03.02 - LES CORSES AU SERVICE DES SOUVERAINS PONTIFES

Type de soldat pontifical de l'époque des guerres d'Italie - Coll. du Vatican

Cyrnorium fortia bello pectora
Les Corses au cœur intrépide au combat
(devise inscrite sur une fresque au Vatican)

LES ORIGINES
 
La présence de Corses dans l'entourage des Souverains Pontifes remonte au moins à l'époque où Pépin le Bref a attribué l'île au Pape Étienne II en 755, avant sa donation par Charlemagne en 774 à Adrien 1er. C'est en vertu de ces titres que la Papauté a rappelé périodiquement ses droits sur l'île, et a délégué ses pouvoirs en fief à quelques protecteurs qui se reconnaissaient vassal de Saint Pierre (Toscane, Pise, Aragon, Gênes). La papauté y envoya des légats pour manifester son autorité directe, et y mena parfois des expéditions militaires. La dernière expédition militaire envoyée vers 1445 par le Pape Eugène IV se solda par un échec.

A plusieurs reprises la Papauté usera de ce pouvoir auprès de Gênes pour faire cesser les maltraitances exercées sur les populations locales. Cette situation fut la cause d'une émigration vers Rome dès le haut moyen-age. 
Ainsi la paroisse de San Grisogono est élevée au rang d'église nationale des Corses dès 1445 et fut le  lieu de sépulture de nombreux officiers Corses au service du Saint-Siège.

Au XVI° siècle, une colonie Corse nombreuse et prospère, faite de commerçants, d'ecclésiastiques, d'étudiants y peuplent un quartier du port. On les trouve dans l'entourage immédiat ou dans la famille des papes, tant ecclésiastes que laïcs.
 
Le service des Corses remonte au règne de Léon IV qui régna de 847 à 855. Rome fut alors le refuge de nombreuses familles corses qui fuyaient les pillages barbaresques. Ce pape les utilisa pour le peuplement d'Ostie et pour la garde de l'enceinte  ou "Mure di Leone IV".
Comme les troupes ne sont pas permanentes on en ignore le nombre.

En 1465, l'on ne compte pas moins de 23 capitaines ou connétables Corses dan les Etats de l'Eglise. 
En 1475, Une bulle du pape Sixte IV exige de tous les Corses qui veulent résider à Rome ou occuper un garde dans l'armée une caution de 200 ducats.

Monument funéraire de Pasquino Corso, Colonel de la Garde en l'église de San Grisogno.
Originaire de Perugia. Il combat en 1514 aux côtés de Giovanni de Médicis dit Giovanni Delle Bandere Nere. En 1529 il commande 2.000 soldats corses au service de Florence. En 1530, il passe au service de la Papauté. Il décède dans le courant du mois de juillet 1532. Il repose dans l'église de San Grisogno.

Entre 1468 et 1471, quatre compagnies de gens d'armes (cavalerie lourde) Corses sont entretenues et soldées à Rome. 
Sous les règnes des Papes Alexandre VI (1493-1503) et Jules II (1503-1513) ces compagnies sont multipliées. Sous le pontificat de Jules II, l'armée pontificale atteint le chiffre de 12 000 hommes de toutes provenances et de toutes nationalités, et pas nécessairement catholiques.

En 1502, en prévision d'une action contre les Turcs, une flotte de guerre forte de 13 galères est armée, les équipages sont recrutés sur toutes les côtes latines.

En 1517, il y a dans Rome, près de 3.000 soldats Corses commandés par 14 capitaines.

Après la déroute de Lautrec devant Naples en 1528, les débris de l'armée française remontent vers le nord à travers les États de l'Église. Parmi eux les bandes Corses au service de France, soit 3 000 hommes. 600 s'arrêtent à Rome, et y prennent du service à la solde de Clément VII (1523-1534). Parmi ces troupes, les compagnies des Capitaines Sampiero Corso et Raffaelo Corso.

Après le sac de Rome en 1527, par les troupes impériales, la Papauté prend de la distance et adopte une position de neutralité dans le conflit qui oppose François 1er et Charles Quint, et elle n'intervient plus. 
 
Il faut attendre la bataille navale de Lépante le 7 octobre 1571 pour voir l'armée pontificale prendre part à la campagne navale de la Chrétienté contre les Turcs. Des équipages Corses montent les galères armées par l'Église. 
Cette campagne navale sonne la fin des Papes guerriers. A partir de ce moment, les troupes vont devenir permanentes. Un service régulier est créé. La Garde Corse est organisée.

