Toi et moi
 

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  Toi et moi,

Je me suis assoupi près de notre rivière, et son estuaire de silence,
Je trouve l’air léger  et les libellules  remuent leurs ailes de verre
Et je ne peux rien voir sauf le ciel , l’eau , l’herbe qui me chatouille,
Je suis venu m’agenouiller près de la source  blanche et bleue
Tu m’as caressé le visage , un corbeau irascible t’as fait un clin d’oeil,
Je me suis assoupi près de toi , la tête roulée dans le plis de ta robe,
Les nuages ont défilé en silence au dessus de nos têtes dodelinantes,
J’étais ivre de toi du parfum de ta peau  de celle des myosotis bleus,
Je me suis tendu vers tes lèvres sèches du soleil d’Août  incandescent,
Tu riais de tes lèvres pourpres et je sombrais dans le sommeil,
Nous avions bu sans retenu le vin âpre  de vignes desséchées.
Et nos têtes tournaient , tournaient , tournaient , tournaient,
C’est toi la première qui me montrât l’aile folle des moulins,
Alors que j’essayai de mordre ton cou d’albâtre tel un bellâtre,
Des hérons sont venus pécher dans la rivière qui coulait plus bas.
Nous les avons guettés de notre lit de mousse où courraient les fourmis.
J’ai galopé vers l’eau bleue et tu m’as poursuivi dans le replis de la brume.
Tu as collée ton sein contre mon sein humide et palpitant de fièvre.
J’ai regardé le ciel , la rivière les arbres, en caressant tes lèvres.
Tu pleurais et je ne sais plus pourquoi tu pleurais ce jour là.
Je riais ce jour là et j’ai oublié depuis ce qui faisait que je riais ainsi.
Nous en parlons ce soir devant la bière blanche que tu aimes.
Je ne ris plus depuis ce soir là où nous cherchions des galets roses.
Le temps est passé comme vingt longues années de jeunesse écoulée.
Au bord d’une rivière qui se perd dans des gorges inconnues et noires.
Mais  comme la nuit  déborde de joie pour peu qu’on la caresse,
D’une main légère qui ne craint pas le contact des fleurs fanées. Tu es toute ma vie , les ans n’ont pas de prise quand on se baigne un jour
Dans une gorge sombre , avec toi , et ton corps qui m’enlace à jamais.

 


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