01.18 - MARÉCHAUSSÉE & GENDARMERIE EN CORSE. 1769 - 1830

MARÉCHAUSSÉE 1769 - 1791

Après la défaite de la Nation Corse à Ponte Novu, l'administration royale s'installe dans l'île. La Maréchaussée de l'Isle de Corse est créée par une Ordonnance du 27 décembre 1769, pour y être établie au 1er janvier 1770.

Cavalier de la Maréchaussée en 1769 - Jacques P. Vougny - in La Gendarmerie Nationale. Coll. Part.
Notre cavalier est armé d'un mousqueton et d'une épée Mèle 1750 à branche double.

La Compagnie de l'Île de Corse est placée sous l'autorité des Maréchaux de France. Elle fait corps avec la Gendarmerie, comme les autres Compagnies de la Maréchaussée.
La Compagnie de Corse est composée : 
1 Prévôt général qui la commande, 3 Lieutenants, 8 Exempts, 3 Brigadiers, 3 Sous-brigadiers, 47 Cavaliers et 1 trompette.
Les Exempts, Brigadiers, Sous-brigadiers & Cavaliers forment 14 brigades composées comme suit :
8 brigades composées d'un Exempt & 4 Cavaliers.
3 brigades composées d'un Brigadier & 3 Cavaliers.
3 brigades composées d'un Sous-brigadier & 2 Cavaliers.
Les sièges de la Maréchaussée sont fixés à Bastia et à Ajaccio, avec 1 Prévôt, 1 Lieutenant, 2 assesseurs, 1 procureur du roi & 1 greffier.
Le texte n'indique pas le lieu d'implantation des brigades. Bien que l'Ordonnance indique que la caserne doit avoir plusieurs chambres pour loger le Commandant d'unité et les Cavaliers, et pourvue d'écuries pour les chevaux et de greniers pour les fourrages.
Bastia en sa qualité de capitale administrative et militaire est la résidence du Prévôt général. 

HABILLEMENT

L'Ordonnance ne traite pas de l'uniforme, ni de l'armement, ce qui indique, qu'ils sont identiques à ce qui est en usage dans le reste du Royaume.
Soit un habit de drap bleu de roi, distingué d'écarlate au revers, parements et retroussis. Une veste de drap  chamois.
Une culotte de peau en cuir naturel.
L'habit des Officiers est de même coupe que celui des Bas-officiers & Cavaliers. Il est taillé dans un drap plus fin de meilleure qualité. Les boutons sont en métal blanc pour les Bas officiers & les Cavaliers et trompettes, en argent pour les Officiers.
Bas-officiers, Cavaliers & Trompettes, doivent toujours être bottés.  

LA SOLDE

Montant de la solde fixée au 17 décembre 1769 pour la Maréchaussée de Corse
 Gradesolde journalière  solde mensuellesolde annuelle  
Prévôt général 8 £  6 s 8 d 250 £ 3 000 £ 
Lieutenant4 £ 3 s 4 d 125 £ 1 500 £
Exempt  1 £ 5 s37£ 10s 450 £ 
Brigadier 1 £ 30 £ 360 £ 
Sous-brigadier 18 s 27 £ 324 £ 
Cavalier 15 s 22 £ 10 s 270 £
Trompette   500 £

L'arrêt du Conseil d'Etat du Roi daté du 20 juin 1770, indique que la modicité de la solde a une influence sur le service des Maréchaussées, aussi le roi en son conseil s'est déterminé à consentir un traitement plus avantageux.
Les gages, appointements et soldes des Maréchaussées seront payée à l'avenir de 4 mois en 4 mois.
Il sera fait chaque année 3 revues par les Commissaires des Guerres. La première, dans le 15 premiers jours de mai - la seconde dans les 15 premiers jours de Septembre - la dernière dans les 15 premiers jours de janvier suivant. Revues sur lesquelles les Officiers & les Cavaliers seront payés pour le temps où ils auront été présents ou réputés présents.
Le payement de la solde, l'entretien du cheval et des équipages des Commandants de brigade et des Cavaliers sera fait à chaque Lieutenant pour toutes les brigades de son département (sic).

MASSES

Pour l'entretien de l'habillement la masse est fixée à :
80 £ par an pour les Exempts - 60 £ par an pour les Brigadiers - 48 £ par an pour les Sous-brigadiers - 40 £ par an pour les Cavaliers.
Il accorde également une masse de remonte et d'entretien des chevaux :
65 £ par an à chaque Exempt & 50 £ par an à chaque Bas-officier & Cavalier.
La masse d'habillement et de remonte des Maréchaussées seront payées chaque année sur le pied du complet au Prévôt général de chaque généralité.
Le Roi fournit en outre 2 rations de fourrage par jour en nature ou en argent au Prévôt général, et 1 ration de fourrage à chaque Lieutenant, Exempt, Brigadier, Sous-brigadier & Cavalier.
Les fourrages de chaque brigade sont payés au Lieutenant sur quittance.
Les Trompettes ne perçoivent ni la ration de fourrage, ni la masse de remonte.

ARMEMENT

Quant à l'armement, il consiste en un sabre à branche double distribué en 1750, qui sera remplacé en 1783.
- un mousqueton de cavalerie 1763/66 
- une paire de pistolets 1763/66 pour les Bas-officiers & les Cavaliers, d'un calibre de 15 mm,  mesurant 246 mm, pour un poid de 610 g, à garnitures en fer.

Pistolet 1763/66 2ème type à chien rond, fabriqué en 1775 à Saint Etienne. TRADITION MAGAZINE 135 - Juin 1998 - Coll. de l'auteur.

Un sabre et une paire de pistolets pour les Officiers.
 

ORDONNANCE du 28 avril 1778

Frontispice de l'Ordonnance Royale du 28 avril 1778

Cette Ordonnance confirme les missions dévolues à la Maréchaussée depuis 1720. Elle fixe la nature du service et les missions qui lui sont dévolues, tant militaires que judiciaires. Cette Ordonnance fixe également tout ce qui a trait l'habillement, l'armement et l'équipement des Officiers, Bas-officiers et Cavaliers. 
Elle confirme le statut militaire de l'institution. Il est en effet indiqué qu'elle marche juste après la Gendarmerie, qui est à l'époque la cavalerie militaire de la Maison du Roi. Cette Ordonnance perdurera dans ces grandes lignes jusqu'à la création de la Gendarmerie des Départements le 22 septembre 1790.

