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Hendrik Conscience (2)

Beaucoup d'appelés, mais  peu d'élus

(Vele zyn geroepen maer weinige uitverkoren

- Velen zijn geroepen, maar weinigen uitverkoren

- Multi sunt vocati pauci  electi

Many are calledbut few are chosen)

 

Hendrik Conscience
(1812 -1883)
 
 
(source : wikimedia)


 
 

Comment on devient peintre

Les veillées flamandes


Hoe men schilder wordt



Traducteur : Léon Wocquier


Chapitre IV


- extrait -


Changement de ton. — Pourquoi il y  a si peu de bons peintres.

— Moyens de faire des progrès assurés dans le chemin de l'art.


Verandering van toon. — Waerom er zoo weinig goede schilders zyn.

Middelen om in de kunst gewisse voortgangen te doen.





Er zyn in België oneindig veel kunstenaren. Maer waerom zyn er zoo weinige wier namen met eenigen luister omgeven zyn? Waerom bevinden vele zich in broodsgebrek?


Il y a en Belgique un nombre infini d'artistes. Mais pourquoi y en a-t-il si peu dont le nom ait quelque lustre ? pourquoi y en a-t-il tant qui sont dans le besoin ?



Hierop zou men oppervlakkig kunnen antwoorden met de bekende spreuk : vele zyn geroepen maer weinige uitverkoren. Of wel met de woorden van den franschen dichter:


On pourrait répondre sommairement par le proverbe connu : Beaucoup d'appelés, mais peu d'élus, ou par le vers du poëte :



Soyez plutôt maçon , si c'est votre talent.


Soyez plutôt maçon, si c'est votre métier.



Maer die reden zyn alleen niet voldoende om de schaerscheid van goede kunstenaren uit te leggen; er bestaen andere oorzaken die eenen veel verderfelykeren invloed op den voortgang der jonge leerlingen uitoefenen, en aen hunne bestemming den hals breken, eer zy nog weten kunnen of zy waerlyk tot het vak der kunsten geroepen zyn. Om deze oorzaken tastbaer voor te stellen zullen wy hier eene kleine schets geven van de wys op dewelke een leerling , die moet mislukken, zyne studiën oefent.


Mais ces raisons ne suffisent pas à expliquer la rareté des bons artistes ; il y a d'autres causes qui exercent une influence beaucoup plus pernicieuse sur les jeunes élèves, et brisent leur carrière avant qu'ils sachent s'ils sont vraiment appelés dans le royaume de l'art. Pour faire toucher du doigt ces causes, esquissons rapidement la manière dont un jeune homme qui doit échouer commence ses études artistiques.




Een vader denkt in zynen jongen eene groote voorbeschiktheid tot de schilderkunst te bemerken ; — wie denkt dit niet van zyne kinderen ? — Hy doet hem op eene Akademie of teekenschool zyner woonstad gaen. Lui en loom van gemoed leert dit kind dan toch op eenige jaren de beginselen der teekenkunde; of wel, vlytiger, leert hy dezelve in minder tyds. — En wy veronderstellen dat hy waerlyk alles in zich heeft om een groot kunstenaer te worden … maer de hoogmoed, die bedrieger, die valsche raedsman, moeit zich met de zaek. De vader slaet de armen in de hoogte, by het zien der nog weinig gevoorderde studiën van zynen zoon; het schynt hem dat hy reeds mirakelen doet. Hy gaet in herbergen, koffyhuizen en gezelschappen, en valt iedereen lastig door het onophoudend verhael van het vernuft van den jongen. Eenigen geven geloof aen die pogchery; zy verspreiden dezelve. Eindelyk gaet de zoon in de gebuerte dóór voor een klein kunstwonder; en alle die loftuitingen komen aen zyne ooren. Hy blaest zich op — en niet zoodra heeft hy eenige dagen naer Antieken geteekend of hy moet eenen Atelier hebben ; hy moet schilderen, schilderyen maken: — hy, die nog geenen goeden neus uit zyn hoofd kan teekenen!


