28 Septembre 2010

Couleurs du Canada

Du verdoyant au flamboyant, telles sont les feuilles des érables canadiens, tels sont les paysages que nous traversons. Un arbre peut être à la fois vert, jaune orange et rouge vif. L’ambiance automnale est si douce est fascinante qu’on en oubli la froideur des nuit et la pluie incessante. Nous roulons toujours, impossible de faire une halte, une petite randonnée, mais quel spectacle de couleurs. A l’orée de Trois-Rivières, un petit creux dans l’estomac, nous décidons de nous arrêter dans une de ces fameuses Cabanes à Sucre si populaires ici, un dîner au chaud, une bonne pause avant de reprendre la route l’après midi vers Montréal. On entend déjà la musique, à peine au seuil de la cabane, taverne locale. Les serveuses habillées en bavaroises ou québécoises, nous indiquent une place au bout d’une table de vingt personnes. Chacun frappe dans ses mains, certains dansent aux sons populaires que nous offre l’accordéoniste. Quelle bande de touristes, la taverne est bondée, des canadiens, des cars de touristes français retraités, tous jouent du coudent sur les grandes tablées. La serveuse nous apporte l’entrée, une soupe au poids avec des oreilles, chips de gras grillé en forme de tire bouchon. C’est écœurant n’est pas ? Un peu étonnés, nous esquissons un sourire à la canadienne qui nous sert,

-          c’est écœurant n’est-ce pas ? C’est encore meilleur si l’on met du sirop d’érable dessus.

-           Ah.

-          Quel breuvage vous voulez avec ? du Caribou ? Sinon on a de la bière, de la Bleue.

Une bonne bière pour bien digérer le lard et les pommes de terre au sirop d’érable, et la beef pie. Voilà le pan cake de maïs en prime, c’est à volonté, ne nous gênez pas, ça se mange avec du beurre et du sirop d’érable. Le ventre est si gonflé qu’on ne sait pas si on parviendra à rejoindre la voiture. Il faut bien payer.

-          C’est votre voyage de noces ? aller donc visiter l’érablière, Annie, vous attend dehors pour vous faire la visite.

Un petit vieux dehors nous fait signe de venir.

-          Eh les français, venez prendre de la tire. C’est écœurant, du sirop d’érable à soixante dix pourcent de sucre, caramélisé, saisi sur de la neige (enfin de la glace !), fixée sur son bâtonnet de bois. Hé hé, après votre visite vous pourrez en prendre un autre si vous le voulez.

La dame, déguisée, en bavaro-québécoise, nous explique que le sirop d’érable c’est que du sucre, essence de la sève que donne les érables au printemps. Ils font bouillir la sève pour faire évaporer l’eau, et le tour est joué, évidemment plus on la bout, plus le sirop devient de la cassonade… rien qu’à l’idée de tout ce sucre, mon ventre explose, les dents dans l’estomac, assommés, nous sortons de l’érablière.

-          Ah les français ! s’exclama le petit vieux nous attendant deux tires à la main, vous en reprendrez bien ?

Mais le destin de la tire, chaleureusement offerte, fut tragique, celle-ci termina lamentablement son existence dans la poubelle à la sortie du restaurant, où d’autres avant avaient échoué.