17 Octobre 2010

Vertigo

Dans notre grand enthousiasme nous entreprîmes de faire une randonnée notée très difficile dans le journal du Parc, Angel’s Landing. Accolé au nom de la rando, un petit icône indiquait que des gens avaient chuté mortellement sur cette ballade… très rassurant. Néanmoins, Steph, Jérémie et moi partîmes à l’assaut de Zion. Au bout d’une heure assez sportive nous parvînmes au sommet du canyon. Le chemin poursuivait son ascension sur une crête bien aiguisée. Il fallait plus au moins escalader la montagne avec pour seul support une grosse chaîne fixée dans la roche. A l’entrée de la grimpette un panneau indiquait que cette ultime partie de la route était particulièrement dangereuse et que beaucoup avaient péri en chutant. Un peu moins rassurés mais confiants, nous continuâmes à monter. Je n’avais pas fait trois pas que je sentais déjà mes pieds se dérober. Impossible de faire demi-tour les gens me succédaient et le chemin n’offrait pas la possibilité de se croiser. Tant bien que mal, je trouvai un peu plus haut une roche où seoir mon séant le temps que Stéphanie et Jérémie atteignent le sommet. J’attendis bien une demi-heure, les fesses au bord du vide, et les gens qui s’en approchaient pour regarder le dénivelé. Mes jambes flageolaient de plus en plus, mon ventre se spasmait, et mon cœur battait la chamade évidemment. Un groupe de gars, qui s’approchaient de plus en plus du vide, me fit particulièrement stressée.

-          Don’t go further, leur lançais-je de  terreur. Au lieu de répondre à ma requête, ils se mirent à rire et continuèrent leur chemin. Je dus fermer les yeux pour me calmer et m’empêcher de tétaniser.

-          Vertigo, you got vertigo. Look at me! I will get you down. Do you trust me? Me demanda un homme blond aux yeux d’un bleu translucide. Give me your hand, I go down with you, trust me.

Je me laissai aveuglément porter par cet inconnu jusqu’au pied de la roche. Entre temps Stéphanie et Jérémie m’avait rejoint et descendaient avec nous. Leur ascension avait été haute en couleur. Ils avaient traversé des corniches suspendues dans le vide avec juste une chaîne pour se tenir, grimpé des arrêtes avec à peine la place pour poser le pied. Ils étaient tout sourire et excités de leur effort, mais je les soupçonne d’avoir bien flippé aussi ! Et moi, je n’avais rien vu, mais pas moins éprouvé.

-          My name is Paul, I’m from Michigan.

Se présenta le bel américain, non peu fier d’être le sauveur d’une jeune petite française.