Nuages blonds
 

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Nuages blonds

Il pleuvait des larmes blondes
Il pleuvait des larmes grises,
Et ma tête , et ma tête lourde,
Des oiseaux  gris dans leur plumage de fête,
Des nuages gros comme des rêves inachevés,
Il pleuvait des aurores et les noms ne venaient pas,
Sous la langue les mots trébuchaient dans leur gangue ,
Le mur vacillait derrière les faux semblants,
A l’aurore je voyais les mêmes oiseaux roucouler
Les oiseaux savent d’emblée ce qui importe aux hommes,
Ils formaient des vagues et criaient sur le bord de la fenêtre,
J’ai posé une assiette pleine de souvenirs , ils regardaient vers la mer,
Les fantômes  étaient les seuls à rire ,  les seuls à regarder le large,
La mer m’a toujours fait peur, alors j’ai observé le soleil,
Il me regardait depuis belle lurette , et je n’en savais rien, du soleil,
Je suis parti vers la jetée à l’ombre de midi voir les poissons de feu,
Il n’y avait que moi et quelques ombres furtives à la verticale de mes peurs,
Des femmes vendaient à l’étalage le produit de rapines écorchées par le sel,
J’ai ramassé sur moi la vieille couverture , celle qui pue  le rance et les nuits sans sommeil,
Il pleuvait des étoiles de nuit , les plus trompeuses , celles qui accompagnent les pensées,
Au bar nous étions haletants et stupides en attendant l’aumône d’un peu d’alcool,
Le riz , le blé et la patate fournissent les degrés de ce liquide clair qui coule dans la gorge,
En faisant des reflets de bougies allumées au fond des sacristies, et en semant la mort aussi,
J’ai regardé la lampe , l’horloge, le serveur , je n’étais pas d’ici, nous n’avions rien ensemble,
Que des signes indistincts, que de la trouble fête en voyant l’étiquette de nos fornications,
J’ai regagné ma terrasse verte, mon hublot vermoulu, ma dunette de joie,
Un sterne achevait de manger des sardines à l’ombre de mon hamac,
J’ai fleuri la tombe de mes ancêtres, sans faillir de leurs mesquineries,
Je rejoindrai bientôt dans mon Kremlin Bicêtre toutes l’imagerie
Des poissons , des oiseaux, des êtres microcéphales, des humains quoi ,
Me serreront sur leurs cœur étroit et oublieux,
Les promesses rendent les fous joyeux
Et la fête sera plus brève,
Si je n’omets du bord des lèvres,
De dire le mot de la fin :
Salut à toi poète en herbe.