11 Mai 2011


Le plateau des Bolovens


Voilà je me présente, je m’appelle Boun, j’ai des grandes oreilles, des sangsues dans le cou et je dégage une bonne odeur bien forte, malgré mes bains biquotidiens. Si vous voulez me voir, il vous faut enfourcher une moto, faire une centaine de kilomètres à travers champs et atterrir dans le petit village de Tad Lo.

D’ailleurs c’est vraiment chouette là bas ! C’est pas cher, on peut louer une chambre pour moins de deux euros, il y a même l’eau chaude ! Et, dans le petit village, vous croiserez la petite famille française aux trois petites filles blondes, qui comme Hergé apparait furtivement un moment à un autre dans les lieux que vous visitez. L’ambiance est sympa ici. C’est la campagne. Les gens sont gentils. Et, pas très loin de chez moi, il y a une cascade où vous pouvez vous baigner avec les écoliers qui sautent dans l’eau tout habillé ! Et puis, j’ai entendu de source sûre, qu’Alizée avait battue aux échecs Jérémie pour la première fois sans aide, ni rien ; enfin presque, il jouait d’office sans la dame ni l’un des cavaliers, la prouesse est tout de même notable !

A la sortie du village c’est moi que vous voyez avec mes comparses. Vous croiserez sans doute en passant Jérémie et Alizée qui me quittent à l’instant. Nous avons fait une bonne ballade ensemble sur le plateau des Bolovens, enfin eux sur mon dos et moi marchant dans la jungle.


12 Mai 2011

        Champassak

Nous passons sur la rive droite du Mékong pour rejoindre la bourgade de Champassak. Nous n’avons jamais eu aussi chaud. Il n’y a rien ici hormis une ou deux auberges et un restaurant. Le village s’étale le long de la route qui mène au fameux Vat Phou. Les ruines sont belles et donnent un bon avant gout de la civilisation d’Angkor. Le temple est fort petit et ne vaut en rien l’ambitieux Angkor Wat construit quelques siècles plus tard en avale du Mékong.  Nous accédons au site en vélo sur une route défoncée qui traverse villages et rizières. Il nous faut bien rouler une heure le visage ruisselant de sueur. La terre le long de la route rougeoie violemment au contact de la verdure abondante et des petits villages de bois. Ce petit coin de pays est d’une douce tranquillité.  Nous ne croisons sur le chemin que quelques tracteurs, écoliers à vélo, vaches, buffles à eau, chèvres qui ne se perturbent pas de nous voir passer. Les enfants nous saluent avec vivacité. Ce petit pays me plaît. Nous repartirons pourtant bien assez vite car les activités sont rares et la paresse trop menaçante.

Notre petite auberge sur les bords du Mékong est tenue par un joyeux couple de profs parlant le français. Et le soir à la tombée de la nuit, quand l’air se rafraichit, nous jouons, bercés par la rumeur du fleuve, de longues parties d’échec, éclairés par une maigre veilleuse autour de laquelle danse une infinie d’insectes ailés qu’encerclent quelques lézards aux aguets, prêts à les dévorer.