Pierre tombale de Pierre Paul de Basterica (Bastelica) et Giusti Sernachelli de Popolasca dans l'église San Crisogono à Rome.
Crédit photo Iviu Pasquali - Associu Guardia Papale Corso.

Leur présence dans les troupes pontificales est attestée bien après la dissolution de la Garde Pontificale Corse, notamment parmi les sbires.

LA GARDE CORSE
 
Sa date de création est ignorée. 
Selon certains, sous le pontificat de Grégoire XIII (1572-1585), sous Clément VIII (1592-1605) en 1603 ou sous Paul V en 1607 .
D'après le comte COLONNA de CESARI-ROCCA, la Garde Pontificale aurait été instituée par Sixte V (1520-1590), élu pape en 1585, cette garde aurait été commandée par Domenico ORNANO d'Albitreccia.
Il semblerait plutôt que cette Garde Corse ne soit pas une création mais une réorganisation d'unités déjà existantes.
L'ambassadeur vénitien Paolo PARUTA relate qu'en 1595, 600 Corses se trouvaient en service, et que ce nombre fut porté à 1 000. Giovanni DOLFIN, successeur de PARUTA, note qu'en 1598, les Corses n'étaient plus que 600.

 



























Drapeau de la Compagnie des soldats Corses de 1740 à 1774. Drapeau de la Compagnie de soldats Corses en 1708.
Illustration de Walter BAUDINELLI
En réponse à mon courrier auprès de l'Officier responsable des archives de la Garde Suisse Pontificale. Selon Rendina, en 1603, sous le règne de Clément VIII pape de 1592 à 1605. 
Ce pape a, à son service 600 soldats et 200 arquebusiers à cheval Corses. Ces hommes sont chargés de la garde en dehors des Palais Apostoliques et d'autres lieux de Rome. Elle dispose de droits de police, car elle combat les malfaiteurs, assure la sécurité des routes, escorte les courriers, et assure des cordons sanitaires lors des grandes épidémies de pestes en 1575-1577, 1630-1631 et 1658.

Pierre tombale d'un soldat Corse enseveli dans l'église San Crisogono à Rome. 
Crédit Photo Iviu Pasquali - Associu Guardia Papale Corsa.

En 1604, une émeute populaire provoquée par l'ambassadeur d'Espagne donne à la ville un aperçu de la guerre de rues. Clément VIII établit une garnison Corse à Rome et fait remettre en état l'artillerie du château Saint Ange.

La Garde participe également à toutes les cérémonies publiques romaines, processions, réceptions d'ambassadeurs, visites de monarques, et exécutions capitales.
Grégoire XIII a durant son règne renforcé la police romaine contre le banditisme. 
Clément VIII a continué son œuvre. Dès son accès au trône, il lance une grande opération de nettoyage dans les Marches. 
A cette époque les révoltes de paysans ne sont pas rares, et une ville comme Rome attire en son sein une foultitude de gens sans aveux.
La raison d'emploi des Corses à ce rôle équivalent à la Maréchaussée, semble justifié par le fait que les Corses sont étrangers aux intrigues qui secouent la noblesse romaine, et la pratique de leur langue leur permet des rapports aisés avec la population civile.
Les Corses ont joui d'une grande estime publique tout au long de leur service en raison des qualités traditionnelles de leur race : probité, sobriété, courage, discipline, bonnes mœurs et piété.

Les Corses sont également bien représentés en Cour, Bartoloméo de Vivario, général des Galères, amiral en chef de la flotte pontificale dans les années 1560, ou J. R. CASELLA, Mestre de Camp Général. Un monument est érigé pour célébrer cette reconnaissance publique.
 
En 1587, le Pape Sixte V célèbre la victoire de Sampiero Corso et ses compagnies au service de France à Uriage, sur des Suisses qui voulaient envahir le Dauphiné. Les Suisses étant reconnus comme les meilleurs fantassins de leur temps.
Sixte fait peindre une fresque vantant la qualité militaire des Corses. Cette allégorie est toujours visible.

Garde Corse du Pape en 1656 - in Le Costume militaire des troupes Corses. 
Jean PIERI - Cahiers Corsica 71-72 - BASTIA 1977
 
En 1617, la Garde est forte de 600 hommes articulés en 3 compagnies de 200 hommes, réparties entre Valletri, Ascoli et Romagne.