COMPOSITION

La Maréchaussée sera composée à compter du 1° juin suivant de :
- 6 Inspecteurs-Généraux qui ont rang de Mestre de Camp 
33 Prévôts-généraux qui ont rang de Lieutenants-colonels
108 Lieutenants qui ont rang de Capitaines - 150 Sous-lieutenants qui ont rang de Lieutenants
150 Maréchaux des logis, 650 Brigadiers, 2 400 Cavaliers & 33 Trompettes.
Elle continue d'avoir pour Chefs & Commandants supérieurs les Maréchaux de France. 
Les Places de Prévôt-général et de Lieutenant sont accordées par le roi sur présentation des Maréchaux. Les grades d'Exempt et de Sous-brigadier sont supprimés. De même le terme de Cavalier est substitué à celui d'archer.

ORGANISATION

La Maréchaussée est forte de 33 Compagnies, divisées en 6 divisons comme suit :
1° division : Cie de la Généralité de Paris, Cie des Voyages & Chasses de Sa Majesté, Cies de Soissonnois, Picardie, Flandre & Haynault.
2° division : Cies de Champagne, Trois-Évêchés, Alsace, Lorraine & Franche Comté.
3° division : Cies d'Orléanois, Bourbonnois, Berry, Lyonnois & Bourgogne.
4° division : Cies de Touraine, Rouen, Caen, Alençon & Bretagne.
5° division : Cies de Poitou, Limousin, Aunis, Guyenne & Béarn.

6° division : Cies d'Auvergne, Montauban, Dauphiné, Languedoc, Provence, Roussillon & Corse.

Chaque division est commandée par un Prévôt-Général, et compte autant de Lieutenants & Sous-lieutenants que l'exige le nombre de brigades.
Toutes les Brigades comptent 1 Maréchal des Logis ou 1 Brigadier & 3 Cavaliers. 
Il y a un Trompette à la suite du Prévôt-Général.
La Compagnie de Corse, comprend 1 Prévôt-Général, 1 Lieutenant, 1 Sous-lieutenant, 1 Maréchal des logis, 3 Brigadiers, 12 cavaliers & 1 trompette.
soit 20 hommes.
HABILLEMENT

BAS-OFFICIERS & CAVALIERS

Pour les Maréchaux des logis, Brigadiers & Cavaliers, l'habillement comprend :
- Un habit de drap de Lodève ou de Berry, bleu de roi naturel, doublé de serge rouge garance, à parements, retroussis, revers & collet de drap écarlate. Les poches sont figurées en long et passepoilées d'écarlate, et garnies de 2 boutons. 
L'habit est garni de 13 gros boutons répartis comme suit 3 sur chaque parement, 3 au bas du revers droit, 2 aux hanches sur les pattes de poche, et 1 au bas de chaque pli du dos, et 16 petits répartis comme suit 7 en métal blanc sur chaque revers, 1 de drap bleu liseré d'écarlate porté sur l'épaule droite, et 1 pour l’aiguillette en soie blanche sur l'épaule gauche. 
Les boutons en métal blanc portent un écusson à 3 fleurs de lys, environnées de branches de laurier et d'olivier.
L'habit et la veste sont taillés afin de donner une certaine aisance au cavalier une fois agrafés, et qu'il tombe à 4 pouces du sol, son porteur étant à genoux
- Veste de drap chamois, doublée de serge blanche, fermant droit devant à l'aide de 12 petits boutons. 
Une culotte de peau de couleur naturelle, à fermeture à pont.
Cet habillement est renouvelé tous les deux ans.

Les Maréchaux des Logis, Brigadiers & cavaliers perçoivent un manteau de drap gris blanc, piqué de bleu, à collet montant, à rotonde en drap bleu. La rotonde des chefs de brigade est bordée d'un galon doré. 
- Il est délivré tous les deux ans un chapeau dont les ailes sont découpées en rond, et bordées d'un galon d'argent large de 16 lignes. Les ailes sont retroussées et maintenues par des agrafes. Une cocarde de basin blanc est fixée à l'aide d'une ganse en fils d'argent et d'un gros bouton d'uniforme au dessus de l’œil gauche.
Les cheveux sont liés en queue, et il ne sera fait qu'une frisure d'une boucle sur chaque face.

Cavalier de la Maréchaussée d'après le règlement de 1778 - Jacques P. Vougny - in La Gendarmerie Nationale. Coll. Part.

Les trompettes sont vêtus comme les Cavaliers. Ils portent sur l'habit seulement un galon de la petite livrée de Sa Majesté.

Les Maréchaux des logis sont distingués par un bordé et un galon d'argent, l'un et l'autre de la largeur de 10 lignes, cousus sur le parement, à la distance de 4 lignes l'un de l'autre.
Les brigadiers portent sur le parement un seul bordé d'argent de 10 lignes, semblables à celui des Maréchaux des logis.
Les Chefs de brigade, seulement pourront porter des manchettes, et elles auront 15 lignes de hauteur, sans broderies, ni festons.
Les Maréchaux des Logis, Brigadiers & Cavaliers seront toujours en bottes, du modèle des Dragons, et à cheval, ils porteront toujours des gants.

OFFICIERS

Pour les officiers, l'uniforme reprend la coupe et la forme de la troupe qu'ils commandent. Le drap est plus fin, d'Elbeuf ou de qualité équivalente. Il leur est formellement interdit quelque soit le grade, de porter aucun bordé, galon ou boutonnières d'argent, de même que les doublures de soie à leurs habits et vestes, ni à la redingote qui est de drap bleu.
Les Inspecteurs Généraux portent de chaque côté, comme Mestres de camp, une épaulette de tresse en argent, ornée de franges à graine d'épinards, nœuds de cordelières & cordes à puits. Toute espèce de broderie est et demeure défendue sur les épaulettes.
Les Prévôts généraux portent à droite, une seule épaulette identique à celle des Mestres de camp.
Les Lieutenants portent une épaulette en argent ornée de franges comme celle des Capitaines.
Les Sous-lieutenants ne pourront porter l'épaulette pleine en argent. Elle est losangée de carreaux de soie écarlate comme celle des Lieutenants de Cavalerie.
Les Prévôts Généraux, Lieutenants et Sous-lieutenants, porteront sur l'épaule gauche l’aiguillette en fils d'argent ou en argent et soie, comme les épaulettes attribuées à leur grade.

L'aiguillette est également porté par les gradés et cavaliers. Elle est confectionnée en fils blancs.

Effets communs

Les cols sont de basin blanc, doublés de toile, et larges de 20 lignes.

Cavalier & Maréchal des Logis 1778 - E. LELIEPVRE

Equipement

Il est fourni aux Bas-officiers & Cavaliers, une giberne percée pour y recevoir 6 cartouches, couverte de cuir de veau de couleur naturelle. 
A cheval cette giberne est fixée à la fonte du pistolet côté droit. 
A pied, cette giberne s'attache devant sur la veste au moyen de 2 boutons.
Un ceinturon en baudrier de buffle blanchi, long de 4 pieds 8 pouces et large de 30 lignes, pour porter le sabre et la baïonnette dont ils sont armés.

