio Capitaine  1529     tué à la défense de Florence 
Jacopetto     Capitaine  1529 tué à la défense de Florence 
Sampiero Corso de Bastelica  Capitaine 

juin 1536 
Jullet 1536
Septembre 1542
blessé à la défense de Fossano 
blessé à Brignoles
blessé au siège de Perpignan
N ? Lieutenant 1542tué au siège de Coni 
Filippo Corso (frère de Sampiero) Capitaine  9 août 1544 tué à la défense de Boulogne 
Salvatore de Levie Capitaine  13 août 1551 tué à la défense de Parme. 
En Corse de 1553 à 1557 
Raffaello della Rocca Capitaine1553 tué à la défense de Saint Florent 
Bernardino de Bastia Lieutenant 1553idem 
Bernardino de Casta Lieutenant1553 idem 
Andrea de Speloncato Lieutenant 1553 blessé à la défense de Saint Florent 
Simone Piero della Casabianca Lieutenant 1554 blessé à la défense de Furiani 
Sampiero Corso de Bastelica Colonel  1554 blessé au combat du Lago Benedetto 
Guelfuccio de Cardo Lieutenant 1554 tué au combat des Prunetole
N ? Enseigne 1554 idem 
Ambroggio de Bastia Capitaine 1554 tué au combat dans le Niolo 
da Mare Colonel 18 septembre 1554 tué au combat du col de Tenda 
Manomozzo Lieutenant 1554 tué, étranglé par les Génois. 
Da Bozzi Colonel 15 octobre 1555 tué au combat aux environs de Calvi 
Biancone della Volpajola Capitaine  1555 idem 
Bernardino d'Ornano Capitaine 1555 blessé mortellement au combat de Mucale 
Altobello Gentile de Brando Capitaine  24 janvier 1556 blessé au combat de Bevinco
Raffaello Gentile de Brando Capitaine 1556 blessé au combat de la tour de Porreto 
Altobello Gentile de Brando Capitaine 1556
idem 
 idem
tué à la défense du château de Brando
Alessandro da Lento Lieutenant  1556 tué aux environs de Belgodère 
Anton Matteo de Vescovato Lieutenant  1556 idem 
Francesco d'Omessa Lieutenant  1557 tué aux environs de Bastia  
Marco Maria Ceccaldi Lieutenant  1557 idem 
Sampiero Corso de Bastelica Colonel  17 janvier 1567 tué au défilé de Cauro 
 Pendant les Guerres de Religion de 1573 à 1590
Antonio del Pozzo Capitaine 1574tué à la défense de Castres 
Carlo da Corti Lieutenant 17 septembre 1575 tué à la défense de Sommières
Alfonso d'Ornano Colonel-Général20 septembre 1575 blessé à la défense de Sommières 
N ? Enseigne 1575 tué à la défense de Cauvesson [Calvisson ?] 
Antonio de San Fiorenzo Capitaine décembre 1575 tué à l'attaque de Pomerols 
Giudicello da Corti Enseigne 1577 tué à l'attaque de Menerbes
Pietro della Leca Lieutenant  1577 idem 
Pierre Marie de Casanova Enseigne 1580 tué à l'attaque de Sisteron
Cacciaguerra de Paomia Capitaine 1587 blessé à la défense de Remoulins 
N ? Capitaine  1588 tué à l'attaque de Montfrin 
Orasio della Leca Capitaine 1590 tué à l'attaque de Moirans 
Alfonso d'Ornano Colonel-Général 19 avril 1590 blessé au combat de Sainte Colombe 
Domenico d'Ornano Capitaine  1592 blessé au combat de Pont L'Evêque 


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ARQUEBUSIERS A CHEVAL. - 1536 


Ces ancêtres des dragons apparaissent durant les campagnes d'Italie. La troupe formant une compagnie de 200 arquebusiers montés est présentée en 1536 au dauphin, futur Henri II par le colonel STROZZI.

BRANTOME a laissé une description de cette unité : C'estoient tous vieux capitaines et soldats tant bien aguerris sous les bandières et ordonnance de ce grand capitaine Jean de MEDICIS ... De ce nombre estoient ces braves gens San Petro Corso etc...

Les fantassins Corses entre 1522 et 1543 contribuent à la création des troupes montées.
 
Ci-contre Arquebusier à cheval et estradiot. Les Estradiots étaient des mercenaires originaires de la région des Balkans - NYPL - Collection Vinkhuijzen, Hendrik Jacobus






 SOURCES

- LES TROUPES CORSES - LA SABRETACHE - HS n° 20 - 1973.
Les Troupes de Marine - Quatre siècles d'histoire - Éditions LAVAUZELLE
- Le costume militaire des troupes Corses - Jean PIERI - CAHIERS CORSICA 71-72 - FAGEC - BASTIA 1977
- Histoire Militaire des CORSES au service de la France - Xavier POLI - Librairie de PERETTI - 1898. 
- L’ARMÉE FRANÇAISE - Louis SAUREL - Fernand NATHAN - Paris - 1937
- L'Armée Française  En Alsace & dans les Vosges de 1444 à 1648 - Colonel Pierre DENIS, Délégué Militaire Départemental du Haut-Rhin - Cdt d'Armes de Colmar.

- Site Wikipedia pour les Compagnies d'Ordonnance.

Mise à jour le 14/04/2018