En 1623, l'effectif est redistribué en 4 compagnies. Une compagnie tient garnison dans la Maritime et la Campanie, une autre dans la Marche, une autre en Ombrie et la dernière en Romagne.

En 1628, le corps est augmentée d'une cinquième compagnie qui tient garnison dans Rome.

En 1639, Urbain VIII réduit l'effectif à 300 hommes et ramène la totalité des compagnies à Rome. Leur service comprend la garde des portes, services de police et d'honneur. Au moment où la Guerre de Trente Ans éclate, le pape redoutant les exactions de 1527, renforce le château Saint Ange, et fait construire une manufacture d'armes.

Alexandre VII rétablit ses effectifs à 600 hommes. Les 2/3 du corps demeurent à Rome, l'autre 1/3 à la périphérie. C'est sous le pontificat d'Alexandre VII que le corps prend officiellement le titre de Garde Corse. Chaque compagnie vit dans une caserne.

RECRUTEMENT
 
Officiers et soldats sont tous des insulaires, et viennent des pieve de la partie montagneuse de l'En-deça des monts. Les gens du littoral et des villes s'y trouvent en minorité. 
Les officiers proviennent des familles nobles ou notables, et recrutent leur compagnie dans leur pieve  d'origine. On y relève le nom de deux colonels de cette Garde : Suzonne POZZO di BORGO et GENTILE.
La liste des déserteurs suite à l'incident de 1662, fournit quelques données statistiques, recrutement, age et condition de deux compagnies.
Compagnie FRANCHI : 2 de Bastelica, les autres de Monte Maggiore, Corté, Vallerustia, Pietraverde, Orezza, Corra, Belgodère, Santa Maria, Zevacu, Santa Reparata.
Compagnie SAVELLI : Bastelica, Volpajola, Cassano, Bastia.
Le plus âgé à 40 ans, le plus jeune 19, la moyenne est de 26 ans. Beaucoup savent lire et écrire. Certains sont mariés et vivent avec leur famille à Rome.
Les célibataires prennent leur repas ensemble dans un auberge tenue par un compatriote.
 
Chaque compagnie dispose d'une caserne et d'un sous quartier dans lequel plusieurs postes sont tenus en permanence. Notamment la caserne de la Trinité des Pèlerins, construite par un marchand de Calvi, enrichi par le commerce avec les Indes. En comparaison, l'armée française ne s'encasernera qu'en 1692.
 
Soldat, officier et officier supérieur de la Garde Corse Pontificale en 1656 d'après le Marquis d'ORNANO
in La Sabretache  n° 20 - 1973
Avec l'aimable autorisation de La Sabretache.
 
ARMEMENT & ÉQUIPEMENT
 
La silhouette du Garde Corse est sensiblement peu différente de la silhouette des hommes d'armes des XVI° et XVII° siècles. C'est la silhouette d'un arquebusier, portant casque et corselet de métal les jours de gala.
Pour le service courant un chapeau de feutre et l'uniforme qui sera selon A. da MOSTO, distribué vers 1660, un justaucorps de drap bleu avec doublure de serge rouge. Cette tenue ne fut peut-être pas portée par toutes les compagnies. 
D'après les témoignages recueillis suite à l'incident du 20 aout 1662, les Gardes en service n'étaient pas vêtus uniformément.

La seule illustration connue date de 1656 d'après le marquis d'ORNANO, et présente un soldat portant morion et corselet de métal. Il porte une épée suspendue à un baudrier, une poire à poudre, et tient une arquebuse. Une écharpe ceint sa taille, hauts de chausse et bas.
L'officier porte également un casque et un corselet de métal. Il porte l'épée, et tient une canne, marque de commandement. Une écharpe à la ceinture.

Un officier supérieur portant chapeau empanaché, une épée suspendue par un large baudrier, et une canne.

En 1662, les gardes sont armés d'une épée et d'une arquebuse, d'une hallebarde pour les sergents et les caporaux.

Une Corsègue - Cette arme d'hast à 3 lames a été utilisée par les soldats Corses tant en France qu'en Italie entre le XV° & le XVII° siècle. Celle-ci est conservée au Musée de Piedicroce.
Crédit photo Associu Papale Corsa.