Armement

Sa Majesté, fournit l'armement qui consiste pour les Brigadiers & les Cavaliers, en un mousqueton de maréchaussée Mèle 1770, des mêmes longueurs & dimensions que
ceux de la Cavalerie et de sa baïonnette, un sabre, et une paire de pistolets longs de 9 pouces Mèle 1770, qu'ils pourront porter dans les poches des basques.
Ils porteront toujours le mousqueton et la baïonnette en campagne, et dans toutes les occasions où ils seront de service. Peine de prison pour le premier manquement, la destitution au second.
Les Maréchaux des logis, sont armés d'un sabre et d'une paire de pistolets identiques à ceux définis ci-dessus.
L'armement des Trompettes, consiste en un sabre, qu'ils portent de la même manière que les Cavaliers.
Les officiers sont armés d'un sabre et d'une paire de pistolets.

Pistolet de maréchaussée 1770 - Les pistolets de gendarmerie - Revue de la Gendarmerie Nationale - Coll. de l'auteur.

D'une longueur de 24 cm pour un calibre de 22 (6 lignes 9 points) pour balles de 26 à la livre (6 lignes 4 points de diam.) Son faible encombrement permet son port dans les poches intérieures des basques.

Sabres de Maréchaussée 1783 - TRADITION MAGAZINE n° 28 - Coll. de l'auteur

Ces sabres sont datables de la période 1783-84 au vu de leurs poinçons de réception.
En haut : Sabre de Cavalier à monture à coquille en laiton fondu, lame plate à dos gravée Maréchaussée de Provence.
Long.totale : 102 cm - de la lame : 87,95 cm - largeur du talon : 2,93 cm.
Poids sans fourreau : 1, 05 kg. Fourreau en cuir fort noirci, à chape à bouton et bouterolle en laiton. 

En bas : Sabre d'officier à monture en laiton doré, lame à pans creux et gouttière, gravée de motifs martiaux.
Long totale : 97,6 cm - de la lame : 82 cm - largeur du talon : 2,8 cm
Fourreau en cuir fort noirci avec chape à bouton doré et bouterolle de même.

Paire de pistolet Mèle 1770 d'Officier de Maréchaussée - TRADITION MAGAZINE n° 112/113 - Juillet/Août 1996 - Collection de l'auteur.

Longueur : 24,3 cm - Long du canon : 12,7 cm - Calibre 15,2 mm ou 22 balles à la livre de plomb. (livre de Paris) - Poids : 650 g.

Harnachement

Les Officiers font usage d'une selle rase en drap bleu.


Solde & Masse

 Grade solde journalière solde mensuelle solde annuelle
Inspecteur Général11 £  2 s 2 d 2/3  333 £  6 s  8 d4 000 £ 
Prévôt Général  6 £ 13 s 4 d200 £ 2 400 £
Lieutenant 3 £ 6 s 4 d 100 £  1 200 £ 
Sous-lieutenant 2 £ 15 s 6 d 2/5 83 £ 6 s 8 d 1 000 £ 
Maréchal des logis 1 £ 13 s 4 d 50 £ 600 £ 
Brigadier  1 £ 5 s  37 £ 10 s  450 £ 
Cavalier 1 £ 4 d  30 £ 10 s366 £ 
Trompette 15 d 22 £ 10 s 270 £ 

Il est prélevé annuellement sur la solde, une somme pour constituer une masse d'habillement. Pour chaque :
Maréchal des logis : 45 £ - Brigadier : 42 £ - Cavalier : 40 £ - Trompette 30 £.

à suivre.....

LA GENDARMERIE NATIONALE 1791-1804

La Loi du 28 août 1790 désigne les villes où siègent les tribunaux de district. Pour l'île de Corse ces villes sont Bastia, Oletta, L’Île Rousse, La Porta d'Ampugnani, Cervione, Ajaccio, Vico, Tallano.

Loi du 16 février 1791

C'est le texte qui porte création de la Gendarmerie Nationale en lieu et place de la Gendarmerie des Départements, héritière de la Maréchaussée. Elle comprend 28 divisions à deux compagnies, pour un total de 1 560 brigades réparties sur tout le royaume. 
Son service s'effectue tant à pied qu'à cheval.
Les effectifs de la Gendarmerie Nationale sont portés à 7 455 hommes.

ORGANISATION

Chargée de la sûreté des campagnes et de la police du roulage, la Gendarmerie Nationale exécute ses missions sur l'ensemble du territoire lequel est divisé en départements. Chaque Département compte en moyenne 15 brigades, certains sont portés à 18, et d'autres à 12.
Le Royaume est divisé en 28 Divisions, la Corse prend le n° 28. 
Trois départements forment une division, à l'exception de la Corse, qui n'en forme qu'une. Chaque département compte 2 compagnies.
Chaque division est commandée par 1 Colonel, et dans chaque département sous ses ordres 1 Lieutenant-colonel qui commande 2 Compagnies, commandées chacune par 1 Capitaine & 3 Lieutenants.
Chacun des Lieutenants a sous ses ordres 1 Maréchal des Logis et 1 ou 2 Brigadiers.
Chaque Maréchal des logis est à la tête d'une brigade et sera en même temps chef d'une ou deux autres brigades. 
Chaque brigade est forte de 5 hommes, y compris le Maréchal des logis ou le Brigadier.

Gendarme à pied 1791 - 1800 - M. Pétard - Revue de la Gendarmerie Nationale - Coll. de l'auteur.
Notre Gendarme nous présente les poches des basques de son habit qui contiennent un pistolet. Les cartouches sont contenues dans une giberne dite à "la Corse". La giberne supportée par la banderole contient les cartouches pour le mousqueton.
 
RECRUTEMENT

Aucun Cavalier ne pourra être reçu qu'il n'ait 25 ans accomplis, et qui ne sache lire et écrire. Il aura accompli au moins un engagement sans reproche dans les troupes de ligne. Il ne doit pas y avoir plus de 3 ans d'intervalle depuis la date de son congé.

UNIFORME

Habit de drap bleu national du modèle défini en 1786 pour l'ensemble des troupes royales. Il subit l'influence des modes militaires du temps. Revers, collet, parements et pattes de parement en drap écarlate passepoilés de blanc. Les retroussis sont écarlates. Les boutons en métal blanc.
Gilet ou veste en drap chamois. Les boutons en métal blanc.
Culotte chamois.
Chapeau bicorne orné sur le pourtour d'un large galon de laine blanc. Une cocarde tricolore au dessus de l’œil gauche, maintenue par une ganse de fils blancs et un bouton d'uniforme. Il est surmonté d'un plumet écarlate pour les cavaliers et d'un pompon carotte pour les gendarmes à pied.
Les cavaliers font usage de bottes à genouillères. Les gendarmes à pied font usage de souliers et de hautes guêtres.

