16 Mars 2011


Te anau et le Milford

La course continue toujours plus au sud. Nous apprenons le décès de notre ami surnommé Biloute. La route continue inlassablement. Nous avions décidés de faire une petite ballade le long du lac Manapouri. Il fallait pour accéder au début du track ramer à bord d’une petite barque métallique jusqu’à la rive opposée à quelques cent mètres de là. Petit piment inattendu. La ballade dans la raining forest était spectaculaire, elle débouchait au sommet d’une colline offrant une vue surplombant le lac.

La route du Milford Sound étouffée sous les nuages de pluie n’était que désolation. Les parois se dégageaient une à une comme des pleureuses. Les cascades coulaient tristes et colériques le long de leurs flancs. Le ciel ne s’arrêtant goutte de pleuvoir, enserrait de ses bras blancs la montagne et l’espoir. Nous restons à la fenêtre, près du feu que Jérémie attise dans le poêle, à regarder se déverser la nature mélancolique. Cette petite cabane dénichée au milieu de nulle part à l’orée du Milford Sound est un arrêt soudain au début du siècle passé. Quand le soleil revint le lendemain, la montagne avait séché ses larmes, les cascades avaient disparu, les maigres filets d’eau qui subsistaient encore ne tarderaient pas à tarir. Les nuages avaient laissé la place et sur les cimes ont apercevait déjà les glaciers.