10 Janvier 2011


Machu Picchu

Au cœur de la nuit, une centaine de lucioles se balancent le long du chemin fantasque qui mène au site du Machu Picchu. Chacun se suit en file indienne, silencieux, montant une à une les marches, seul le battement régulier de la pluie se fait entendre sur la pierre dure.

Il est 4 heures du matin, le vent nous glace, la pluie nous gifle, une petite indienne postée à l’angle de la rue au départ du chemin, nous vend des ponchos de pluie qu’il est impossible de négocier. Il nous faut arriver sur le site avant les premiers bus. Une petite poignée de personnes aura le privilège de grimper le mont du Wayna Picchu. C’est une ascension difficile et vertigineuse, mais d’en haut, la vue sur la fameuse cité inca est spectaculaire. Nous voilà fantômes suivant la ligne que forment les points lumineux des petits groupes que l’on devine à peine dans l’épaisseur de la nuit. A mesure que nous avançons, les ténèbres évanescentes laissent place aux fébriles rayons matinaux. A 5h30, nous rejoignons la file devant les portes de la cité d’or. L’attente est longue, nous grelotons sous la pluie. A 6h00, les portes ouvrent enfin. Nous obtenons le précieux tampon donnant accès au Wayna Picchu. Les premiers bus arrivent. Le grand auvent qui abrite le poste de contrôle devient un vestiaire géant. Chacun, ravalant sa pudeur, se déshabille pour revêtir des vêtements chauds et secs. A 6h15, nous pénétrons pour la première fois dans la cité inca. La brume enveloppe les montagnes qui entourent les ruines, le lieu devient intime et mystérieux. Il y a presque de la magie là dedans. La cité dévale le flanc de la montagne en l’épousant parfaitement.  On dit qu’à l’époque inca, toute la cité était recouverte d’or. Les colons et surtout les aventuriers ont pillé jusqu’au dernier centimètre le précieux métal. Mais la cité n’en demeure pas moins splendide. Imaginer cet or étincelant flottant à 2500 mètres d’altitude rend cet endroit d’autant plus impalpable. C’est comme un îlot merveilleux émergeant secrètement du brouillard. Un monde d’une magie pure que le cœur de l’homme du XXIème siècle a du mal à concevoir.

La veille nous avions visité la vallée sacrée des incas, succession de terrasses et villages en hauteur qui paraissent insignifiants au côté du Machu Picchu.


13 Janvier 2011

Titicaca

La route de Cusco à Puno traverse l’altiplano. Des plaines à perte de vue à 4000 mètre d’altitude. La route longe des champs et des lagunes dans lesquels de beaux flamants roses  pêchent la crevette tranquillement. Le costume des femmes a changé, les couleurs sont plus vives, elles portent désormais deux nattes qu’elles relient d’un fil sur lequel sont suspendus des pompons allongés. Unis, la femme est mariée, multicolore, la femme est célibataire. Drôle de tradition. Je me demande comment elles supportent le poids de leur crinière affublée de pompons toute la journée. Aux abords de Puno, nous apercevons pour la première fois le lac Titicaca. A 3800 mètres, l’ivresse de l’altitude nous saisit.

Une petite croisière sur le lac nous permet de rencontrer les uros. Indiens vivant sur des îles flottantes qu’ils fabriquent à l’aide de roseaux. Jérémie profite d’une escale sur l’île Taquile pour danser avec une jeune quechua.