ARMEMENT

A Cheval

Sabre de gendarmerie mèle 1783 et une paire de pistolets pour les gradés & gendarmes. Un mousqueton pour les brigadiers & les gendarmes.
Sabre mèle 1787 pour les officiers, et une paire de pistolets.

A pied 

Un fusil, un sabre briquet, ou le sabre de mineurs.

La loi du 22 décembre 1790 apporte peu de modifications dans la tenue. Les boutons blancs (argent pour les officiers - étain pour la troupe) sont frappés de la légende "Force à la Loi". L’aiguillette blanche est interdite. Elle ne sera réintroduite qu'à partir de la Circulaire Ministérielle du 12 fructidor an V.

Loi du 3 juin 1791

L'Assemblée Nationale considérant qu'il n'y a point de Maréchaussée dans le Département de la Corse, et que le Régiment Provincial en a toujours fait le service. Sur les observations qui ont été faites par le directoire du département, la Gendarmerie Nationale sera composée d'officiers, sous-officiers et soldats ayant servi au régiment Provincial ou dans les troupes de ligne.
Au lieu de 24 brigades à cheval, elle sera composée de 36 brigades à pied, divisées en 3 compagnies (Bastia, Ajaccio, Corté ?) commandées par 1 Colonel & 2 Lieutenants-colonels.
Les textes relatifs à l'organisation de la Gendarmerie en général, seront exécutés en Corse comme dans tous les autres départements.

Loi du 16 frimaire An VI (6 décembre 1797)

Après l'épisode de l'éphémère Royaume Anglo-Corse, la République Française, par la voix de ses représentants au Conseil des Anciens, et au Conseil des Cinq-Cents, décide de renforcer la présence de la Gendarmerie Nationale dans l’Île de Corse. 
"Considérant que l'étendue et la situation politique de l'île de Corse exigent, pour la tranquillité de ce pays, une gendarmerie nombreuse et organisée...considérant que les troubles et les trahisons auxquels la Corse a été en proie depuis la révolution, sont dûs en partie au défaut de moyens laissés aux autorités constituées pour y faire respecter les lois, les personnes et les propriétés".
La Gendarmerie de l'île de Corse et les colonnes mobiles soldées par la République sont dissoutes.
Elle est aussitôt rétablie, pour former une division de Gendarmerie conformément aux dispositions de la loi du 25 pluviôse an V, composée comme suit :
Une division composée de 2 Escadrons, à 3 Compagnies chacun. Chaque Compagnie est forte de 18 brigades, dont 2 à cheval et 16 à pied.

MISSION

La Division fait le service des 2 départements de la Corse (Golo & Liamone). Les dispositions des Lois des 25 pluviôse, 7 germinal, 21 fructidor an V, et 18 vendémiaire an VI sont applicables à la Gendarmerie de la Corse et continueront d'être exécutées.

COMPOSITION

La Gendarmerie de Corse est constituée comme suit :
1 chef de Brigade - 2 chefs d'Escadron - 6 Capitaines - 18 Lieutenants. Tous montés.
6 Maréchaux des logis en chef, à pied, faisant fonction de quartiers-maîtres trésoriers et de secrétaires-greffiers - 24 Maréchaux des logis ordinaires, dont 6 montés & 18 à pied - 84 Brigadiers dont 6 montés et 78 à pied - 432 Gendarmes, dont 48 montés et le reste à pied. Soit un effectif de 573 hommes.

Les Officiers

Il est indiqué, que les places d'officiers seront à la nomination pour cette fois seulement.
- Le Chef de brigade (colonel) sera choisi parmi les chefs de brigade, d'escadron ou de bataillon de toutes les armes, en activité de service ou réformés.
- Les Chefs d'escadron, parmi les Chefs d'escadron et de bataillon, et les Capitaines de toutes les armes en activité de service ou réformés.
- Les Capitaines, parmi les Capitaines ou Lieutenants de toutes les armes, en activité de service ou réformés.
- Les lieutenants, parmi les Lieutenants ou Sous-lieutenants de toutes les armes, en activité  ou réformés.

Les Sous-officiers

Les Maréchaux des logis en chef, Maréchaux des logis ordinaires, Brigadiers & Gendarmes seront nommés par le jury d'examen.
- Il ne sera admis, aucun Maréchal des logis ou Brigadier qui ne soit en activité de service dans lesdits grades soit dans la gendarmerie à pied ou à cheval, soit dans les troupes de toutes les armes, ou qui ont servi en cette qualité depuis la guerre de la liberté, ne s'est retiré avec un congé légal, ou ait été réformé, et qui ne sache lire & écrire correctement.
- Les Gendarmes sont pris parmi les Gendarmes à cheval et à pied en activité de service ou réformés, ou parmi les défenseurs de la patrie de toutes les armes, en activité, ou qui ont fait la guerre de la liberté, retirés avec un congé légal ou réformés.
L'âge de 30 ans n'est pas de rigueur par la Gendarmerie de Corse, toutefois, les gendarmes ne pourront avoir moins de 25 ans.

Solde & Masse

Les Officiers jouissent de la solde et du logement, fixés à chaque grade par la Loi du 7 germinal An V.
Sous-officiers & Gendarmes jouissent de la solde fixée aux uns et aux autres par la même loi. 
La masse d'habillement pour les Sous-officiers & Gendarmes montés s'élève à 72  Fr par homme. Pour les Sous-officiers & Gendarmes à pied à 32 Fr par homme.

Pistolet Mèle An IX de Gendarmerie - Les pistolets de gendarmerie - Revue de la Gendarmerie Nationale - Coll. de l'auteur. 

ARMEMENT

Les Brigadiers & les Gendarmes sont armés d'un sabre, d'un mousqueton et d'une paire de pistolets du Mèle de l'an IX.

Le Pistolet Mèle an IX, Long de 24,5 cm, pour un canon de 13 cm et d'une platine de 10, 5 cm, calibre de 15,2 mm. Ce type d'armes remplace le Mèle 1770. Il sera remplacé par le Mèle 1816. 32 000 paires ont été fabriquées entre l'An IX & 1819, dont 1 970 paires pour la dernière année.

Le mousqueton du Mèle de l'An IX
 de Gendarmerie, se distingue des mousquetons destinés à la cavalerie par l'absence de tringle sur le côté gauche du fût. Long de 114 cm pour un poids de 3, 230 kg. Et sa baïonnette An IX de cavalerie longue de 510 mm

Mousqueton Gendarmerie An IX - Gazette des Armes n° 173 - Janvier 1988 - Coll. de l'auteur.


