5 Janvier 2011


Huanchaco

A Huanchaco, seule ville côtière que nous verrons au Pérou, nous cherchons désespérément des fruits de mers. Mais ici, ce qu’ils appellent fruits de mer est du poisson et éventuellement des fruits de mer qu’ils servent crus marinés dans du jus de citron. C’est très bon. Malheureusement, suite à quoi, on eut une turista carabinée qui dura toute la nuit… Et la citerne d’eau de l’hôtel était vide à cette nuit là… l’enfer sent mauvais et s’éternise ironiquement !

Visite des ruines de Chan Chan, temples incas fondus dans le sable du désert côtier.


7 Janvier 2011

Cusco

La traversée du Pérou (30h de bus depuis Huanchaco avec escale à Lima) est longue , la cordillère des Andes oblige un détour par la côte et le franchissement des montagnes ne se fait que bien plus au sud du pays. Pendant des heures nous ne verrons que désert et dunes qui au crépuscule paraissent lunaires. C’est une mer de sable aux étranges reflets bleus, des vagues de nacre d’une brillance extraordinaire au déferlement immobile qui cogneraient presque sur les roues de notre bus. Nous filons dans la nuit suivant les traits lumineux des étoiles qui se réverbèrent des ondes argentées au ciel de cristal. Les yeux oblivieux remplis d’images flottant dans ce monde de mystère, ivoire azuré, nous sombrons engloutis par Morphée dans les abysses oniriques. Lorsque je me réveille, surprise par les saccades de la route, nos corps ballotés parviennent à peine à supporter les courbes serrées qu’effectue le bus. Nous gravissons les Andes péruviennes. La nausée nous attend, le mal de tête, le soroche, l’altitude. C’est ainsi qu’après la lune, nous subissons les monts âpres quechua. L’atmosphère change, il fait froid, la nuit nous poursuit plus sombre que jamais.

                Ce n’est que vers midi que nous atteignons la cité coloniale de Cusco. Ce petit trésor du XVIème siècle aux rues pavées et aux toits de tuiles. La ville des conquistadores construite sur des fondations incas est d’une beauté sans pareille. Des  rues en escaliers, des balcons en bois sculpté, des enfilades de petites maisons donnant sur des ruelles écharpées. Tout ici est délicat. Chaque place ou placette a son église rougissante de coquetterie. Et, sur les murs de la cité, on peut compter les douze angles chers aux constructions incas. Quelle grâce ! Le costume même des andines est d’une fine richesse. De belles couleurs agrémentent leurs jupes et chapeaux. Sur leurs chemises blanches, elles ceignent un pancho de laine noire. Pour les touristes, elles se baladent avec un alpaga et cherchent à se faire photographier. Ici les beautés jamais ne semblent s’altérer.

                Nous avions vu dans le guide, qu’un petit restaurant français proposait de la fondue savoyarde et de la raclette. Nous nous battions à propos du menu sur le chemin, quand arrivés à l’adresse en question, il n’y avait ni raclette ni fondue, le restaurant avait disparu sous une pizzeria. La déception fut immense. Arpentant les rues, nous aperçûmes un petit troquet qui faisait de la fondue. Je demandais au serveur s’il était possible d’en commander une. Celui se tortilla et m’affirma dans un gloussement timide qu’il n’avait pas de « couille » et qu’il était bien désolé. Oh grande surprise, quel quiproquo amusant ! le cui prononcé « couille » en espagnol est la spécialité locale, à savoir du cochon d’inde grillé ! Hilarité! Nous eûmes de la fondue. Jérémie plus habitué à manger si lourd fut malade pendant deux jours !