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Charles Dickens (2)

Nous n'avons jamais à rougir de nos larmes

(Nous ne devrions  jamais avoir honte de nos larmes –

We need never be ashamed of our tears)

 

  

Charles Dickens

(1812-1870)

 

 
(source : wikimedia)
 

Les Grandes Espérances

Great Expectations

 

Traduction de
Charles Bernard-Derosne

 

Tome I

 

Chapitre XIX (extrait)

 

(...)

 

 

I walked away at a good pace, thinking it was easier to go than I had supposed it would be, and reflecting that it would never have done to have had an old shoe thrown after the coach, in sight of all the High Street. I whistled and made nothing of going. But the village was very peaceful and quiet, and the light mists were solemnly rising, as if to show me the world, and I had been so innocent and little there, and all beyond was so unknown and great, that in a moment with a strong heave and sob I broke into tears. It was by the finger-post at the end of the village, and I laid my hand upon it, and said, “Good by, O my dear, dear friend!”

 

Je m'éloignai d'un bon pas, pensant en moi-même qu'il était plus facile de partir que je ne l'avais supposé, et en réfléchissant à l'effet qu'auraient produit les vieux souliers jetés après la diligence(*)  en présence de toute la Grande-Rue. Je me mis à siffler, comme si cela ne me faisait rien de partir; mais le village était tranquille et silencieux, et les légères vapeurs du matin se levaient solennellement comme si elles eussent voulu me laisser apercevoir l'univers tout entier. J'avais été si petit et si innocent dans ces lieux; au delà, tout était si nouveau et si grand pour moi, que bientôt, en poussant un gros soupir, je me mis à fondre en larmes. C'était près du poteau indicateur qui se trouve au bout du village, et j'y appuyai ma main en disant:

« Adieu, ô mon cher, mon bien cher ami! »

 

 

Heaven knows we need never be ashamed of our tears, for they are rain upon the blinding dust of earth, overlying our hard hearts. I was better after I had cried than before,—more sorry, more aware of my own ingratitude, more gentle. If I had cried before, I should have had Joe with me then.

 

 

 

Nous ne devrions jamais avoir honte de nos larmes, car c'est une pluie qui disperse la poussière, qui recouvre nos cœurs endurcis. Je me trouvais bien mieux quand j'eus pleuré: j'étais plus chagrin, je comprenais mieux mon ingratitude; en un mot, j'étais meilleur. Si j'avais pleuré plus tôt, j'aurais dit à Joe de m'accompagner.

 

 

So subdued I was by those tears, and by their breaking out again in the course of the quiet walk, that when I was on the coach, and it was clear of the town, I deliberated with an aching heart whether I would not get down when we changed horses and walk back, and have another evening at home, and a better parting. We changed, and I had not made up my mind, and still reflected for my comfort that it would be quite practicable to get down and walk back, when we changed again. And while I was occupied with these deliberations, I would fancy an exact resemblance to Joe in some man coming along the road towards us, and my heart would beat high.—As if he could possibly be there!

 

 

Ces larmes m'émurent à un tel point, qu'elles recommencèrent à couler à plusieurs reprises pendant mon paisible voyage, et que de la voiture, apercevant encore au loin la ville, je délibérais, le cœur gonflé, si je ne descendrais pas au prochain relais, et si je ne retournerais pas à la maison pour y faire des adieux plus tendres. On changea de chevaux, et je n'avais encore rien résolu; cependant, je me consolai en pensant que je pourrais descendre et retourner au relais suivant, lorsque nous repartîmes. Pendant que mon esprit était ainsi occupé, je m'imaginais voir, dans un homme qui suivait la même route que nous, l'exacte ressemblance de Joe, et mon cœur battait avec force, comme s'il eût été possible que ce fût lui.

 

 

We changed again, and yet again, and it was now too late and too far to go back, and I went on. And the mists had all solemnly risen now, and the world lay spread before me.

 

 

Nous relayâmes encore, puis encore, enfin il fut trop tard et nous étions trop loin pour que je continuasse à penser à retourner sur mes pas. Le brouillard s'était entièrement et solennellement levé, et le monde s'étendait devant moi.

 

(*)  Note du traducteur

 

Habitude anglaise. Au moment du départ d'une personne aimée, on jette un vieux soulier en l'air, dans la direction que va prendre cette personne, comme souhait de bon voyage et d'heureux retour.

   


 
 
 

                                                                                              (Source : Google Livres)

 

Dieu sait que nous n'avons jamais à rougir de nos larmes,

car elles sont comme une pluie sur la poussière aveuglante

de la terre qui recouvre nos cœurs endurcis.

 

Heaven knows we need never be ashamed of our tears,

for they are rain upon the blinding dust

of earth, overlying our hard hearts

  


    
 
 
 
 
 
 
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