Garde Pontifical et sa corsègue. Sa longueur en fait 
une arme redoutable pour désarçonner un cavalier 
ou tenir à distance un fantassin.
Illustration de Yann VINDEOUX

LES SOLDES

Au XVII° siècle la solde des militaires pontificaux est composée d'une partie en numéraire, le soldo, et une partie en nature, l'ustensile. Le soldo varie en fonction du grade, de l'arme, ou de la spécialité. Les soldats méritants perçoivent une prime appelée caposoldo. La solde en période de paix est inférieure à celle du temps de guerre. Les soldats servant à l'étranger perçoivent un supplément (aiuto di costa). Les officiers montés tant d'infanterie que de cavalerie perçoivent des rations de fourrage.
Comme pour les armées de l'époque des retenues sont faites sur la solde, pour le pain, la tenue, les armes, l'hôpital, l'armurier, les déplacements.
Pour la cavalerie des retenues sont faites pour le fourrage et les armes fixées à la selle.


SOLDES

 SOLDES DE L'INFANTERIE

(en scudi)

 GRADES


XVII° siècle 

XVIII° siècle
 
 Minimum Moyenne Maximum  Minimum Moyenne Maximum
 Colonel des Corses  30   30 
Capitaine  3040 50 24 25 35
Lieutenant 15  23 301631,37 
Alfier 9,9 2023,50 10 16 20 
Sergent 612 12,65 7,50 11,10 
Caporal  2,807,69 85,50 6,507,10 
Soldat 2,204,50 4,60 3,30 4,50 5,25 
Page  5 4,40  
[Source Jean-Baptiste RICCI]


Cortège  papale sur la Plazza del  Campidoglio sous le pontificat d'Alexandre VII (1655-1667) - Anonyme
Plusieurs type d'hommes d'armes sont représentés, tant à pied qu'à cheval.
 
LA DISSOLUTION DE LA GARDE CORSE
 
L'action se passe en 1662, Louis XIV veut racheter Dunkerque alors possession de l'Angleterre, à son cousin Charles II Stuart, remonté sur son trône après CROMWELL en 1660. Charles II a besoin de liquidités et les trois millions et demi de livres que lui proposent Louis XIV sont les bienvenus.

Le Palais Farnèse - Cliché Paul Turchi-Duriani
Représentation diplomatique de Louis XIV près le saint-Siège,
 ce palais accueille l'ambassade de France depuis 1874.

Le parti dévot (Rome, Espagne, Venise, Malte) estime que cette somme pourrait être plus utile pour lutter contre l'expansion des Turcs en Méditerranée. 
Le pape Alexandre VII veut promouvoir une ligue contre les Turcs, à laquelle s'opposent Louis XIV et Colbert. Des incidents entre dévots qui veulent empêcher le rachat de Dunkerque et partisans du Roi de France éclatent dans Rome. Des incidents surviennent à partir du mois de juin 1662, avec l'arrivée du nouvel ambassadeur du Roi Très Chrétien, le duc de Créquy, opposant Gardes Pontificaux et gardes de l'Ambassade.
Un garde Corse du nom de Giovanni de Calenzana est blessé au cours d'une rixe avec les Gardes de l'ambassadeur qui les ont traités "d'espions du pape".
Le dimanche 20 août, à la sortie de la messe, les gardes de Créquy poursuivent deux Gardes Corses, Domenico de Rogliano et Gio Battista d'Ajaccio. Domenico se réfugie chez l'habitant, mais Gio Battista est mortellement blessé. Dans la soirée, les gardes ajacciens, sous les ordres du capitaine Savelli de Corbara décident de venger leur camarade.
Ils se mettent en place aux abords de la Place Farnèse où se situe l'Ambassade. Ils tentent de barrer la route au carrosse de la Marquise de Créquy belle-sœur de l'ambassadeur. Elle réussit à échapper à ses assaillants qui la poursuivent à coups de pierres. 
L'épouse de l'ambassadeur est moins chanceuse. Elle a passé sa journée à visiter les églises, et rentre à l'ambassade aux flambeaux. Il est 23 heures. Les Corses lui barrent la route, le carrosse tente de faire demi-tour. Un page de 20 ans du nom de BERTAUD est tué à la portière du carrosse par Andrea CROVERO* (quatrième aïeul de Napoléon).
Les gardes de l'ambassade chargent sous les ordres de leur capitaine Antoine DUBOYS qui est mortellement touché. 
Ils sont une trentaine de Corses qui attaquent l'ambassade, malgré les ordres du capitaine de'Franchi qui comme Savelli, commande une compagnie. Des coups de feu sont tirés des fenêtres. Des passants sont tués, dont un mendiant aveugle, un garçon libraire, un portefaix et deux boulangers.
Les tambours battent le rappel, mais rien n'y fait.
Le 22 août, huit Gardes dont Pietro de Montemaggiore, Carlo d'Ampugnano, Paolo Maria Pozzo di Borgo, fils d'un colonel au service pontifical, et le meneur Andréa Crovero*, s'embarquent pour la Corse.

