30 Juin 2011


Mongolie

Le désert froid, les chiens errants, les plaines verdoyantes à perte de vue où les chevaux paissent librement.

Ulan Baator

Depuis Pékin le voyage est long pour atteindre Ulan Baator. Un bus de nuit jusqu’à la frontière, que l’on passe entassés dans les jeeps pleines à craquées des familles mongoles qui remontent de la marchandise au pays. Un train de nuit dont les places sont difficiles à obtenir jusqu’à la capitale Mongole. La première nuit dans le bus est assez éprouvante, la route est chaotique et les arrêts pipi sont aussi étranges que répugnants. Chacun, mâle d’un côté, femelle de l’autre, pisse les uns à côté des autres dans des sortes de latrines romaines d’où émane une odeur atrocement nauséabonde… le mieux est encore l’arrière de la cabane !

Ulan Baator est une ville moderne sans intérêt où il règne cependant une certaine tranquillité, tout du moins dans le centre ville. Dans les nombreuses auberges de jeunesse, on s’organise, on forme des petits groupes, on discute pour enfin se lancer dans une aventure d’une dizaine de jours dans les campagnes mongoles.

                Les mongols sont de premiers abords lourds et imposants. C’est en fait un peuple très accueillant, non encore usé par le tourisme, dont la gentillesse et la joie de vivre nous rappelle le peuple birman.




8 Juillet 2011

Trip dans la vallée d’Onkhon.

Notre équipe : Jérémie alias Baataraa « fort », Sébastien alias Od « étoile » voyageur français indépendant, Stephanie alias Naraa « soleil » et Wesley alias Khuchee « Héros »  un couple Hollandais en tour d’Asie, et moi Saraa « lune » ainsi que notre guide Oyuka « esprit » et Bayaraa « heureux » notre chauffeur. Notre jeune guide dont ce voyage était le premier, avait eu la bonne idée de nous donner des noms mongols, tout le monde pouvait nous appeler, la communication alors pouvait s’établir !

Nous atteignons dans le creux d’une vallée notre point de départ pour un trek  de 5 jours à cheval à travers la montagne de la région des Huit Lacs. Nous sommes accueillis dans une famille nomade dont les jeunes garçons nous accompagneront dans notre périple, Batamaa, Baaska et Teivnaa.

                Le lait de jument, frais, qui nous est servi en guise de bienvenue est acide et indigeste. Nous buvons en silence empreints de sourires complices nos bols remplis à raz bord. Puis vint le fromage sec au lait de yack. Ravis, croyant déjà au bon biscuit sec fait maison, nous prenons chacun un gros bout. Quelle ne fut pas notre déception quand à peine nous l’eûmes mis sous la dent. Nos visages changèrent tandis que nous mâchions la pâte dure et acide du fromage. Mais le pot aux roses n’était pas encore arrivé.

Nous vivions au rythme de la famille, observant la tonte des moutons, coupant du bois pour la nuit, montant pour la première fois nos chevaux. Notre départ était planifié pour le lendemain midi. Le soir on attacha un mouton à une barrière. Nous ne savions pas que c’était notre déjeuner du lendemain. Vers midi, le plus vieux de la famille accouru vers nous, une marmite dans les mains, nous invitant à le suivre dans la yourte. On avait tué le mouton. Fier, il nous apportait les meilleurs bouts. Le cœur, le foie, du boudin, du gras comme j’en avais jamais vu. Il fallait manger un bout de gras, sorte de tapis à coussinets  avec un bout de cœur. Ce n’était pas mauvais, mais il ne fallait tout de même avoir le cœur bien accroché !

La première journée à cheval était fantastique. Chacun galopait avec enthousiasme. Il faisait beau. Nous passions notre première nuit sous la tente près d’un lac au pied de la montagne.

La deuxième journée, le tout se corsa. Au moment de monter en selle, il se mit à pleuvoir, grêler, orager. Les chevaux étaient aussi mal à l’aise que nous, où plutôt mal à l’aise de nous avoir nous mal à l’aise sur eux ! Od (Sébastien) fut pris dans un galop non maitrisé, dont il ressorti blême, la selle de Khuchee (Wesley) rompit et celui-ci finit à terre, impossible de le faire remonter sur le cheval, il dut marcher un certain temps. On était tous frigorifiés, le chemin était glissant, les chevaux trébuchaient… Les garçons firent un feu sur la route, on se réchauffait sous la pluie. Heureusement ce soir-là on dormait en yourte dans une famille nomade qui habitait près d’un des huit lacs. Mais il fallut repartir le lendemain, sous la pluie qui ne tarda pas à se transformer en neige. On était littéralement gelé. Je ne pouvais plus tenir mes rennes. Batamaa tirait mon cheval, et gentiment me réchauffait de temps à autres les mains. La plus part du temps, je chevauchais les mains dans les poches. Seul Bataraa (Jérémie), content, sûr de lui, continuait à galoper et se faire plaisir avec son cheval. Od et Khuchee étaient aussi tirés par Baaskaa et Teivna. Oyuka et Naraa (Stephanie) se débrouillaient tant bien que mal. Les yacks avançaient, nos sacs sur le dos, devant sous la guide des petits cris que leur lançaient les garçons. On s’arrêta au bout de trois heures, rompus de fatigue, incapables d’aller plus loin. Bataraa (Jérémie) et Batamaa firent vaillamment un feu, tandis qu’on montait nos tentes. A notre réveil, dix centimètres de neige recouvraient l’herbe fraiche. Les toiles de tente s’étaient quelque peu affaissées, les chevaux tremblaient. Mais il fallut partir, sous le pas frêles des chevaux qui tentaient tant bien que mal de ne pas glisser. Les yacks courraient toujours devant. Nous atteignîmes au bout  de 6 heures, la plaine dans laquelle vivait la famille de Batamaa. Quel plaisir. Le lait chaud de chèvre était délicieux, le pain frais et la crème fromagère qu’on étalait dessus était succulent. On retrouvait Bayaraa, notre chauffeur, ravis de nous revoir. On tua le mouton sous les yeux de Jérémie, nous autres, âmes sensibles, restâmes dans la yourte près du poêle. On le fit cuire dans une marmite remplie des pierres incandescentes. On mangea à pleine main avec toute la famille le mouton chaud, bien salé, dans une ambiance de fête. Dans quelques jours ce sera Naadam, fête nationale digne de noël, où a lieu courses de chevaux, lutte et tire à l’arc. Dans les rites mongols, on ne mange le mouton ainsi que lors de Naadam. C’était la fête, on était chez nous, il n’y avait plus de tourisme ni de tour, mais seulement des êtres dans la simplicité de la vie.

Il fallut laisser les chevaux et reprendre la route. Retrouver la vie urbaine. On fit une dernière halte dans une famille dresseur de chameaux près des dunes d’Elsen Tasarkhai aux portes du désert de Gobi. On avait remis nos shorts et la crème solaire. Mais l’endroit était décevant. Les chameaux n’étaient là que pour les touristes et il y en avait des paquets. On en avait plus vus depuis une semaine.

Enfin dans une ultime étape sur la route d’Ulan Baator, nous sommes allés voir les fameux chevaux Perjivakski sauvages, ancêtres des actuels chevaux mongols. A minuit, nous atteignions nos respectives auberges de jeunesse, des étoiles plein les yeux.