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Martial

Nul prince, vous excepté, César, n'eut le bonheur de voir deux combattants tous deux vainqueurs

(Contigit hoc, nullo nisi te sub principe, Caesar : Quum duo pugnarent, victor uterque fuit)

 
 
Martial

Marcus Valerius Martialis

(40 - ca. 103)
 
 
(source : wikimedia)
 
 

Livre des spectacles

Liber de Spectaculis

 

 

Sur les Gladiateurs Priscus et Vérus

De Prisco et Vero gladiatoribus

 

Traduit par Edouard-Thomas Simon


 

 

XXXII.

 

Quum traheret Priscus, traheret certamina Verus,

Esset et æqualis Mars utriusque diu ;

Missio sæpe viris magno clamore petita est :

Sed Cæsar legi paruit ipse suæ.

Lex erat, ad digitum posita concurrere palma :

Quod licuit, lances, donaque sæpe dedit.

Inventus tamen est finis discriminis æqui ;

Pugnavere pares, succubuere pares.
Misit utrique rudes, et palmas Cæsar utrique :

Hoc pretium virtus ingeniosa tulit.
Contigit hoc, nullo nisi te sub principe, Cæsar :

Quum duo pugnarent, victor uterque fuit.

 

XXXII.

Quand Priscus et Vérus prolongeaient le combat, sans fixer la victoire, on demanda souvent à grands cris quartier pour ces athlètes. Mais César était le premier à souffrir la loi qu'il avait faite. Cette loi déclarait la lutte terminée quand un des combattants avait levé le doigt. Jusque-là César permettait souvent qu'on leur donnât à manger et qu'on leur fît des présents. Cette fois pourtant, il trouva un moyen de mettre fin à ce combat toujours égal. Avantages, défaites, tout se compensait parfaitement chez nos deux champions. César envoya à l'un et à l'autre la baguette de congé et la palme de la victoire, juste récompense de leur adresse et de leur courage. Nul prince, vous excepté, César, n'eut le bonheur de voir deux combattants tous deux vainqueurs.

 

 


 

Gladiateurs 

 

                                                                                                                           (Source : Wikimedia)

 

  

Mosaïque montrant au combat

un retiarius opposé à un  secutor

 



 

 

 

Pour ce qui est de la condition des Gladiateurs, ils étoient presque tous Esclaves, ou des Captifs achetés par les Lanistes, c'est-à-dire, par des gens qui faisoient profession de leur enseigner á manier des armes, qui les destinoient à être donnés en spectacle. Les Lanistes les louoient à grand prix à ceux qui vouloient régaler le Peuple d'un Combat de Gladiateurs, & les menoient armés à l’Amphithéâtre, comme autant de victimes. Avant que d'entrer en lice, leurs Conducteurs leur faisoient promettre par serment, qu'ils combattroient jusqu'au dernier soupir. La forme de ce serment nous a été conservée dans les Fragmens de Pétrone. Quand ils étoient arrivés à l'endroit du combat, on les rangeoit en classes, après quoi on les disposoit deux à deux, de sorte que chacun avoit son adversaire. Ils se battoient avec fureur, leurs Conducteurs n'épargnant, ni menaces, ni coups, pour exciter ceux qui manquoient de courage. Si quelqu'un des deux Gladiateurs, épuisé de fatigue, ou effrayé par l'idée de la mort, demandoit quartier, il levoit un doigt en haut, & mettoit bas les armes, pour marquer qu'il imploroit la clémence du Peuple. II arrivoit souvent que les Spectateurs prenoient un cruel plaisir à abandonner le Suppliant à la fureur de son Ennemi, ce qu'ils exprimoient par ce cri, Recipe ferrum, Achevez le. II étoit rare que la Populace fit grâce à ceux qui avoient témoigné de la lâcheté, au-Iieu que les Gladiateurs qui marquoient un généreux mépris pour la mort, obtenoient souvent grâce.

Aussitôt que le son lugubre des trompettes annonçoit la mort d'un des Gladiateurs, son corps, couvert de sang & de blessures, étoit traîné vers un endroit proche de l'Ainphithéatre, nommé Spoliarium, où celui contre qui il s'étoit battu, le dépouilloit de ses habits & de ses armes, & achevoit de le tuer en cas qu'il respirât encore. Pline nous apprend, qu'on voyoit souvent des gens de la lie du Peuple s'assembler autour des mourans, & appliquer la bouche â quelqu'une de leurs blessures, pour boire le sang qui en sortoit à gros bouillons, dans la persuasion que c'étoit un remède souverain contre le Mal caduc. Si les Spectateurs faisoient grâce au Vaincu, le Lanista conservoit son droit sur lui, & le gardoit pour quelque autre combat.

La récompense des Vainqueurs étoit seulement une Couronne de Mastic, & une Branche de Palmier, qu'ils recevoient des mains des Magistrats. On leur donnoit quelquefois aussi, quoique rarement, une petite Somme d'argent. Le plus grand avantage que les Gladiateurs pussent obtenir par leurs victoires, étoit de recouvrer enfin la liberté. En ce cas le Préteur les déclaroit libres pour toujours, en leur mettant entre les mains un Fleuret, appellé Rudis par les Latins, & sur la tête une espèce de Bonnet, appellé Pileus. Le prémier usage qu'ils faisoient de leur liberté consistoit à consacrer leurs armes à Hercule, Dieu tutélaire des Ecoles Militaires.

 

 

 

Tiré de « Histoire universelle, depuis le commencement du monde jusqu'à présent

- Volume VIII » par Guillaume-Thomas-François Raynal

 

 

 


 

 

Serment des Gladiateurs

 

 

 

Les gladiateurs s'engageaient par serment, envers le laniste qui les entretenait, à remplir fidèlement tous les devoirs de leur état, et à combattre jusqu'à la mort, quand il le leur ordonnerait. Voici en quels termes se faisait ce serment dont Pétrone nous a conservé la formule originale(*) : 

 

« Je jure de souffrir le feu, l'esclavage, les verges, la mort même, quand le maître l'exigera, et d'être à lui entièrement, ainsi qu'il est du devoir d'un vrai gladiateur, légalement et volontairement engagé ».

 

(*) Juravimus, uri, vinciriverberari, ferroque necari et quidquid aliud jussisset, tanquam legitimi gladiatores, domino corpora, animasque religiosissime addicimus. Petron. Satyricon 

 

 

 

 

Tiré de «Monographie de l'amphithéâtre d'Arles : Livre II – Chapitre I »

par Louis Jacquemin sur Google Livres

 

 

 


 

 

 
 
 
 
 


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