10 Avril 2011


Rangoun. Le train, histoire d’un périple sans fin.

    Il y a peut-être 500 kilomètres qui séparent Mandalay de Rangoun (Yangoon). Le train mit 21h pour les parcourir. Dans sa lente course, il se dandine amplement faisant valser les valises sur les portes bagages. L’excitation du voyage emplit le wagon d’une ambiance de vacances et de bonne humeur. A cinq heure du matin, le quai de la gare est si rempli que l’on se demande comment tous entreront dans le train. Il fallut trouver le numéro du wagon correspondant à notre billet –ceux-ci étant inscrits en birman- trouver sa place. En Upper class les sièges sont assignés, ce qui n’est pas le cas en ordinary. On vit alors une marée humaine se précipiter à bord des wagons de classe ordinaire. Quelques uns se glissaient dans les allées de la première, entre les sièges, montaient sur le toit ou établissaient leur camp de base sur les passerelles devant les toilettes. Le train était bondé. Et, tous, joyeusement étaient cahotés de droite à gauche.

                A l’approche des petites villes, des vendeurs ambulants attrapent le train en marche et se faufilent parmi les voyageurs proposant toute sorte de denrées et boissons. Quel miracle qu’ils passent régulièrement ! la chaleur matinale était étouffante et s’empirait au fur et à mesure de la journée. Nous avions toujours soif. Le train dans sa marche lente se prenait d’un caprice de souffler, de reposer ses maigres roues de longues heures durant en pleine campagne. Tous descendaient alors de voiture et s’installaient sur les rails munis d’un fan à main, s’éventant en fumant tranquillement.  Puis, soudain, le train poussait son cri ramenant tout le monde à bord et repartait pour quelques kilomètres. Le temps passait, le retard s’accumulait, le trajet devenait interminable.

                Assez rapidement les gens assis autour de nous nous offrent de quoi boire, manger, fumer, s’éventer. Heureux de nous entourer et de nous parler en anglais. La petite famille à côté de nous partait visiter sa famille au nord du pays pour les fêtes de fin d’année. Nous sommes en plein nouvel an bouddhique, la fête de l’eau allait commencer. Elle nous parla longuement et nous invita même à lui rendre visite dès notre retour à Rangoun. Nous les croiserons plus tard dans les rues de Mandalay, heureux de nous saluer et de prendre des clichés avec nous. Nous étions supposés joindre Mandalay à 22h. A 2h30 le train, enfin, nous délivra de sa course.

                Au cours de l’après midi, des enfants courraient le long des voies lançant des seaux d’eau aux fenêtres des wagons. La fête de l’eau commence déjà !


14 Avril 2011

Mandalay

Nous voilà à Mandalay en plein cœur de Thingyan, la fête de l’eau. A l’occasion du nouvel an bouddhique, les Birmans arrosent les passants à grands seaux d’eau, pendant quatre jours. On a raté tout de même la première journée, pris d’une grosse tourista collective (Arthur et Nico nous ont rejoints pour cette aventure Birmane). Imaginez l’ambiance, quatre lurons dans la même pièce se battant pour les toilettes ! Bref, dans la rue, les familles se postent tous les cents mètres munis de seaux d’eau et de pistolets à eau voire même de tuyaux d’arrosage, prêts à arroser, je veux dire jeter littéralement des seaux d’eau sur la tête de qui conque passent devant eux, et d’autant plus si c’est un touriste !

                Le long du palais royal des estrades avaient été installées pour l’occasion et des groupes de jeunes arrosaient sans relâche à coup de lances à eau les 4x4 pris au piège là. Aucun moyen d’y échapper, la zone était bouchée, bouclée, cernée. Les gens assis dans leur voiture, blasés, attendaient des heures durant la délivrance du coucher de soleil, heure à laquelle les hostilités cessent. De parts et d’autres, des mobylettes pataugeaient dans l’eau de plus en plus haute, ivres morts. La fête commençait à l’aube, à 10h, l’ivresse était générale.