Un père croit remarquer chez son fils de grandes dispositions pour la peinture ; qui n'en croit pas autant de ses enfants ? Il l'envoie à une académie ou à une école de dessin de la ville qu'il habite. Paresseux et lourd de caractère, l'enfant apprend cependant en quelques années les principes du dessin ; s'il y met du zèle, il les apprend plus tôt. Et si nous supposons qu'il a vraiment en lui tout ce qu'il faut pour faire un grand artiste, alors l'orgueil, cet imposteur, ce détestable conseiller, se mêle de l'affaire. Le père lève les bras au ciel à la vue des études imparfaites de son fils ; il lui semble qu'il fasse déjà des miracles. Il va dans les hôtels, les cafés, les sociétés et importune tout le monde par l'incessante apologie du talent du jeune homme. Quelques personnes ajoutent foi à ces fanfaronnades ; elles les répandent. Enfin, le fils passe dans le voisinage pour une petite merveille, et toutes les formules d'éloge rebattent ses oreilles. Il se bouffit de vanité, et il n'a pas sitôt dessiné l'antique pendant quelques jours qu'il lui faut un atelier ; il faut qu'il peigne, qu'il fasse des tableaux, lui qui serait incapable de dessiner un nez de son chef.



Waerlyk, hy heeft een panneel en eenen schilderbak gekocht. Zyne nog witte knevels komen beschaemd op zyne lippen staen : zyn haer groeit schriklyk en wild op zyn hoofd, en de straetjongens roepen hem naer met het woord Artist!


Et vraiment il achète panneau, palette, pinceaux et couleurs. Ses moustaches encore blanches se montrent timidement sur ses lèvres; ses cheveux croissent à l'aventure incultes et désordonnés, et les gamins crient après lui : Artiste !



Hy schildert dan; — maer wat zal het beteekenen? Het is een manneken dat op eene tafel ligt te slapen, — bemerkt dat hy dan het aengezigt niet schilderen moet, — daer by eene hesp in eene schotel, met eenen hond die er aen komt byten; in het verschiet wat kassen, potten , ketels, enz.


Il peint donc ; mais que sera son œuvre ? C'est un homme endormi la tête sur une table —remarquez qu'il ne sait pas peindre la figure ; — à côté se trouve, sur un plat, un jambon auquel un chien vient mordre à belles dents, et dans le fond quelque armoire, des pots, des chaudrons, etc.



Aen die onbeduidende samenstelling arbeidt hy dry maenden ; hy wryft, hy vaegt, hy knoeit, hy steelt, — en ziet! eindelyk komt er iets uit zyne handen, dat van verre aen eene schildery gelykt.


Il travaille trois mois à cette insignifiante composition ; il frotte, il nettoie, il barbouille, il pille à l'occasion... Et voici qu'enfin sort de ses mains quelque chose qui, de loin, ressemble à une peinture.



De vader en de vrienden zeggen:


Le père et les amis disent :



— Het is een Teniersken!


— C'est un Téniers !



Maer anderen zeggen, met meer rede, dat het een armzalig broddelwerk is. Het doorzigt is er niet in verstaen: de voorwerpen van de tweede diepte of plan zyn grooter dan die van het eerste; de beenen en armen hangen gebrekkelyk aen het ligchaem, of zyn te lang of te kort; de voorwerpen vallen om; de hond is een raedsel dat Buffon zelf gewis niet zou hebben kunnen oplossen ...



Mais d'autres disent, avec plus de raison, que c'est une misérable croûte. Les règles de la perspective y sont méconnues ; les objets placés au second plan sont plus grands que ceux du premier ; bras et jambes tiennent au corps comme si le personnage était estropié, ou sont tantôt trop longs, tantôt trop courts ; l'équilibre n'est pas mieux respecté, tout tombe ; le chien est une énigme que Buffon même n'eût pas devinée.



Tot hier toe is het kwaed nog niet groot: de jongen luistert nog naer de raedgeving van meerdere kunstenaren; hy gaet nog naer de teekenschool, alhoewel hy er met tegengoesting leert.


Jusque-là le mal n'est pas grand : le jeune homme écoute encore les conseils d'artistes plus habiles : il fréquente encore l'Académie, bien qu'il ne le fasse qu'avec répugnance.



Maer, ö ongeluk! een vriend van zyn huisgezin, of een arm onkundig liefhebber geeft hem honderd francs voor zyne schildery!


Mais, ô malheur ! un ami de sa famille ou quelque piètre amateur ignorant lui donne cent francs de son tableau !



Nu is de bom geborsten… hy wil en zal eenen Atelier hebben, die niet in het huis zyns vaders zy; opdat men voortaen vrage: waer is de Atelier van zulk eenen? Hy neemt en bederft eenen jongen, en heeft dus eenen Elève of leerling; — dus is hy Meester …  Zal hy op de Akademie voortgaen in de teekenkunde? Zal hy, die Meester is, tusschen leerlingen zitten? Dit kan immers met zyne opgeblazendheid niet samenstaen? Diensvolgens verlaet hy de Akademie of Teekenschool.


