30 Janvier 2010


Petite peinture de Buenos Aires

Ses larges avenues, son obélisque, ses immeubles Haussmanniens avec leurs ascenseurs étroits, tout ici fait penser à Paris. Les gens dans la rue, l’atmosphère, l’ambiance, c’est un Paris d’été. Les porteños ont désertés leur capitale pour les vacances, les rues sont vides et il y règne une sérénité suave. L’air bon de cette ville est insufflé par la lenteur caractéristique des latinos d’Amérique. La constriction incessante des klaxons du Pérou, de la Bolivie, de l’Equateur, du Mexique, de Cuba s’est évanouie dans le calme apaisant des argentins. Plus de hurlements, d’aboiements, de paroles criées d’un bout à l’autre de la rue, le monde parle ici doucement. C’est ce calme apparent qui trouble quand on arrive à Buenos Aires. C’est ce retour imaginaire dans notre chère ville natale.

A la tombée de la nuit, les rues s’emplissent de nouveau. Les danseurs de tango des grands théâtres s’inventent une piste de danse sur le trottoir, afin d’aguicher le chaland pour la représentation du soir ; les vendeurs à la sauvette déballent leur cames sur les dalles de la rue Florida ; les badauds sirotent leur maté nonchalamment.

                Le festival de couleur du Camineto, les artistes trainant dans la Boca, la masse de touristes évoque le Montmartre parisien. Des commères expliquent comment mater leur homme sous l’œil complice de la petite française qui les surprend.

                Les ruelles de San Telmo, les beaux boulevards de Ricoletta, l’atmosphère changeante d’un quartier à l’autre nous transportent dans Paris. Vivre Buenos Aires c’est comme lire un livre en ancien français, si différent et si étrangement familier. La touche New Yorkaise qui teinte El centro et Puerto Madera sonne parfaitement avec ses grandes villes en damiers chers aux pays d’Amérique.

Mais Buenos Aires loin d’être Paris ou New York, est cette grande dame singulière, si distinguée, qui fait rougir de jalousie ses subordonnées.