Loi du 28 Germinal An VI (17 avril 1798)

Ce texte est important, car il règle l'organisation, l'emploi et l'uniforme de la Gendarmerie Nationale. Pour l'uniforme, il est fixé sans subir de de modifications pendant la période Consulaire, jusqu'à l'avènement de l'Empire. On retrouve sur l'uniforme les couleurs nationales.
La partie législative concernant l'usage des armes sera repris dans le Décret Organique du 20 mai 1903, et réactualisé en 2004.

Habit de grand uniforme

En drap bleu national (futur bleu impérial), doublé de serge garance. Revers, collet et parements en drap écarlate, passepoilés de blanc - Pattes de poches simulées en largeur passepoilées d'écarlate. Revers, collet & retroussis sont agrafés.
Pattes de parement et d'épaules en drap du fond liseré de rouge. Retroussis de l'habit en drap écarlate ornés d'une grenade de drap bleu. Boutons de métal blanc montés sur bois, légendés "Force à la Loi"  avec au dessus le n° de la division (26 pour la Corse) et dessous celui de l'escadron (51 ou 52), dans une couronne de branches de chêne. 
L'uniforme comprend 35 boutons répartis comme suit : 
- Petits : 1 sur chaque épaule - 7 sur chaque revers - 3 à chaque patte de parements = 22 petits
- Gros : 3 sous le revers droit - 3 sur chaque poche - 1 à chaque hanche - 1 au bas de chaque pli = 13 gros

Bouton de la 24° Division, 47 escadron.
http://boutonancien.forumactif.com/t1784-gendarmerie-nationale-1799-a-1801-force-a-la-loi-24eme-division-47eme-escadron

Habit de petit uniforme.

Surtout taillé dans un drap de la même teinte que celui du grand uniforme. Il est porté pour les services journaliers, ou en campagne. Dépourvu de poches, il ne conserve que les basques de drap écarlates ornées des grenades découpées en drap bleu. Pattes d'épaule, collet, parements ronds sans pattes en drap du fond passepoilés d'écarlate.
Le surtout comprend 19 boutons.
- Petits : 3 à chaque parement - 1 à chaque épaule = 8
- Gros : 9 devant - 2 aux hanches = 11

Aiguillette

Cet accessoire vestimentaire devient l'insigne visible de la Gendarmerie. Elle se porte tant sur l'habit que sur le surtout. Montée en trèfle, tressée pour former deux cordons en boucles terminés par des ferrets d'argent. Elle se fixe sur l'épaule gauche, elle est maintenue sur les boutons du surtout ou des revers de l'habit. La disposition des couleurs nationales permet de distinguer les grades. 

Veste

en drap de couleur chamois doublé de serge blanche, sans poche, fermant droit devant par 12 petits boutons d'uniforme. Collet droit haut de 26,5 mm.

Gilet

en drap bleu, il est  réservé à la petite tenue. Ferme droit devant par 12 petits boutons d'uniformes. 

Culotte

à pont, en peau de daim de couleur naturelle pour la grande tenue à cheval. En drap de couleur chamois pour le service à pied.
Pour éviter l'usure prématurée du bas de la culotte par le frottement des bottes, il est fait usage de manchettes, généralement taillées dans de vieilles chemises.

Pantalon

A pont, et garni de sous-pieds, il se porte avec le surtout. Confectionné en drap bleu, garni dans l'entrejambe et dans le bas de cuir noir. Il comprend 20 petits boutons d'uniforme sur chaque côté. De coupe ample, il se porte sur les bottes.

Brigadier en grande tenue - Illustration de Michel PETARD -figurines n° 3 - collection personnelle.

Manteau

taillé dans un drap plus épais, de couleur bleu doublé d'écarlate. Son amplitude permet au cavalier de couvrir le cavalier et son équipement lorsqu'il est à cheval. Il comprend un haut collet et une rotonde liserés d'écarlate. 

Chapeau

de grand uniforme, en feutre de laine noir, retapé à trois cornes coupées en rond exact. Il est bordé d'un galon en argent large de 45 mm. Une cocarde tricolore large de 81 mm, est maintenue par une ganse en fil d'argent et un petit bouton d'uniforme au dessus de l’œil gauche.
Un petit plumet rouge de plumes de coq est fiché derrière la cocarde.
Pour la petite tenue, un chapeau de même dimension bordé d'un galon de laine noire, et orné d'un pompon rouge et de deux macarons rouges débordants des cornes des ailes.

Coiffure

Les cheveux sont attachés en queue longue de 27 cm, et dont le ruban est fixé à l'aide d'une épinglette en forme de grenade argentée. Il s'agit d'une protection du cavalier contre les coups de sabre. Les faces sont coupée horizontalement et ne dépassent pas le lobe des oreilles. Sur le devant, le toupet est taillé en brosse courte. En grande tenue, les cheveux sont poudrés à blanc.
 
 
 
Gendarmerie Nationale au règlement du 28 germinal an 6 - Michel PETARD in Figurines n° 3 - Collection personnelle

Tenue d'écurie

Pour le pansage et les soins des montures, les cavaliers ont une tenue dite d'écurie, qui comprend un sarrau ou veste d'écurie en drap bleu, fermant droit devant avec des boutons d'uniforme. Un pantalon de drap bleu, à grand pont, de coupe ample.
Un bonnet de police taillé à la dragonne en drap bleu, orné d'un galon de fil blanc large de 27 mm et d'un passepoil blanc sur le sommet du bandeau, et d'une grenade brodée en fil blanc sur le devant. Les couture de la flamme du bonnet sont garnis d'un passepoil blanc. La flamme se termine par un petit pompon de fil blanc.

Bottes

à l'écuyère, en cuir de veau retourné noirci. Éperons mobiles en acier bronzé.

Gants

taillés à la crispin, en peau de daim.

DISTINCTION DES GRADES

Gendarme : Aiguillette de fils blancs, avec cordon rouge vers le devant, et bleu à l'arrière. Trèfles bicolores, avec disposition des couleurs à l'identique. nattes de fils blancs. Galon en fil blanc large de 55 mm sur l'équipage du cheval.

Brigadier : Aiguillette identique mais en soie. Galon d'argent de 34 mm au-dessus du parement des manches de l'habit et du surtout. Galon identique sur le devant et le bord de la rotonde du manteau. Galon en fil blanc large de 55 mm sur l'équipage du cheval.

Maréchal des logis : Aiguillette identique en soie. Deux galons d'argent de 34 mm sur les manches. Même galon sur le manteau. Galon en fil blanc large de 55 mm sur l'équipage du cheval.

Maréchal des logis-chef : Aiguillette identique en soie, trèfle en argent, cordons nattés à trois brins dont deux en soie et un argent. Sur l'épaule droite, une épaulette losangée en écarlate à trois rangs, tournante intérieure bleu clair, tournante extérieure en argent et plus grosse. Galon de 34 mm sur le manteau. Galon en fil blanc large de 55 mm sur l'équipage du cheval.