Armes de POLI Matteo in l'Armorial Corse

Cette attaque met Louis XIV dans dans une grande fureur. L'affaire est grave, car les mis en cause appartiennent à la noblesse ou aux familles notables insulaires. A Rome une enquête est ouverte, qui sera terminée le 21 novembre.
Fabio d'Ajaccio et Paolo Maria POZZO  di BORGO, sont entendus et déposent le 29 août, Pietro ANSALDI de Santa Reparata, le 26 septembre, ainsi que Mattéo et Simone de Bastelica.
Neuf Gardes sont enfermés aux Carceri Nuove et mis à la torture extraordinaire. Mateo d'Ilario de Pietralba est torturé trois fois pour avoir tiré des coups d'arquebuse place Farnèse. Il est pendu le 16 décembre sur la Piazza Campo dei Fiori pour le meurtre du capitaine des gardes de l'ambassade.

Louis XIV ne décolère pas, il en demande plus au Pape. La condamnation des coupables ne lui suffit pas. Il envoie un corps expéditionnaire dans les états du pape en 1664 pour laver l'affront fait au duc de Créquy. Enfin, Louis XIV obtient gain de cause.
Par le traité de Pise, signé le 12 février 1664, il obtient que les Corses soient décrétés hors d'état de servir "tant à Rome que dans l'État ecclésiastique" (Article XII), et qu'une pyramide de marbre noir soit élevée vis à vis de l'entrée de la caserne des Corses (Article XIII), "en exécration de l'odieux attentat commis par les soldats Corses contre la personne de Son Excellence le duc de Créquy".

Le roi fait frapper une médaille pour commémorer l’événement. Un légat du pape se rend à Versailles pour présenter des excuses officielles.

Tenture représentant l'audience du Légat du Pape auprès de Louis XIV
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/tenture-de-lhistoire-du-roi-laudience-du-legat

Liste des Gardes Pontificaux Corses frappés d'arrestation sur ordre de Louis XIV

Compagnie du Capitaine SAVELLI :
Geronimo Nicolo dalla Bastia - Francesco Geronimo da Bastelica - Giuseppe Michele di Cassana - Maria Piero Maria della Volpaiola - Antonio Secondo da Sari - Andrea Battista d'Ajaccio - Matteo Geronimo da Bastellica - Francesco da Rostino.

Compagnie du Capitaine Alfonso FRANCHI :
Caporal Pietro Battista da Montemaggiore - Valerio Antonio si Sichè - Simon Giovanni Alerio della Corbara - Simone Tomasino da Zecavo - Pietro Maria da Coggia - Pier Giovanni Domenico da Zecavo - Pier Giovanni Rocco da Santa Reparata - Matteo Giovanni da Santa Maria - Marco Giovanni da Vergolè (Guargale) - Antonio Battista da Bonifacio - Giacomo Santo Antonia da Corra (Corano) - Giulio Cesare Pietro d'Orezza - Andrea Magnesi della Pietra di Verde - Jacomo di Anton Jesi da Tochisi - Giuliano Ruggiero da Monticello - Battista Bastiano da Sarola - Giuseppe Simon Franceso da Vallerustie - Ferrante Bravetto da Corti -Francesco Salvatore da Venaco - Domenico Giacomo da Rogliano - Domenico di Pietro da Bastellica - Carlo Vito d'Ampugnani - Anton Giovanni Girolamo da Calenzana - Battista Domenico della Bastia


Médaille en bronze, par J. Mauger - 1664. 
Commémoration de l'élévation d'une pyramide pour l’expiation de l’attentat corse contre l’Ambassadeur de France à Rome. 

En 1668, le pape Clément IX demande et obtient que cette pyramide infamante soit abattue. 

Ce sera l'occasion pour Louis XIV de frapper une nouvelle médaille.




Médaille en bronze, par J. Mauger - 1668. Commémore la démolition de la pyramide de Rome, souvenir de l'attentat corse contre l'Ambassadeur de France

Louis XIV accède à la demande du pape, et accepte que ce monument soit détruit selon les souhaits de Clément IX, successeur d’Alexandre VII. 