La bombe éclate... il veut, il lui faut un atelier hors de la maison paternelle, afin qu'on demande désormais : Où est l’atelier d'un tel ? Il prend chez lui et fourvoie un jeune homme, de cette façon il a un élève... de cette façon il est maître. Ira-t-il encore désormais à l'Académie ? Ira-t-il s'asseoir, lui qui est maître, au milieu des élèves ? Certes, son orgueil ne peut s'y résigner : c'est pourquoi il quitte l'Académie ou l'école de dessin.



Wat kan er nu van dien zoogezegden kunstenaer geworden? Hy kan niet teekenen; hy kent niets van den samenstel van het menschelyk ligchaem; doorzigt is hem eene vreemde wetenschap ...


Hé bien, que peut devenir un pareil artiste ? Il ne sait pas dessiner ; il ignore la structure du corps humain ; la perspective est pour lui une science étrangère...



Hy kan zyne teekenstudie te huis vervoorderen, — zou men kunnen denken, — maer het is onder de schilders eene bekende waerheid, dat hy, die aen het schilderen geraekt, meest altyd eenen afkeer van het teekenen krygt.


Il peut poursuivre chez lui l'étude du dessin, croira-ton peut-être ; mais c'est une vérité reconnue parmi les peintres que celui qui aborde prématurément la peinture, prend le plus souvent le dessin en aversion.




Neen, die ongeleerde kunstenaer blyft zyn geheel leven lang knoeijen; verkoopt van tyd tot tyd eene slechte of onbeduidende schildery en sleept zyne bittere dagen tusschen hoogmoed, nyd en moedeloosheid. Hy is afgunstig op iedereen, spreekt kwaed van zyne kunstgenoten... en sterft meubelschilder.


Non ! l'artiste ignorant demeure toute sa vie un barbouilleur, vend de temps en temps un tableau mauvais ou insignifiant, et ses jours sont empoisonnés par l'orgueil, l'envie et le découragement. Il est jaloux de chacun, il dit du mal de ses confrères... et meurt peintre en bâtiments.





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Many are called, but few are chosen

Velen zijn geroepen, maar weinigen uitverkoren

Multi sunt vocati pauci electi (*)

Beaucoup d'appelés, mais peu d'élus

 

  


Mais là malheureusement, comme au ciel,

comparativement à ceux qui se présentaient,

il y avait beaucoup d'appelés, mais peu d'élus.

Nous avons vu que Pitou, sans être appelé, avait été élu.

C'était un bonheur qu'il apprécia à sa juste valeur,

surtout quand il vit la miche dorée que l'on plaça à sa gauche,

le pot de cidre que l'on mit à sa droite,

et le morceau de petit-salé que l'on posa devant lui.



 

Tiré de « Ange Pitou – Volume I – Chapitre VI »

par Alexandre Dumas et Auguste Maquet sur Google Livres

 

 


 

 


 
 

 

 


Multi sunt vocati pauci vero electi

Beaucoup d'appelés, mais en vérité peu d'élus


 

 

 

        Une religion qui admettait la prescience dans sa divinité, et qui ajoutait : Multi sunt vocati, pauci vero electi, défendait à jamais à ses Michel-Ange de devenir des Phidias. Elle faisait bien toujours son Dieu à l'image de l'homme, mais l'idéalisant en sens contraire, elle lui ôtait la bonté, la justice et les autres passions aimables, pour ne lui réserver que les fureurs de la vengeance et la plus sombre atrocité.


  

Tiré de « Histoire de la peinture en Italie - Volume II -

Livre VII – Chapitre CLIV » par Stendhal sur Google Livres

 

 


 
   

 

 

  
 
 

Léon Wocquier (traducteur) sur Wikipedia


"Les veillées flamandes – Comment on devient peintre – Chapitre IV" par Hendrik Conscience (en français  - trad. : Léon Wocquier) sur Google Livres


"Comment on devient peintre – Chapitre IV" par Hendrik Conscience (en néerlandais) sur Google Livres


Edward Du Jardin (peintre et ami d’Hendrik Conscience) en néerlandais sur Wikipedia

 



Alexandre Dumas sur Wikipedia

 

Auguste Maquet sur Wikipedia


"Ange Pitou" par Alexandre Dumas & Auguste Maquet sur Wikipedia

 

"Ange Pitou – Volume I – Chapitre VI" par Alexandre Dumas & Auguste Maquet sur Google Livres

 

Stendhal sur Wikipedia

 

"Histoire de la peinture en Italie" par Stendhal sur Wikipedia

 

"Histoire de la peinture en Italie - Volume II – Livre VII – Chapitre CLIV" par Stendhal sur Google Livres

 

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