27 Avril 2011


Vientiane

La capitale du Laos se distingue des autres capitales d’Asie par sa tranquillité. En venant de Bangkok, le changement est assez brutal mais bien agréable. Il n’y a quasiment pas de circulation, tout est accessible à pied ou en vélo, il y a plein de petites terrasses sur lesquelles les gens flânent paisiblement. Bref c’est vraiment sympa. Le passage des français est encore largement visible. Ici on ne parle pas de street mais de rue et tous les bâtiments officiels ont le droit à leur enseigne en lao et en français. D’ailleurs, il n’est pas rare de rencontrer des gens qui parlent le français et c’est d’autant plus vrai plus ils sont vieux. Mais le meilleur c’est que l’on trouve des boulangeries avec baguettes et pains au chocolat ! Un petit havre de paix quoi ! Nous n’y sommes restés que le temps de déposer nos passeports à l’ambassade chinoise. A Bangkok, ils refusaient de traiter un passeport français en moins de quatre jours, mesquine vengeance des J.O. de Pékin, à Vientiane, ils sont tellement peu habitués à voir débouler des touristes dans leur ambassade qu’ils font tout ce que vous voulez !


3 Mai 2011

Luang Prabang, ou les bonzes thaïlandais en vacances

                A deux heures de bateau au nord de Luang Prabang par le Mékong se cache dans une grotte 5000 Bouddhas. Pour y aller il faut louer les services d’un batelier qui à moins de remplir le bateau d’au moins cinq personnes revient cher. Nous trainons de bon matin sur les berges du Mékong dans l’espoir de croiser quelques âmes en quêtent d’un bateau comme nous. Il n’y a aucun touriste en vue. Un peu dépités, nous essayons de négocier dur comme fer avec un batelier. On discute, on discute, la négociation n’aboutit pas, quand soudain, il nous demande d’attendre un instant. A-t-il vu d’autres touristes ? Une lueur d’espoir nous anime, nous allons pouvoir peut-être faire cette croisière. Il faut dire qu’à Luang Prabang à part visiter la fameuse grotte et flâner dans les rues aux belles maisons coloniales, il n’y a pas grand-chose à faire. Cela fait trois jours que nous sommes ici, mais prise d’une vraisemblable salmonelle, nous n’avons encore rien vu. Le départ est prévu pour le lendemain. Bref, à notre grande surprise nous voyons débarquer sur le quai un petit groupe de bonzes, qui nous proposent gentiment de venir avec eux. J’ai cru un instant qu’ils allaient en pèlerinage sur le site qui est le plus sacré du Laos. Mais la surprise fut plus grande encore quand ils nous dirent qu’ils étaient thaïlandais et qu’ils visitaient le Laos comme nous. Des parfaits touristes avec appareils photo et tout. Le petit gars en habits civile est leur guide local. En fait c’est le guide qui nous traduisait tout cela en anglais. Ils étaient contents de faire la croisière avec nous et nous posaient plein de questions. A midi l’un d’eux nous fait des signes indiquant qu’il veut que l’on déjeune ensemble.  Arrivés dans le restaurant, le guide nous fait assoir sur une table séparée des bonzes. Je n’avais peut être pas compris les signes.  Le repas se passe. Au moment de demander l’addition, le guide nous informe que les bonzes avaient payés pour nous ! J’avoue que c’est quand même pas mal de se faire inviter par des bonzes à son insu ! Bref à part quelques impaires, où j’ai failli, moi être impure, toucher un des bonzes, heureusement les autres ont crié « no no no… » à temps, où lorsque Jérémie et moi nous sommes trouvé plus haut qu’eux dans les escaliers – en Asie, il est gravement irrespectueux de se placer plus haut qu’un bonzes- mais nos amis étaient indulgents, la journée s’est bien passée.

                Nous avons eu l’honneur aussi de visiter l’hôpital de Luang Prabang, plutôt désolant. On y avait honte d’y être. Personne ne pouvait m’ausculter, le médecin était rentré chez lui pour le souper, et quand bien même il aurait été là, on se demande bien avec quoi il aurait pu m’ausculter. Enfin c’est encore une autre histoire !