Une fresque allégorique dans la galerie des Glaces de Versailles commémore encore cet événement de Rome s'inclinant devant la France en expiation de l'attentat des Corses.
Rome, casquée et vêtue de pourpre, une louve couchée à ses pieds, s’incline devant la France, casquée et vêtue du grand manteau semé de fleurs de lys du sacre des rois.

La Garde Corse est dissoute. Les Gardes s'en vont pour la plupart prendre du service à Venise. Ainsi s'achève par la volonté de Louis XIV le service des Corses auprès des souverains pontifes. 
Comme les Gardes Suisses ils auraient pu fastueusement célébrer en 2006 le cinq centième anniversaire de leur création.

DYNASTIES CORSES AU SERVICE DES SOUVERAINS PONTIFES

Simone d'ORNANO, dit d'Albitreccia. Né en 1572 - Décédé en 1749. Fils de Simone et petit-fils de Lanfranco. Colonel au service du Saint-Siège sous Urbain VIII, avant de prendre du service à Venise. Il avait épousé Franceschetta, fille de Francesco d'ORNANO et Angelica, dont les 3 frères étaient colonels au service de Venise.
Son fils Gio-Francesco, Capitaine à Venise est tué en 1614.

Giulio d'ORNANO, né en 1593 - décédé en.
Colonel des troupes pontificales. Entre au service comme capitaine au service de Venise après la mort de son frère en 1614. Chevalier de l'ordre de Saint Etienne le 4 octobre 1622. Marquis romain, Gentilhomme de la chambre de Louis XIV par brevet du 20 novembre 1644. Provéditeur à Piombino pour le roi de France le 9 mars 1647.
Il épouse Nunzia GENTILE, fille de Lodovico, Général au service des MEDICI, et sœur de Domenico GENTILE, colonel des troupes pontificales.

Domenico GENTILE. Colonel des troupes pontificales. Fils de Lodovico GENTILE. Général au service des MEDICI.

Allégorie de la Corse
D'après la fresque de Raphaël au Vatican
http://www.noitutti.com/articles.php?lng=fr&pg=1221

    
                                                                         
RENVOIS
*Andréa Crovero, a laissé une fille Geronima Crovero mariée à Pietro MALERBA, dont Giuseppina MALERBA, mariée en 1723 à Giuseppe Maria PIETRASANTA, dont Angela Maria PIETRASANTA, épouse de Gio Geronimo RAMOLINO, dont Laetizia, mère de Napoléon. (Michel Vergé-Franceschi in PAOLI, un Corse des Lumières)

Ringraziamente a Iviu PASQUALI e l’Association Guardia Corsa Papale.
Ringraziamente a Paul TURCHI-DURIANI.

SOURCES
 
- Claudio RENDINA in Il Vaticano, Storia e segreti. Roma, Newton Compton Editori. 1986, pp 431.Epuisé. Courrier du Major Peter Hasler - Officier chargé des Archives de la Garde Suisse Pontificale en réponse à ma demande faite en 2005. 
- Les Troupes Corses - HS Sabretache n° 20 - Année 1973
- PAOLI, un Corse des Lumières, Michel Vergé-Franceschi - Editions Fayard - Janvier 2011
- Le costume militaire des troupes Corses - Jean PIERI -Cahiers CORSICA (FAGEC) 71-72 - BASTIA 1977
- Illustrations de Walter BAUDINELLI Tirés de INSEGNE MILITARI PREUNITARIE ITALIANE de Stéfano ALES - Stato Maggiore Esercitp - Ufficio Storico - Roma 2001
- Armorial Corse de Raoul CESARI de COLONNA-LECCA - 1892 - Gallica.
- LES SEIGNEURS d'ORNANO & LEURS DESCENDANTS - Comte COLONNA de CESARI-ROCCA - Paris - JOUVE & BOYER - 15 rue Racine - 1899 - BNF GALLICA.
- LES SOLDES ET LES INDEMNITÉS DES MERCENAIRES CORSES AU SERVICE DES PUISSANCES EUROPÉENNES AU COURS DE LA MODERNITÉ - Jean-Baptiste RICCI - in BSSHNC n° 744-745 - de l'histoire militaire de la Corse - Actes du colloque de Bastia du 23 novembre 2012. pages 85 à 161.

http://www.tavagna.com/pdf/GuardiaCorsaCO.pdf
http://it.wikipedia.org/wiki/Guardia_corsa_papale
J-N POIRON - Caudebec les Elbeuf - 31 juillet 2011.
Mise à jour le 29/07/2017