ARMEMENT & EQUIPEMENT

Mousqueton de maréchaussée mèle 1770, porté par les brigadiers et les gendarmes. Garni d'une bretelle en buffle blanchi. Sa baïonnette est portée au ceinturon. Il est porté à cheval fixé à la selle, le canon contenu dans une botte. 

Une paire de pistolets de maréchaussée ou d'arçons de cavalerie 1736-1776.

Sabre du nouveau modèle à 4 branches de garde en laiton, et poignée filigranée, qui préfigure le sabre de cavalerie de l'an XI. La lame est gravée "Gendarmerie Nationale" d'un côté et de l'autre "Respect aux propriétés et aux personnes". Il est porté dans un fourreau de cuir noir à chape, anneaux et bouterolles à dard en laiton. Les jours de parade, il est porté dans un deuxième fourreau de protection.

Giberne et sa banderole du modèle de 1786 pour les chasseurs à cheval. en cuir noirci, contenant un coffret en bois percé pour 20 cartouches pour le mousqueton. La patelette est ornée d'une grenade en laiton.

Ceinturon en buffle blanchi. Porté à la taille, par dessus la veste par le cavalier, il se porte en baudrier pour le service à pied. Il est muni de deux anneaux pour les courroies portes bélières du sabre. Un gousset porte baïonnette est cousu entre les deux anneaux. Plaque de ceinturon en laiton de 94 mm x 67, ornée en son centre d'un écusson blanc de 58 mm x 42 mm estampée de l’œil de la surveillance, flanqué de branches de chêne et surmontant une banderole marquée de "Respect aux personnes et au propriétés". 
Pour la grande tenue une dragonne tressée en poil de chèvre écarlate, en cuir fauve pour la petite tenue.

LA GENDARMERIE IMPÉRIALE 1804-1815




L'arrêté du 12 thermidor an IX (31 juillet 1801) fixe la composition et l'organisation de la Gendarmerie Nationale. 
Forte de 26 Légions, comprenant  1 750 brigades à cheval & 750 à pied, sur le pied de 6 hommes, soit 1 Sous-officier & 5 Gendarmes. Elle totalise 15 686 hommes.

Chaque Légion est constituée de 2 escadrons. Chaque escadron est à 2 compagnies.
La Corse constitue la 26° Légion dont le siège est à Bastia. Les départements du Golo et du Liamone forment les 51°et 52° escadron. les chefs-lieu des escadrons sont Bastia & Ajaccio.

Création d'une 27° Légion, chargée de la sécurité du Gouvernement. Elle formera sous le Consulat, puis sous l'Empire, la Gendarmerie d'Elite, dont les effectifs sont choisis parmi les éléments les plus méritants, bons cavaliers, célibataires, de bonne moralité et mesurant 1,78 m. (Circulaire du 24 octobre 1801) 

Au fur et à mesure de l'expansion de l'Empire, la Gendarmerie s'implante dans les nouveaux territoires.
27° Légion à Turin le 11 septembre 1802 (24 fructidor an X) à 3 escadrons.
28° Légion à Gênes, Apennins, Marengo, Montenotte le 6 juin 1805 (17 prairial an XIII).

Gendarmerie des Départements 1er Empire - Gendarme à Cheval 1812 - Coll. particulière.

ARMEMENT

Ne subit aucun changement notable pendant la période impériale.






LA GENDARMERIE ROYALE 1815 - 1830
 
 MOTIF DU BOUTON DE LA GENDARMERIE ROYALE
DE 1815 à 1830 - in GENDARMERIE NATIONALE
 
En 1815, le retour de l’Empereur et sa chute après Waterloo ont enflammé la Corse. Le pouvoir royal a mis en place à Bastia, comme gouverneur un ancien chouan du nom de BRUSLART. Si Bastia devient le siège de l'autorité, par opposition, Ajaccio devient celui du parti Bonapartiste.
Il s’ensuit une guerre civile, connue sous le nom de "Guerre du Fiumorbo", qui ne s'éteint qu'avec la mort de l'Empereur. Elle voit une augmentation des crimes de sang et de règlements de comptes.
Ces forces rebelles sont menées par un demi-solde, le Colonel de Gendarmerie CASABIANCA. Avec l’aide de 3.000 montagnards, ils mènent la vie dure à l’autorité royale autour de Bastia.
Un autre gendarme, le Commandant POLI, que l’Empereur a envoyé de l’île d’Elbe en Corse pour rallier des partisans et rétablir l’autorité impériale. Il doit empêcher un éventuel débarquement des Anglais. Il va tenir tête dans le centre de l’île aux troupes Royales débarquées à Ajaccio. L’autorité royale est contrainte de négocier sa reddition. 
Le pouvoir royal conserve les effectifs existants de l'ex-Gendarmerie Impériale, qui prend le nom de Royale.
Les missions et la nature du terrain  vont conduire à l'adoption d'une tenue plus confortable. Abandon de la culotte de peau par le pantalon de drap bleu a fausses bottes de cuir, l'inconfortable chapeau par le shako, puis de la casquette dite d'Afrique ancêtre de l'actuel képi. 
Ces évolutions de la tenue vont ensuite se généraliser sur le continent. 
 
ORGANISATION
 
A la deuxième Restauration, la Gendarmerie Royale ne bénéficie plus des faveurs de l'autorité royale. Elle va connaître une période transitoire. La tenue ne subit que peu de modifications, mais elle conserve les couleurs traditionnelles héritées de la Maréchaussée et de la Gendarmerie de France. L'organisation territoriale et son champ d'action seront redéfinies ou affirmées pour perdurer jusqu'à nos jours.
Comme ses prédécesseurs, Louis XVIII s'entoure d'une Gendarmerie d'Élite pour assurer la sécurité de sa personne, d'une force de police militaire pour assurer le maintien de l'ordre dans Paris, et d'une force militaire dans les campagnes pour lutter contre le brigandage et assurer la sécurité des voies de communication.

Comme le reste de l’Armée, la Gendarmerie Royale n’échappe pas à la grande épuration fixée par l’Ordonnance du 18 novembre 1815. 

- L'Ordonnance du 10 septembre 1815, organise la Gendarmerie Royale des Départements comme suit :
24 légions, 48 Escadrons et 96 Compagnies, soit 2 170 brigades de 8 hommes dont 1 550 à cheval et 620 à pied, pour un effectif de 18 000 hommes.
- L'Ordonnance du 29 octobre 1820, l'organise en 24 Légions, 87 Compagnies (correspondant au nombre des départements), 370 Lieutenances et 2 250 brigades à 6 gendarmes chacune, soit 1 600 à cheval pour 650 à pied, pour un effectif total de 14.086 hommes.
C'est à cette époque que l'admission dans l'arme est soumise à de nouveaux critères jugés sévèrement : à savoir une taille minimale de 1,732 m pour l'arme à cheval et 1,705 m pour l'arme à pied, être âgé de 25 à 40 ans, avoir une conduite exemplaire, savoir lire et écrire et justifier de 4 ans de service militaire. 
Les brevets d'officiers sont accordés par le Roi, et l'ensemble des militaires doit prêter serment au souverain.

