Cuba Libre

Le petit cocktail de rhum et de coca qui a tant de succès ici est pourtant trempé d’amertume. Si la fameuse boisson américaine est bien là, bien que souvent remplacée par le Kucola, la liberté est un leurre. Pour survivre ici il faut être débrouillard, aimer le risque et fuir la campagne. La ville, La Havane en particulier, est propice aux petites arnaques et magouilles en tout genre. Les restaurants illégaux pullulent dans les arrière-cours, les petits bars clandestins, les taxis où l’argent passe de main en main sont monnaies courantes ici. Tout le monde y gagne, toi et le cubain qui prend le risque de te servir. Le communisme prône l’égalité. Le profit est donc impossible ici. Le moindre sou qui entre dans la caisse est immédiatement taxé de sorte qu’il ne reste qu’à peine de quoi vivre. Certes, les cubains ont accès à la santé, à l’enseignement, tout le monde est éduqué, cultivé, mais à quelle fin ? Le besoin le plus primaire est une lutte quotidienne. Les assiettes sont vides et les ventres sont creux. Le vieillard qui nous conduit clandestinement à l’aéroport est professeur des universités, sa femme chercheur en droit. Dans une expédition dangereuse ils nous trimbalent, nous touristes, pour quelques pesos sous le couvert de l’amitié. Le chauffeur de cocotaxis (taxis en forme de noix de coco) a étudié cinq ans la philosophie. Que de têtes bien construites soumises à la précarité et au silence. Pourtant, tous, d’une phrase subtilement volée dénoncent l’absurdité de leur condition.


La plupart des cubains n’ont jamais eu l’occasion de sortir de leur village. Le bus se paye en CUC (monnaie touristique) que l’on soit  touriste ou non et défie les prix de la SNCF. A la campagne la nourriture que l’on donne aux étrangers s’acquiert en CUC et non en peso. Si une famille essaye d’acheter du pain en pesos pour son hôte, cela sera à son détriment car le boulanger ne donnera pas plus que la ration quotidienne. Il est impensable ici de gagner  honnêtement sa croute. Et pourtant, l’image du Che, les affiches propagandistes pour la révolution, les textes de Fidel, les 26 de Julio, marquent tous les murs et poteaux électriques de l’île. Tout pour le communisme et en silence ! Viva la revolucion !


29 Novembre 2010

Trinidad

Veille ville coloniale où nous passons quatre jours paisibles dans la casa de la vieille Gisela. Farniente à la plage, ballade dans le parc national El Cubano, visite de la ville tout en douceur, salsa et mojito. Nous rencontrons là Yohann et Edouard, joyeux lurons stéphanois, avec qui nous passons nombreuses heures à boire et à fumer.



1er Décembre 2010

Playa Larga

Excursion rapide est décevante dans la baie des cochons. Lieu peu touristique donc exagérément cher. Tout se fait en taxis qui se paye en CUC (donc très cher). Il n’y a rien ce qui nous oblige à manger chez l’habitant qui en profite allégrement… Enfin c’est quand même à Playa Larga que l’on a mangé la meilleure langouste de tout notre séjour. Oui, par ce qu’ici la langouste est le poulet local ! Mais n’allez pas croire que l’on mange bien à Cuba, cela se limite à du riz, du poulet (du vrai) et des concombres, et cela tous les jours quelque soit l’endroit !