Activités récentes sur le site

Autres sites "Web"

Google+ Posts - About

Accueil‎ > ‎

Gaston Leroux

Les coïncidences [...] sont les pires ennemies de la vérité

  
 
Gaston Leroux
(1868-1927)
 
 
(source : wikimedia)
 

Le Mystère de la chambre jaune

  

 

Chapitre XIII (extrait)

 

Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat (*)

 

(...)


 

Ainsi, il semble bien que l’homme qui est venu au bureau de poste doive être l’assassin ; et tout ce raisonnement, des plus logiques en somme, sur les raisons de la démarche de l’homme au bureau de poste, Frédéric Larsan se l’est tenu, mais, en l’appliquant à Robert Darzac. Vous pensez bien que le juge d’instruction, et que Larsan, et que moi-même nous avons tout fait pour avoir, au bureau de poste, des détails précis sur le singulier personnage du 24 octobre. Mais on n’a pu savoir d’où il venait ni où il s’en est allé ! En dehors de cette description qui le fait ressembler à M. Robert Darzac, rien ! J’ai fait annoncer dans les plus grands journaux : « Une forte récompense est promise au cocher qui a conduit un client au bureau de poste 40, dans la matinée du 24 octobre, vers les dix heures. S’adresser à la rédaction de L’Époque, et demander M. R. » Ça n’a rien donné. En somme, cet homme est peut-être venu à pied ; mais, puisqu’il était pressé, c’était une chance à courir qu’il fût venu en voiture. Je n’ai pas, dans ma note aux journaux, donné la description de l’homme pour que tous les cochers qui pouvaient avoir, vers cette heure-là, conduit un client au bureau 40, vinssent à moi. Il n’en est pas venu un seul. Et je me suis demandé nuit et jour : « Quel est donc cet homme qui ressemble aussi étrangement à M. Robert Darzac et que je retrouve achetant la canne tombée entre les mains de Frédéric Larsan ? Le plus grave de tout est que M. Darzac, qui avait à faire, à la même heure, à l’heure où son sosie se présentait au bureau de poste, un cours à la Sorbonne, ne l’a pas fait. Un de ses amis le remplaçait. Et, quand on l’interroge sur l’emploi de son temps, il répond qu’il est allé se promener au bois de Boulogne. Qu’est-ce que vous pensez de ce professeur qui se fait remplacer à son cours pour aller se promener au bois de Boulogne ? Enfin, il faut que vous sachiez que, si M. Robert Darzac avoue s’être allé promener au bois de Boulogne dans la matinée du 24, il ne peut plus donner du tout l’emploi de son temps dans la nuit du 24 au 25 ! … Il a répondu fort paisiblement à Frédéric Larsan qui lui demandait ce renseignement que ce qu’il faisait de son temps, à Paris, ne regardait que lui… Sur quoi, Frédéric Larsan a juré tout haut qu’il découvrirait bien, lui, sans l’aide de personne, l’emploi de ce temps. Tout cela semble donner quelque corps aux hypothèses du grand Fred ; d’autant plus que le fait de Robert Darzac se trouvant dans la « Chambre Jaune » pourrait venir corroborer l’explication du policier sur la façon dont l’assassin se serait enfui : M. Stangerson l’aurait laissé passer pour éviter un effroyable scandale ! C’est, du reste, cette hypothèse, que je crois fausse, qui égarera Frédéric Larsan, et ceci ne serait point pour me déplaire, s’il n’y avait pas un innocent en cause ! Maintenant, cette hypothèse égare-t-elle réellement Frédéric Larsan ? Voilà ! Voilà ! Voilà !

– Eh ! Frédéric Larsan a peut-être raison ! m’écriai-je, interrompant Rouletabille… Êtes-vous sûr que M. Darzac soit innocent ? Il me semble que voilà bien des fâcheuses coïncidences…

Les coïncidences, me répondit mon ami, sont les pires ennemies de la vérité.

– Qu’en pense aujourd’hui le juge d’instruction ?

– M. de Marquet, le juge d’instruction, hésite à découvrir M. Robert Darzac sans aucune preuve certaine. Non seulement, il aurait contre lui toute l’opinion publique, sans compter la Sorbonne, mais encore M. Stangerson et Mlle Stangerson. Celle-ci adore M. Robert Darzac. Si peu qu’elle ait vu l’assassin, on ferait croire difficilement au public qu’elle n’eût point reconnu M. Robert Darzac, si M. Robert Darzac avait été l’agresseur. La « Chambre Jaune » était obscure, sans doute, mais une petite veilleuse tout de même l’éclairait, ne l’oubliez pas. Voici, mon ami, où en étaient les choses quand, il y a trois jours, ou plutôt trois nuits, survint cet événement inouï dont je vous parlais tout à l’heure. »

 
  


 

(*) Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat

 

Cette phrase mystérieuse dans le roman

prendra rapidement pour les amateurs le statut de citation culte,

tout particulièrement pour les surréalistes qui en feront un de leurs papillons.

 

                                       Tiré de Wikipedia
 

 

D’autres papillons surréalistes (petits tracts énigmatiques) :

 

- On ne saurait rien attendre de trop grand de la force et du pouvoir de l'esprit

- Le surréalisme est à la portée des inconscients

- Vous qui ne voyez pas, pensez à ceux qui voient

- Vous qui avez du plomb  dans la tête / Fondez-le pour en faire de l’or surréaliste

 


 
 
 
 
 
 
 
Comments