9 Février 2011


San Ignacio

    La grosse bonne femme derrière son comptoir nous observe bien cinq bonnes minutes nous décrotter les bottes avant de nous lâcher « passe no mas, esta la tierra de los missiones, no se preocupan ! ». Notre petit manège bienséant l’avait fort amusée. Il faut dire qu’elle est habituée à cette boue. Il pleut tous les soirs. Le musée des missions ne se mouille pas trop en annulant le spectacle de son et lumière par temps de pluie. Ici les rues ne sont pas couvertes de macadams, alors il n’y a rien à y faire, on a de la boue partout jusqu'aux genoux, tout le temps !

                Ce petit village  de terre nous rappelle un peu le Viñales de Cuba. Petite vie tranquille sous un climat tropical, on y retrouve les terrasses et les gens assis sur le perron.  Evidemment, la chaise en plastique a remplacé le rocking-chair, le maté le cigare, mais l’idée y est la même. On s’y poserait bien pour goûter à la douceur du temps qui passe.

                Autant vous dire qu’ici, il n’y a rien à faire. Les ruines des missions jésuites est la seule attraction touristique. Mais quelles ruines ! On plonge dans le film Missions, on revoit les guaranis convertis de blanc vêtus, les guaranis non convertis affublés juste d’un pagne, les jésuites en habits noirs austers, le tout vivant en communauté cerné de cette pierre rouge.

                On retrouve aussi la lenteur d’action, l’attente du manager de la compagnie de bus Andesmar qui arrive une bonne heure après l’heure fixée pour nous rembourser certains billets de bus. Les fausses espérances de son assistante qui mis à part jouer au solitaire ne semble rien savoir faire ! ya vienne ! on n’y croyait plus ! Enfin cinq minutes avant notre départ pour Buenos Aires, il pointe son bout de nez en marmonnant une excuse bidon. Il nous aura fallu l’après-midi entière pour annuler des billets de bus. Mais ici rien ne presse, on a le temps.