Le 10 janvier 1816, Louis XVIII réorganise la GENDARMERIE ROYALE DE PARIS à partir de la GARDE ROYALE DE DE LA VILLE DE PARIS, et en 1820, reconstitue après une extinction de 6 ans, la GENDARMERIE D’ÉLITE.

Gendarme de la Compagnie des Voyages & des Chasses du Roi - 1819 - Coll de l'auteur 

Il existe également une GENDARMERIE COLONIALE, implantée à la Martinique et à la Guadeloupe, ainsi qu'une GENDARMERIE ROYALE DES PORTS ET DES ARSENAUX, au nombre de 6 compagnies (Boulogne - Le Havre - Brest - Lorient - Rochefort et Toulon) d'un effectif à 418 hommes. En 1820, elle passe à 5 compagnies. 
Durant cette période, la Gendarmerie Royale s'illustre durant la campagne d'Espagne de 1823 à 1827.  
La tenue est fixée par deux règlements, l’un du 15 février 1819, et le second du 22 septembre 1826.
L’uniforme conserve les couleurs héritées de Gendarmerie Impériale, avec la couleur bleu de Roi et les distinctives écarlates. L’uniforme conserve la coupe du modèle défini en 1812, seuls les attributs royaux ont remplacé les attributs hérités de l’Empire. Le pantalon supplante la culotte et un nouveau chapeau est adopté. 

LE RÈGLEMENT DU 15 FÉVRIER 1819

1°/ L’ARME A CHEVAL 


GRANDE TENUE

Habit de drap bleu de roi coupé selon le modèle de 1812, avec revers et retroussis rouges, poches en long simulées par un liseré écarlate, orné de 3 boutons blancs d’uniformes. Chaque revers comporte 7 boutons. 
Les retroussis sont ornées d’une grenade en fil blanc pour les gendarmes, en fil bleu pour les sous-officiers, en argent pour les officiers. Collet fermé droit, parements ronds et pattes de parements en drap bleu. Les pattes comportent 3 boutons.
Boutons de métal blanc aux Armes de France ( écu ovale à 3 fleurs de lys surmonté d’une couronne et encadré de 2 rameaux d’oliviers) et portant la légende Gendarmerie Royale.
Sur l’épaule gauche sont portées des aiguillettes en fil blanc terminées par deux ferrets de métal blanc, et une épaulette en forme de trèfle de fil blanc. L’épaule droite ne portant qu’une épaulette en forme de trèfle. Les sous officiers porte le même élément, mais les fils sont mélangés bleu et argent, et rouge et argent pour les trompettes.
Culotte demie collante de couleur chamois.
Ceinturon et banderole de giberne chamois bordé d’un galon blanc. Le ceinturon est orné d’une plaque de cuivre jaune agrémentée des armes de France en métal argenté. Giberne de cuir noir, ornée d’une grenade de cuivre.
Chapeau à la française de feutre noir bordé d’un galon argent avec une cocarde en basin blanc, maintenue par une ganse en galon blanc et un petit bouton d’uniforme. Le chapeau est porté en colonne, la ganse devant se trouver au dessus de l’œil gauche. Cette coiffure remplace le chapeau réglé en 1813.
Gants de cuir de couleur chamois à crispins. 
Bottes fortes de cuir noir avec éperons. 
Portefeuille de correspondance en cuir faune en forme de sabretache.

Gendarmerie Royale des Départements Gendarme à cheval - Coll. de l'auteur.  

Il est fait usage par mauvais temps d’un grand manteau à rotonde de drap bleu, doublé de rouge, et dont l’amplitude est telle qu’il protège les flancs et la croupe de la monture. 
Ce vêtement est ordinairement plié et fixé au portemanteau de manière à présenter la doublure rouge vers le haut.  

PETITE TENUE

En petite tenue, il est fait usage d’un surtout de drap bleu fermant droit devant par des boutons blancs. Un liseré rouge est visible sur le devant. Retroussis rouges.
Chapeau de grande tenue, trèfles et aiguillettes.
Pantalon demi-collant en drap gris enserré dans les bottes fortes en cuir noir.
 
Gendarmerie Royale des Départements - Gendarme Départemental à Cheval en grande tenue - 1824 - Coll. de l'auteur.  
 
Tenue de service à pied 

Les gendarmes à cheval peuvent être amenés à faire leur service à pied. Ils portent alors le ceinturon porte sabre en baudrier. 
Pour les officiers la tenue est identique mais taillée dans un drap plus fin et de confection plus soignée.

Équipage du cheval

Selle du modèle des dragons adoptée sous l’Empire en 1812. 
Bride de cuir noirci. 
Le tapis de selle de drap bleu bordé d’un galon blanc et orné dans l’angle postérieur d’une grenade brodée de fils blanc.
 

1830 GARDE ROYALE - GENDARMERIE D’ÉLITE
Trompette & Lieutenant en grande tenue de service à pied
Coll. de l'auteur.







2°/ L'ARME A PIED

GRANDE TENUE

Elle est identique à celle des cavaliers. La seule différence consiste dans le port de hautes guêtres d’étamine noire.
 
PETITE TENUE

Elle est identique à celle des cavaliers. Sa seule différence réside dans le port de guêtres courtes en étamine noire. 
Même remarque pour les officiers.
Selle du modèle des dragons pour les officiers montés.

ARMEMENT

Les cavaliers sont armés d’un sabre du modèle de cavalerie légère, d’un mousqueton et d’une paire de pistolet. 
Les gendarmes à pied sont armés d’un mousqueton et de sa baïonnette, et d’un sabre briquet.

LE RÈGLEMENT DU 22 SEPTEMBRE 1826

 1°/ ARME A CHEVAL
 
GRANDE TENUE

Pas de changement dans la tenue.
Le changement réside dans l'adoption d’un nouveau modèle de chapeau, dont l’aile avant mesure 197 mm et à l’arrière 270 mm. C’est la plus haute des coiffures portée par les gendarmes.

PETITE TENUE

Pas de changement dans la tenue, si ce n'est le pantalon qui devient gris bleu.
 
ÉQUIPAGE DU CHEVAL

Adoption d’une nouvelle selle à la française dite du modèle 1823.
Tapis de selle bordé d’un galon blanc et ornée d’une grenade de fils blancs dans l’angle postérieur.  

