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Alfred de Musset (2)

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse 

(No matter the flask if we have the drunkenness

  
 

Alfred de MUSSET
(1810-1857)
 
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a9/Alfred_de_musset.jpg/200px-Alfred_de_musset.jpg
(source : wikimedia)
 
Le Spectacle dans un fauteuil
 
La Coupe et les lèvres (extrait)


Entre la coupe et les lèvres,
il reste encore de la place pour un malheur.
(Ancien proverbe)

 
Dédicace à M. Alfred Tattet

(...)

Vous me demanderez si j’aime quelque chose.

Je m’en vais vous répondre à peu près comme Hamlet :

Doutez, Ophélia, de tout ce qui vous plaît,

De la clarté des cieux, du parfum de la rose ;

Doutez de la vertu, de la nuit et du jour ;

Doutez de tout au monde, et jamais de l’amour.

Tournez-vous là, mon cher, comme l’héliotrope

Qui meurt les yeux fixés sur son astre chéri,

Et préférez à tout, comme le Misanthrope,

La chanson de ma mie, et du Bon roi Henri.

Doutez, si vous voulez, de l’être qui vous aime,

D’une femme ou d’un chien, mais non de l’amour même.

L’amour est tout, — l’amour, et la vie au soleil.

Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ?

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?


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