Gendarmerie Royale des Départements 1830 - Gendarme et S/lieutenant en petite tenue - Coll de l'auteur.

2°/ ARME A PIED
 
GRANDE TENUE

Pas de changement. Un pantalon blanc remplace la culotte chamois.
Port de hautes guêtres d’étamine noire.

PETITE TENUE

Identique à celle des cavaliers.
Port de petites guêtres d étamine noire sur un pantalon blanc.
 
ARMEMENT

Les cavaliers voient leur sabre du modèle An XI à fourreau métallique, remplacé par le modèle 1816 ou 1822.
La paire de pistolets modèle An XI est remplacée par le mèle 1823.
Mousqueton du modèle An XI remplacé par celui du mèle 1816.

Pour les gendarmes à pied, le fusil An IX est remplacé par le mousqueton mèle 1825.
Sabre briquet An IX remplacé par le mèle 1816.


LA GENDARMERIE ROYALE DE CORSE

L’Ordonnance du 29 octobre 1820 avait implanté en Corse la 17ème Légion, dont le chef lieu est fixé à Bastia. La Gendarmerie Royale de Corse est forte de 63 brigades s’articulant en 2 compagnies. Le découpage territorial impérial n’a pas été modifié.
La Gendarmerie Royale de Corse est équipée du même uniforme que celui porté sur le continent. A la seule différence, qu'il sera adapté au climat et à la configuration du terrain.

La 1ère Compagnie à Bastia comprend 7 lieutenances : Bastia, Calvi, Saint Florent, Vescovato, Corté, Piedicroce, Tallone.
La 2ème Compagnie à Ajaccio, en comprend 5 : Ajaccio, Vico, Santa Maria Sicché, Sartène, Talano.

Gendarmerie Royale de la Corse 1819 par Auguste de Moltzheim - Gendarmes à pied - 
Crédit photo Bertrand MALVAUX



Les gendarmes qui œuvraient sur l’île n’en étaient pas toujours originaires. 
Aussi il est créé une unité supplétive à recrutement local pour suppléer leur action. Cette unité prend le nom de Voltigeurs Corses, dont il faut chercher les origines dans le rôle dévolu au Régiment Provincial, puis aux Bataillons de Chasseurs Corses.
En fonction de contraintes dues à la nature du pays, les Gendarmes servant en Corse, furent obligés d’adapter leur tenue.



Gendarmerie Royale de Corse 1830 
par Auguste de Moltzheim -
Brigadier à cheval, maréchal des logis à pied et trompette en tenue d'écurie
Crédit photo Bertrand MALVAUX


1°/ ARME A CHEVAL

La tenue est identique à celle qui est portée sur le continent. Toutefois les gendarmes à cheval généralisent le port du surtout qui supplante l’habit de grande tenue.
Les bottes fortes dans un pays montagneux et le port de la culotte demi collante se révélant inconfortable et peu pratique. Les Gendarmes font usage d’un pantalon en drap gris bleuté muni de jambes à fausses bottes de cuir noir. 
De même ils troquent l’inconfortable chapeau par un shako, garni sur le haut du galon d ‘élite blanc et d’une plaque aux armes de France et d’une jugulaires à écailles de métal blanc.

Gendarmerie Royale de la Corse 1819 - Gendarme à cheval en surtout et Brigadier à pied par Auguste de Moltzheim - Crédit photo Bertrand MALVAUX

ÉQUIPAGE DU CHEVAL

La Gendarmerie Royale de Corse, fait usage d’une selle dite à l’anglaise du modèle de 1819, qui équipe les officiers et la troupe.
Pour sa remonte, la Gendarmerie de Corse, utilise les petits chevaux locaux. Ceux là même qu’Alphonse Daudet décrit si bien du Phare des Sanguinaires dans les "Lettres de mon moulin".







 
Sur fond de citadelle de Corté, Gendarme à Cheval de la Corse.
Eugène LELIEPVRE in Gendarmerie Nationale - Coll de l'auteur
 


 
 


 
 

















Gendarmerie Royale de la Corse 1824
Officier en grande tenue - Coll. de l'auteur


Gendarme à Cheval en 1819 - A de Moltzheim
Crédit photo Bertrand Malvaux


 1830 - Gendarmerie Royale de Corse 
par A de Moltzheim - Crédit photo Bertrand MALVAUX

2°/ARME A PIED

 

Les gendarmes à pied font usage du même shako que les cavaliers, garni d’un plumet rouge.
Jusqu’en 1822, ils portent l’habit de grande tenue et les épaulettes à franges écarlates.
La Gendarmerie Royale de Corse, sera également la première à faire usage de la fameuse casquette d’Afrique, et ce dès 1840, bien avant que le port n’en soit généralisé à toute l’armée. Cette coiffure tronquée est l'ancêtre du képi.
 
Gendarme départemental à Cheval et Gendarmerie royale de Corse. Gendarme à pied en grande tenue par E. LELIEPVRE  


































Gendarmerie de Corse en 1846 portant la casquette dite d'Afrique 
par E. LELIEPVRE 
L'uniforme a subi les modifications apportées par les divers règlements.
La casquette dite d'Afrique a remplacé le shako. Avec le temps sa taille va
se réduire pour donner le képi en 1904 qui supplantera définitivement 
le chapeau bicorne. 

REMERCIEMENTS

Au Musée de la Gendarmerie à Melun et tout particulièrement à M. Franck RONCAGLIA. 
Bertrand MALVAUX qui m'a aimablement autorisé à utiliser les planches relatives à la Gendarmerie Royale de Corse provenant de son site. 

SOURCES

- GENDARMERIE NATIONALE - Gal Jean BESSON & Pierre ROSIERE - Ed. Xavier Richer - 1982
- Illustrations Collection de l'auteur.
- Clichés des planches MOLTZHEIM de Bertrand MALVAUX.
- Les pistolets de gendarmerie - Jean BOUDRIOT & Robert MARQUISET - article de la Gazette des Uniformes publié dans la Revue de la Gendarmerie. 
- Ordonnance du Roi pour l'établissement s'une Compagnie de Maréchaussée en Corse du 27 décembre 1769 - Musée de la Gendarmerie - Melun.
- Ordonnance du Roi, concernant la Maréchaussée du 28 avril 1778 - BNF GALLICA
- Loi concernant l'organisation de la gendarmerie dans l'île de Corse du 16 frimaire an 6.
- Divers numéros de la revue TRADITION MAGAZINE de notre collection.
- Gazette des Armes n° 173 - Janvier 1988 - Numéro Spécial Gendarmerie.
- La Gendarmerie de l'An IX - Michel PETARD - FIGURINES n° 3 - bimestriel  avril-mai 1995. 


JN POIRON - 2003 - Mise à jour 20/08/2016